‹ Les mille et une nuits du théâtreChapitre 1 sur 70 · BOUM! VOILA · texte numérisé non relu

BOUM! VOILA

Revue en quatre actes et douze tableaux, par MM. Ciairville et Liorat.

Quand vous verrez tomber mon mari dans l’bitume,

Si vous m’avez aimé, ne le ramassez pas !

Ainsi chante Mme Macé-Montrouge en présence de M. Montrouge, qui s’en montre fort réjoui. Le fait est que cette parodie des refrains populaires qui bercèrent notre enfance est la scène amusante de la nouvelle revue. MM. Ciairville et Liorat, pleins d’indulgence pour l'Amant d'Amanda , ont entrepris de prouver que cette prodigieuse ineptie n’était pas plus bête que les autres sottises dont s’est longtemps régalée la ville la plus spirituelle du monde, les Bottes de Bastien, les Petits Agneaux , etc., et ils ont confié le soin de cette démonstration à la verve fantaisiste de Mme Montrouge.

En dehors de cette scène bouffonne, devant laquelle

1. C’est la date du compte rendu. La pièce avait été jouée la veille, 31 décembre 1876.

s'est tordu de rire un public bienveillant, je n'ai guère à signaler que du mouvement, de la bonne humeur et cette espèce drentrain que les hommes du métier, qui ont, comme M. Glairville, fabriqué des revues non pas à la douzaine mais à la grosse, savent communiquer aux silhouettes rapidement écloses sous leur crayon plus facile qu’original.

Par exemple, les quinze ou vingt demoiselles qui débutaient hier au soir peuvent se vanter de chanter faux; on se serait cru au Théâtre Taitbout, à la première de Loup , y es-tu ? Mais le loup n’y était pas; il n’y avait là que des moutons qui ont bêlé d’aise lorsqu’on a nommé les auteurs. Le bon compère Montrouge tient encore un succès.

CGGCXXI

Odéon (Second Thêatre-Français). 4 janvier 1877.

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