‹ Les mines d'or du TransvaalChapitre 38 sur 80 · ES PAR MÈTR TRAVERS · texte numérisé non relu

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ralement que deux de dix heures et ravancement tombe néanmoins presque au tiers ; mais le prix n'en est guère que de 105 à 110 francs le mètre.

Abatage. Explosifs. — Une fois le traçage de quelques niveaux terminés, c'est-à-dire la mine munie de galeries horizontales dans la couche, avec un certain nombre de descenderies les reliant, il reste à faire Tcxploitation proprement dite, c'est-à-dire à dépiler méthodiquement l'ensemble de la couche aurifère en y plaçant, sur quelques chantiers convenablement choisis, un nombre d'ouvriers suffisant.

Cet abatage {sioping) se fait, pour une couche donnée, par l'une des deux méthodes connues sous le nom de gradins droits ou gradins renversés [tinderhand et overhand stopes).

Les gradins renversés, qui formaient, au début, le mode le plus généralement adopté, ont disparu presque partout ' (sauf dans des cas spéciaux) pour un certain nombre de raisons, sur lesquelles nous reviendrons après avoir rappelé d'abord en deux mots quel est le principe de ces deux systèmes.

Dans tous les cas, le point de départ, le centre, et, en quelque sorte, l'axe de symétrie de l'exploitation, c'est la descenderie {winz€)y qui fait communiquer les deux niveaux supérieur et inférieur et Tabatage commence, soit à son extrémité supérieure (gradins droits), soit à son extrémité inférieure (gradins renversés) (fig. 46). C'est-à-dire qu'on place, d'abord, en 1, puis en 2, puis en 3, 4, 5, etc., deux ouvriers, qui, se tournant le dos, commencent à découper, lun à droite, l'autre à gauche, dans la masse du minerai, des tranches horizontales, de telle sorte que les ouvriers 1 sont constamment en avance sur 2, ceux de 2 sur 3, etc.

Le nombre de ces ouvriers, pour un même chantier {slope) peut atteindre 40 ou 50.

La figure 46 représente une projection des travaux sur le plan de la couche, plan ayant son inclinaison du haut en bas de la figure; d'un côté, à gauche, nous y avons dessiné un exemple de gradins

' On emploie les gradins renversés au Champ d'Or et l*on est amené à boiser fortement ; mais la grande solidité du toit fait que l*on peut enlever la plus grande partie de ces bois, le dépilage une fois termine.

38i LES MINES D'OR DU TRANSVA.AL

droits ; <tc l'autre, à droite, un exemple de gradins renversés. Les lignes I, II, III représentent les fronts de taille successifs des chantiers, au fur et à mesure de l'avancement (la partie couverte de hachures étant la partie encore intacte au moment où l'avancement est en I}. Comme on le voit, la forme du chantier est, dans les deux cas, celle d'un triangle '; elle minerai abattu s'en va toujours par la descendcric au niveau inférieur B ou D ; mais, quand il s'agit de gradins droits, le triangle a sa base en haut; quand il s'agit de gradins renversés, elle est en bas. L'inspection de la

fis. Priijectioa théoligure montre, aussitôt, que, dans le cas des gradins droits, les mineurs peuvent forer les trous de mine à leurs pieds en étant assis et sans qu'on ait besoin de remblayer derrière eux ; au contraire, avec les gradins renversés, il faut qu'ils travaillent debout au-dessus de leur tôte, en montant sur un remblai, dans lequel on est forcé de ménager de petites cheminées à minerai.

Comme ce dernier système convenait peu aux Cafres, qui n'ont aucune habitude du travail des mines, on a été amené fi y renoncer.

D'ailleurs, le procédé des gradins droits exige moins de boisage : ce qui est une considération intéressante dans un district où les

1 Od doit se repréaeoler In c>>uc1ie aurifère connue comprise entre deut plans semblables, sOparês par un iatcrvalle variable. Uaus la pratique, ou Fait gêuiralenieut l'abalage sur uue épaisseur de couche assez conalaule, d'envirou 1",50 à 2 mètres et c'est ceUe couche de l",âO, que l'on débite au uicjeu de ces triangles, qui vont progreisivemeul en s 'élargissant.

bois de mine sont aussi chers, et, quand la couche est mince, il est très sensiblement plus économique.

On a objecté souvent aux gradins droits Timpossibilité de faire aucun triage dans les chantiers; mais il est, de toute façon, très difficile d'obtenir un bon triage dans la mine, avec des minerais aussi difficiles à reconnaître et le système le plus rationnel est d'installer ce triage au dehors.

Dans le cas des gradins droits, on laisse souvent, au-dessus des galeries de niveau, pour les protéger, un massif de protection surmonté d'une galerie et, de distance en distance, tous les 10 ou 15 mètres, on ménage, de petites cheminées à travers ce massif, avec trémie de chargement.

La pente de la couche a nécessairement une influence sur la façon d'opérer ; c'est ainsi que, lorsque la couche devient très horizontale, on est parfois conduit à placer les fronts de taille du dépilage presque parallèlement à la descenderie, c'est-à-dire suivant la ligne de plus grande pente du gîte.

Quand elle est très verticale, comme cela se présente notamment à la New-Heriot, à l'Henry-Nourse, à la New-Chimes, on est forcé de prendre des dispositions spéciales, pour éviter les dangers auxquels un simple dépilage de haut en bas exposerait constamment les ouvriers. A la New-Heriot , on exploite chaque niveau en remontant, par gradins renversés, les galeries étant ménagées, au moyen d'un fort boisage, sous le remblai, et les chantiers étant accessibles par des échelles. A la New-Chimes, on exploite par gradins droits comme d'habitude, mais on a dû se décider dernièrement à laisser, de place en place, des massifs de protection dans la hauteur de la couche.

