‹ Les migrations des peuples et particulièrement celle des TouraniensChapitre 59 sur 61 · D'APRES M*DE HA · texte numérisé non relu

D'APRES M*DE HA

NUS il LOPEZ

À une seconde époque, les Germains se sont avancés Jusqu'au nord des moñts Carpathes, jusqu'en Moravie, au Danube, au Rhin, à la mer du Nord et à la mer Baltique. Les Askénas restés en Asie, les Persans, s'étendent vers le nord-est jusqu’au Touran et à Chiwa’.

À une quatrième époque les Francs, les Longobards, les Normands et les Goths se mettent en mouvement et finissent par occuper à une cinquième époque la France, l'Italie, l'Espagne, l'Afrique du Nord, la Sicile, Naples, et jusqu'à l’Islande*.

. Les Goths accomplissent pendant leurmarche dans l'Europe centrale une véritable migration; car partout où ils passent ils laissent des traces manifestes, tandis que leur apparition en France et en Espagne n'est autre chose que la marche d’une armée”.

H. Chavée, Les Langues et les Races.Paris, Chamerot, 1862.

À. Finn. Magnusen, Udsigt over den Kaukasike Menneskestammes oldsie sjemsted og Udvandringer. Kjæbenhavn, Gyldendalsk, 1818.

Ribeyre de Villemont, Ethnologie de l’Europe. Origine, migrations et établissements des différentes races qui ont peuplé l’Europe. Paris, E. Dentu, 1856.

2. On retrouve dans beaucoup de mots persans les racines Ger, Ker, par exemple, Kerman-shah, etc.

3. Les Normands avant séjourné assez longtemps dans la plus grande partié de ces pays, leur trace doit s’y retrouver.

Poursuivons dans ces détails la marche des Germains. Dans les temps les plus reculés ils refoulent les Celtes vers la Gaule; il y a donc eu une époque où le nord de l’Allemagne actuelle était occupé par les Germains et le midi par les Celtes, ainsi que la France. Un courant passe en Angleterre et force les habitants à se retirer dans les montagnes ou vers l'extrémité des presqu'iles. Déjà bien avant,un courant du peuple germanique s'était détaché au nord de la mer d’Azow; il avait traversé la Russie, la Finlande, et occupé, en se servant des rangées d'îles pour franchir la mer, la Suède et le Danemark ‘. (Jamais une migration ne traverse une mer, elle cherche toujours à se servir des îles comme de ponts pour arriver d’un pays à un autre.)

Les Normands ne se sont détachés du courant général que dans l’Allemagne du Nord et de là ils ont, en traversant le Danemark, occupé la Norvège, ce qui fait que la langue suédoise diffère tant du norvégien. Tous ces courants ont dû rencontrer sur leur chemin des Finnois qu'ils ont refoulés de plus en plus vers le nord.

4. J. W. Freiherr v. W. J. Abhandlung über die ältere skandinavische Geschichte von den Cimbern und den skandinavischen Gothen. Kopenhagen, Nic. Moller, 17841.

C'est plus tard seulement que les Visigoths envahissent la France, l'Espagne et même l’Afrique; mais dans ces pays, comme nous l’avons indiqué ci-dessus, ils ne laissent derrière eux aucune trace de leur langue‘.

Les Normands, peuple essentiellement mobile, sont allés jusqu’en Islande et Groënland?.

En suivant avec attention les migrations des Germains, on pourra faire des observations du plus haut intérêt sur les graves conséquences que les chocs des peuples et leurs fusions finales exercent sur leurs langues. En général, le peuple le plus cultivé impose sa langue à celui qui l’est moins. Les Celtes de la Gaule acceptant la langue des Romains et les Francs acceptant celle des Gallo-Romains en sont une preuve Cclatante.

C’est aussi un peu une question de caractère propre à chaque peuple; il y a des peuples dont l'originalité est plus tenace et d’autres qui sont plus disposés à subir les influences étrangères *.

5° Les Slaves (Magog) voir carte n° XXX)

4. Wilh. Stricker, Die Deutschen in Spanien und Portugal. Leipzig, Gust. Mayer, 1850.

2. Vagabondenthum und Wanderleben in Norwegen, ein Beitrag zur Cultur und Sittengeschichte v. Ant. Etzel. Berlin, Carl. Heymann, 1870.

3, Voir C.-F, Riecke, Die Urbewoñner und Alterthümer

sont entrés en Europe au nord dela mer Caspienne : au premier degré de leur migration, ils occupent les bords septentrionaux de la mer Noire; au second, ils s’avancent jusqu'à la mer Baltique, jusqu’en Bohême et jusqu'aux Carpathes ; au troisième degré de leur migration, degré où ils ont pris le plus d'extension, leurs avant-coureurs se trouvent à Kiel, à l’embouchure de l’Elbe, en Carinthie, à Trieste et même à Venise‘.

Refoulés, ils s'étendent plus vers le sud-est, ils envahissent la presqu'île du Balkan, où ils entourent la Transylvanie, et coupent les Roumains des autres Pélasges (probablement sous les derniers empereurs romains) ?. |

Au nord ils se frayent un chemin vers la mer Blanche en écartant les Finnois. C’est ainsi que la Finlande est aujourd’hui occupée par les Suomis et le nord-est de la Russie par les Samoïèdes, peuples de la même souche. Il est également connu aujour-

Deutschlands, nebst Karte, etc. Nordhausen, 41868, chez Büchling.

Die Verwandischaftsverhälinisse der indo-germanischen Sprachen, von Johannes Schmidt, Weimar, 1782.

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