I. Histoire de Chahzenan et de Chahriar p. i
Ce premier Conte sert de lien à tous les Contes des Mille et Une Nuits. Chahzenan affligé de l'infidélité de sa femme , se rend chez son frère Chahriar, sulthan des Indes, et là, il découvre que ce frère n'est pas plus heureux que lui. Il lui révèle ce qu'il a vu ; et tous deux quittent le palais pour
(i) On a indiqué ces imitations par des astérisques.
aller courir les aventures. Ils rencontrent la femme d'un, génie qui , malgré la jalousie de son mari , trouve , en sa présence même, mille moyens de le tromper. Chahriar revient dans sa capitale , fait périr la reine , et jure que chaque nuit il épousera une femme et la fera périr le lendemain.
* En exceptant cette fin tragique , on reconnaît ici t histoire de Joconde qui, sans doute, sera venue par tradition de l'Orient en Italie, où l'Arioste en fit un fabliau charmant, imité par La Fontaine , et mis avec tant de succès , par M. Etienne, sur la scène de l'Opéra comique. ( Représente le 28 février 181 4. )
. La fille d'un vézyr , Chehérazade , se dévoue pour faire cesser la loi cruelle que le sulthan avait établie; et, de concert avec sa sœur , elle trouve le moyen de l'amuser par des contes et d'exciter sa curiosité, de manière que chaque nuit il lui fait grâce pour pouvoir l'entendre encore le lendemain. Avant qu'elle prenne sa résolution , son père lui raconte la fable suivante pour l'en détourner.