Quai^tzite 12 mètres
10. North Leader (quartzite avec banc de conglomérat intercalé de 0»,20 d'épaisseur) 0",60 à 0",90
On abat les couches de 2 à 7. Le quartzite noir n^ 5 constitue, dans son ensemble, un minerai parfois fort riche, bien que, le plus souvent, il ne présente que des galets très disséminés : ce qui est contraire à la théorie générale, suivant laquelle Tor ne serait abondant que dans les conglomérats proprement dits. Dans la couche 8, il vient parfois s'intercaler, notamment au troisième niveau Ouest, un reef à petits galets.
Quant au North leader, qui, à Modderfontein, n a jamais été trouvé exploitable, ici, il forme une des richesses principales de la mine et, si Ton considère seulement la veine de conglomérat qui y est intercalée, on y trouve des teneurs allant à 300 grammes d'or par tonne.
La teneur moyenne est, en pratique, de 19^',60, dont 13'^%S0 à Tamalgamation.
Sur la Modderfontein, la coupe est la suivante de haut en bas :
Kimberley Reef,
Quarlzile 400 mètres.
Bird'Reef i2 à 15 —
Quartzite, souvent un peu micacé au mur 300 —
Hanging n® 2 (non exploité) 0",10
Quartzite 0«,40à0 ,50
South } ^*^^^&^^ Leader (riche; 0 ,08 à 0 ,10
« # \ Quartzite noir très dur ....... 0 ,60 à 1 mètre.
1 Middle Reef 0 ,04 à 0 ,06
[ Quartzite blanc 0 ,60 à 1 mètre.
\ Footwall Leader 0 ,08 à 0 ,10
Lit schisteux laminé.
Quartzite 2o mètres. •
North Leader 0",08
Quartzite 50 mètres.
Main-Reef Leader environ 0'",15
Grès quartzite 10 à 12 mètres.
Main-Reef (North Reef) 1 mètre.
Schistes chloriteux 80 à 100 mètres.
Les schistes chloriteux, qui forment le mur du Main-Reef, sont souvent très disloqués ; le Main-Reef, qui se trouve au-dessus, et que nous venons de voir travaillé en grand vers TOuest, à Van Ryn, a donné lieu seulement, dans l'Est de Modderfontein, à quelques anciennes tentatives d'exploitations infructueuses ; vers TEst, il se prolonge sur Modderfontein Extension, avec le même mur de schistes caractéristiques, une épaisseur de 0"*,60 à 0™,90 et, à 1"*,30 de distance au toit, un mince leader de O'^jiS.
Le North leader du Soulh reef, qui a donné de bons résultats à la Chimes, a paru, jusqu'ici, à Modderfontein, inexploitable.
Le South reef proprement dit, sur lequel portent, en résumé, tous les travaux de cette dernière mine, se compose d'un faisceau de douze ou quinze petits bancs de conglomérats, très minces et très difficiles à reconnaître Tun de l'autre, d'autant plus que la richesse peut fort bien, en réalité, passer de l'un à Tautre, et dont iroi« seulement donnent lieu à une exploitation suivie (footwall leader, middle reef et hanging leader). Ces bancs, très différents de la plupart des conglomérats que nous avons rencontrés jusqu'ici dans le Rand*, sont tous très étroits (0™,04 à O'^ylO) avec de petits galets blancs vitreux, enfumés, noirs mats ou rosés, semblant ayaîr subi un écrasement, et peu de pyrite apparente. Le plus
* Voir la figure 9, page 190.
riche est le hanging leader. Le quartzite noir, très dur, qui le surmonte, est à grain assez grossier et, en raison de ce fait, contient toujours une certaine proportion d'or (7 à 9 grammes), qui fait qu'on le passe aux pilons ; à la surface, il prend une teinte brun chocolat avec des taches vertes. Le middle reef est très mince et disparait fréquemment, comme tous les reefs de Modderfontein, ainsi qu'une ligne de dislocation qui parait le suivre. Enfin le footwall leader est généralement pauvre et très irrégulier; il parait devenir plus riche aux niveaux inférieurs, en même temps qu'il se rapproche des quartzites noirs.
