PRÉFACE
Au mois de janvier 1891, nous avon» publié, dans les Annales des Mines, un premier mémoire sur les mines d'or du Transvaal \ L'attention générale n'était pas alors attirée sur cette industrie comme elle Ta été dans la suite et nous croyons avoir été, à ce moment, le premier en France à lui consacrer une étude scientifique un peu développée. Depuis cette époque, nous n'avons cessé d'en suivre de loin les progrès* et, cette année, enfin, ayant pu faire au centre des mines du Witwatersrand, à Johannesburg, un séjour de deux mois, nous nous sommes trouvé en mesure de compléter, par un examen personnel, les connaissances que, jusque-là, nous avions seulement acquises de seconde main. Ce sont les observations de toute nature faites dans ce voyage que nous voudrions résumer ici'. Bien que, depuis 1891,
* Notre attention avait été attirée sur le Transvaal par les rapports tout particuliërenient développés et approfondis de M. Aubert, Consul de France à Pretoria^ que le Ministère des affaires étrangères avait bien voulu nous communiquer.
• Voir : Sature du 3 octobre 1891, « les mines d'or du Transvaal - ; Bull, des Annales des Mines, janv. 1892, « Nouveaux gisements d'or au Cap »; Ibid., juillet 1892, • Développement des mines dor du Transvaal -.
' Nous sommes heureux de saisir cette occasion pour remercier ici nos deux compagnons de voyage, MM. Maurel et Dégoutin, sans Tactif concours desquels il nous eût été impossible de réunir en si peu de temps les matériaux de cet ouvrage. Nous exprimons également toute notre gratitude aux diverses personnes de Johannesburg, représentants de sociétés françaises, administrateurs et directeurs de mines, qui nous sont venues en aide et nous ont accueilli avec une grande obligeance.
VI PUEFACE
plusieurs ouvrages importants, tels que ceux de Hamilton Smith, Schmcisser, Goldmann, llatch et Chalmers ' aient paru on langue étrangère sur le Transvaal, il reste, croyonsnous, bien des choses à y ajouter, surtout en ce qui concerne la géologie des gisements, que nous avons étudiée ici en grand détail ; et, quant aux méthodes d'extraction ou de traitement, le développement industriel est, en ces pays neufs, tellement rapide, que quelques mois à peine écoulés renouvellent le sujet; d'ailleurs, en français, les publications scientifiques ou techniques sur le Transvaal continuent à faire à peu près défaut ^
Dans les descriptions qui vont suivre, notre intention est de nous restreindre absolument à la partie du pays que nous avons visitée et étudiée, c'est-à-dire aux champs aurifères du Witwatersrand, de Ileidelberg et de Klerksdorp; néanmoins, pour ne pas laisser une lacune dans notre sujet, nous indiquerons sommairement, en appendice, la constitution de ceux de de Kaap (Barberton), Komati, Lydenburg, Murchison Range, Zoutpansberg, etc., également situés au Transvaal ou encore du Zoulouland, du Mashonaland ou du Griqualand, récemment trouvés dans les régions voisines. Notre séjour en Afrique australe n'ayant pu avoir qu'une durée restreinte, nous avons préféré y limiter nos efforts sur un sujet bien déterminé, et formant par lui-même un tout complet, à savoir sur l'examen des conglomérats aurifères très spéciaux du Witwatersrand, de Heidelberg et de Klerksdorp, au lieu d'éparpiller nos recherches dans toutes les directions
* Voir la Bibliographie ci-joinle. Nous avons cherché à ii»nmer, autant ({ue possible, des figures relevées par uous-nième et, par suite, différentes de celles (pii ont paru dans ces ouvrages antérieurs, de manière à en former, sur ce point, le complément.
* Nous avons donné récemment, dans la livraison de janvier 1896 des Annales des Mines, une grande partie du chapitre de cet ouvrage, relatif à la géologie, aver, quelques brèves observations sur le traitement métallurgique. (Cf. Comptes Rendu» de l'Institut, 3 et 10 fév. 96.)
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PRÉFACE vu
et, comme nous estimons que, si ce livre peut avoir quelque valeur ou quelque utilité pratique, c'est surtout à titre d'observation scientifique personnelle et de témoignage sincère, nous chercherons soigneusement à lui conserver ce caractère en ne parlant le plus possible, et sauf de rares exceptions, que de ce que nous avons vu par nous-meme ^
Cet ouvrage est destiné, avant tout, à présenter des faits positifs et des chiffres précis ; notre premier but a été de faire une œuvre de géologue et de technicien et nous avons évité, avec grand soin, toute personnalité, toute appréciation sur la valeur financière des affaires que nous nous trouvons citer ; on ne s'attendra donc pas à y rencontrer des renseignements sur l'avenir, la durée ou les chances de succès de telle ou telle entreprise particulière ; mais, cette observation faite, en ce qui concerne l'ensemble du pays, envisagé d'une façon générale, nous avons cru devoir donner notre impression tout entière, si entachée d'erreurs qu'elle puisse être en réalité, en lui laissant même parfois, plus qu'il ne semblerait convenir à un livre de longue haleine, un caractère d'actualité, précisément pour que, lorsque cette impression aura vieilli et se démodera, ce qui se produira très vite, elle continue à bien porter sa date.
Peut-être ce mélange d'études théoriques et géologiques, avec les réflexions rapides d'un voyageur, paraltra-t-il d'abord un peu étrange et discordant : mais il nous semble que c'était presque une nécessité du sujet. D'ailleurs, en exprimant ainsi notre opinion sur l'industrie aurifère du Witwatersrand, très franchement et très librement, nous n'avons point du
* Néanmoins, en ce qui concerne la géologie générale du pays, nous ne pouvons donner ici que des renseignements de seconde main, sauf pour les environs immédiats de Johannesburg, figurés sur la planche IV; nous n'avons pas eu le temps de faire de géologie, en dehors des mines qui absorbaient toute notre aUention et c'est ainsi que, pour le raccordement des divers reefs entre eux ou la disposition des terrains reproduits sur la carte (pi. V), nous avons dû nous fier aux travaux de MM. Draper, Goldmann, etc. .