MINE DE L'EST A BUFFELSDOOF
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BAUDRY à C", Êii*-fbiG PariG
de Dunkerque, Pans.
riches. Il semblerait pourtant qu'une élude un peu plus attentive et plus théorique du minerai (élude qui n'est, en aucune façon, dans les goûts ni môme à la portée de la majeure partie des ingénieurs anglais du Transvaal) pourrait rendre Tabatage plus rationnel. Lorsqu'on examine, en effet, les quarlzites aurifères de Buffelsdoorn, on s'aperçoit que l'or y est, comme partout, associé à la pyrite, et cctle pyrite, bien que peu visible, se concentre suivant certaines veinules, où, par un phénomène curieux que nous constaterons également à l'Orion, elle est très fréquemment accompagnée d'une matière charbonneuse noirâtre, ayant peut-être exercé une action sur la précipitation de l'or*. Ces veinules pyriteuses et charbonneuses sont disposées en tous sens dans la roche, non seulement suivant la stratification, mais aussi transversalement*. Elles paraissent pourtant particulièrement abondantes à la base des quartzites, où, en môme temps, on rencontre quelques rares galets. Quand on les trouve ailleurs, il semble également qu'elles accompagnent un grès plus grossier, formé d'éléments plus gros que le quartzitc environnant.
Au mur, le banc de minerai est généralement assez bien limité; mais, au toit, il passe progressivement au quarlzite stérile. Son épaisseur exploitée, qui est considérable, mais contient des quantités très fortes de roche absolument stérile, atteint souvent 6 ou 7 mètres. Il est traversé par des veines de quartz de 8 à 40 centimètres de large, avec cristaux de pyrite de cuivre, galène, blende (parfois môme d'or) assez volumineux et salbandes argileuses, c'est-à-dire présentant quelques caractères filoniens, bien qu'elles résultent probablement d'une simple sécrétion. La teneur moyenne semble très faible, probablement moins de 14 grammes par tonne métrique d'après les chiffres communiqués par la société ; mais les résullats de l'exploitation sont encore trop incomplets et trop mal connus pour permettre de rien préciser à cet égard.
A l'Est, les couches de la Buffelsdoorn sont limitées brusquement par un dyke de roche éruptive qui les rejette au Nord. Vers
' A Rongsberg, en Norvège, on retrouve de même de Tanthracite dans des filons d'argent, qui se présentent sous forme de veines d'une minceur extrême,
•Ech., 1483 (7 à 11).
rOuest, elles peuvent se suivre très loin, vers Buffelsdoorn A, Buffelsdoorn Consolidated, etc.. En profondeur, elles ont été coupées, entre le cinquième et le sixième niveau, par un dyke longitudinal, analogue à ceux de Crown Reef, East-Rand, etc., dyke très épais que les travaux viennent à peine de traverser. En deux points, au cinquième niveau Ouest et Est, nous avons constaté un élargissement notable (sans doute accidentel) du reef là où il arrive au contact de ce dyke longitudinal.
Pour terminer notre étude sur les couches aurifères, il ne nous reste plus maintenant qu'à parler brièvement des reefs secondaires, situés au Sud, c'est-à-dire au toit de la série du Main-Reef.
Quand on traverse le Main-Reef pour se diriger vers le Sud, on rencontre, au milieu des quartzites qui forment la masse du terrain, de très nombreux bancs de conglomérat, qui, bien souvent, contiennent des traces plus ou moins fortes d'or : ce qui ne veut nullement dire que cet or y soit exploitable.
Parmi ces reefs du Sud, nous avons déjà mentionné, chemin faisant, le Bird Reef et le Kimberley Reef, ou Battery Reef, et dit un mot des travaux faits sur ce dernier à Rip ^autrefois Fern), Battery-Ex tension, Marie-Louise (au Sud de Vogclstruis), ainsi que du rôle qu'il joue dans les travaux de prospection de Modderfontein Extension ou de Kippfonlein *.
Dans rOuest, on retrouve ce Battery reef au Sud des West Rand, sur la Violet ; il se coude là vers le Sud, accompagné au toit par un reef nommé le Burgers Reef et traverse la ferme de Rietvlei du nord au sud, parallèlement au reef de RandfonteinV
Directement au Sud de Johannesburg, on rencontre également, à 5 kilomètres de la ville, sur la crête de Rosettenstein, au-dessus de la pente du champ de courses, une énorme masse de conglomérats, qui n'a donné lieu qu'à quelques travaux sans importance
' Dans la série de Kimberley, on distingue les ^^ellow, red, sunday, frcestate et Kimberley reef. On cite, comme exploitations sur cette série, Gordon Estate, Great Britain, Marie-Louise, Red reef, Mitchell, Klipriversberg Estate, Ziervogel, Leewpoort.
Sur le Bird reef, on a exploité Citizen, Western et United Chimes, Eva, Exchequer, Ida, Johannesburg Roodepoort, Paardekraal, Cordova.
s Le Battery reef a été travaillé sur Old Edna (aujourd*hui au Frencb Rand), sur Vanwyck, Lucas Bros, Clarke and White.
ÉTUDU SPÉCIALE DES GITES AURit^RES DU WITWATERSRAND 293
et ne contient que des traces (l*oi% mais est remarquable par la grande abondance et Ténorme volume des galets de quartzite blanc qu'elle contient.
Un peu plus loin vers le Sud, on trouve d'autres bancs de conglomérats, également très épais et très nombreux, sur lesquels ont porté jadis les recherches de la mine de Paaz *, et, presque immédiatement après, on entre dans la grande masse de porphyrites amygdaloïdes, qui s'étend, de l'Ouest à l'Est, sur 30 kilomètres de long et 1 kilomètre de large, de la ferme de Doornkop à Olifantvlei, Rietvlei, etc.
C'est au Sud de ces masses éruptives, et, en bien des points, au contact des calcaires dolomitiques, que se trouve un très curieux reef, souvent très riche, mais aussi fort irrégulier, que l'on nomme le Black reef, reef exploité à TOrion (ferme de Roodekop) et dans les exploitations voisines, Mincrva, etc., et qui parait bien être le même que celui retrouvé, plus à Touest, à Steyn Estate et Madeline (où les résultats ont été jusqu'ici, croyonsnous, peu encourageants), puis à Midas et, peut-être môme, jusqu'au delà de Buffelsdoorn ^
Le gisement d'Orion* présente un très grand intérêt géologique ; c'est pourquoi nous nous y arrêterons un peu longuement : il est, en effet, absolument différent des autres, et c'est peut-être le point où l'on saisit le plus manifestement sur le fait le rôle joué par le charriage de la pyrite et sa sédimentation dans les formations aurifères du Rand ; il parait, en outre, en relation assez directe avec les porphyres et, comme il est très rapproché de l'axe de la grande cuvette synclinale de la région, l'allure
* C'est TElsburg reef (ainsi nommé du village d'Elsburg), que Ton a exploité jadis à TAurum Company (ferme Elandsfontein 2) et au Golden Quarry Homestead (ferme de Paoz). Eu allant à TOrion. on rencontre aussi un gros reef de 4 à 5 mètres, TEaglcs reef, à forts galets, qui n'est pas exploitable. M. Draper, dans une communication qui nous parvient au moment de tirer cette feuille (African Review^ 7 mars 1896, p. 487), a assimilé à ce reef ceux exploités dans Touest du Rand, au Champ d'Or, à Randfontein et à Middclvlei (Botha's reef, Violet, Battery reef, etc.)* tandis que le vrai Main-Reef serait, pour lui (diaprés Tétude de la série caractéristique des schistes d'IIospital Hill), situé, plus au Nord, sur la ferme de Honigklip et, plus à rOuest, sur celle de Brandvlei.
' L'assimilation du reef d'Eastleigh, au Sud de Buffelsdoorn, avec le Black reef est faite à une si grande distance qu'on doit la considérer comme très hypothétique.
•Collection, 1481.
