‹ Les migrations des peuples et particulièrement celle des TouraniensChapitre 52 sur 61 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

« An Asiens Brüsten haben einst die Vôülker Europa’s gelegen, und sie, die Mutter, als Kinder umspielt, »

Pott.

fs MIGRATION DES ASIATIQUES.

Il y a eu certainement un moment où tout l’ancien continent était recouvert d’eau, sauf les hauteurs de l'Himalaya et les chaînes de montagnes avoisinantes. Il n’est plus douteux aujourd’hui que le désert de Gobi était à une époque du développement de la terre une vaste nappe d’eau‘. Y avait-il des hommes à cette époque? Nous le pensons.

Ces hommes devaient nécessairement habiter ces vastes plateaux de l'Asie centrale, le berceau de

l'humanité.

A. Der ugrische Volksstamm, von F.-H. Müller. Berlin, 1837. Bei Dunker und Humblot.

L'eau s’écoulait peu à peu; au fur et à mesure les îlots formés par les hauteurs de l’Asie Mineure, de l'Inde, etc., devinrent des contrées unies entre elles, fertiles et habitables. La température changeait aussi, elle devenait plus froide, plus rigoureuse, dans les régions que les hommes avaient habitées jusqu'alors, et ceux-ci se mettaient tout naturellement en mouvement et se répandaient en Asie.

Les uns partirent de l’Altaï pour envahir le nord de ce continent, les autres le nord-est (la Bible les appelle les Ja-Bal) ; les autres en occupèrent l’est (dans la Bible, You-Bal)!, et d’autres encore, le sud, plus particulièrement les Indes (dans la Bible, Thou-Bal-Caïn).

M. de Hauslab pense que les Touraniens ne forment pas une seule et même race avec les Mongols, comme beaucoup de savants le prétendaient jusqu’à présent. Les découvertes physiologiques et anthropologique des derniers temps s’y opposent. La première et la principale race dans la Bible est celle des Adamites, les Touraniens en font partie. Lamech n’en parle pas, parce qu’ils étaient de sa race, il indique seulement les Mongols (Ja-Bal);

À. Il y a des auteurs chinois qui appellent encore aujourd’hui la musique You. Youbal serait donc un être s’occupant tout particulièrement de musique.

les Chinois (You-Bal); et les Malais (Thou-Bal- Caïn), qui tous ont émigré dans une direction orientale. Pour la même raison les Touraniens ne sont pas mentionnés entre les Noachides, parce qu'ils n’ont pas suivi le courant occidental. Absolument pour la même cause, les Hindous, sans aucun doute, de race âryenne, manquent dans le tableau ethnographique de la Bible, entre les Japhétides.

Les migrations des (Ja-Bal) Mongols et des (You-Bal) Chinois sont complétement inconnues ; mais elles ne seront certainement pas difficiles à suivre, vu l’étendue de terrain qu'ils occupent aujourd’hui. |

Les premiers habitants des Indes, les Thu-Bal- Caïns, étaient probablement des Malais et plus tard quelques races chamitiques ; ils ont été refoulés de bonne heure vers la mer par les Hindous, peuplade d’origine âryenne ‘.

Les Malais se sont répandus sur les îles de l'Hindoustan et même jusqu’à Madagascar”.

4. Voir François Bopp, Ueber die Verwandischaft der malayisch-polynesischen Sprachen mit dem indisch-europäischen. Berlin, F. Dümler, 4841.— J.-K. Kaltschmidt, Vergleichung der Sprachen von Europa, Indien, etc. Leipzig, Wilh. Schrey, 1845,

2. Ont-ils trouvé des habitants dans ces pays? Cette question a besoin d’être profondément étudiée.

Très-imtéressante est la migration d’une autre branche d’autochthones de l’Inde, c’est-à-dire celle des Bohémiens, Zingaris, etc. Miklosich nous en trace un tableau fort bien fait ‘.

Les Zingaris quittent donc les Indes, entrent en Abyssinie par les deux détroits d'Ormus et de Bal-el- Mandeb ; de là ils descendent le long du Nil en Égypte, de l'embouchure de ce fleuve ils vont en Grèce et en Asie Mineure, en Turquie et en Hongrie. Arrivés en Hongrie, ils se scindent en deux : les uns vont en Russie (à Moscou il y a beaucoup de sédentaires), les autres vont le long du Danube en Bohême, où ils se divisent de nouveau. Les uns passent par l'Allemagne du Nord et le Danemark et se rencontrent en Norvége avec ceux qui de la Russie y sont allés à travers la Finlande et la Suède; les autres vont de la Bohême en France et en Angleterre, enfin un troisième courant suit le cours du Danube en amont et le cours du Rhône en aval et arrive en Espagne. On pourrait dire que ce petit peuple a eu, à l'instar des Vandales et des Normands, l'instinct tout particulier du voyage. C’est une race remarquable par son originalité et la

4. Ueber die Mundarten und die Wanderungen der Zigeuner Europa’s, von Franz Miklosich. Wien, 1872. Bei C. Gerold Sobn.

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