Nous avons supposé, jusqu'ici, l'existence d'une seule couche aurifère ; quand il s'en trouve deux, mais très éloignées l'une de l'autre, la solution est évidemment la même. Au contraire, il arrive parfois que deux couches, très rapprochées, puissent être prises ensemble (comme le Main- Reef elle Main-Reef Leader dans le centre du Rand), ce qui conduit à donner aux abatages des dimensions beaucoup plus grandes.

A la Jubilee, oîi le Main-Reef et le Main-reef Leader sont très voisins sans être contigus, on a adopté un système assez spécial,

386 LES MINES D'Oll DU TRANSVAA.L

représenté par la figure 47. Pour le traçage d'abord, on commence par faire une galerie d'allongement A dans le mur du Main-Reef Leader, ce qui donne du stérile envoyé aux remblais et, chaque fois que l'on a avancé de 2"',50, on abat, en B, l'épaisseur du Main- Reef Leader contiguë : en faisant ainsi l'opération en deux temps, on évite de mélanger ce minerai avec le stérile. De distance en distance, on rattache cette galerie au niveau inférieur par une descenderic, prise à la fois {pour aller plus vite) en montant et ea

Fit;. 1''- ~ Coupe verticale lliëorique Iransvcrsale aux couches auriréres, veprésenlant la raçon d'exploiter h la fois le Maia-lteef et le Maiii'Keef Leader à la Jubilee.

descendant {raîse et winze). Apr&s quoi, le traçage est fini et l'on peut commencer le dépilagc du Main-Reef Leader, qui se fait par gradins renversés en partant du bas des dcscenderies.

Pour exploiter ensuite le Main-Reef, on fait, de distance en distance, un travers-bancs P, parlant du Main-Reef Leader et, à l'extrémité, une galerie au mur du Main-Reef; puis on débite ce Main-Reef de haut en bas par tranches telles que R, S, T, en faisant descendre les minerais abattus par le vide qu'a laissé l'exploitation du Main-Reef Leader.

Dans le détail, tous les travaux aH rocher d'une mine quelconque, que nous venons de décrire, aussi bien le traçage que l'abatagc, se font au moyen de trous de mine successivement forés, soit à la main, soit à la perforatrice et chaînés à la dynamite. La dépense de dynamite est donc, parmi les dépenses de mine, une des plus importantes et, actuellement, elle ne représente pas

moins de 11 à 15 p. 100 du prix de revient total. Quand nous étudierons l'avenir du Transvaai, dans la dernière partie de cet ouvrage, nous verrons que c'est là un des chapitres, sur lesquels on peut espérer, plus tard, quelques améliorations ' .

Boisage. — Les chantiers nécessitent, pour le soutènement de ces grands vides créés par l'exploitation, — en dehors des piliers abandonnés, laissés de place en place, — un certain nombre de bois. Fort heureusement pour le bon succès des mines du Transvaal, le toit de quartzite, qui surmonte les couches aurifères, est d'une solidité exceptionnelle, et le boisage peut, par suite, être réduit à son strict minimum ; dans d'autres conditions de gisement, il eût constitué une dépense importante ; car les bois sont encore fort chers dans le Witwatersrand, bien que le Nord du Transvaal en produise quelques-uns et qu'il en arrive constamment, à Delagoa-Bay, des chargements complets d'Australie et môme de Norvège. Actuellement, un- bois de mine de 2 mètres de long coûte environ 8 francs.

Influence des failles et dykes. — Les failles, qui se présentent dans le Witwatersrand comme dans une région de mines quelconque, et dont nous avons indiqué, plus haut, Tallure générale assez simple, ont des influences diverses.

On remarquera, tout d'abord, qu'en rejetant les reefs à une certaine distance, elles occasionnent des travaux de recherche en travers-bancs, qui ont pu paraître parfois compliqués à des ingénieurs peu versés dans l'art des mines. Elles gênent pour l'organisation des chantiers d'abatage et y amènent des ressauts, qui forcent à multiplier les cheminées d'écoulement; elles provoquent enfin la chute de faux toits et nécessitent un boisage plus soigné et plus résistant. Quand elles sont inverses, comme c'est le cas fréquent, elles peuvent obliger au traçage de niveaux intermé-

1 Notons en passant, comme particularité du Transvaal, que Téclairage des chantiers se fait exclusivement à la bougie. Ces bougies (de détestable qualité) sont des bougies de paraffine, fournies souvent par la maison Price et qui reviennent, croyonsnous, à 0 fr. 10 pièce, 19 francs la caisse de cinquante livres ^22'',500). On donne aux mineurs une bougie par poste, aux rouieurs (en raison du courant d'air qui active la flamme), en moyenne, deux.

diaires pour rcnlèvement des portions relevées du reef, etc.

Quant aux dykes^ il est évident que, prenant la place du minerai, ils occasionnent une perte d'autant plus forte que le rejet est plus prononcé, c'est-à-dire que leur plan fait un angle plus faible avec celui de la couche.

Quelquefois pourtant, les failles produisent, au contraire, un bénéfice pour la mine, quand elles ont pour effet de doubler le reef à un môme niveau, de produire un chevauchement (un overlap), comme nos coupes en présentent nombre d'exemples, à Rietfontein, etc. Nous avons dit également plus haut* ce que nous pensions de l'influence enrichissante, parfois attribuée sans raison sérieuse aux failles comme aux dykcs.

