‹ Les Mille et une nuits, contes arabesChapitre 6 sur 11 · D'ALI COGIA^ MARCHAND DE BAGDAD · texte numérisé non relu

D'ALI COGIA^ MARCHAND DE BAGDAD

Sous le règne du calife Haroun al-Raschid, dit la sultane Scbeherazade , il y avoit à Bagdad un marchand nommé Ali Cogia y qui n'étoit ni des plus riches , ni aussi du dernier ordre , lequel dèmeuroit dans sa maison paternelle, sans femme et sans eufans. Dans le temps que, libre de ses actions, il vivoit content de ce que son négoce lui produisoit , il eut trois jours de suite un songe , dans lequel un vieillard vénérable lui apparut avec un regard sévère , qui le réprimandoit de ce qu'il ne s'étoit pas encore acquitté du pèlerinage de la Mecque.

Ce songe troubla Ali Cogia et le mit dans un grand embarras. Comme bon musulman , il ù'ignoroit pas l'obligation où il étoit de faire ce pèlerinage ; mais comme il étoit chargé d'une maison , de meubles et d'une boutique , il avoit toujours cru que c'étoient des motifs assez puissans pour s'en dispenser , en tâchant d'y sup* pléer par des aumônes , et par d'autres bonnes œuvres. Mais depuis le songe , sa conscience le pressoit si vivement, que la crainte qu'il ne lui

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