Voir à ce sujet Castrén
kaks, il prétend que les Persans ont ainsi nommé tous les peuples de l'Occident. Peut-être dans l’origine le nom Sakkak s'est-il appliqué à cette partie du peuple finnois ou touranien altaïque, qui, jadis maître de l’Asie, se retira sur les bords de l’Oxus, lors de la domination persane. Mais les Scolats, au bord du Pont-Euxin, et les Scythes d’Hérodote ne faisaient certainement pas partie de ce peuple. Nous pensons que ces Sakkaks du bord de l’'Oxus étaient un peuple commerçant et même civilisé : les Seres, dont parlent les annales chinoises, peuple à cheveux blonds, aux yeux clairs (dont Müller a voulu faire des Germains) et qui, à une certaine époque, étaient à la tête du commerce entre l'Orient et le nord-est de l’Europe. Parlons maintenant plus particulièrement des Melanchlænes, dont l’origine ne paraît plus sujette à contestation. Nous en trouvons des traces du Caucase jusqu’au golfe de Finlande. Pline nous montre ce peuple établi sur les bords orientaux du Pont-Euxin, près de Dioscurias *; Pomponius Méla les place tout près de la Colchide*, dans le Périple de Scylax ; on les retrouve au nord de la Colchideÿ;
4, Plin. 4, Nat., IV, 5.
2 Pomp. Méla, cap. xix, et Anonym. Rav., IV, cap, 1v, 3. Scylax, Peripl., p. 31.-32. Ed. Hudf.
dans Ptolémée, près de l'embouchure du Volga ‘; dans les Fragments d'Heccatæus, au nord de la Chersonèse Taurique *; dans Dionysius Periegètes, près des Alains au nord des Hippemolges * ; enfin, dans Strabon, près des Cassitérides ‘.
De ces traces des Mélanchlænes et des données d’Hérodote, Kruse tire les déductions suivantes :
1° De temps immémorial les Mélanchlænes se séparent de leurs frères, occupent les provinces baltiques d'aujourd'hui, s'étendent au sud jusqu’au Dniéper, à l’ouest jusqu'à Twer, Moscou et par petits groupes se trouvent dans les monts Cau- Case ;
2° En 639, les Cimmériens, qui habitaient autrefois la Russie méridionale, sont chassés par les Scythes venus de l’Asie, et s’enfuient, une partie vers l'Asie Mineure, l’autre partie vers le Jutland (Chersonèse Cimbrique) où ils se confondent avec les Ibériens, d’où les Cim-Ibériens, Cimbres ;
3° En 637, les Scythes franchissent le Caucase, envahissent l’Asie, et en 635 sont vainqueurs de
A, Ptol., V, cap. 1x.