29i LES UINliS D'On UU TIIANSVAAL
mî^me dos dt^pôts, presque horizontaux, y est fort caracti^ristique. La coupe est la suivante : à la base, se trouve une nappe de roche »?ruptive altérée, présentant parfois de curieux étoilements de tourmaline', dont nous donnerons plus loin la description. Celte roche, qui vient s'intercaler dans les couches sédîmentaircs, presque parallMement à leur direction, entre les quartzites du Rand au Nord (c'est-à-dire au mur), et des quartzites, immédiatement surmontés de calcaires dolomitiques noirs, au toit, présente
FIg. 31. — MiDerai du Black reef (niiuc de l'Oriuii) uiontrant Ues frnguicoU de qiiariz nnguleiii Q, ayant daus rcnseuiLle une dispnsiliiin slrnliliée, au milieu d'un riuieut uniiiucuicnt f.irnii? de groins de pyrite roulCe semblables, par leur aspect exlËrieur, k de petites oolithca. Ech. liKl-5, — Grandeur nature.
une série d'ondulations remarquables, de dépressions et de saillies, allongées dans le sens Est-Ouest, conséquence possible du plissement des Icrrains auquel elles sont parallèles : il en résulte un certain nombre de rigoles Est-Ouest (Shoots ou Channels], dans lesquelles s'est nettement concentré le minerai, en sorte que, de la rencontre d'un nombre plus ou moins grand de ces rigoles, dépond absolument l'avenir des mines.
Et, dans ces rigoles, le minerai, composé d'une masse à peu près compacte de pyrite aurifère, a été nettement stratifié ; ce
' Ei-h.. 1181 (tînli).
n'est, en aucune façon (au moins sous sa forme actuelle), un gîte filonien, puisque, môme à Tœil nu, on voit, de tous côtés, apparaître les galets de pyrite roulés" (fig. 34). Il s'est même produit là une préparation mécanique assez nette, conséquence naturelle du charriage, en raison de laquelle la zone riche en or est toujours à la base, — cela indépendamment de la structure du minerai, qui est formé de pyrite roulée à grains plus ou moins fins, les lits à gros galets de pyrite pouvant aussi bien se trouver en haut qu'en bas de la couche^. — Dans le Rand, nous avions bien noté, à diverses reprises, une certaine tendance à la concentration de Tor vers la base ; mais, ici, le fait est absolument caractérisé.
Il y a, ce nous semble, plusieurs remarques à faire au sujet de cette formation : d'une part, l'existence de galets roulés de pyrite ayant 3 à 4 millimètres de diamètre, prouve, étant donnée la friabilité extrême de cette substance, que cette pyrite a été à peine déplacée de son point de formation et de précipitation chimique, qu'elle a subi simplement dans les eaux un roulement presque sur place ; et cela concorde avec l'allure des rares galets' de quartz, qui ne jouent plus ici qu'un rôle insignifiant, galets blancs, noirs, ou parfois rouge sombre, pour la plupart encore anguleux, irréguliers, ressemblant plutôt aux fragments d'une brèche qu'à un conglomérat et comme saisis sur le vif '. Les galets proprement dits n'apparaissent que sur la périphérie de ces dépressions remplies de pyrites ; on y voit alors le minerai reprendre parfois, peu à peu, l'aspect d'un conglomérat habituel.
On peut donc se demander si nous n'aurions pas là, sous les yeux, l'effet d'un remaniement immédiat, ayant porté sur une formation pyriteuse aurifère, chimiquement précipitée de sa disso-
• Sur les roches d'arfleurenient, où la pyrite a, coniuie toujours, disparu, on voit très bien les cavités rondes laissées par ces petits galets pyriteux au lieu des vides anguleux habituels dans les quartz aurifères. On a émis Tidée que la forme spéciale du Blackrecf pourrait tenir à ce qu'il résulterait d'un simple remaniement des reefs antérieurement formés; mais, les agglomérations considérables de galets de pyrite relativement volumineux, qui le composent, n'ont certainement pas pu être beaucoup roulées ni apportées de bien loin.
• En dehors de la pyrite roulée, il existe des zones de pyrite cristallisée qui peuvent êtres dues, en partie, à un phénomène secondaire. Cette association de la pyrite cristalline et de la pyrite roulée est, en somme, un fait général dans tout le Rand,
• Ech., 1481 (4 et 5), voir figure 34.
lution, qui pourrait très bien, elle-même, avoir été produite au contact de la roche éruptive, à la suite de Fintrusion de celle-ci au milieu de la sédimentation.
En tout cas, cette sédimentation de la pyrite a eu lieu postérieurement au creusement des sillons dans la roche éruptive, puisqu'elle s'y est déposée et antérieurement à la formation des couches postérieures de quartzites, qui reposent très régulièrement et presque horizontalement sur le toit du minerai * . Ces quartzites eux-mêmes, épais d'environ 20 mètres, sont presque immédiatement surmontés par des calcaires noirs, les premiers calcaires que nous rencontrions dans la série géologique du pays : calcaires dont Tapparition doit correspondre à un changement dans les conditions du dépôt, et au-dessus desquels, en fait, on ne trouve plus d*or.
Nous noterons encore que les métaux étrangers, tels que le cuivre, le plomb, le cobalt, le nickel, l'arsenic, etc., dont l'analyse nous avait seulement décelé de rares traces dans les mine- Vais du Rand, sont ici assez abondants pour avoir attiré l'attention des mineurs.
En résumé, le gisement d'Orion consiste dans un certain nombre de rigoles Est-Ouest (Shoots ou Channels), remplies de pyrite aurifère ; on avait trouvé deux de ces rigoles avant février 189S, on en a rencontré une autre depuis, vers le nord, et rien n'empêche théoriquement qu'il en existe d'autres au Sud, sous les terrains supérieurs qui les masquent actuellement.
Ces amas pyriteux, allongés dans le sens Est-Ouest, sont connus : les deux premiers sur 810 mètres, l'autre sur 1 200 mètres de long, avec une largeur de 150 mètres dans le premier cas, de 80 dans le second. Leur épaisseur est très variable entre 0 et 6 mètres, mais peut être évaluée à 1",30 en moyenne. Le minerai, assez réfractaire à la cyanuration, ne rend guère que 70 p. 100 de l'or contenu : soit en moyenne, pour les deux dernières années, 30 grammes par tonne métrique.
Les minerais sont formés d'une masse de pyrite, tantôt fine, tan-
* Dans certains gisements du Black reef, cette intercalation de quartzite au toit disparait, dit-on ; ainsi, à Easlleigb, on aurait trouvé, parait-il, le reef, immédiatement sous le calcaire.
tôt composée de globules roulés, pyrite, soit blanche et brillante, soit sombre (cette dernière teinte passant pour plus favorable).
Au mur môme de cette pyrite, dans la zone oxydée superficielle, seule atteinte jusqu'ici par les travaux et qui, par suite de rhorizontalité des couches, se prolongera très longtemps, il existe, le long de la pyrite, une veine mince d'hématite brune, mêlée d'argile parfois schisteuse, veine de 3 à 4 centimètres', produite sans doute par Tinfiltration des eaux de surface suivant le contact, et où la richesse en or atteint son maximum, jusqu'à 3 kilogrammes d'or à la tonne dans quelques essais. C'est cette veine sombre qui a fait donner à la couche son nom de reef noir (Black reef). Le long de ce délit argileux, on trouve souvent, par un phénomène que nous avons également constaté à BufFelsdoorn, des matières charbonneuses graphitiques, ayant pu jouer un rôle dans la précipitation de l'or. 11 est possible que cette action des eaux superficielles ait amené, suivant cette veine d'hématite, une certaine concentration de l'or; on a cru, en effet, remarquer que le minerai était plus riche là où la roche du mur était plus décomposée : ce qui correspond, d'ailleurs, fréquemment avec le fond des synclinaux.
Vers le Sud de la même région, on rencontre des lits, non plus d'hématite, mais de bioxyde de manganèse, interstratifiés, qui ont également la propriété de servir de chenal aux eaux de surface.
A l'Est d'Orion se trouvent les mines de Minerva et de Blackrecf Jîroprietary ; dans l'Ouest, nous décrirons simplement la mine de Midas ; mais plus loin, vers KIcrksdorp, on rattache encore à la môme formation le gisement d'Eastleigh, ou un reef, également presque horizontal (avec léger plongement Ouest), est directement recouvert par le calcaire dolomitique (Oliphant Klip), sur lequel s'appuient à leur tour les couches du Gastrand.