Epuisement. — L'épuisement constitue, dans les mines du Witwatersrand, un service singulièrement simplifié par les très

Witwatersrand

Fig. 48. — Coupe théorique N.-S. destinée à expliquer le régime des eaux souterraines

dans le Witwatersrand.

favorables conditions locales. Il est à remarquer que les exploita, tions partent d'un point A (fig. 48), qui est à peu près le plus élevé de la région, pour suivre en profondeur, constamment, une même couche de conglomérat, telle que AB. Assez près au-dessous de cette couche aurifère, se trouve une épaisse formation schisteuse impénétrable aux eaux, CD ; il en résulte que les eaux, qui peuvent s'infiltrer dans le sol au Nord de C, dans le granité par exemple, et qui auraient une tendance à venir, en F ou en H, rejoindre les couches aurifères, sont arrêtées par ces schistes. Les travaux de mine ne drainent donc que les infiltrations de la région ALM, située au Sud, infiltrations qui, par suite du plon-

* Voir fig. 16 et pi. VII et VIII.

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/EXPLOITATION ' " l 389'

gemerit général des bancs vers le Sud et de la grande compacité de quelques-uns d'entré eux, doivent évidemment avoir tendance à rester toujours dans la couche, par Taffleurement de laquelle elles ont pénétré dans le sol et, en quelque sorte, à s'interstratifier.

Si cette idée est juste, il doit en résulter qu'une couche aurifère, telle que AB, étant surtout alimentée d'eau par la zone superficielle tout à fait voisine de son affleurement A, c'est principalement dans les parties hautes du gisement qu'on doit rencontrer les fortes venues d'eau, tandis que, plus profondément, on entre dans des terrains asséchés par le travail d'épuisement opéré audessus.

En fait, c'est ce qu'on a rencontré presque partout et, contrairement à ce qui se passe dans la plupart des mines, les difficultés un peu sérieuses pour l'épuisement ne se sont présentées qu'aux niveaux tout à fait supérieurs * , par exemple après quelque grande trombe d'eau, comme il s'en produit en été, ayant amené une rupture de digues et une inondation pénétrant par la superficie. Au contraire, en profondeur, les venues d'eau sont toujours tout à fait insignifiantes.

Quand nous avons visité ces mines, c'était, il est vrai, à la fin de la longue période sèche de l'hiver, et nous aurions pu croire que la sécheresse des travaux eux-mêmes en était seulement une conséquence momentanée; mais M. Brisse, qui a exploré la même région, au contraire, après la saison pluvieuse, a rencontré des conditions identiques.

Les seules sources de quelque importance, trouvées dans les travaux, l'ont été, comme toujours, à l'intersection de plans de cassure, ou de dykes, par lesquels s'était produite une forte infiltration. En fait de sources notables, on ne peut guère citer que celle du puits n® 1 à l'Henry Nourse, qui a donné, au début, H5 mètres cubes par jour (25 000 gallons).

Il est très exceptionnel qu'un puits donne, par jour, plus de

1 Au Champ d^Or, on avait, dans la partie oxydée superficielle, 50 mètres cubes (12 000 gallons) par heure et cette eau était utilisée pour l'alimentation de la batterie. Actuellement, en profondeur, cette mine est simplement munie d'une pompe électrique souterraine capable d'élever 90 mètres cubes à Theure.

6ÎS0 mètres cubes d'eau, chïfTre maximum prévu dans les installations de deep levcl les plus perfectionnées, et qu'on ait besoin

Vig. 49. — Dispostlbo générale d'une, pouipe de Cornouailles dans un puiti vertical.

d'une pompe de Cornouailles d'un diamètre supérieur à 0~,21.

II est vrai, l'on peut se demander si cet état de cboses durera

quand on s'enfoncera très profondément, comme on a l'intention

de le faire, jusqu'à 1 000 et 1 100 mètres et, notamment, quand on passera au-dessous du plan de la vallée de l'Orange, qui détermine évidemment le grand niveau hydrostatique de la région. Sans doute, il est assez vraisemblable que l'on aura, à ce moment, une certaine augmentation dans les venues d'eau, puisque les galeries de mine constitueront un appel pour toutes les infiltrations de la région ALM; mais nous ne croyons pas qu'il doive en résulter de difficultés graves, tant qu'on ne viendra pas imprudemment percer le soubassement de schistes, qui arrêtera l'invasion de toutes les eaux de la zone Nord, venant en F, H, etc., s'accumuler sous pression contre cet obstacle impénétrable.

L'épuisement des mines du Witwatersrand est fait, le plus souvent, par des pompes de Cornouailles, dont la figure 49 montre la disposition d ensemble, pompes présentant, à la base, un diamètre de 0'",20 à O'",2o et actionnés par des machines Compound à condensation; mais on tend aussi à développer l'usage des pompes souterraines, actionnées, soitàTélectricité, soit (plus rarement) à lair comprimé, parfois aussi par les deux à volonté pour se mettre à l'abri d'une interruption toujours à prévoir dans les installations électriques et surtout par les temps d'orage où les venues d'eau peuvent se trouver accrues.

Aérage. — L'aérage, presque toujours très simple dans les mines métalliques, se trouve ici, en outre, facilité par l'emploi courant des perforatrices à air comprimé, qui, accessoirement, aèrent les chantiers. Très exceptionnellement, on emploie quelques petits ventilateurs.

Transports souterrains. Extraction. Transports à la surface. — Une fois le minerai abattu par les coups de mine dans les chantiers, il reste à l'amener jusqu'à la batterie, où on doit le broyer.

La première partie de cette opération consiste dans un chargement, au moyen des trémies ménagées au toit des galeries et communiquant avec les chantiers d'abatage supérieurs. Le minerai est emporté par de petits wagonnets jusqu'au puits incliné, où on le fait passer dans des bennes d'extraction, d'une forme spéciale, que l'on appelle des skips.

Ce premier transport se fait toujours à la main, jamais ni par des chevaux, ni par des moyens mécaniques : ce qui tient à la forme sinueuse, en coupe verticale, comme en plan, qu'on est amené à donner aux galeries.

L'habitude d'avoir des puits inclinés et non verticaux constitue là une certaine gône ; car il est impossible d'extraire directement, comme cela se fait dans la plupart des mines, les wagons mêmes arrivant du chantier, en les chargeant dans une cage. Il faut, de toute nécessité, un transbordement et, d'autre part, le désir de

Fig. 50.

