‹ Les milles et une nuits, contes arabes; (volume 3)Chapitre 11 sur 11 · IC-Ciiiliii · texte numérisé non relu

IC-Ciiiliii

Le premier soin des voleurs , après cette exécution , fut d'entrer dans la grotte : ils trouvèrent près de la porte les sacs que Cassim avait commencé d'enlever pour les emporter et en charger ses mulets , et ils les remirent à leur place , sans s'apercevoir de ceux qu'Ali Baba avait emportés auparavant. En tenant conseil et en délibérant ensemble sur cet événement , ils comprirent bien connnent Cassim avait pu sortir de la grotte ; mais qu'il y eut pu entrer, c'est ce qu'ils ne pouvaient s'imaginer. Il leur vint en pensée qu'il pouvait être descendu par le haut de la grotte ; mais l'ouverture par où le jour y venait , était si élevée , et le haut du rocher était si inaccessible par dehors , outre que rien ne leur marquait qu'il l'eût fait , ({u'ils tombèrent d'accord que cela était hors de leur connaissance. Qu'il fût entré par la porte , c'est ce qu'ils ne pouvaient se persuader, à moins qu'il n'eût eu le secret de la faire ouvrir ; mais ils tenaient pour certain qu'ils étaient les seuls qui l'avaient ; en quoi ils se trompaient , en ignorant qu'ils avaient été épiés par Ali Baba qui le savait.

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De quelque manière que la chose fût arrivée, comme il s'agissait que leurs richesses communes fussent en sûreté , ils convinrent de faire quatre quartiers du cadavre de Cassim, et de le mettre près de la porte en dedans de la grotte , deux d'mi côté , deux de l'autre , pour épouvanter quiconque aurait la hardiesse de faire une pareille entreprise , sauf à ne revenir dans la gi'otte que dans quelque temps, après que la puanteur du cadavre serait exhalée. Cette résolution prise , ils l'exécutèrent ; et quand ils n'eurent plus rien qui les arrêtât, ils laissèrent le lieu de leur retraite bien fermé , remontèrent à cheval , et allèrent battre la campagne sur les routes fréquentées par les caravanes , pour les attaquer et exercer leurs brigandages accoutumés.

La femme de Cassim cependant fut dans une grande inquiétude quand elle vit qu'il était nuit close , et que son mari n'était pas revenu. Elle alla chez Ali Baba tout alarmée , et elle dit : « Beau-frère , vous n'ignorez pas , comme je le crois , que Cassim votre frère est allé à la forêt, et

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pour quel sujet. Il n'est pas encore revenu , et voilà la nuit avancée ; je crains que quelque malheur ne lui soit arrivé. »

Ali Baba s'était douté de ce voyage de son frère , après le discours qu'il lui avait tenu ; et c'était pour cela qu'il s'était abstenu d'aller à la foret ce jour-là , afin de ne lui pas donner d'ombrage. Sans lui faire aucun reproche dont elle pût s'offenser ni son mari , s'il eut été vivant , il lui dit qu'elle ne devait pas encore s'alarmer, et que Cassim apparemment avait jugé à propos de ne rentrer dans la ville que bien avant dans la nuit.

La femme de Cassim le crut ainsi , d'autant plus facilement , qu'elle considéra combien il était important que son mari fît la chose secrètement. Elle retourna chez elle , et elle attendit patiemment jusqu'à minuit. Mais après cela , ses alarmes redoublèrent avec une douleur d'autant plus sensible, qu'elle ne pouvait la faire éclater, ni la soulager par des cris dont elle vit bien que la cause devait être cachée au voisinage. Alors, si sa faute était irréparable , elle se repentit de la folle curiosité

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qu'elle avait eue , par une envie condamnable , de pénétrer dans les affaires de son beau-fière et de sa belle-sœur. Elle passa la nuit dans les pleurs ; et , dès la pointe du jour, elle courut chez eux , et elle leur annonça le sujet qui l'amenait , plutôt par ses larmes que par ses paroles.

Ali Baba n'attendit pas que sa belle-sœur le priât de se donner la peine d'aller voir ce que (]assim était devenu. Il partit siule-cliamp avec ses trois ânes , après lui avoir recommandé de modérer sou affliction, et il alla à la forêt. En approchant du rocher, après n'avoir vu dans le chemin ni sou frère ni les dix mulets , il fut étonné du sang répandu qu'il aperçut près de la porte , et il en prit un mauvais augure. Il se présenta devant la porte ; il prononça les paroles , elle s'ouvrit ; et il fut frappé du triste spectacle du corps de son frère mis en quatre quartiers. Il n'hésita pas sui' le parti qu'il devait prendre pour rendre les derniers devoirs à son frère , en oubhant le peu d'amitié fraternelle qu'il avait eue pour lui. Il trouva dans la grotte de quoi iaiio doux paquets des quatre quartiers,