A HidasS la coupe théorique, qui paraît jusqu'ici résulter des travaux, est représentée par deux croquis ci-joints (fig. 35). Des premières recherches ont exploré la lentille AB, où le minerai riche avait une épaisseur moyenne de 0™,30 et sont venues rapi-
•Ech., 1481 (6 et 7).
•Ech., 1482.
dément ressortir au jour, en B; après quoi, on est descendu presque verticalement en CD, où Ton a bientôt, à 40 mètres de la surface, constaté un brouillage et un étirement du reef ; le plan CD ayant tout Tair d une faille, nous ne serions pas surpris que Ton retrouvât un peu plus bas, en EF, le prolongement de la couche rejetée : en attendant, on a exploré, un peu plus loin vers l'Ouest, (et hors de la concession) une autre -lentille horizontale C'B', située à 20 mètres de profondeur^çt reconnue actuellement sur près de 2000 mètres de long et 80^ mètres de large, lentille qui,
binerai du BLadc reef Quarbxitea
Fig. 35. — Coupes théoriques transversales du gîte de Midas (Black reef).
à l'extrémité des travaux en C, paraît limitée par le mùme accident.
Ce reef, que Ton assimile au Black reef sans raison absolue, mais qui présente certainement avec lui beaucoup de caractères communs, se trouve dans une situation géologique dilFérente, intercalé entre des schistes au toit et des quartzites au mtir ; la coupe est la suivante :
Schiste.
Blue-bar (quarlzite) . 1 mètre à 1™,30
Schiste 0«,60
Conglomérat 0 mètre à 1 mèlre.
Quartzite.
Au toit, les schistes renferment plusieurs bancs de quartzites durs; quant aux quartzites du mur, ils n'offrent pas des ondula* tions aussi nettes que le mur de l'Orion ; et le reef n'atteint pas non plus d'aussi grandes épaisseurs ; mais il est également ici de puissance fort irrégulière, entre 0 et 1 mètre et, par endroits, disparait môme complètement.
Ce reef est un véritable conglomérat, à très petits galets de la grosseur d'un pois, englobés dans un ciment brun micacé, où la concentration de Tor à la base est loin d'être aussi nette qu'à rOrion, bien que la pyrite semble également disposée parfois par lits stratifiés. Les teneurs aux essais sont, dit-on, souvent très fortes, mais avec l'irrégularité habituelle dans ce genre de gîtes.
B. Description spéciale des minerais d'or du Witwatersrand« — Jusqu'ici, nous avons étudié Tallure générale des conglomérats aurifères du Witwatersrand, sans entrer dans aucun détail sur la structure des roches qu'on y exploite ; c'est maintenant le moment d'examiner celles-ci d'un peu plus près.
Les minerais d'or du Witwatersrand sont, nous l'avons dit déjà, d'un type tout à fait particulier, qui ne correspond à peu près à rien de ce qu'on peut observer dans les mines d'or des autres pays.
Ils sont, en effet, composés de conglomérats * (accessoirement de grès grossiers ou quartzitcs) à éléments quartzeux plus ou moins roulés, soudés par une pâte siliceuse englobant de petits grains de quartz, et renfermant des veines de pyrite, avec lesquelles l'or parait avoir été toujours originellement associé.
La dimension des éléments roulés peut ôtre extrêmement différente d'un banc aurifère à l'autre, sans que cette grosseur donne un indice constant de la richesse en or ; c'est ainsi que nous pouvons trouver une teneur égale dans un conglomérat à galets de 6 ou môme 10 centimètres de diamètre, comme est parfois le Kimberley Reef, ou dans un simple quartzite à grains fins, comme le reef de Buffelsdoorn ; cependant, dans une couche donnée, correspondant à une période de dépôt déterminée, et surtout en un point particulier de celte couche, on peut dire, d'une façon presque constante, que l'or se concentre avec les éléments les plus gros, c'est-à-dire ceux dont le déplacement par les eaux a exigé le plus de force. Cela est vrai dans les conglomérats proprement dits ; cela se vérifie également pour les conglomérats à grain fin ou les simples quartzitcs ; ainsi, quand on observe un
* Ce sont ces conglomérats que les Boërs appellent hanket^ en les comparant à un g&teau d'amandes.
quartzitc aurifère comme celui de BulTelsdoorn, on voit la pyrite aurifère accompagner, de préférence, les parties de ce quartzite qui tournent au grès plus grossier et, si quelques galets disséminés constituent dans ta roche un cordon, même très discontinu, c'est le long de ce cordon qu'on trouvera la pyrite aurifère. Enfin l'examen microscopique montre également une tendance des plages de pyrile et d'or à se concentrer et s'aligner au voisinage des galets.
FiR. 36. — Minerai du SouUi reet à ta uiiue Weiunier {sixième niveaii Est) uioutrool l'i'Iiaisscur totale de la couche mihférc et la disposiliou des galets de quarU au milieu du ciment siliceux et pyriteui. Ech. lWï-13. — Grandeur nature.
Mais il peut très bien exister, à quelques mètres de distance d'un simple quarlzile ou d'un poudingue à petits éléments contenant de l'or, un banc à gros gntets absolument stérile ; et deux bancs voisins à galets identiques peuvent être très inégalement aurifères. C'est un fait, dont le Main-Reef et le Main-Reef Leader, par exemple, couches généralement très rapprochées, donnent une preuve fréquente : le Main-Reef, avec des galets de grosseur identique à ceux du Leader ou mOanc plus volumineux, a, presque constamment, une teneur beaucoup moindre'.
Nous venons de mentionner, pour être complet, le cas de quartziles aurifères ; mais le minerai, de beaucoup le plus fréquent,
1 11 peut être inléressnnt de rappeler, d ce propos et couiuie point de couiparai- 9011, les caractères préseiiKs parles couches dalluvioiis pliocénes aurifère», soit en Californie, soit en Australie. Dans l'eusciuble. ce» dopûls se rencontrent le long d'anciens thalwegs (aujourd'hui soulerrainsi de rivières anciennes, el sont localisés suivant ces thalwegs, aujourd'hui bien connus par des puits et des sondages. En outre, l'or y est accumulé presque exclusivement dans la strate inférieure, sur la roche du Fond et principalement dans lesanfractuositcs de celle-ci ; il est rare d'avoir, presque immédialeoienl au-dessus, une ou deux autres couches de gravier aurifère séparées par des lils d'argile. Ces formations sont donc 1res différentes de ce que nous observons au Witwatersrand ; cependant la préparation mécanique, produite ici par le cours
ÉTUDE SPÉaALE DES GITES AURIFÈRES DU WITWATERSRAND 301
surtout dans les anciennes mines du centre du Rand, est un conglomérat à galets de dimensions variables entre une noisette et un œuf (fig. 36). La connexion de Tor avec les conglomérats s'interprète également bien dans les deux seules hypothèses que Ion puisse faire sur le mode de venue du métal précieux : si cet or est arrivé par charriage, comme dans un placer, ou môme si, d'une façon quelconque, une action de transport est intervenue, il est naturel qu'un phénomène de simple préparation mécanique ait réuni le métal en raison de sa densité, avec les fragments également difficiles à entraîner par l'eau (non plus à cause de leur .poids spécifique, mais en raison de leurs dimensions), comme sont les galets; si, au contraire, l'or résulte simplement, comme nous le croyons, d'une précipitation chimique contemporaine du dépôt ou postérieure, la circulation des dissolutions aurifères a dû se faire plus facilement entre les gros galets qui formaient un large filtre qu'au milieu des sables tassés et laissant peu d'intervalles pénétrables*.
Dans le conglomérat aurifère, qui constitue donc le minerai habituel, nous avons, en somme, à étudier deux parties bien distinctes et pouvant avoir une origine tout à fait indépendante : les galets, plus ou moins volumineux, qui, par une particularité d'un intérêt capital, ne contiennent jamais d'or, cela quel que soit leur diamètre, sinon dans de petites fissures et le ciment, où l'or est, au contraire, concentré avec la pyrite de fer et la silice.
