‹ Les Mille et un jours (volume 3)Chapitre 1 sur 14 · PASSAGE DES PANORAMAS, N · texte numérisé non relu

PASSAGE DES PANORAMAS, N

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IMPRIMERIE DE DONDEY-DOPRÉ, Hue S. -Louis , n" 4^ , an Marai*.

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Le savant littérateur, à qui nous devons les Mille et un Jours, publia ce recueil inte'ressant sous Louis XIV, comme traduction de l'ouvrage d'un derviche persan. « Moklès étant encore fort jeune, dit-il dans sa préface, s'avisa de traduire en persan des come'dies indiennes, qui ont été traduites en toutes les langues orientales, et dont on voit à la Bibliothèque du Ptoi une version turque, sous le titre de Alfaraga Baclal-Schidda j ce qui signifie la joie après l'affliction. Mais le traducteur persan, pour donner a son ouvrage un air original, mit ces comédies en contes, qu'il appela Hezarjek-rouz , c'est-a-dire , Mille et un Jours. » Il semble , ajoute le traducteur français, que ces contes ne soient autre chose qu'une imitation des Mille et une Nuits. Effectivement , ces deux livres ont la même forme. Dans les Mille et une Nuits, c'est un prince prévenu contre les femmes; dans les Mille et un Jours j c'est une princesse prévenue contre les hommes II est à croire que

ij NOTICE.

l'un de ces ouvrages a donné occasion de faire l'aulre ; mais , comme il n'y a point d'cpoque aux contes arabes, on ne saurait dire s'ils ont été faits avant ou après les contes persans. »

Petis-de-la-Croix dit encore que , se trouvant en 1765 à Ispahan, lié d'amitié avec le derviche Moklès, ce moine respectable lui confia son manuscrit, et lui permit même d'en prendre copie. Voilà l'origine généralement connue des Mille et un Jours.

Malheureusement pour les savans (car le public s'inquiète peu de la source de ses plaisirs, pourvu qu'il en jouisse) , cette origine est maintenant contestée. M. Spencer Smithe et M, de Hammer, tous deux orientalistes très-distingués , prétendent, avec beaucoup d'apparence de raison, que la déclaration de Petis-dc-la-Croix, sur l'origine des Mille et un Jours j, est une imposture littéraire ; que ces contes n'existent ni en persan ni en arabe ; mais qu'ils sont pris en partie d'un livre de contes turcs, et en partie forgés par Petis-de-la-Croix.

«J'ai vérifié celte imposture, soupçonnée longtems avant moi, dit M. de Hammer, lorsqu'à la Bibliothèque royale de Paris , j'ai demandé le manuscrit auquel il se réfère dans sa préface , et qui n'est lui-même qu'un conte bleu. ))

M. de Hammer avait dénoncé cette superche-

NOTICE. iij

rie au public , dans un recueil périodique allemand ( les Mines de l'Orient) ; mais celte collection étant peu répandue en France, nous avouerons que nous ne tenons ces renseignemens que de la bienveillance de M. Spencer Smithe.

Quoi qu'il en soit, si nous devons moins à Petisde-la-Croix comme traducteur, nous lui devons davantage comme créateur; et sa gloire n'y perdra rien. Peut-être craignait-il de compromettre le succès de ses contes , en les donnant comme son ouvrage ; car les Français ont souvent mieux aimé les productions étrangères que les chefs-d'œuvre de leur pays.

Cependant on convient que plusieurs de ces contes sont traduits du turc, sans doute avec toute la licence q^ue permettait le respect des mœurs et des usages qu'on ne peut refuser a Petis d'avoir fort bien observés. Cardonne et Galland sont plus exacts peut-être. Mais Cazotte, dans ses contes que nous avons joints à cette réimpression, a traduit plus librement encore.

Ce qui nous a décidés a donner cette grande édition des Mille et un Jours j, c'est le succès brillant et soutenu des Mille et une Nuits j, dont cinq réimpressions ont été enlevées en même tems. Nous avons pensé qu'on accueillerait cette seconde collection, digne de marcher à côté de la première , écrite d'un style plus correct, sans être

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