— Disposition en coupe verticale du chargement dans un puits incliné.

rendre les divers services de la mine, chantiers, extraction, batterie, indépendants, en évitant que tout soit arrêté par un accroc survenu dans lun d'eux, a conduit à introduire, avant ce chargement dans les bennes ou skips,un rouage intermédiaire consistant en de grands magasins à minerai , où les wagonnets versent leurs charges par en haut, tandis qu'à la base des trémies, situées directement au-dessus du plan incliné, permettront, au moment précis où on le jugera opportun, de faire passer ce minerai dans les skips.

Une coupe verticale ci-jointe (fig. 50) donne la disposition d'ensemble adoptée dans ce cas. Parfois, comme à la City and Suburban, on abat le triangle de rocher, qui sépare le magasin à minerai du plan et l'on a alors une grande chambre, sur une paroi de laquelle, quand on la regarde du puits, apparaissent, côte

EXPLOITATIO.V 3*3

à côte, trois magasins à minerai identiques avec, au-dessus, les sections des galeries où les mineurs roulent des wagonnets et, audessous, le plan incliné muni de ses skips.

Les skips (fig. 51), dont l'usage vient des Etats-Unis, sont un instrument commode avec un minerai, comme le minerai d'or, qui ne craint pas la brutalité des manutentions ; car ils per-

Flg. 51. — Modèle de benne (akip) à di^versciuent Qulnuialique, euiplojé dans loiis les puits inclioés du Transvnal.

mettent des chargements et des déchargements automatiques. C'est, en somme, une caisse en tôle roulant sur deux essieux. Les roues d'arrière ont un bandage plus large que celles d'avant, de sorte qu'arrivées au point de déversement, à mi-hauteur du chevalement extérieur (headgear), elles continuent à rouler sur des rails intérieui-s prolongeant ceux du puits, qui eux-mêmes se recourbent horizontalement en continuant à porter les roues d'avant. Le skip est relié au cdble par un étrier, dont les points

394 LES UmES D'OR DU TRANSVAAL

d'attache partent du centre des côtés de ta caisse. Sa capacité esl de 3 à 4 tonnes (environ 850 décimètres cubes] et son' poids de 1 500 kilos.

l^spttils inclinés, où se fait l'extraction, sont généfalcment fort bien éclairtis, avec deux ou trois voies et un autre compartiment pour les escaliers servant à la circulation des hommes, les pompes, les fils électriques, etc. Leur boisage est soigné, parfois composé de cadres presque jointifs ou, au moins, de cadres réunis par un garnissage complet de planches, surtout dans les par-

Flg. 52. — Coupe transversale du puits iDclioÉ de la Gly and Suburbao.

ttes hautes, où la désagrégation superficielle du minerai rend les mouvements du sol plus à craindre. L'éclairage s'y fait, presque toujours, par la lumière électrique.

Par exemple, à la City and Suburban, le puits principal, lai^e de 8 mètres sur 2 mètres de haut, est divisé en quatre compartiments, présentant chacun des cadres en bois complets disposés perpendiculairement à l'axe incliné du puîls. En A, B et C (fig. 52), se trouvent trois voies ferrées pour les skips. En E, passent la conduite de l'air comprimé, la conduite des pompes, les fils , électriques portes sur des isolateurs X et là, également, est placé l'escalier aux marches recouverfes en tôle.

Quand il existe un puits vertical, depuis la surface jusqu'à l'intersection de la couche, comme cela se produit forcément pour les installations des deep levels (Rand Mines, Village Main- Reef, etc.) et comme c'est également le cas pour nombre d'autres mines {East Rand, etc.), le puits incliné est relié au puita vertical par une courbe, de telle sorte que la benne soit extraite, d'un mouvement continu, par le puits incliné et le puits vertical qui

lui fait suite. Cette benne (skip) commence alors par rouler sur rails pour être ensuite guidée par des guidages en bois.

A la surface, on trouve, au-dessus du puits, un chevalement (headgear), soit en fer comme cela se pratiquait beaucoup au début alors que le bois était hors de prix, soit en bois. Ce chevalement est généralement disposé de telle sorte que la benne (skip) y soit déversée automatiquement, comme lé représente la figure 51. Il ne présente de particularité que lorsqu'on y a installé, ce qui se fait assez souvent, le triage et le concassage du minerai.

Après ce triage et ce concassage, qui peuvent tout aussi bien ôtre organisés isolément et sur lesquels nous reviendrons, par suite, dans deux paragraphes spéciaux, en parlant du traitement métallurgique, le minerai a souvent à subir un long transport pour arriver à la batterie, l'emplacement de celle-ci ayant été réglé par des considérations diverses relatives à la disposition topographique, ou simplement à la propriété du terrain.

Dans les premiers temps, surtout, on a attaché une importance très exagérée à placer les batteries sur un terrain suffisamment en pente, pour que les mouvements se produisissent tous dans le sens de la gravité et Ton a été amené, en conséquence, à construire souvent les batteries fort loin de la mine et parfois à les enterrer dans des sortes de fosses de Taspect le plus bizarre (par exemple à Van Ryn). Aujourd'hui, on s'est rendu compte qu'il y avait économie à installer le pilon plus près de lamine en employant, au besoin, des appareils, tels que des roues à aubes ou des chaînes à godets, pour remonter les minerais pendant l'opération. 11 n'en subsiste pas moins des cas assez nombreux, où la distance de la mine à la batterie est très notable, et l'on a, souvent, construit, pour faciliter ce transport, des appareils très perfectionnés.

Ce transport se fait toujours par wagonnets, tenant environ 300 décimètres cubes de minerai broyé (16 à 28 pieds cubes), sur une voie à écartement de 0",45 et c'est uniquement par le compte -de ces wagonnets qu'on estime approximativement le tonnage de minerai arrivant à la batterie.