La pente est ici souvent très forte dans l'Ouest des travaux, presque comme dans la concession de la Chimes, qui se trouve de ce côté ; elle atteint là 78** et plus. On remarque, dans ce reef, presque vertical, des veines de quartz blanc stérile, presque horizontales. En profondeur, la pente passe de 78 à 60^. Quand on va vers l'Est, la couche s'aplatit, au contraire, jusqu'à 20 ou 25°.
D'après les résultats des essais, le directeur de la mine estime que la teneur pratique sera, quand les broyages commenceront en février 1896, d'environ 21 à 23 grammes, dont 13 à 15 à l'amalgamation.
Au delà de Modderfontein, les travaux d'exploitation s'arrêtent et, comme le sol est très masqué, soit par des limons, soit par les couches du Karoo (coal measures), comme, en outre, le pays est très plat et souvent marécageux sur les affleurements des reefs, les travaux de reconnaissance avancent assez lentement. Néanmoins on peut, dès à présent, suivre, à travers Modderfontein Extension, Klippfontein et Amatola, le trajet présumé du North reef (Main-Reef), caractérisé par la masse de schistes située à son mur et les deux reefs supérieurs (Bird reef et Kimberley reef), dont les affleurements sont toujours mieux marqués que ceux du Main Reef : ce qui localise étroitement la zone des recherches pour le South reef, môme sur les grandes étendues, où il n'a pas encore été rencontré.
Le Bird reef, qui, en coupe transversale, est séparé du South reef par environ 300 mètres de quartzites, en est, en réalité, beaucoup plus éloigné à l'affleurement ; car les couches, dans toute cette région, sont presque horizontales (20 à 25^ d'inclinaison seu-
lement). Ce Bird reef, qui a 12 à 15 mètres de large, est caractérisé par des masses de petits galets blancs (très peu de noirs) fortement soudés dans un ciment très dur. Il passe sous le Compound ' de Modderfontein, où il contient exceptionnellement un peu d or visible ; mais, jusqu'ici, on Ta trouvé partout sans valeur, bien que, dans TOuest du Rand, un reef, qui lui est assimilé, ait servi de prétexte à quelques compagnies.
A 400 mètres au Sud du Bird reef, affleure une énorme masse de poudingues, avec des parties à très gros galets, qu'on nomme le Kimberley reef, masse d'autant mieux visible en plusieurs points de cette région qu'étant presque horizontale, elle occupe des étendues considérables. Ce Kimberley Reef est également bien caractérisé sur toute la longueur du Rand et a été généralement considéré comme pauvre, les galets stériles étant si gros qu'ils n'ont pas laissé de place à un ciment aurifère ; mais, dans l'épaisseur du poudingue, on rencontre parfois des veines à galets plus petits, très chargées de pyrite et qui, en certains endroits, ont donné lieu, dans ces derniers temps, à quelques espérances, dont l'avenir permettra d'apprécier la valeur. Ce sont des veines de ce genre qu'on cherche à exploiter à Rip (près du Champ-d'Or), où elles sont très voisines du reef considéré comme le Main-Reef ; au Sud de Roodepoort, on en retrouve à Marie-Louise; puis, au Sud de l'East Rand, à la mine Saint-Jean, où elles ont été l'objet, à diverses reprises, d'exploitations tout à fait précaires ; enfin, quelques compagnies, que nous n'avons pas eu à citer chemin faisant, parce qu'elles n'ont encore qu'une existence théorique, comme la Kleinfontein dcep, etc., se sont constituées pour y faire des recherches.
Les travaux de prospection de Modderfontein Extension et de Klippfontcin n'ont recoupé, jusqu'ici, le Main-Reef (reconnu par son mur de schiste) qu'en des points où il est gréseux et assez pauvre : ce qui peut n'ôtre qu'un hasard fâcheux, mais ce qui peut correspondre également à la présence dans cette région, soit d'une zone pauvre, comme nous en avons déjà trouvé en certaines parties du Rand, soit môme d'un appauvrissement définitif, puisque, si
* Logement des ouvriers cafres.
étendue que soit Timprégnation aurifère des conglomérats, elle doit pourtant s'arrêter quelque part.