dont il fit la charge d'un de ses ânes , avec du bois pour les cacher. Il chargea les deux autres ânes de sacs pleins d'or et de bois par-dessus, comme la première fois, sans perdre de temps ; et dès qu'il eut achevé , et qu'il eut commandé à la porte de se refermer, il reprit le chemin de la ville ; mais il eut la précaution de s'arrêter à la sortie de la forêt assez de temps pour n'y rentrer que de nuit. En arrivant , il ne fit entrer chez lui que les deux ânes chargés d'or; et après avoir laissé à sa femme le soin de les décharger, et lui avoir fait part en peu de mots de ce qui était arrivé à Cassim , il conduisit l'autre âne chez sa bellesœur.

Ali Baba frappa à la porte , qui lui fut ouverte par Morgiane : cette 3Iorgiane était une esclave adroite , entendue , et féconde en inventions pour faire réussir les choses les plus difficiles ; et Ali Baba la connaissait pour telle. Quand il fut entré dans la cour , il déchargea l'âne du bois et des deux paquets , et en prenant 3Iorgiane à part : « Morgiane , dit-il , la première chose que je te demande , c'est un secret inviola-

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ble ; tu vas voir combien il nous est nécessaire autant à ta maîtresse qu'à moi. Yoilà le corps de ton maître dans ces deux paquets ; il s'agit de le faire enterrer comme s'il était mort de sa mort naturelle. Faismoi parler à ta maîtresse , et sois attentive à ce que je lui dirai. »

Morgiane avertit sa maîtresse , et Ali Baba, qui la suivait, entra.

«< Eh bien î beau - frère , demanda la belle-sœur à Ali Baba avec grande impatience , quelle nouvelle apportez - vous de mon mari? Je n'aperçois rien sur votre visage qui doive me consoler. »

« Belle -sœur, répondit Ali Baba, je ne puis vous rien dire , qu'auparavant vous ne me promettiez de m'écouter depuis le commencement jusqu'à la fin sans ouvrir la bouche. Il ne vous est pas moins important qu'à moi , dans ce qui est arrivé , de garder un grand secret pour votre bien et pour votre repos. »

<( Ah I s'écria la belle -sœur sans élever la voix , ce préambule me fait connaître que mon mari n'est plus ; mais en même temps je connais la nécessité du secret

que vous me demandez. Il faut bien que je me fasse violence : dites , je vous écoute. »

Ali Baba raconta à sa belle-sœur tout le succès de son voyage , jusqu'à son arrivée avec le corps de Cassim.

« Belle-sœur, ajouta-t-il, voilà un sujet d'affliction pour vous d'autant plus grand que vous vous y attendiez moins. Quoique le mal soit sans remède , si quelque chose néanmoins est capable de vous consoler , je vous offre de joindre le peu de bien que Dieu m'a envoyé au vôtre , en vous épousant, et en vous assurant que ma femme n'en sera pas jalouse , et que vous vivrez bien ensemble. Si la proposition vous agrée, il faut songer à faire en sorte qu'il paraisse que mon frère est mort de sa mort naturelle ; et c'est un soin dont il me semble que vous pouvez vous reposer sur Morgiane ; et j'y contribuerai de mon côté de tout ce qui sera en mon pouvoir. »

Quel meilleur parti pouvait prendre la veuve de Cassim , que celui qu'Ali Baba lui proposait , elle f[ui , avec les biens qui lui demeuraient par la mort de son premier

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mari , en trouvait un autre plus riche qu'elle , et qui , par la découyerte du trésor qu'il avait faite , pouvait le devenir davantage ? Elle ne refusa pas le parti ; elle le regarda au contraire comme un motif raisonnable de consolation. En essuyant ses larmes, qu'elle avait commencé de verser en abondance , en supprimant les cris perçans ordinaires aux femmes c|ui ont perdu leurs maris , elle témoigna suffisamment à Ali Baba qu'elle acceptait son offre.

Ali Baba laissa la veuve de Cassim dans cette disposition ; et , après avoir recommandé à IMorgiane de bien s'acquitter de son personnage , il retourna chez lui avec son âne.

Morgiane ne s'oublia pas ; et elle sortit en même temps qu'Ali Baba , et alla chez un apodiicaire qui était dans le voisinage. Elle frappa à la boutique : on ouvre ; elle demande d'une sorte de tablette très- salutaire dans les maladies les plus dangereuses.

L'apothicaire lui en donna pour l'argent qu'elle avait présenté , en demandant qui était malade chez son maître.