La figure 53 représente, par exemple, une traction par chaîne sans fin, qui est tout à fait d'usage courant dans nu grand

nombre de mines, telles que la New Primrose, la Jumpers, la Geldenhuis Estaie, la Wolhuter, l'Orion, etc.

Quelquefois on emploie un simple câble flottant : plus souvent, comme dans le cas de la figure 53, le câble est pris dans une pièce en forme de V tournant sur son axe.

Un cas spécial et intéressant de traction est celui de la Crown- Reef, oîi Ton a organisé une installation électrique.

Des trains, formés de 10 à 20 wagonnets, y sont remorqués, sur environ 1 800 mètres de long, par des locomotives électriques de 8 tonnes et d'une force de 20 chevaux.

Les locomotives (au nombre de deux) ont été calculées pour une vitesse maxima de 16 kilomètres à Theure. Elles prennent le courant à un fil aérien, par un trolley, le retour s'effectuant par les rails et un fil de terre. Le voltage du moteur est de 500 à 550 volts et l'intensité du courant de 170 ampères.

Projets d'exploitation à grande profondeur. — Moyens d'organiser Texploitation des mines très profondes. — Limites d'exploitabilité en profondeur. — Question des deep levels.

Nous venons de voir comment Ton exploitait une mine dans les conditions habituelles du Witwatersi'and, c'est-à-dire à des profondeurs verticales ne dépassant pas 300 mètres. Il est, évidemment, de la plus haute importance de savoir quelles modifications doit entraîner, dans les installations, les méthodes et, par suite, dans le prix de revient, laccroissement de cette profondeur et, de plus, jusqu'à quelle limite l'exploitation restera pratiquement possible.

Cette question a été généralement posée sous le nom de question des deep levels; car c'est dans les mines, dites de deep level, ou de niveau profond, qu'elle a, à priori, le plus de chances d'intervenir*; néanmoins, comme nous l'avons déjà fait remarquer*, le mot de concession de deep level est un de ces termes vagues, qui correspondent, suivant les cas, aux conditions de gisement les plus diverses, et il peut en exister où la couche soit à faible profondeur, tandis que, dans une concession d'affleurement, on pourra être amené à exploiter très profondément : tout dépend de la largeur de cette concession d'affleurement.

* Nous rappelons qu'une concession de deep level est tout simplement celle qui ne possède pas Taffleurement de sa couche.

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En réalité, le point essentiel, qui nous importe ici, c'est la profondeur verticale à laquelle s'enfoncent les travaux.

Cette profondeur a été, dans les travaux de mine exécutés jusqu'ici au Witwatersrand, assez faible, comme nous avons essayé de le mettre en évidence sur la planche VII (p. 97) en y marquant, pour chaque concession, le point le plus bas atteint, et comme le montrent encore les coupes des planches VII et VIII (p. 197 et 221). Parmi les mines les plus profondes, le puits n* 1 de la Ferreira n'atteint que 2i0 mètres et le puits n* 2, 246 mètres; à la Rose deep, on est à 273 mètres; à la Geldenhuis deep, on est entré dans la couche à 126 mètres de profondeur. Mais on ira prochainement beaucoup plus bas; car déjà, en divers points du Rand, des sondages ont recoupé profondément les couches aurifères : sur la Simmér and Jack (Rand Victoria Bore Hole) à 710 mètres de profondeur (à 1 230 mètres de laffleurement); à Bezuidensville, à 960 mètres.

Jusqu'où pourra-t-on descendre et quelle majoration en résulte ra-t-il dans les frais, tel est le problème.

Il est, en effet, bien probable, d*après ce que nous avons dit dans notre étude géologique, que, sur toute l'étendue du synclinal du Witwatersrand, c'est-à-dire sur une cinquantaine de kilomètres de lai^e, de Johannesburg à Heildelberg, les couches aurifères existent en profondeur et, par suite, qu'un terrain quelconque, sur cette énorme étendue, peut, si on le veut, être considéré comme un terrain de deep level; mais il est encore bien plus certain que, sur la majeure partie de cette surface, les couches aurifères doivent être à ime profondeur de beaucoup supérieure à celle que nous pouvons songer pratiquement à atteindre. C'est précisément parce qu'il y a deep level et deep level que les compagnies, constituées sur des terrains de ce genre, ont pu donner lieu aux attaques les plus injustes, aux dénigrements les plus systématiques, comme aux enthousiasmes les plus irréQéchis, aux généralisations les plus aventureuses et, en un mot, aux spéculations les plus folles .

Si l'on se borne à la première zone de ces concessions, située à une proximité telle de l'affleurement que les travaux ne peuvent y dépasser 7 à 800 mètres de profondeur, il n'existe aucune

raison théorique préalable pour que pareille mine ne vaille pas une mine d'affleurement ; si, au contraire, il s'agit d'aller chercher la couche au delà de 1 200 ou 1 300 mètres, il est à peu près certain que le terrain n'aura, d'ici longtemps, aucune valeur.

Il est peut-être bon de rectifier, à ce sujet, quelques idées fausses, assez répandues dans le public. Car, si l'on prétendait nier, comme certaines personnes le font peut-être encore, l'avenir des compagnies de deep level uniquement parce qu'elles sont fondées sur une hypothèse géologique, parce que le minerai d'or n'est pas visible, manifeste sur leur terrain, parce qu'il faut aller, d'abord, le chercher sous terre par un puits de 500, 600, 800 mètres de profondeur et parce qu'un pareil travail préparatoire demande un certain temps avec une dépense considérable, avant qu'il puisse être question d'aucun dividende, il faudrait regarder également comme absurdes les travaux de mines, qui se font, dans tant de pays, pour aller rechercher la houille, le pétrole, le sel gemme, le minerai de fer, etc., etc., par des sondages parfois très profonds.