Quant au South-Reef, on a, sur Klippfontein, recoupé son faisceau, bien caractérisé par tous ces petits bancs de conglomérats minces à galets fins, avec intercalation de quartzites ; mais on n*a pas encore reconnu quels sont, dans le nombre, s'ils existent, les leaders riches.
Il est intéressant de constater que les reefs conservent, jusqu a ce point, — c'est-à-dire singulièrement au delà de l'endroit où les anciennes caries annonçaient hypothétiquement un raccordement, par une courbe Nord-Sud, avec le reef du Nigel et supposaient la limite du bassin, — une direction Nord-Est. Nous serions fort peu surpris si Ton constatait, un jour ou l'autre, que cette direction générale se poursuit, sauf quelques accidents locaux, encore sensiblement plus loin * ; car, à notre avis, comme nous l'avons dit plus haut, on a affaire là, non à un dépôt de lac restreint, mais à une dépression synclinale produite par plissement dans une formation de conglomérats très étendue, et ce synclinal doit, comme tous les plis du même genre qu'on peut si bien étudier dans le Jura ou les Alpes, se prolonger avec plus ou moins d'inflexions et d'étirements : ce qui donne à l'étude de cette région extrême un grand intérêt théorique aussi bien que pratique.
Il est vrai, le faciès gréseux tend à dominer ici, dans la série du Main-Reef, à la place des conglomérats et, de l'autre côté du synclinal, dans les reefs du Nigel, qui ont quelque chance pour représenter la réapparition de la même série sur l'autre flanc de la dépression, les reefs riches sont également gréseux ou à petits galets. Mais nous ne voyons aucune conséquence à en tirer au sujet de la proximité plus ou moins grande du rivage à l'époque où se sont formés ces dépôts et par suite, sur les conditions dans lesquelles aurait pu s'accumuler l'or; car il ne faut pas oublier qu'immédiatement au toit se retrouvent des reefs à gros galets, comme le Kimberley Reef ; il n'y a là probablement qu'un phénomène local dû au sens et à la direction des courants dans les eaux
*■ Il est regrettable que tous les explorateurs de ce district, trouvant plus commode de laisser faire les recherches par leur voisin afin d'en profiter, avancent avec une lenteur si grande et fassent, en réalité, si peu d'efforts.
OÙ se constituaient ces sédiments, peut-être une zone calme d estuaire produite par le débouché d'une rivière.
Nous ajouterons seulement une remarque, c'est que cette zone de Modderfontein et du Nigel est celle où les deux bords de la cuvette synclinale (en admettant l'assimilation des reefs du Nigel avec ceux du Main-Reef) sont les plus rapprochés et où, par suite, le fond de la cuvette doit être le moins profond. Si l'on remarque, en outre, que la pente, aussi bien dans l'Est de Modderfontein qu'au Nigel, est très faible (20 à 30" environ), une coupe bien facile à établir montre que la profondeur verticale maxima du thalweg doit avoir environ 2 500 mètres.
Cette profondeur étant inaccessible à nos travaux de mine, il est bien peu probable que les galeries parties des deux bords viennent jamais se rejoindre dans la profondeur. Néanmoins, si jamais, avec la hardiesse qu'on apporte volontiers dans les entreprises de ce pays, on voulait tenter un sondage à grande profondeur pour explorer le fond du bassin, cette région paraîtrait particulièrement bien indiquée à cet égard.
A environ 30 kilomètres au Sud de Modderfontein, on retrouve, ainsi que nous l'avons déjà indiqué à diverses reprises, au Nigel et àlleidelberg, une série de bancs de conglomérats aurifères plongeant en sens inverse de ceux que nous venons d'étudier dans la série du Main-Reef, c'est-à-dire vers le Nord et présentant avec eux assez d'analogie pour qu'on ait pu supposer, d'une façon plausible, qu'ils constituaient leur réapparition au jour de l'autre côté de la cuvette synclinale. Dans cette région, une seule mine importante est, jusqu'ici, en exploitation, celle du Nigel; mais l'attention ayant été vivement attirée dans ces derniers temps sur l'intérêt de ce district, et le champ ouvert aux entreprises y offrant encore des perspectives de succès d'autant plus vastes qu'elles sont moins déterminées, les travaux de recherches y sont poussés avec activité et permettront, peut-être, assez prochainement, de se prononcer sur son avenir, encore problématique.