Galets et ciment sont, en général, très intimement soudés; sauf aux affleurements, où la dissolution de la pyrite sous l'action des
d>au, y a amené une concentration analogue de Tor dans le gravier à gros galets, le blue gravel, dont Tépaisseur varie de quelques centimètres à 12 ou 15 mètres. On exploite, en somme, des couches de graviers et de galets, souvent soudées par un ciment siliceux cristallin et contenant, en abondance, de la pyrite de fer cristallisée en cubes, c'est-à-dire une sorte de conglomérat aurifère; l'or est uniquement avec ces galets, non avec les lits d'argile intermédiaires ; et cet or est d'autant mieux concentré que la préparation mécanique a été plus complète : ce qui se marque par la séparation nette des argiles et des graviers à éléments de diverses grosseurs. (Cf. notre Traité des Giles Minéraux et Métallifères^ JI, 96t.)
* Les parties riches se trouvent souvent, comme nous l'avons dit, dans certaines veines minces à gros galets (ou leaders) à côté d'un conglomérat presque stérile Parfois ces lits riches à gros galets se trouvent à la base du banc, comme cela s'explique logiquement par la préparation mécanique résultant de la sédimentation : ainsi dans le South reef du centre du Rand : mais, parfois aussi, ils sont à la partie supérieure : ainsi dans le Main-Recf Leader de la même zone.
eaux superficielles a désagrégé la roche, ils ne font qu^un et, presque toujours, quand on casse un fragment de conglomérat, galets et ciment se cassent ensemble, suivant une môme surface plane, où les galets ne se dessinent donc que par leur section cir-
Fig. 37.
Mine de Wcinnier. Minerai du Maia Recf Leader. Grandeur nature. Ech. 1462-3.
Q, galcls de quartz blanc et vitreux. — 9, galets de quartute sombre. 6, galets de quartz bleuté. — /», traînées de pyrite dans le ciment du quartzito.
culairc ou elliptique, tantôt plus claire, tantôt plus foncée que la pâte enveloppante (voir, par exemple, fig. 37).
Parlons d'abord de ces galets : les galets des conglomérats aurifères de la série du Main-Reef sont toujours exclusivement formés de quartz ou d'un quartzite à grain très fin, d'un noir mat; dans certains reefs à gros galets, soit au-dessus, soit au-dessous du Main-Reef, on trouve, en outre, des galets, souvent fort volumineux, de quartzite à grain plus gros, analogue à celui qui encaisse les gîtes ; jamais on ne rencontre aucune trace de roche
ancienne, telle que les gneiss, granité, granulite, etc. La conclusion à tirer de ce fait, c'est, croyons-nous, que ces galets rc^sultent d'un charriage assez prolongé pour avoir détruit toutes les roches plus friables en ne laissant que te quartz, qui, dans une action mécanique de ce genre, est toujours le dcrnierà se réduire en poussière. Nous avons déjà remarqué que la présence fréquente de galets plats, en particulier dans le South reef, donnait à penser (comme l'allure générale de la formation, du reste) que ce charriage avait eu lieu, non le long d'un cours d'eau, mais sur une plage, par l'action des vagues ; les galets plats sont parfois empilés obliquement à la stratification (New-Crœsus), comme on peut l'observer dans certaines formalions actuelles du môme genre'.
Les quartz des conglomérats sont de plusieurs natures, mais avec ce caractère commun d'ôlrc hyalins et légèrement vitreux
{ni opaques ni laiteux), les uns pj^. jg. £^^^,^1^ j„ gme,, anguleu^i blanc bleuté, les autres noir en- et irrégulièremciit dispows ilaus un , , . , conglomérai de la Weuimer [Soulh reef,
fumé, ces derniers ayant, dans huitième niveoi.] (-i-nniure). quelques mines, la réputation
(peu justifiée, ce semble) d'annoncer le minerai riche. Au microscope, ils se montrent remplis d'inclusions et présentent le caractère de quartz brisés et soumis à des actions dynamiques. Quand on examine en détail une coupe de conglomérat, on constate constamment l'existence de galets à angles vifs, ou tout au plus émoussés (fig. 38 et pi. V, fig. 3 et 4), qui proviennent, sans doute, de la fragmentation presque sur place de quelques galets plus gros; parfois aussi, des morceaux de quartz anguleux paraissent s'emboîter les uns dans les autres, séparés seulement par des veinules pyriteuses, comme si, là encore, on avait affaire à un gros galet brisé (peut-être postérieurement à la formation
' Le ilocleur Koch (in Schmeisser, loc, cil,, p. 46) a fait remarquer que ces galets plats portaient souvent la preuve d'actions mécaniques : ce qui est parfaitement eiacl ; mais il nous semble impossible, quand on les a examines, non sur quelques ^hantilloQs, mais sur de grandes masses de minerai, d'attribuer leur aplatissement uniquement a un pt)£nomine de compresaion. Voir, par exemple, Dg. 9, p. 190 et flg. n, p. Ï52.
du conglomérat), dont les débris seraient restés à peu près juxtaposés (fig. 8, p. 189).
Dans certains cas aussi, le passage du galet au ciment encaissant est difficile à observer : on dirait que le ciment a fait corps avec ce galet, peut-être par une recristallisation secondaire, et que le galet a été comme nourri sur sa périphérie.
Enfin, Ton observe constamment, dans l'intérieur de ces quartz, en particulier dans ceux du South reef, des brisures internes, des craquelures, que nous avons essayé de mettre en évidence sur nos dessins, craquelures montrant qu'ils ont été soumis, après leur dépôt, à une pression, à un laminage énergiques.
Le ciment, qui soude ces galets les uns aux autres, renferme de la pyrite de fer bien visible, de la silice cristallisée sur place, soit par une action de précipitation chimique, analogue à celle qui a amené le dépôt direct de pyrite cristallisée, soit par action secondaire, du mica blanc et du chloritoïde assez abondants, des grains de quartz englobés à contours brisés, dentelés ou arrondis et, enfin, de For. Accessoirement, on y remarque, au microscope, quelques-uns des éléments ordinaires les plus résistants des roches cristallines, rutile, zircon, etc.*.
Nous dirons, de suite, que, d*une façon générale, Tor n'est pas visible dans le minerai du Transvaal; c'est très exceptionnellement seulement qu'un peu d'or libre a cristallisé, à la suite d'une redissolution secondaire, soit sur un plan de joint où il forme un enduit, soit dans une veine de quartz, où il constitue parfois des cristaux assez volumineux*; mais, à moins d'un hasard de ce genre, on peut parcourir tous les chantiers des mines du Witwatersrand sans y voir une trace d'or.
11 existe, cependant, une certaine proportion d'or à l'état libre dans ce minerai, et on en constate la présence, soit par un examen microscopique, soit, plus aisément, par un simple essai au pan, qui isole aussitôt, même quand il s'agit d'un minerai de profondeur, une traînée jaune d'or natif, accompagnant une traînée de
' Nous noterons également ce fait curieux, qui nous a été certiGé par plusieurs témoins dignes de foi, qu'on aurait trouvé, dans les conglomérats des environs de Klerksdorp, de petits diamants verdàtres.
> On en a trouvé quelques beaux échantillons à la Jumpers, à la Wemracr, etc.
pyrite, qui est également aurifère. Au microscope, lor libre se montre en lamelles très minces d'épaisseur submicroscopique, transparentes en jaune brun ; quand ces lamelles atteignent l'épaisseur noimale des plaques, soit r^ de millimètre, l'or devient opaque, mais se différencie de la pyrite par son éclat plus jaune.