»t Ah I dit-elle avec un grand soupir , c'est

Casslin lui-même, mou bon maître! On n'entend i ien à sa maladie ; il ne parle , ni ne peut manger. »

Avec ces paroles, elle emporte les tablettes dont véritablement Cassim n'était plus en état de faire usage.

Le lendemain , la même Morgiane vient chez le même apothicaire , et demande , les larmes aux yeux, d'une essence dont on avait coutume de ne faire prendre aux malades qu'à la dernière extrémité ; et on n'espéjait rien de leur vie si cette essence ne les faisait revivre.

« Hélas I dit-elle avec une grande affliction , en la recevant des mains de l'apothicaire, je crains fort que ce remède ne fasse pas plus d'effet que les tablettes I Ah I que je perds un bon maître I »

D'un autre côté , comme on vit toute la journée Ali Baba et sa femme d'un air triste faire plusieurs allées et venues chez Cassim , on ne fut pas étonné sur le soir d'entendre des cris lamentables de la femme de Cassim , et surtout de jMorgiane, qui annonçaient que Cassim était mort.

Le jour suivant , de grand matin , le jour

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ne faisait que commencer à paraître , Morgiaiie , qui savait qu'il y avait sur la place un bon homme de savetier fort vieux , qui ouvrait tous les jours sa boutique le premier, long-temps avant les autres , sort , et va le trouver. En l'abordant , et en lui donnant le bonjour , elle lui mit une pièce d'or dans la main.

Balja 3Ioustafa , connu de tout le monde sous ce nom , Baba Moustafa , dis-je , qui était naturellement gai , et qui avait toujours le mot pour rire , en regardant la pièce d'or, à cause qu'il n'était pas encore bien jour, et en voyant que c'était de l'or : « Bonne étrennel dit-il, de quoi s'agit-il? Me voilà prêt à bien fcdre. »

»c Baba 3Ioustafa , lui dit Morgiane , prenez ce qui vous est nécessaire pour coudre , et venez avec moi promptement ; mais à condition que je vous banderai les yeux , quand nous serons dans un tel endroit. »

A ces pai'oles Baba Moustafa fit le difficile.

«c Oh I oh I reprit-il, vous vouiez donc me faire faire quelque chose contre ma conscience , ou contre mon honneur? »

En lui mettant une autre pièce d'or dans la main : «* Dieu garde, reprit Morgiane , que j'exige rien de vous, que vous ne puissiez faire en tout honneur. Venez seulement, et ne craignez rien. »

Baba 31oustafa se laissa mener ; et Morgiane , après lui avoir bandé les yeux avec un mouchoir à l'endroit qu'elle avîdt marqué , le mena chez défunt son maître , et elle ne lui ôta le mouchoir que dans la chambre où elle avait mis le corps , chaque quartier à sa place. Quand elle le lui eut ôté : « Baba jMoustafa , dit-elle , c'est pour vous faire coudre les piècea que voilà , que je vous ai amené. Ne perdez pas de temps ; et quand vous aurez fait, je vous donnerai une autre pièce d'or. »

Quand Baba Moustafa eut achevé , Morgiane lui rebanda les yeux dans la même chambre ; et, après lui avoir donné la troisième pièce d'or qu'elle lui avait promise , et lui avoir recommandé le secret , elle le remena jusqu'à l'endi'oit où elle lui avait bandé les yeux en l'amenant ; et là , après lui avoir encore ôté le mouchoir, elle le laissa letoui-ner chez lui , en le conduisant

de vue jusqu'à ce qu'elle ne le vît plus , afin de lui ôter la curiosité de revenir sur ses pas pour l'observer elle-même.

Morgiane avait fait chauffer de l'eau pour laver le corps de Cassim. Ainsi Ali Baba , qui arriva comme elle venait de rentrer, le lava, le parfuma d'encens, et l'ensevebt avec les cérémonies accoutumées. Le menuisier apporta aussi la bière, qu'Ali Baba avait pris le soin de commander.

Afin que le menuisier ne pût s'apercevoir de rien , iMorgiane reçut la bière à la porte ; et , après l'avoir payé et renvoyé , elle aida Ali Baba à mettre le corps dedans ; et quand Ali Baba eut bien cloué les planches par - dessus , elle alla à la mosc[uée avertir que tout était prêt pour l'enterrement. Les gens de la mosquée destinés pour laver les corps morts s'offrirent pour venir s'accpiitter de leurs fonctions ; mais elle leur dit que la chose était faite.

Moi;giane , de retour, ne faisait que de rentrer quand l'iman et d'autres ministres de la mosquée arrivèrent. Quatre voisins assemblés chargèrent la bière sur leurs

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épaules, et en suivant l'iman, qui récitait des prières, ils la portèrent au cimetière. Morgiane en pleurs, comme esclave du défunt , suivit , la tète nue , en poussant des cris pitoyables , en se frappant la poitrine de grands coups, et en s'arrachant les cheveux ; et Ali Baba marchait après , accompagné des voisins qui se détachaient tour à tour, de temps en temps , pour relayer et soulager les autres voisins qui portaient la bière , jusqu'à ce qu'on arrivât au cimetière.