Au Nigel, les couches sont presque horizontales (de 18 à 23® à l'aflleurement), et cette horizontalité suffit peut-être à elle seule pour expliquer comment la ligne de niveau, marquée par l'affleurement de l'une d'elles, devient, par suite d'un gondolement des
terrains relativement faible, une courbe très prononcée, qui apparaîtrait à peine pour une inflexion comparable, si les couches
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étaient fortement redressées. Si Ton ramène le phénomène à des données géométriques simples, on a ici la section d'une surface
cylindrique par un plan faisant un angle très faible sur son axe : ce qui produit une ellipse très allongée ; tandis qu'avec les couches verticales, on aurait la section du même cylindre par un plan perpendiculaire à l'axe, donnant un arc de cercle.
Toujours est-il que les terrains du Nigel décrivent, dans la concession même, une courbe tr^s accentuée et que les travaux de mine actuels ont permis de bien reconnaître (fig. 32).
Le reef exploité au Niget est un banc de conglomérat, généralement assez mince (0™,63 en moyenne), bien qu'il atteigne par-
Fig. 33. — EchaDlilltin de minerai du Nigel. inaiitranl In disposition irrégulière des petits galels de quartz anguleux dans un ciment ù grains de quartz grossiers, où k pyrite est peu en évidence (pnints noirs). Ech. 1479-2. — Grandeur nature,
fois i mf'tre, formé de galets assez petits, souvent enfumés, donnant à la roche un aspect grisâtre', avec galets de quarlzite noir mat, parfois anguleux (comme on en trouve souvent dans le Main-ltccf), galets de quartzite jaune (assez particuliers à cette mine) et pyrite disséminée (fig, 33). Ce rcof est superposé à des schistes contenant parfois de la magnétitc : c'est-à-dire qu'il se trouve géo logiquement dans des conditions comparables à celles du North reeef de Kleinfonlein, Van Ryn, Modderfontein, Klippfontein, que nous avons assimilé au Maîn-Ueef; il est, de même,
■ Ces galets ont moins d'un centimètre en moyenne, mais sont de dimensions, tris variables et très irréguliërement disposés. (Ecb. liîB, t et S.)
recouvert par des quartzites; enfin, comme aspect et même comme épaisseur, il ne diffère pas d une façon nette de ce reef, qui, ainsi que nous l'avons vu, s'amincit beaucoup dans TEst du Rand. Ce ne sont assurément pas là des raisons suffisantes pour entreprendre une assimilation reef par reef à aussi grande distance ; d'autant plus que le reef du Nigel est, le plus souvent, à galets beaucoup plus petits que le Main-Reef, partout où nous avons étudié ce dernier ; mais il est déjà très extraordinaire et très frappant de retrouver, aussi loin de l'affleurement des couches du Witwatersrand, une formation qui, dans son ensemble, s'y rattache aussi complètement et qui s'est aussi peu modifiée dans l'intervalle (notamment avec les mêmes galets exclusivement composés de quartz, et de structure minéralogique identique). Nous voyons là, suivant une remarque précédente, une preuve que ces conglomérats (indépendamment de leur ciment aurifère), au lieu de correspondre à un dépôt de lac restreint où, comme on peut l'observer aisément sur les lacs houil- 1ers du Plateau central, les dépôts changent constamment de nature d'un point à l'autre, résultent d'un phénomène en réalité beaucoup plus étendu, plus général et plus régulier. Il serait absurde de prétendre à priori que, partout où ces conglomérats se prolongeront avec des caractères analogues, ils continueront à contenir de l'or ; mais, s'il y a réellement raccordement en profondeur de la série de Johannesburg avec celle de Nigel et d'Heidelberg, la présence de l'or, sur les deux flancs de cette cuvette, alors que ceux-ci, à l'époque de la venue aurifère, ne correspondaient à rien de spécial (puisque les affleurements actuels sont simplement la conséquence d'un plissement et d'une érosion postérieure), rend bien vraisemblable sa persistance avec des teneurs plus ou moins fortes dans l'intervalle, c'est-à-dire dans les parties les plus profondes que pourront jamais atteindre nos travaux.
