‹ Les migrations des peuples et particulièrement celle des TouraniensChapitre 43 sur 61 · RÉSULTAT ET UTILITÉ DE CETTE RECHERCHE · texte numérisé non relu

RÉSULTAT ET UTILITÉ DE CETTE RECHERCHE

1° Une connaissance plus profonde, plus précise, plus exacte des documents qui servent de base à la religion hébraïque et à la religion chrétienne : ces documents gagneront en respect quand leur grand âge, leur authenticité seront prouvés d’une manière sévère, scientifique, compréhensible; quand on aura séparé la partie vraiment historique de celle qui rentre dans la légende.

2° Le fait probable que plusieurs morceaux appartiennent à une époque non-seulement antérieure à celle de Moïse, mais encore à celle d’Abraham.

3° Les suppositions qu’on à le droit de faire sur le caractère, la position sociale, sur la personne des auteurs des gloses et même sur l’époque où ils ont vécu.

h° L'assurance que les Hébreux adoraient tout d’abord plusieurs divinités ou forces, plus tard une divinité ou force dominante, ensuite un Dieu spé-

cial pour leur peuple, c'était celui qu'ils avaient adoré comme le plus grand, et finalement ce Dieu comme le seul.

De même on reconnaiîtra que les auteurs, suivant la manière des Orientaux, parlent souvent par allégorie, par image, qu’ils confondent quelquefois les catastrophes qui bouleversent la nature avec les événements politiques de la même époque, par exemple des inondations avec des révolutions ou des émigrations, des éruptions volcaniques avec les destructions produites par la guerre, le culte de Dieu avec le respect dû aux monarques, etc. *.

En débarrassant le langage de la Bible de ses ornements fleuris, ampoulés, on obtient la simple histoire du peuple hébreu dans ses vicissitudes entre deux grandes puissances, celle de l'Égypte et celle de l’Assyrie, qui le subjuguent chacune à leur tour. Ce texte complétera les sources historiques nouvellement découvertes et servira de commentaire au monument que l’antiquité nous a légué. Plusieurs fragments de ce texte ont rapport à des traditions étrangères fort anciennes ; ils nous permettent même de jeter un regard sur le temps où l’humanité était encore réunie sur le plateau central de l'Asie,

4. Nous avons un exemple analogue dans la Cloche de Schiller.

peu de temps avant sa division et sa migration vers les quatre points du monde. On pourra même faire des suppositions sur certains mots appartenant à la langue primitive, monosyllabique sans aucun doute, et ceux-ci serviront peut-être un jour de point de départ, quand on aura découvert les plus anciens documents des Hindous, des Tibétains, des Chinois et des autres peuples de l’Asie orientale.

Cette étude nous prouvera aussi que le but de l’Ancien Testament n’était pas d’être un livre de foi; c'était (si l’on en excepte les lois morales, les règles du culte de Moïse, souvent changées plus tard, et les sentences de la sagesse) une réunion fortuite de traditions et de récits historiques, concernant les Hébreux comme peuple et.comme tribu, récits augmentés de chants politiques, morceaux même érotiques, tous dus à ce peuple. Cette collection formait les saintes archives du temple, l’héritage du peuple.

L'ordre du récit inscrit sur ces tables était probablement le suivant : |

Première table. — Le mythe sur la création du monde, au point de vue de l’histoire naturelle ;

Deuxième table. — Tradition sur la culture et le développement de l’humanité ; historique ;

Troisième table. — La description de la manière

dont les races d’hommes se sont répandues : géographie el ethnographie.

Ces trois tables formaient les archives de la tribu d’'Héber ;

Quatrième table. — Histoire de la race sémitique jusqu'à Abraham; historique ;

Cinquième table. — Histoire d'Abraham et d’'Isaac ; historique ;

Sixième table. — Histoire de Jacob; histo- TIQUE ;

Septième table. — Histoire de Joseph; historique.

Ces tables, portées au nombre sacré de sept, formaient la chronique des Hébreux et plus particulièrement celle des [sraélites, lorsqu'ils quittèrent l'Égypte.

Le sanctuaire que Moïse fit construire pour garder les tables était le tabernacle, dont la dimension était deux coudées et demie de long, une coudée et demie de large, une coudée et demie de haut, ce qui permet de se faire une idée assez exacte de la grandeur de ces tables. |

Le plus souvent l’auteur, qui comparait le texte de la nouvelle table, ajoutait ses gloses aux anciennes.

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