‹ Les mille et une nuit,: contes arabesChapitre 35 sur 59 · XXIX- NUIT · texte numérisé non relu

XXIX- NUIT

DInarzade réveillée avant le jour, adreffa ces paroles à la Sultane :

Ma Sœur, fi vous ne dormez pas, Je vous prie de ponrfuivre Fhiftoire que vous commençâtes bien Schehe-

Conter Ara&eu ioj

razade auffi-tôt la continua de cette manière.

Pendant que la jeune Dame & le Porteur attentaient que l'on ouvrît la porte de l'Hôtel , le Porteur faîfoit mille réflexions. Il étoit étonné qu'une Dame faite comme celle qu'il Yoyoit, fit l'office de Pourvoyeur. Car enfin il jugeoit bien que ce n'étoit pas une Efclave : il lui trouvoit l'air trop no^ ble pour penfer qu'elle ne fût pas libre , & même une perfonne de diftin&ion.

Il lui auroit 'volontiers fait des queftions pour s*éc1aircir àjz fe qualité ; mais dans le téms qu'il 'fé prépâroit £ lui parler , une autre Dame qui vint ouvrir la porte , lui parut fi belle , qu'il en demeura tout furpris j ou plutôt i\ fut fi vivement frappé dp l'éclat de fes charmes, qu'il en penfa liifler tom* ber fon pàfiîer avec tout ce qui étoit dedans ^ tant cet objet le mit hors de lui-même. Il n'a voit jamais yû de beauté qui approchât de celle qu'il avoit devant : lcs yeux. ,

La Dame qui avojt amené le Porteur , s'apperçut du défordre qui fe paffoit dans fon ame , & du fujet

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