Le reef du Nigel est, comme teneur en or, particulièrement riche par endroits, mais aussi fort irrégulier ; on y trouve des poches riches (des shoots), qui peuvent avoir de 1 mètre à 10 mètres de large et, des deux côtés, des parties pauvres ; en outre, il arrive fréquemment que le reef, dans les parties super-
iicielleSy soit très pauvre et s'enrichisse à une certaine profondeur : ainsi, au puits n^ 3, le minerai n*est devenu payant qu*à 30 mètres de la surface; au puits n** 12 qu'à 100 mètres; on avait, au moment de notre visite, dans ce même puits n"" 3, au huitième niveau Ouest, des teneurs de près de 2 kilogrammes d'or à la tonne sur 0'°,25 de large, tandis que les teneurs étaient faib]es au cinquième et au dixième niveau. L'aspect et la richesse même de la couche rappellent plutôt le South reef que le Main- Reef du Rand.
Le reef est reconnu, en direction, sur une longueur de près de 1 300 mètres, par 12 puits distants d'environ 100 mètres et la partie la plus constamment riche se trouve environ au centre, au puits n^ 7 ; nous avons essayé de nous rendre compte s'il y avait quelque loi d'appauvrissement de ce centre vers les extrémités : nous n'avons rien constaté de semblable.
Comme allure, la couche est, en moyenne, très continue et peu accidentée ; pourtant, Ton a trouvé récemment, au fond du puits n"* 10, un gros dyke.
La teneur moyenne est actuellement, en pratique, d'environ 45 grammes à la tonne ; elle a été jusqu'à 60, à un moment où l'on travaillait avec peu de pilons et seulement les parties riches; il est probable qu'elle paraîtra s'appauvrir encore, par suite de l'augmentation de la batterie, qui permettra de traiter des minerais plus pauvres, laissés de côté jusqu'ici.
Un peu au Nord, c'est-à-dire au toit du reef du Nigel, un autre reef à galets plus gros, mais plus pauvre (environ 7 à 9 grammes à l'amalgamation), n'a pas encore été exploité.
A l'Est et à l'Ouest du Nigel, on est actuellement en travaux d'exploration plus ou moins avancés. Vers l'Est, se trouve la Marievale-Nigel, où l'on a, paraît-il, pu suivre Taflleurement des couches. Vers l'Ouest, la Western-Nigel occupe le deep immédiat du reef de Nigel, qui doit y exister entre 200 et 300 mètres de profondeur ; puis viennent les concessions de Romola et de Florida, où l'on observe un contact de schistes et de quartzites, analogue à celui du Nigel, sans avoir, croyonsnous, prouvé l'existence d'un conglomérat riche en or situé entre les deux.
ÉTUDE SPÉCIALE DES GITES AURIFERES ÙV WiTWATERSRAND 2S7
Les recherches, dans toute cette région, sont rendues difficiles par deux faits, qui ne se présentent pas dans le Witwatersrand proprement dit : d*une part, les couches étant presque horizontales, leur intersection avec la surface du sol décrit des sinuosités très prononcées et amène peut-être môme plusieurs réapparitions du môme recf dans des vallées successives; la géologie générale de la région n'ayant pas encore été faite avec suffisamment de soin, il faudrait une très longue étude pour raccorder entre eux les lambeaux de reef disséminés, sur lesquels se sont établis, de place en place, des travaux d'exploration, qui tous croient tenir un tronçon du reef du Nigel*. D'autre part, ce reef étant fort mince et compris entre deux terrains de nature aussi différente que des schistes et des grès quartzites, il est très fréquemment arrivé que l'action d'érosion des eaux superficielles se soit portée principalement sur ce contact et ait amené des glissements du toit sur le mur, glissements dans lesquels le reef tout entier s'est trouvé laminé et a disparu sur Taftleurement ; nous avons pu constater par nous-môme que, dans certaines descenderies placées hardiment sur remplacement présumé du recf, c'est-àdire sur le contact des schistes et des quartzitcs, en un point où aucun conglomérat n'apparaissait à la surface, on finissait parfois, à 30 ou 50 mètres de la surface, par retrouver ce conglomérat a sa place rationnelle. On est donc amené, dans tout le district [d'Heidelberg, à chercher d'abord le conglomérat le long de la ligne de contact (seule visible) des schistes et quartzites ; après quoi, ce conglomérat ayant été trouvé, une seconde démonstration reste à faire : celle de sa richesse en or.