Pour ce qui est de la femme de Cassim , elle resta dans sa maison , en se désolant et en poussant des cris lamentables avec les femmes du voisinage, qui, selon la coutume , y accoururent pendant la cérémonie de l'enterrement, et qui, en joignant leurs lamentations aux siennes , rempUrent tout le quartier de tristesse bien loin aux environs.

De la sorte , la mort funeste de Cassim fut cachée et dissimulée entre Ali Baba , sa femme, là veuve de Cassim et Morgiane , avec un ménagement si grand, que personne de la ville , loin d'en avoir con- VII. '2^-

naissance , n'en eut pas le moindre soupçon.

Trois ou quatre jours après l'enterrement de Cassim, Ali Baba transporta le peu de meubles qu'il avait, avec l'argent qu'il avait enlevé du trésor des voleurs , qu'il ne porta que la nuit dans la maison de la veuve de son frère, pour s'y établir, ce qui fit connaître son nouveau mariage avec sa bellesœur ; et comme ces sortes de mariages ne sont pas extraordinaires dans noti'e religion , personne n'en fut surpris.

Quant à la boutique de Cassim , Ali Baba avait un fds qui depuis quelque temps avait achevé son apprentissage chez un autre gios msuchand, qui avait toujours rendu témoignage de sa bonne conduite ; il la lui donna avec promesse, s'il continuait de se gouverner sagement, qu'il ne serait pas long -temps à le marier avantageusement selon son état.

Laissons Ali Baba jouir des commencemens de sa bonne fortune , et parlons des quarante voleurs. Ils revinrent à leur reti'aite de la forêt, dans le temps dont ils étaient convenus ; mais ils fuient dans un

giand étonnement de ne pas trouver le coi-ps de Cassim , et il augmenta quand ils se furent aperçus de la diminution de leurs sacs d'or.

« Nous sommes découverts et perdus , dit le capitaine , si nous n'y prenons garde ; et si nous ne cherchons promptement à y apporter le remède, insensiblement nous allons perdre tant de richesses, que nos ancêtres et nous avons amassées avec tant de peines et de fatigues. Tout ce que nous pouvons juger du dommage qu'on nous a fait, c'est que le voleur que nous avons surpris a eu le secret de faire ouvrir la porte , et que nous sommes arrivés heureusement à point nommé dans le temps qu'il en allait sortir. Mais il n'était pas le seul , un autre doit Tavoir comme lui. Son corps emporté et notre trésor diminué en sont des marques incontestables; et comme il n'y a pas d'apparence que plus de deux personnes aient eu ce secret , après avoir fait périr l'un, il faut que nous fassions périr l'autre de même. Qu'en di tes- vous , braves gens? n'êtes- vous pas de même avis que

La proposition du capitaine des voleurs fut trouvée si raisonnable par sa compagnie? qu'ils l'approuvèrent tous, et qu'ils tombèrent d'accord qu'il fallait abandonner toute autre entreprise , pour ne s'attacher uniquement qu'à celle-ci , et ne s'en départir qu'ils n'y eussent réussi.

<( Je n'en attendais pas moins de votre courage et de votre bravoure , reprit le capitaine ; mais avant toute chose , il faut que quelqu'un de vous , hardi , adroit et entreprenant , aille à la ville , sans armes , et en habit de voyageur et d'étranger , et qu'il emploie tout son savoir-faire pour découvrir si on n'y parle pas de la mort étrange de celui que nous avons massacré comme il le méritait, qui il était , et en quelle maison il demeurait. C'est ce qu'il est important que nous sachions d'abord, pour ne rien faire dont nous ayons lieu de nous repentir, en nous découvrant nous-mêmes dans un pays où nous sommes inconnus depuis si long-temps , et où nous avons un si grand intérêt de continuer de l'être. Mais afin d'animer celui de vous qui s'offrira pour se charger de cette commission , et l'empêcher

de se tromper, en venant nous faire un rapport faux , au lieu d'un véritable , qui serait capable de causer notre ruine, je vous demande si vous ne jugez pas à propos qu'en ce cas-là il se soumette à la peine de mort ? »

Sans attendre que les autres donnassent leurs suffrages : « Je m'y soumets , dit l'un des voleurs , et je fais gloire d'exposer ma vie , en me chargeant de la commission. Si je ne réussis pas , vous vous souviendrez au moins que je n'aurai manqué ni de bonne volonté ni de courage pour le bien commun de la ti'oupe. »

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