Libre ou combiné, l'or est en relation incontestable avec la pyrite de fer : ce qui est, d'ailleurs, d'accord avec les observations faites dans la plupart des mines du monde entier. Au début des exploitations du Transvaal , on avait pu en douter : par un phénomène bien connu, le minerai superficiel (jusqu'à une profondeur de 20 à 50 mètres, correspondant au niveau hydrostatique) avait, en effet, subi une altération due au contact des eaux chargées d'oxygène de l'air, et sa pyrite s'était dissoute, laissant à sa place des vides plus ou moins réguliers, dans lesquels l'or seul était resté à l'état libre et directement amalgamable, soit simplement sous la forme qu'il avait d'abord dans l'intérieur de la pyrite dissoute, soit parfois avec des dimensions plus fortes, tenant à ce qu'il avait subi une dissolution suivie d'une reprécipitation. En passant au-dessous de ce niveau hydrostatique, on est entré dans le minerai pyriteux (le blue), et la proportion d'or directement amalgamable a fortement baissé; mais cet or, manquant à l'amalgamation, s'est retrouvé à l'état d'association avec la pyrite, d'où on le retire par le cyanure de potassium*.
Nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire d'appuyer de beaucoup de preuves un fait aussi généralement admis que la relation de lor avec la pyrite : l'une des meilleures, c'est que les concentrés, où se rassemble tout l'or ayant échappé à l'amalgation, sont principalement composés de pyrite : on peut, d'ailleurs, constater directement au microscope la présence de cristaux d'or, reconnaissablés à leur teinte plus jaune, englobés dans de la pyrite. Mais il faut bien remarquer que, réciproquement, toute pyrite du Transvaal ne contient pas nécessairement de l'or ; en sorte que la pré-
* On a souvent discuté la question de savoir si Tor était combiné avec la pyrite de fer qui l'accompagne. Le fait que cet or est ici presque totalement soluble dans le cyanure de potassium, alors que la pyrite n'est pas attaquée, semblerait un argument en faveur de Tidée contraire.
sence de pyrite abondante dans un minerai ^ et la teinte sombre qui en résulte pour celui-ci, tout en étant de bons indices pour la richesse en or, ne permettent pourtant, en aucune façon, de lapprécier d'une manière môme approximative.
D'ailleurs, d'une façon générale, en disant que l'or est associé à la pyrite, nous n'entendons pas qu'il en dérive par une altération, mais simplement qu'il s'est déposé, en même temps, par un phénomène corrélatif.
Etant donnée cette relation bien nette de lor avec la pyrite de fer, notre premier soin doit être évidemment d'étudier la disposition de cette pyrite. Cette étude nous amène à plusieurs constatations fort intéressantes.
La première, c'est que la pyrite est souvent en grains roulés, ou du moins brisés, émoussés ou arrondis, n'ayant pu se déposer directement sous cette forme et, par suite, que, depuis le moment où elle a cristallisé, jusqu'à celui où elle a pris, dans le minerai, la place où nous la voyons, elle a subi un certain transport, probablement assez court, un léger charriage ; cette constatation est essentielle parce que, toutes les fois que nous la faisons, nous sommes évidemment forcés d'abandonner une théorie, qui aurait pu paraître séduisante, celle du dépôt de la pyrite auritère, par imprégnation postérieure, dans des couches perméables, jouant le rôle d'un filtre ou d'une éponge.
Or, l'état roulé de la pyrite est, tout d'abord, absolument caractérisé, môme à l'œil nu, dans un reef situé au sommet de la série, le Black reef d'Orion, où nous l'avons déjà signalé' ; dans ce cas, les galets de pyrite atteignent 3 à 4 millimètres de diamètre et prennent l'aspect de sortes d'oolithes, dont elles diffèrent par leur section, qui ne présente pas une structure concrétionnée ; un diamètre aussi grand, avec une substance aussi friable que la pyrite» conduit même à penser que le charriage a dû être, pour la pyrite en question, très peu prolongé, puisqu'il a pu laisser subsister ces. petits galets.
En dehors de ce reef, il suffit, dans beaucoup des minerais de la série du Main-Reef, d'examiner la pyrite seulement à la loupe^
> Voir plus haut, figure 34, page 294.
étude: spéciale des gîtes aurifères du nirWATERSRAND 307
OU à plus forte raison, au microscope, pourvoir la forme arrondie de quelques grains. Cette disposition est en relation avec ua autre fait, déjà signalé par nous, à savoir l'existence dans certains minerais (Wemmer, quatrième et septième niveau; Wolhuler, cinquième niveau Ouest ; City and Suburban ; Champ d'or, etc.), de zones pyriteuscs, soit parallèles à la stratification, soit obliques, comme on en observe dans toutes les formations sédimentaires troublées {fig. 39) *. Ces zones sont, elles-mt^mes, formées, en grande partie, de grains de pyrite émoussés ou arrondis, côte à côte avec lesquels on observe, pourtant, des cristaux de pyrite à fines ramifications pénéti-ant entre des grains de quartz, donc cristallisés sur P'*C* ■ Fig. 39. — Coupe du Maia-Reef Leader au quatrième
On doit donc en con- "'T" "'""* "it \P'^^ a^d Suburban, montraDt de fausseï straliGcalioDs pynteusea.
dure, de toute nécessité, que le charriage a joué un certain rôle dans l'arrivée de l'or au milieu du minerai actuel.
Mais, d'autre part, la pyrite cristallisée, formant, soit des cristaux isolés, soit des plages secondaires, parfois moulées sur les grains de quartz (comme dans le cas que nous venons de citer), est également très fréquente dans ces minerais* : ce que nous pouiTons, il est vrai, expliquer parfois par une recristallisalion secondaire, qui constitue, on le sait, un phénomème très habituel pour certaines substances, comme la silice, la pyrite de fer, etc.',
1 Cr. ligure !!, page îà!. On peut citer, dans le mSme ordre d'idées, par exemple i lu New-CriBsus, sur le Main-ReeT, troisième niveau Oueil, la présence de gros galet* plats inclinés obliquement sur la »(rale.
* Voir, par exemple, 1153-1, liM-S : on trouve, fréquemment aussi, dans lei dyke* éruptifs qui recoupent les gtles, de la pyrite cnslallisée (1i&3. 3 et 4, dykes du bloc 1 de Durban Hoodepoortj, etc. On y a égaleujent constaté la présence de traces d'or, peut-être empruntée* aux couches traversées.
* Dans les placers aurifères de Californie, on trouve, & la base, de la pyrite cristallisée sur place par action secondaire. Il faut bien s'habituer i cette idée que les
308 LES MINES D'OR DU TRAiNSVAAL
mais ce qui peut également correspondre à d'autres actions plus complexes, notamment à une précipitation chimique sur place qui exclut l'idée d'une formation de placer, simplement alluvionnelle.
En outre, cette pyrite n'est que très exceptionnellement stratifiée ; il n'arrive, presque jamais, qu'elle se concentre en une couche, ou en un lit ; mais elle est disséminée, en tous sens, au milieu de la masse de conglomérats, aussi bien à la base qu'au sommet, contrairement à toutes les règles observées dans les gisements d'alluvions aurifères *. L'une des dispositions les plus habituelles de cette pyrite est môme de former une enveloppe autour des galets* : en sorte que, dans la zone d'altération superficielle, où ces galets se détachent aisément de la masse, on trouvait parfois, dans le vide laissé par le galet retiré, un enduit aurifère ; il semble donc, dans ce cas, que la surface des galets ait eu, sur la pyrite, une action précipitante, comme on en constate une dans tous les filtres à galets, par lesquels on fait passer une dissolution métallique ; et ces divers faits, dont nous aurons à tenir compte, joints à l'observation fondamentale que les galets ne contiennent jamais d'or, nous amèneront à penser qu'il y a eu, dans cette formation (comme on l'a, d'ailleurs, souvent admis aussi, même pour les placers), tout autre chose qu'un simple phénomène de transport et de préparation mécanique de filons de quartz aurifère détruits.
Pour déterminer ce qui est relatif aux minerais, nous ajouterons seulement qu'on y trouve, assez souvent, des développements de mica secondaire, ou de talc, le long des fissures ', du mica blanc microscopique et du chloritoïde répartis dans la roche, et des veines de quartz blanc laiteux de 6 à 10 centimètres, contenant parfois divers sulfures métalliques ou même de l'or cristallisé,
minerais métalliques, la pyrite de fer et même Tor, sont beaucoup plus faciles à remettre en mouvement par dissolution qu'on ne le supposait jadis. Pour l'or notamment, quand même les concentrations géodiques en veinules, sur les affleurements des quartz aurifères d'Australie, ne le prouveraient pas surabondam. ment, nous en aurions une preuve directe dans la facilité avec laquelle se réalise aujourd'hui l'opération de sa dissolution dans des liqueurs extraordinairement diluées de cyanure de potassium. La dissolution s'obtient également dans les chlorures, nitrates, etc.