On paraît avoir un peu oublié dans cette circonstance qu'une grande partie du bassin houiller franco-belge, pour ne citer que ce seul exemple, a dû être atteinte ainsi, parfois avec des difficultés énormes tenant à la traversée des nappes aquifères, audessous des couches crétacées seules visibles à la surface.

Et il en est de même pour le bassin houiller de Saint-Etienne, dont le prolongement a été retrouvé à 200 mètres de profondeur sous la plaine du Dauphiné.

C'est là une idée tellement simple et une notion géologique si élémentaire que la crainte de ne pas retfouver en profondeur le prolongement des couches visibles à la surface aurait pu seulement arrêter des personnes tout à fait étrangères à l'art des mines et que le succès des mines de deep levcl n'aurait jamais été mis en doute s'il n'y avait pas eu à se poser des objections techniques beaucoup plus graves et beaucoup plus spécieuses.

La première élait la suivante : l'or, abondant aux affleurements, persisterait- il plus bas et s'y trouverait-il sous une forme pratiquement utilisable? A cette question, il est bien aisé, aujourd'hui, après que l'expérience a parlé, de répondre hardiment oui ; mais

il est juste d'ajouter, pour excuser les personnes très expérimentées qui ont pu s'y tromper au début, que presque toutes les vraisemblances étaient en sens contraire. En effet, jusqu'à ce qu'on eût trouvé cette forme, tout à fait inusitée, de minerais d'or, qui existe au Witwatersrand, on avait toujours vu, comme nous l'avons déjà rappelé plus d'une fois, les filons de quartz aurifère présenter l'or par poches irrégulières, très riches parfois au début, mais tendant à disparaître peu à peu et faisant place, à 50 ou 100 mètres au plus de la surface, à une imprégnation sulfureuse plus ou moins pauvre.

En outre, après la zone à or libre, qui existe aux affleurements, dans le Transvaal, comme partout ailleurs, il était certain ^ que, vers 60 mètres de profondeur, on trouverait l'or associé à de la pyrite de fer et, en grande partie, rebelle au traitement simple par le mercure, jusque-là exclusivement adopté. Si, à ce moment, on n'avait eu cette chance extraordinaire que la découverte du procédé au cyanure arrivât juste à point et que ce procédé s'appliquât merveilleusement au genre de minerais du Rand, tout l'or aujourd'hui retiré des tailings et celui qu'on extraira probablement bientôt des slimes auraient été perdus, c'est-à-dire que, pour un très grand nombre de compagnies actuellement florissantes, les bénéfices se seraient transformés en perte.

Pour ces diverses raisons, on n'attachait pas, au début, grande importance à la partie très profonde des gisements; mais, en outre — et c'est là le point essentiel — comme ces gisements apparaissaient à la surface avec une disposition presque verticale, tout au moins très fortement redressée, analogue à celle des filons d'or, auxquels on avait eu affaire jusque-là, les compagnies primitives, avec leurs concessions restreintes, s'imaginaient posséder ces gîtes sur une profondeur presque indéfinie, en sorte que l'idée de prendre une concession au delà de la leur apparaissait à bien des esprits sensés comme une pure duperie, sinon comme un moyen de faire des dupes. En tout cas, la mise en valeur de ces terrains semblait alors, faute de capitaux abondants, devoir être reportée à une époque tellement lointaine (après l'épuisement

* Nous le faisions prévoir, dès 1890, alors que l*on commençait à peine à parler au Witwatersrand de minerais pyriteux. {Ann. des Mines, Loc. cii., p. 19, etc.)

402 LES MINKS D'OR DU TllANSVAAL

presque complet des mines d'affleurement) qu'il était tout à fait inutile d y songer.

C'est ainsi qu'en janvier 1890, encore à un kilomètre de laffleurements des meilleures propriétés du Rand, le premier venu pouvait venir prendre possession de claims librement * .

Contrairement à ces prévisions, il s'est trouvé que la persistance de l'or en profondeur a été bien démontrée, que le traitement au cyanure a donné des résultats parfaits, que la pente des couches s'est rapidement adoucie de manière à éloigner les gîtes de la surface beaucoup moins vite qu'on ne le supposait, enfin que la fortune du Transvaal y a attiré des capitaux énormes, impatients de rencontrer un placement immédiat et fructueux.

Le résultat de cet état de choses a été, nous Tavons vu, qu'il s'est, en très peu de temps, institué, d'abord une première zone de compagnies de deep levels, celle des Rand Mines, sur des terrains acquis, au début de 1891, par la maison Wernher Beit et, dès aujourd'hui, mis en exploitation; puis une seconde, au delà, celle des Goldfields ou Goldfields deep, qu'on commence à organiser et que suivra peut-être une troisième .

Dès aujourd'hui, il a été pris des claims jusqu'à S kilomètres de Taffleurement de la série du Main-Reef.

Nous ne voudrions pas tomber dans la môme erreur que ceux de nos devanciers, pour lesquels l'idée d'exploiter les Rand Mines était une simple spéculation de Bourse ; toutefois, il est trop évident que, plus on s'éloigne de la surface, plus on entre dans l'inconnu, plus la profondeur à laquelle les travaux rencontreront la couche devient difficile à prévoir et plus il est certain que le prix de ces travaux, ainsi que de l'exploitation môme plus tard, croîtra.

Pour ceux qui spéculent sur la valeur des terrains à la surface, il reste, d'ailleurs, toujours, une autre inconnue, au sujet de laquelle ils sont libres, s'il leur plaît, de supposer l'hypothèse la plus favorable à leurs vues, c'est la profondeur à laquelle se trouve, en un point donné, la couche au-dessous du sol. Cette profondeur dépend essentiellement de la pente prise par la couche

' Ilatch cl Chalmcrs. Loc. cit., p. 87.