Nous ne décrirons, des très nombreuses recherches entreprises dans cette région, que celles que nous avons eu l'occasion de visiter auprès d'Heidelberg et à Blinkpoort.
Au voisinage de la ville d'Heidelberg, on rencontre une nombreuse série de conglomérats alternant avec des quartzites et plongeant faiblement au Nord, série qu'on a, plus ou moins
* C'est ainsi que notre carte, planche V, dessine deux reefs au sud d'Heidelberg, Tun que nous avons pu suivre sur une grande longueur le long du Beesbok-spruit, l'autre que M. Goldniann a préféré raccorder hypothétiquenient au Nigel, et qui s'en va vers Molyncux et Blinkpoort. Comparer la figure 32.
hypothétiquementy cherché à assimiler avec la série du Main- Reef du Witwatersrand. La coupe du Sud au Nord est la suivante :
Au Sud de Heidelberg et dominant la ville, se trouve une haute colline de quartzites, contenant un banc épais de conglomérats à gros galets, qu'on pourrait identifier avec celui de la vallée de Geldenhuis (situé au Nord de Johannesburg).
Puis viennent un reef pauvre à petits galets, le railway cutting reef (rencontré dans la tranchée du chemin de fer), conglomérat très chargé de mica blanc, avec un lit de quartzite micacé à son mur et le stripe pebbles reef, c est-à-dire le reef à galets rayés, sur lequel on a fait autrefois beaucoup de recherches reprises aujourd'hui, mais qui paraît généralement pauvre bien qu'aurifère (4 à 7 grammes).
Ce reef doit son nom à la présence très caractéristique de nombreux galets (souvent anguleux) de quartzite rubané et d'arkose silicifiée : en quoi, il se rapproche du reef de la vallée de Geldenhuis, au Nord de Johannesburg et diffère, au contraire, du Main-Reef, qui n'en contient jamais. Il est formé d'un reef principal, d'environ 0"',80 à l mètre, et de 3 veines, ou leaders, de 0"',08 à 0"',10, séparées par des intervalles de grès de 0™,25.
On le connaît, par exemple, à l'Ouest d'Heidelberg, au bord de la rivière Beesbokspruit, dans la ferme de Boschfontein.
Quand on continue vers le Sud, on rencontre encore d'autres reefs semblables et l'on traverse enfin une couche de schistes, au contact de laquelle de nombreux travaux de prospection recherchent, en ce moment, le Nigcl-Reef.
Tous ces bancs sont à peu près horizontaux, plongeant à peine de 20 à 30^, en sorte que leurs affleurements dessinent des contours compliqués.
Néanmoins, la présence de quelques couches caractéristiques, comme le reef à galets rayés et le mince conglomérat au contact des schistes et des quartzites, permet de suivre assez bien cette série de bancs vers l'Ouest, à travers les fermes de Boschbock, Schikfontein, Sterkfontein, Brakfontein, etc.
C'est sur un contact analogue de schistes et de grès que se trouve le reef de Molyneux, un banc de conglomérat fin, avec
8 centimètres de gros galets à ciment pyriteux à la base, le tout reposant sur des schistes.
Dans les recherches actuelles de Blinkpoort, on croit être sur ce reef de Molyneux, qui a là un plongement de 30^ ; la coupe comprend des grès, avec, à la base, 0"',20 à 0™,25 d'un conglomérat à galets très petits, assez anguleux et très pyriteux, reposant sur des schistes : au contact même des schistes, se trouve, dans la zone superficielle, une veine oxydée de 2 à 3 centimètres, où s'est concentré le maximum de teneur en or.