1 Voir plus haut note 1, page 300.
« Voir figure 37, page 302.
' Voir, par exemple, les échantillons 1453-2, 1411-1, etc.
bien qu'on les considère, d'une façon générale , au point de vue pratique, comme stériles.
En dehors de l'or et de la pyrite de fer, qui peut arriver à constituer 30 p. 100 de sa masse, le minerai du Witwatersrand est remarquablement pauvre en autres métaux : ce qui contribue, peut-être, à la facilité de son traitement par le cyanure de potassium. D'une façon générale, on nous a dit, dans la plupart des mines, qu'on n'y avait jamais reconnu la présence d'aucun métal, si ce n'est de traces d'argent ou de cuivre, ces dernières parfois visibles sur le zinc qui précipite l'or de sa dissolution cyanurée ' . Nous avons constaté le fait nous-mème sur des concentrés venant de la Wemmer et tenant 9 grammes d'or à la tonne, qui ne renferment pas, trace de cuivre, de zinc et de plomb ; l'analyse faite à l'Ecole des mines a seulement trouvé 0,04 p. 100 d'arsenic. C'est uniquement dans les veines de quartz secondaire, mentionnées plus haut, qu'on trouve parfois d^autres métaux : ainsi nous avons recueilli de la galène et de la blende à la Buffelsdoom, où il existe également de la pyrite arsenicale ; de la chalcopyrite à la Robinson ; des cristaux de pyrite et de blende à la Crœsus (troisième niveau Est, sur le South reef). M. Schmeisser a signalé, en outre', la présence d'un peu de blende à Alexandra Estate et Rietfontein et des traces d'antimoine dans l'Ouest du Rand. Enfin, nous avons signalé plus haut la présence des métaux étrangers dans le minerai, plus réfractaire à la cyanuration, de l'Orion.
Il nous reste à dire un mot d'une question qui présente un intérêt pratique aussi bien que théorique évident : ce sont les modifications en profondeur, non de la teneur du minerai qui nous occupera seulement plus tard, mais de la structure du conglomérat, qui lui est, en toute hypothèse — soit qu'il y ait eu précipitation contemporaine de l'or et des galets, soit qu'on ait affaire à une imprégnation postérieure — intimement liée. Nous nous sommes demandé, et nous avons cherché à observer, dans toutes les mines que nous avons visitées, si, à mesure que Ton s'enfonçait, il ne se produisait pas quelque changement dans la
* Voir, par exemple, à TUnited Main-reef Roodepoort. > Loc. ci7.,p. 55.
structure, la dimension, l'état plus ou moins arrondi des galets » changements qui auraient pu être des indices d'une modification corrélative dans les conditions ayant produit le dépôt aurifère.
Il y a, au point de vue de l'interprétation géologique des phénomènes, une telle difficulté à concevoir exactement comment des formations de conglomérats, c'est-à-dire de galets, supposées littorales, ont pu s'étendre, comme nous le constatons ici, sur des dizaines de kilomètres de large, qu'il importe de vérifier exactement les faits et de s'assurer, avant tout, si l'on n'est pas le jouet d'une illusion.
Et cependant, déjà, l'étude générale du pays, en nous montrant lexistence d'un grand synclinal, sur les deux flancs duquel on retrouve des dépôts de quartzites et de conglomérats identiques, rend bien vraisemblable le raccordement en profondeur de ces deux zones à plongements inverses par des couches semblables, qui doivent les prolonger des deux parts.
En outre, on peut faire une remarque également théorique — sur laquelle notre ami, M. Brisse, ingénieur des Mines, ayant visité le Transvaal peu avant nous, avait appelé notre attention — c'est que l'affleurement actuel, représentant l'intersection par un plan horizontal d'une couche plissée et gondolée, coupe celleci suivant une ligne qui est certainement très loin d'être parallèle au rivage hypothétique ancien, de telle sorte que des points successifs, pris sur cet affleurement, se trouvent, par rapport à ce rivage, dans des conditions aussi différentes que deux points pris à divers niveaux sur Tinclinaison d'une couche ; notamment, dans les parties très redressées, l'action d'érosion, qui a produit la surface actuelle du sol, a dû enlever une portion beaucoup plus forte des couches aurifères que dans les parties horizontales. Si Ion joint à cela que nous ne savons, en aucune façon, de quel côté ni avec quelle direction se trouvait le rivage, puisque l'allure actuelle résulte d'un plissement très postérieur au dépôt, on voit qu'il n'y a aucune raison pour supposer a priori, suivant Tinclinaison des reefs, des variations d'une autre nature que celles reconnues suivant leur direction, c est-à-dire des alternatives de zones à galets plus gros ou plus petits, plus anguleux ou plus ronds, plus riches ou plus pauvres, se succédant sans aucune loi.
C'est ce que rexpérience nous a semblé bien confirmer dans les travaux actuels ;' nous n'avons observé nulle part qu'il y eût, à mesure qu'on s'approfondissait, une diminution progressive de la dimension des galets, un changement dans le nombre des galets anguleux môles aux galets arrondis, comme cela aurait pu se produire si Tinfluence d'un éloignement croissant à partir du point d'origine s'était fait sentir. Quant à la grosseur, nous nous contenterons de citer, au huitième niveau ouest de la Wemmer dans le South reef, au septième ouest dans le Main- Reef Leader, la présence de très gros galets dépassant 7 centimètres, que nous n'avions pas vus dans les niveaux supérieurs.
C. Teneur en or des minerais. Ses variations suivant la direction ou l'inclinaison des couches (deep levels) . — La teneur des minerais d'or du Transvaal donne lieu à un certain nombre d'observations générales, par lesquelles nous croyons devoir débuter.
Lorsqu'on commence à visiter les mines de ce pays avec la légère défiance, plus ou moins accentuée suivant les cas, qu'on apporte généralement, en venant de France, pour l'appréciation d'une mine d'or exotique, on est désagréablement surpris par ce fait, avec lequel l'habitude finit par familiariser, c'est qu'il est absolument impossible d'arriver à reconnaître sûrement à l'œil un minerai à 3 kilogrammes d'or par tonne d'un minerai à 10 grammes, et que les prises d'essai, môme les plus soignées, si elles ne sont très souvent répétées sur une couche, ne peuvent donner qu'une idée tout à fait approximative et souvent môme erronée de sa valeur : en sorte que l'ingénieur le plus consciencieux, s'il n'a le droit et le temps de se fixer à demeure sur une mine, ne peut arriver à se faire une idée personnelle et indépendante sur la valeur de ses minerais; il n'existe qu'un moyen vraiment sérieux d'ôtre édifié, c'est d'examiner les résultats d'un broyage en grand, suffisamment prolongé et exécuté dans les conditions réelles de la pratique, c'est-à-dire sans choisir exclusivement, comme il est si facile à un directeur de mines de le faire, les parties vraisemblablement les plus riches, connues d'après les essais de laboratoire ; la conséquence, c'est qu'arrivant déjà avec un scepticisme très exagéré, on est obligé de débuter par une série d'actes de foi.
L'impossibilité de reconnaître même approximativement, d'après leur aspect, la valeur des minerais du Witwatersrand tient à ce que, nulle part, comme nous l'avons dit, For n'est visible ; la pyrite, à laquelle ce métal est généralement associé, n'est qu'un indice insuffisant de sa présence puisque, s'il n'y a guère d'or sans pyrite, il existe, par contre, très souvent de la pyrite sans or; enfin l'on voit fréquemment les hommes les plus expérimentés du pays se tromper sur l'aspect réputé par eux favorable (good looking), consistant dans l'existence d'une pâte sombre, pyriteuse, englobant des galets suffisamment gros et bien espacés sans être trop disséminés.
