‹ Les Mille & une nuits (volume 4)Chapitre 19 sur 37 · HISTOIRE QJJE RACONTA LE MARCHAND · texte numérisé non relu

HISTOIRE QJJE RACONTA LE MARCHAND

« Je frappai à la porte, et aussitôt deux petites esclaves blanches comme la neige et très proprement habillées vinrent ouvrir. « Entrez, s'il vous plaît, me dirent-elles, notre maîtresse vous attend impatiemment. Il y a deux jours c[u'elle ne cesse de parler de vous. » J'entrai dans la cour, et vis un grand pavillon élevé sur sept marches et entouré d'une grille qui le séparoit d'un jardin d'une beauté admirable. Outre les arbres qui ne servoient qu'à Tembellir et qu'à former de l'ombre, il y en avoit une infinité d'autres chargés de toutes sortes de fruits. Je fus charmé du ramage d''un grand nombre d'oiseaux, qui mêloient leurs chants au murmure d'un jet d'eau d'une hauteur prodigieuse, qu'on voj'oit au milieu d'un parterre émaillé de fleurs. D'ailleurs, ce jet d'eau étoit très agréable à voir : quatre gros dragons dorés paroissoient aux angles du bassin qui étoit en carré, et ces dragons jetoient de l'eau en abondance, mais de l'eau plus claire que le cristal de roche. Ce lieu plein de délices me donna une haute idée de la conquête que j'avois faite. Les deux petites esclaves me firent entrer dans un salon magnifiquement meublé, et, pendant que l'une courut avertir sa maîtresse de mon arrivée, l'autre demeura avec moi et me fit remarquer toutes les beautés du salon »

En achevant ces derniers mots, Scheherazade

cessa de parler à cause qu'elle vit paroître le jour. Schahriar se leva, fort curieux d'apprendre ce que feroit le jeune homme de Bagdad dans le salon de la dame du Caire. La sultane contenta le lendemain la curiosité de ce prince en reprenant ainsi cette histoire :

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