EXPLOITATIONS PUOFONDES 403

aurifère, pente qui, nous lavons dit, semble se rapprocher progressivement de rhorizontale ; mais, avec quelle rapidité, c'est ce que Ion ignore, au delà de la zone explorée jusqu'ici par puits et sondages.

Nous avons insisté, plus haut*, sur les variations constantes de cette pente, qui, d'une mine à Tautre du Rand, passe, au voisinage de l'affleurement, de la verticale à Thorizontale ; parler d'une pente moyenne pour toute la longueur du Rand n'a donc aucune espèce de sens et se fonder, comme on l'a fait, sur les résultats de deux ou trois sondages disséminés (à la Simmer and Jack, à Bezuidensville, etc.), pour en conclure une loi générale d*aplatissement très prompt des couches, demeure, après comme avant ces travaux, une hypothèse extrêmement aventurée.

Cette réserve faite, MM. Hatch et Chalmers ont calculé qu'avec une pente de SO"", qu'ils estiment ne devoir pas être dépassée en moyenne, 900 mètres suivant Thorizontale en donnaient 600 suivant la verticale; 1200, 810; 1600, 1000; 2 400, 1500; 4 500, 2 700.

Avec une pente passant de 30 à 25*", 1 500 mètres suivant rhorizontale ne correspondent plus qu'à 840, 2 400 à 1 200 et

M. Hamilton Smith, moins enthousiaste, suppose, en admettant une pente plus forte : à 3200 mètres de l'affleurement, 2400 mètres de profondeur; à 4 800, 3 000.

On a remarqué que l'angle de 28*^ était celui résultant du sondage de Bezuidensville et retrouvé également dans les travaux de la Crown- Reef; mais il ne nous paraît pas plus possible de prévoir, à priori, d'une façon précise, les variations et les anomalies, auxquelles peut être soumis un phénomène de ce genre que de deviner la forme exacte prise par une feuille de métal ou de papier plissée, à laquelle elle est assimilable. Tout ce que Ton peut dire, c'est que les couches doivent, sans doute, passer par une partie horizontale plus ou moins large dans le thalweg du synclinal ; mais cette partie horizontale a bien des chances pour se

• Voir notamment le schéma de la planche VII, p. 197 et la planche Vill, p. 221.

trouver tellement loin de Taffleurement et tellement profondément qu'elle n a aucun intérêt pratique pour nous.

Nous en revenons donc à notre problème : limite pratique de la profondeur verticale des travaux ; augmentation des frais avec Tapprofondissement.

Si nous négligeons d'abord ce côté, assurément le plus grave de la question, qui est la dépense et si nous ne nous attachons qu'à la difficulté, purement technique, d'aller atteindre et exploiter un minerai à une profondeur aussi grande que possible, nous croyons pouvoir dire qu'une exploitation à 1 300 et même i 400 mètres de profondeur nous parait parfaitement réalisable * au Witwalersrand.

Elle dépasse peu, en cITet, ce qui, jusqu'ici, a été pratiquement atteint : aux mines de plomb argentifère de Przibram, en Bohême, le puits Adalbert, commencé en 1779, a atteint 500 mètres en 1845, 800 mètres en 1869, 1000 en 1875, 1020 en 1884; il touche aujourd'hui à 1 200 et Ion doit l'approfondir à 1 400 mètres, ainsi que son voisin, le puits Marie, qui était à 1031 mètres en 1884.

Le même problème a été également résolu dans la région du Lac Supérieur aux Etats-Unis.

Au mois de septembre 1895, les journaux de Johannesburg ont publié, à ce propos, des interviews de M. Seymour, directeur de la maison Fraser et Chalmers*, qui venait de faire un voyage dans ce district pour étudier précisément la question de l'exploitation à de grandes profondeurs.

* En 1894, la réponse de M. Schmeisser (Loc. cit., p. 148) était la suivante : • Aacune difficulté technique ne se présentant, avec les conditions particulièrement favorables de la constitution du sol au Transvaal, si ce n'est Taccroissement de température, la limite d'exploitation en profondeur dépend seulement du prix de revient. •

Or, dans les mines de charbon, Vexpérience montre qu'à 800 mètres on exploite encore fructueusement et sans être gêné par la chaleur. En raison de la nature spéciale du métal or, qui n'est pas soumis comme la houille à des circonstances d'ordre commercial, M. Schmeisser croyait pouvoir prévoir hypothétiquement une profondeur de 1 200 mètres.

M. llamilton Smith, à la suite de son second voyage dans le Transvaal daofiit à décembre 1894, donnait, comme limite d'exploitation fructueuse aux exploitations 900 ou 1 000 mètres.

M.Hatch estime également qu'une profondeur verticale de 4 000 pieds (1200 mètres), suffisante d'après lui pour exploiter le reef dans une zone de près de deux kilomètres de large le long du Rand, n'offre aucun obstacle réel.

* M . Seymour a écrit, dans l'ouvrage de Hatch et Chalmers, tout un chapitre sur la machinerie des mines de deep level (p. 165 à 180).

Là, dans les' mines de cuivre de Calumet and Hecla et de Tamarack (cette dernière formant le deep level de la première), on travaille, dès à présent, paraît-iJ, à près de 1 400 mètres. Quelques détails sur ces installations, empruntés à M. Seymour, ne seront peut-être pas sans intérêt comme point de comparaison.

A la Calumet and Hecla, le puits le plus profond est le Red Jacket Shaft, qui a atteint 1 400 mètres. Ses dimensions sont les suivantes : 4 mètres sur 6™,90 à rintérieur des boisages, 4"»,65 sur 7",50 à Textérieur. Ce puits est divisé en six compartiments de 1™,90 sur 2",10. On compte extraire de ce puits environ 4000 tonnes par jour.