Quant au peu de valeur d'une prise d'essai isolée, elle tient à l'irrégularité (d'ailleurs toute naturelle) de ces gisements, qu'on a le tort en France de croire géologiquement etminéralogiquemenl constants dans leur allure, parce qu'industriellement ils donnent des résultats assez réguliers et continus (surtout par comparaison avec les autres filons d'or connus et exploités avant eux)*.
Mais, sur un reef quelconque du Witwatersrand, — et l'examen de n'importe quel plan d'essais le montre immédiatement, — on observe, à quelques centimètres de distance, sans indice apparent, des variations de 2 grammes à 100 grammes d'or à la tonne ; de manière que la prise d'essai la plus soigneusement faite, suivant qu'elle aura été prélevée en l'un ou l'autre de ces points, donnera des résultats tout à fait contradictoires. Et, pour le dire en passant, c'est, croyons-nous, une raison pour n'attacher qu'une importance restreinte à certaines analyses de minerais faites dans les traçages des mines nouvelles, analyses dont les résultats, trop bruyamment annoncés, ne prouvent, soit en bien soit en mal, que fort peu de chose, si Ton n'en a pas une série très prolongée.
Puisque nous avons abordé cette question des variations locales dans la teneur en or, variations que les rapports, même les plus impartiaux, sur le Transvaal, ont le tort de ne pas laisser soupçonner, nous devons expliquer comment s'est créée, au contraire, pour ces gisements, une réputation universelle de régularité
> Voir par exemple les graphiques de teneurs de la planche VI et de la figure 40.
extrême, qui, dans une certaine mesure, correspond à un fait réel et, pour une autre part, est obtenue par des procédés factices, à peu près justifiés sans doute en général, mais à la condition qu'on les connaisse et qu'on n'en interprète pas inexactement les conséquences.
Il se présente, dans ces bancs de conglomérats aurifères du Transvaal, ce fait singulier, presque paradoxal, que, la teneur y étant incessamment variable d un point à l'autre, il s'établit néanmoins, quand on considère une longueur suffisante, une certaine teneur moyenne, relativement constante dans chaque mine ou chaque quartier de mine.
Cette constance, très approximative d'ailleurs, tient, en partie, au caractère sédimentaire des gisements; l'illusion en est, de plus, produite par la dimension extrordinairement restreinte (et à laquelle on ne songe pas, en général tout d^abord) des concessions les plus anciennement connues. Par exemple, la Pioneer a 100 mètres de long, suivant l'affleurement ; la Worcester, ou la Bonanza, en ont 250 ; la Wemmer, moins de 500 ; la City and Suburban, 700; la Crown reef, 900; la Robinson, 1100; il est évident que, plus l'étendue des travaux est petite, plus on a des chances d'y rester, tout le temps, dans une même zone géologique, où la métallisation aurifère s'est faite dans des conditions comparables, en sorte que les résultats du traitement d'une mine donnée pourront demeurer longtemps à peu près semblables. Mais il ne faut pas exagérer même cette constance, ramenée à ces limites restreintes; car il arrive, malgré tout, bien souvent, que, de l'Est à l'Ouest d'une concession ou d'un niveau au suivant, on voie, soit en mieux soit en plus mal, des variations considérables. Comme il est naturel de le prévoir, c'est le premier genre de variations qui vient le plus souvent à la connaissance du public.
Ainsi, à la mine de Witwatersrand, les teneurs du premier niveau avaientfait considérer, par un célèbre ingénieur américain, la mine comme sans aucune valeur : dans le quartier Ouest, en particulier, on avait, sur une grande étendue, des teneurs de moins de 10 grammes; au deuxième niveau, dans la partie correspondante, on a eu, au contraire, des teneurs de 70 ou 80 grammes et nul ne peut dire encore si le troisième et le
quatrième niveau ressembleront au premier ou au second.
A la Ferreira et à la Salisbury, nous avons donné, plus haut (p. 250 et 254), des tableaux des teneurs moyennes par niveau, teneurs qui varient, d'un niveau au suivant, pour la même couche, dans la proportion du simple au triple.
De même, à la Bonanza, on a trouvé, sur le South reef, au troisième niveau — que Ton a, en conséquence, aussitôt développé activement — une teneur moyenne aux essais de 50 grammes; les deux premiers niveaux, sur lesquels on n*a fait que fort peu de travaux, avaient paru assez pauvres.
A la Geldenhuis Estate, le phénomène inverse s'est produit : jusqu'en mars 1892, on avait eu, dans la zone oxydée, un rendement moyen de 30 grammes par tonne ; puis la teneur s'est modifiée, tant parce qu'on est entré dans le minerai pyriteux que, parce qu'ayant augmenté le nombre des pilons, on s'était mis à broyer, outre les minerais riches, des minerais pauvres, d'abord négligés ; dans ces conditions, elle était, en juin 1893, de 24 grammes et, jusqu'à la Un de 1894, sans que l'exploitation se fût modifiée, on Ta vue tomber peu à peu à 12 grammes; aujourd'hui, on est remonté environ à 18, malgré l'installation d'une batterie plus forte, où Ton passe plus de minerai pauvre, mais, il est vrai, en tenant compte des résultats de la cyanuration, qui est, sur cette mine, d'une installation assez récente.
Nous pourrions multiplier les exemples de ce genre : il existe partout des quartiers plus ou moins riches, plus ou moins pauvres, se succédant sans aucune loi, et l'on ne saurait, assurément, qualifier de constante une teneur moyenne qui varie dans de telles proportions : néanmoins, il est parfaitement exact que les mines d'or du Witwatersrand sont encore, et malgré tout, à ce point de vue, avantageusement favorisées par rapport aux autres mines d'or filoniennes connues jusqu'alors, où les soubresauts sont infiniment plus prononcés et où, chose plus grave, un appauvrissement à peu près certain se produit au delà d'une certaine profondeur. Mais surtout, et c'est le point sur lequel nous voulons insister, la plupart des mines duTransvaal ont adopté une ligne de conduite très prudente, qu'il est intéressant de connaître, pour remédier à ces variations dans la teneur, éviter les à-coups dans le rendement
et régulariser les bénéfices à la grande satisfaction des actionnaires.
Le système consiste, en premier lieu, à avoir un traçage, un développement de galeries très en avance sur Tabatage du minerai, de manière à pouvoir placer sans cesse des chantiers à son choix sur un très grand nombre de points différents, sans nuire pour cela à la bonne conduite de l'exploitation ^
D'autre part, chaque mine possède ce que Ton appelle un plan d'essais, c'est-à-dire un plan des travaux, sur lequel on reporte au jour le jour : 1*> les résultats d'analyses* faites sur les minerais prélevés de 10 mètres en 10 mètres, et 2* les épaisseurs de minerai correspondantes, en sorte que l'on y trouve comme une image en raccourci de la mine, avec toutes les particularités des couches aurifères.
En outre de ces plans d'essais (dont on pourrait peut-être essayer de tirer quelques conclusions théoriques), tous les ingénieurs remplissant bien leurs fonctions procèdent constamment à des essais, plus sommaires mais très rapides, au moyen du pan américain', qui donnent, avec un peu d'habitude, une approximation déjà suffisante. Par ces divers moyens, ils peuvent donc savoir, à chaque instant, où se trouvent, dans leur mine, les quartiers riches et les quartiers pauvres : ce qui leur permet, en plaçant convenablement leurs ouvriers, de régulariser le rendement suivant le désir des administrateurs et des actionnaires, pour lesquels toute diminution de teneur accidentelle (si prévue qu'elle doive être, en réalité, dans une chose aussi inhomogène qu'un gisement minier) nécessite toujours de longues explications*. Au besoin, si
i La pénurie de main-d'œuvre a, dans les derniers mois de 1895, amené à réduire ces travaux de développement préalable pour ne pas diminuer les bénéfices apparents : ce qui pourrait bien produire, un jour ou Tautre, quelques surprises fâcheuses.
> Les analyses, ou essais, donnent, d'une façon constante, des résultats supérieurs à ceux de la pratique ; mais leur moyenne permet néanmoins de prévoir, dans une certaine mesure, le rendement industriel.
