CCV NUIT
Quand £bn Thaher fut entré chez le prince de Perse avec la confidente de Chemselnihar , il la pria de demeurer un moment dans l'antichambre y et de l'attendre. Dès que le prince l'aperçut, il lut demanda, avec empressement, quelle nouvelle il avait à lui annoncer. « I^a meilleure que vous puissiez apprendre , lui répondit Ebn Thaher : on vous aime aussi chèranent que vous aimez. La confidente de Qtemselnihar est dans votre antichambre; elle vous apporte une lettre de la part de sa maîtresse ; elle n'attend que vos ordres pour entrer. »« Quelle entre, 3'écria le prince avec un transport de joie. » En disant cela, il se mit sur son séant pour la recevoir.
Gomme les gens du prinee étaient sortis de la chambre d'abord qu'ils avaient vu Ebn Thaher, afin de le laisser seul avec leur maître, Ebn Thaher alla ouvrir la porte lui-même, et fit entrer la confidente. Le prince la reconnut et la reçut d'une manière fort obligeante. «Seigneur, lui dit- elle, je sais tous les maux que vous avesE soufferts depuis que j'eus Thon-'
neur de vous conduire au bateau qui vous attendait pour vous ramener ; mais j'espère que la lettre que je vous apporte contribuera à votre guérison. » A ces mots, elle lui présenta. la lettre. Il la prit; et après l'avoir baisée plusieurs fois, il l'ouvrit, et lut les paroles suivantes :
LETTRE