‹ Les migrations des peuples et particulièrement celle des TouraniensChapitre 51 sur 61 · THÉORIE DES MIGRATIONS · texte numérisé non relu

THÉORIE DES MIGRATIONS

Le

est le plus fort, le plus puissant, mais 1l s’apercoit déjà du voisinage du peuple e qui le foulera peut-être à son tour, si une contre - pression n’a pas lieu. Nous voyons un exemple saisissant de cette contre-pression dans la vallée de la Mur en Styrie (Autriche) ; les Allemands de la plaine et les Allemands des montagnes sont d’une race tout à fait différente. Cela s'explique facilement. Les Germains arrivés dans ce pays ont chassé les Celtes, qui, à cette époque, ont préféré se retirer vers la Gaule et qui ne sont restés qu’en fractions insignifiantes dans ces montagnes *.

Les Germains, pressés à leur tour par les Slaves, ont reculé vers l’ouest, mais un grand nombre d’entre eux se sont réfugiés dans les montagnes et les Slaves se sont établis dans la plaine. Plus tard les Germains, ne pouvant plus faire reculer les Celtes, ont exercé une contre-pression sur lesSlaves, qui ont dû céder et se sont retirés à leur tour vers l’est, laissant des débris au pied des montagnes et

dans les vallées peu élevées; ce qui fait que trois

À. On retrouve encore des mots gaulois, celtiques, dans les Alpes. Le mot Tauern en est un. Les noms des montagnes et des fleuves ont en général moins souvent changé que ceux des villes.

populations bien distinctes se trouvent là en présence :

Les Germains venus les premiers, les Slaves et d’autres Germains venus en dernier lieu (Bojares).

Quelquefois aussi une population a été refoulée dans une vallée avec une telle vigueur, qu'elle s’est vue contrainte de passer en partie la crête des montagnes et de descendre dans une vallée opposée. Il en résulte qu’on trouve quelquefois sur le versant d’une montagne plusieurs couches de peuples, c'est-à-dire plusieurs échelons de différentes peuplades, tandis que sur l’autre versant il n’y à qu'un seul peuple semblable au plus élevé du versant opposé. C’est donc une opinion erronée que de considérer les chaînes de montagnes comme les frontières naturelles des peuples.

D’après cette théorie, il serait du plus haut intérêt d'étudier les différentes couches de populations entassées les unes sur les autres dans les différents pays de l’Europe; on pourrait de cette manière prouver qu'à plus d’un endroit, le fond prévalant d’une population (c’est-à-dire la première et la plus puissante couche) n’est nullement en harmonie avec le nom qu’elle porte officiellement aujourd’hui. En cherchant sur les cartes

lès endroits où les plus puissants courants de migrations ont passé ou se sont entre-choqués, on pourra s’assurer facilement de la justesse de nos observations.

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