L'existence de ces plans très détaillés, très manifestement sincères (sauf restriction occasionnelle sur la façon dont on procède aux prises d'essais qui en sont la base), la facilité avec laquelle on les communique aux visiteurs, ainsi que tous les livres de laboratoire par lesquels on peut les contrôler, sont, pour le dire en passant, une des choses qui contribuent le plus à inspirer confiance dans le caractère général de la direction technique et industrielle des mines.
* Large sébille en fer, dans laquelle on met le minerai broyé, qu'on agite ensuite en y ajoutant de l'eau peu à peu, jusqu'à ce qu'on ait fait sortir tout le quartz plus léger et gardé seulement la pyrite plus lourde, avec l'or qui apparaît.
* La grande publicité à laquelle sont soumises les mines du Transvaal, les spécu-
ce procédé ne suffit pas, on a, en réserve, des las de minerai particulièrement riche, dont on broie une partie .avant la fin du mois pour relever le rendement ; ou encore, en grattant plus ou moins les plaques d'amalgamation, on peut y laisser, dans un mois prospère, un peu d or qu'on retirera ensuite.
Ainsi que nous l'avons dit, nous ne prétendons nullement critiquer, d'une façon absolue, ces artifices, que l'on peut considérer comme ayant pour but, dans une industrie aussi exposée au grand jour que celles des mines d or, et dont les résultats sont si fréquemment publiés, si passionnément (et souvent si inintelligemment commentés), d'éviter les engouements excessifs comme les découragements sans cause ; cependant, ils ont, comme on le conçoit aussitôt, deux inconvénients :
D'une part, si, dans une mine très étendue, on peut, presque toujours, placer ses chantiers d abatage de manière à réaliser, à peu près, cette constance invraisemblable dans la teneur', il n'en est parfois plus de même pour les petites ; on a vu alors, dans telles mines qu'il nous serait facile de citer, les directeurs, s'affolant à l'idée de voir leur teneur baisser dans les publications mensuelles, abattre sans réfléchir tout ce qu'ils avaient de riche dans leur mine, et, si la zone pauvre se prolongeait trop longtemps, arriver un beau jour à un etTondrement qu'ils auraient évité en avouant aussitôt un appauvrissement momentané dans leur minerai.
D'autre part, on conçoit le parti que pourraient tirer des gens peu scrupuleux d'une méthode consistant à exploiter tantôt les quartiers riches, tantôt les pauvres, suivant qu'ils voudraient faire monter ou baisser le cours de leurs actions ; mais, sur ce point, nous devons ajouter aussitôt que de pareilles manœuvres nous
lations auxquelles elles donnent lieu et mèuie le faible prix initial de leurs actions, qui les disperse entre les mains d'une foule de personnes non éclairées, imposent aux directeurs des mines de nombreuses sujétions, dont celle de régulariser la teneur dans une mesure que la nature des gisements permet à peine, est peut-être la moins préjudiciable. Ce côté commercial des entreprises et le souci de faire rendre au capital engagé, non le maximum absolu de Tintérét, mais le maximum dans le moindre temps, occupent, on le sait, bien plus que le côté technique de l'exploitation, Tattention des ingénieurs anglo-saxons, qui n'ont, en conséquence, bien souvent qu'une instruction minière assez rudimentalre.
* Jusqu'ici, les perfectionnements progressifs du traitement, en permettant de tirer un produit de plus en plus grand de minerais comparables, ont singulièrement favorisé cette tâche.
ÉTUDE SPÉCIALE DES GITES AURIFÈRES DU WITWATERSRAND 3i7
paraissent, au Witwatersrand, être sensiblement plus rares que dans nombre d'autres régions aurifères ; et surtout, quand elles se produisent, le rapprochement très grand des diverses concessions encastrées les unes dans les autres, les déplacements presque constants des ingénieurs, qui passent incessamment de la direction d*une mine à celle d'une autre, les contacts fréquents du personnel, etc., font qu'elles arrivent très vite à la connaissance du public : ce qui en détruit un peu l'effet.
Précisément peut-être parce qu'elles ont senti qu'elles avaient besoin d'inspirer la confiance, les compagnies minières du Transvaal ont pris le parti de faire ce que l'on ne fait peut-être dans aucun autre district minier du monde et ce que les difficultés de la concurrence commerciale ne permettraient, d'ailleurs, pas pour une autre substance que pour l'or : ouvrir à tous largement les portes des mines, ateliers, laboratoires, etc., tout montrer, depuis leurs plans d'essais jusqu'à leur prix de revient et publier, dans des rapports très détaillés, au moins annuels, parfois mensuels, tous les résultats de leurs exploitations. Dans ces conditions — et sauf quelques restrictions dont nous avons déjà indiqué les principales, sauf aussi le cas de certaines mines où l'on parait moins désirer la grande lumière, — on est forcément amené à avoir une certaine foi dans le caractère général de cette industrie ».
Au sujet de la confiance qu'on peut avoir dans les publications quasi officielles, auxquelles donne lieu l'industrie des mines d'or*, nous n'avons qu'une observation à faire, c'est relativement au nombre de tonnes broyées, d'où découle directement la teneur en or annoncée : ce nombre, qui est donné avec une grande précision apparente, ne correspond, en réalité, qu'à une estimation approximative, faite d'après le nombre des wagonnets, sans que ceux-ci soient jamais pesés ni même puissent l'être pratiquement*. Il en résulte qu'un directeur, désireux de se faire
* Bien entendu, et nous le répétons une fois de plus, il ne s'agit ici que de Tindustrie de Tor et non des opérations financières qui peuvent se greffer sur celle-ci, au Transvaal ou en Europe.
> La Chambre des Mines de Johannesburg, qui fait la plupart de ces publications, n*a aucun caractère officiel et aucun titre pour forcer qui que ce soit à lui communiquer les résultats de son exploitation ; mais, en pratique, elle a pour adhérents la plupart des sociétés minières.
* En moyenne, on admet que, dans la couche aurifère, une tonne métrique repré*
bien voir en paraissant travailler très économiquement, peut être amené à exagérer le poids du minerai contenu dans ses wagonnets (par exemple, en ne les faisant remplir qu'incomplètement et continuant à leur supposer le même poids conventionnel que s'ils étaient pleins), de telle sorte que, ses frais réels paraissant répartis sur un plus grand nombre de tonnes, les dépenses par tonne de minerai abattu et traité aient Tair d'être très restreintes ; il peut également, par une opération inverse, forcer la teneur apparente au détriment du prix de revient : c*est peut-être là une des raisons pour lesquelles ces prix de revient varient du simple au double entre des mines analogues, et pourquoi, indépendamment d'un certain gaspillage, qui est réel dans les compagnies très riches, ce prix est souvent d'autant plus fort que le minerai est plus riche.
Laissant de côté maintenant ces questions d'ordre général, nous allons, par quelques chiffres, donner une idée de la teneur des minerais dans les diverses mines du Rand.
Cette teneur, ainsi que nous Tavons dit, peut être appréciée de deux façons, soit par les essais de laboratoire, soit par le rendement industriel, qui varie généralement entre 50 et 80 p. 100 du chiffre calculé d'après la moyenne des essais. Le rendement industriel lui-même comprend plusieurs parties : lor obtenu sur les plaques d'amalgamation, puis celui extrait des résidus ou tailings par la cyanuration, et, dans quelques mines, celui retiré des concentrés par la chloruralion ; enfin, en ce moment même, on essaye d'extraire une partie de l'or contenu dans les dernières boues fines, ou slimes, dont toutes les mines ont de grandes réserves accumulées.
Un tableau ci-joint donne les rendements industriels des diverses mines en 1895* ; nous avons également essayé de reporter ces teneurs sur le graphique de la planche VII, afin de mettre en évidence, d'une façon grossière, les zones pauvres et riches du Rand.
sente environ 15 pieds cubes ; dans le minerai tout venant 22 pieds cubes ; dans les résidus sableux (tailings) 30 pieds cubes.
* Toutes les évaluations faites au Transvaal sont comptées en tonnes courtes américaines (short tons) de 2000 livres, ou 907 kilogrammes, c'est-à-dire inférieures d'environ 1/10 & notre tonne métrique ; c'est un détail que Ton oublie souvent. Les résultats que nous donnons ont tous été convertis en tonnes métriques de iOOO kilogrammes.