Avant de passer maintenant aux autres reefs plus élevés dans la série, tels que le Kimberley-Reef ou le Black-Reef, nous allons revenir, un moment, dans TOuest du Rand, pour étudier quelques gisements que nous avons laissés de côté jusqu'ici et qu'une courbe tout hypothétique raccorde sur les cartes à la série du Main-Reef, jusqu'à Potchefstroom et à Klerksdorp.
De ce côté, nous avons débuté tout à l'heure par Luipaardsvlei, les West Rand Mines et le Champ d'Or; au delà de Luipaardsvlei, vers l'Ouest, on peut juger, sinon d'après le Main-Reef dont on perd la trace, au moins par toutes les couches encaissantes et surtout par les Bird reef et Kimberley (ou Battery) reef, toujours bien caractérisés, que la série des reefs s'infléchit brusquement et prend la direction Nord-Sud, reconnue sommairementà Randfontein; après quoi, elle semble, à travers les fermes de Middelvlei, Hartebeest-fontein et Witfontein, retrouver sa direction première. Ce qu'elle devient ensuite n'est pas encore connu ; mais l'inspection d'une carte géologique générale, comme celle de Draper et Wilson Moore, dans l'ouvrage de Goldmann, si inexacte qu'elle puisse être dans les détails, permet de s'en faire une idée .approximative; on peut voir, en efl'et, sur la carte (pi. IV), que nous avons empruntée en grande partie à cet ouvrage, l'étage des quartzites et conglomérats, après un rejet produit par la rencontre d'un dyke qualifié de granité, former une longue crête anticlinale Nord-Est Sud-Ouest, recouverte des deux côtés par les calcaires dolomitiques (qui peuvent masquer les affleurements de certaines couches, mais ne les empêchent pas d'exister en profondeur) et l'on rejoint ainsi la région de Bufl'elsdoorn, où les exploitations
reprennent sur une série aurifère analogue à celle du Rand, dirigée Nord-Est Sud-Ouest, avec plongemenl Est. €'est de ces derniers travaux seulement que nous parlerons. Nous remarquerons, d'ailleurs, que leur situation à proximité très immédiate du calcaire dolomitique superposé ne concorde pas avec la position stratigraphique du Main-Reef, dans le Rand ; mais, comme la dolomie repose en stratification discordante sur les quartzites, ce n*est pas là une objection absolue à Tassimilation souvent proposée du reef de BufFelsdoorn avec un banc de la série du Main- Reef ; car elle peut se trouver venir ainsi en contact avec des couches plus ou moins élevées de cet étage.
A Buffelsdoorn Estate * (PI. XI), on exploite seulement un reef, appelé White reef (couche blanche) ; mais, à 20 mètres au mur (Nord-Ouèst), existe un autre reef à très gros galets exploité, le North reef et, 120 mètres plus loin dans le môme sens, on rencontre un reef à petits galets appelé Red-Reef (couche rouge), auquel on attache une importance, peu justifiée jusqu'ici par les faits, sur certaines concessions voisines. A 30 mètres au sud du White reef, se trouve également un reef à gros galets sans valeur ; puis vient une crête de quartzite très nette et, à 1.200 mètres environ de distance, un reef, presque horizontal, assimilé au Black reef.
Le White reef, dans les travaux actuels de Buffelsdoorn, présente un aspect extrêmement particulier, tout différent de ce qui existe dans le centre du Rand, et dont nous n'avons guère trouvé jusqu'ici lanalogue (encore avec de grandes dissemblances) que dans Test, vers Modderfontein ou Rietfontein. Au lieu d'ôtre un conglomérat, c'est, presque partout, un simple quartzite, qui ne se distingue en rien, au premier abord, des quartzites encaissants, (bien que, vers l'ouest, il commence à se charger un peu de galets)'. Il en résulte une très grande difficulté pour suivre le minerai dans la mine et les erreurs de ce chef paraissent être fréquentes : on exploite constamment de la roche stérile, tandis qu'on doit laisser, sans les prendre, bien des parties relativement
<Ech., 1482(1 à 20).
' 11 ne serait pas impossible que ce quartzite se transformât en conglomérat à une certains distance.
>1. XI. Page 291
m Estate