‹ Les mines d'or du TransvaalChapitre 35 sur 80 · VII. — Vente et commerce de For · texte numérisé non relu

VII. — Vente et commerce de For

Quand un gisement aurifère, tel que celui du Witwatersrand, a été découvert, il ne suffit pas, comme le croient parfois les personnes étrangères à Tart des mines, de se baisser pour y ramasser des pépites ou du sable d*or, qu'un traitement immédiat peut convertir en pièces de monnaie ; il faut, au contraire, toute une série de longs et pénibles efforts, bien dirigés et bien coordonnés, pour aller, d'abord, chercher le minerai dans les profondeurs du sol, souvent à plusieurs centaines de mètres de la surface, pour l'y abattre dans les chantiers à coups de dynamite, le ramener jusqu'au jour par des puits d'extraction ; après quoi, il reste

encore à faire subir, à ces roches brutes sorties de terre, dans lesquelles Tor est souvent à Tétat invisible, une succession d'opérations métallurgiques très complexes, afin de concentrer peu à peu les parcelles d'or éparses et presque microscopiques en un lingot à Testampille de la mine, qui est la forme presque définitive, sous laquelle For est vendu par la Société minière et part en Europe se faire employer,' soit à la frappe des monnaies^, soit aux besoins de rindustrîe. Ce sont ces opérations d'exploitation et de traitement XûétàllJifgi(Jue '^6' nous- ïibus proposons dé décrire dans ce chapitre, sans, bien entendu, entrer dans des détails trop spéciaux, qui feraient de cet ouvrage ce qu'il ne doit pas être, à savoir un cours d'exploitation technique ou de métallurgie.

Mais, avant d'aborder ce sujet proprement dit, il nous parait utile de répondre préalablement à une question qui intéresse au plus haut point tous ceux qui s'occupent de mines et spécialement des mines d'or du Witwatersrand : Comment, lorsqu'une mine n'est pas encore ouverte, lorsqu'elle ne fait que commencer ses travaux, peut-on se former une idée approximative de la valeur des gisements qu'elle contient et, par suite, estimer s'il y a lieu de commencer une exploitation, si cette exploitation couvrira ses frais, si elle a des chances de faire des bénéfices plus ou moins grands et, plus tard, à un moment quelconque des travaux, comment peut-on évaluer, cette fois d'une manière un peu moins hypothétique, la quantité d'or qui reste contenue dans la concession, les frais que coûtera l'extraction de cet or, donc les bénéfices à en retirer, de façon à en déduire la valeur de la propriété et de celte fraction de la propriété, appelée l'action.

A ces divers points d'interrogation nous n'avons pas besoin de dire qu'on ne peut jamais donner d'avance, dans aucune région .minière, de réponse absolument certaine. Il ne faut pas oublier que l'industrie des miiies est essentiellement aléatoire, de même qu'elle est forcément temporaire et, jusqu'au dernier jour de la vie d'un gisement minier, l'imprévu est la première chose qu'on doive prévoir. Néanmoins, suivant les cas, la part d'aléa peut être plus ou moins réduite et nous croyons que, dans le cas de la zone centrale du Witwatersrand, elle est relativement faible : car on se trouve avoir affaire à des gîtes d'une allure maintenant

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