Le fonçage, fait à travers des roches trappéennes très résistantes, a atteint 300 mètres la première année, 659 mètres la seconde (à raison de 37™,75, en moyenne, par mois). On avait quatre perforatrices à air comprimé, actionnées par un compresseur à 4'^«,20 de pression par centimètre carré. Les trous de mine avaient 0",07 de large sur 0™,35 de profondeur.

Le puits a été foncé au moyen d'une paire de machines Corliss, à cylindres Compound.

Un système ingénieux, dont nous allons dire quelques mots, permettait de modifier rapidement la profondeur à laquelle se faisait l'extraction ; cinq minutes d'arrêt à peine suffisaient pour passer de 300 à 600 mètres de profondeur.

Une particularité de cette installation consiste dans l'emploi du système Whiting de doubles tambours, montés sur des arbres indépendants et reliés avec des tiges parallèles, de la môme manière que les roues d'une locomotive.

Chaque arbre de la machine de fonçage porte une poulie de 2™, 40 de diamètre, faite de blocs de bois, dans lesquels sont tournées trois rainures.

Le câble rond, sortant du puits, fait trois tours complets autour de ces deux poulies et est ramené autour d'une poulie folle horizontale de 2", 10 de diamètre, placée sur]un truc mobile à volonté le long d'un voie, puis passe, le long de la machine, sous une poulie deO",i5 et va de là à l'autre compartiment du puits.

Le grand avantage du système, c'est qu'il permet d'éviter l'emploi de tambours énormes. Quand on veut modifier d'un niveau à l'autre l'extraction, il suffît de déplacer la poulie folle de la demi-longueur dont on veut augmenter ou diminuer le câble : ce qui se fait au moyen d'une petite manivelle. Une autre commodité, pour des puits • on the underlie >, c'est-à-dire verticaux jusqu'au filon et, à partir de là, inclinés, comme c'est le cas fréquent au Transvaal, est qu'il faut à peine, avec ce système, 5/8 de la longueur de câble que nécessiteraient des machines habituelles. Le câble est en une pièce et contourne aussitôt les doubles poulies. Etant donné ce grand nombre de guides et de poulies que nécessite un puils incliné, la durée d'un câble est réellement déterminée par l'usure souterraine et les déplacements que ce système nécessite à la surface n'ont qu'une très faible influence à ce propos. Enfin on évite d'avoir une seconde machine souterraine, au point où l'inclinaison commence, avec les inconvénients divers de cette machine (vapeur souterraine, double chance d'arrêt par rupture, etc.).

L'on employait de la dynamite n® 2. Le travail s'exécutaff à raison de deux postes par jour, chaque poste comprenant douze mineurs, sept chargeurs, six boiseurs et un homme chargé des signaux. En Juillet 1895, on avait atteint exactement 1 354 mètres et Ton avançait h raison de 21 à 25 mètres par mois, 22 mètres en juin.

Le filon ayant été recoupé à 1 002 mètres, on va le rejoindre par une série de travers bancs perpendiculaires à sa direction, travers bancs de 1",80 sur 2", 10 de section, qui avancent à raison d'environ 42 mètres par mois; puis on fait des galeries de traçage de 2 mètres sur 2 mètres dans le filon en avançant de 15 mètres par mois.

On a l'intention de pousser jusqu'à 1 500 mètres et de mettre immédiatement en exploitation le niveau le plus profond, où les dépenses seront nécessairement les plus fortes, pour prendre ensuite les autres niveaux en remontant.

Dès à présent, le travail est à 1 590 mètres suivant l'inclinaison du filon, (jui a une pente de 43®, c'est-à-dire un peu supérieure à celle des couches du Rand.

Ce travail nécessite d'énormes machines d'extraction, consistant en deux paires de machines verticales à triple expansion et condensation, travaillant à S^«,l^ par centimètre carré, chaque machine ayant 6 cylindres. Ces machines ont pour but de pouvoir réaliser, au besoin, une vitesse maxima de 1 500 mètres par minute, qui serait la plus grande vitesse atteinte dans le monde entier.

A la mine de Tamarack, qui forme un deep level de celle de Calumet and Hecla, un puits vertical en fonçage a déjà atteint 1 240 mètres et doit aller à 1 800 mètres suivant les prévisions. Là on emploie une paire de machines d'extraction horizontales Corliss, à tambours coniques de 10 mètres de diamètre au bout le plus large et 5 mètres au bout le plus étroit. Ces tamboui-s coniques ont l'avantage de mieux é([uilibrer la charge dans le puits; mais ils représentent un moment d'inertie considérable et il est souvent arrivé des accidents par le fait que les câbles étaient sortis de leur rainure à grande vitesse ; en outre, au moment du départ et de l'arrêt, le câble est très oblique sur le chevalement, ce qui est un défaut ; à mesure qu'il s'enroule, il devient de plus en plus oblique sur la poulie, qui, elle, reste i\\e et subit ainsi un frottement énergique.

Un autre puits de la mine de Tamarack est à 1 030 mètres. Quanta la température, elle subit, dans ces mines, un accroissement remarquablement faible : à peine un degré par 500 mètres, dans le Red Jacket Shaft de Calumet, ce qui peut tenir, en partie, à ce que le gîte plonge vers le Lac Supérieur, distant seulement de 10 kilomètres et qui constitue une grande masse réfrigérante ; néanmoins, comme il y a fort peu d'eau dans la mine, cette action paraît à M. Seymour devoir être assez restreinte.

A la base de la Calumet and Hecla, la température n'est que de 21 degrés centigrades.

Comme pompes, on a, à la Calumet and Hecla, des pompes duplex Washington, tous les 300 mètres, suivant le puits; on extrait environ 200000 litres par heure. Autrefois, on avait des pompes de Cornouailles, qui ont été détruites par uu incendie.

A la mine de Tamarack, on a essayé des pompes électriques, qui ont mal fonctionné et Ton est revenu aux pompes à vapeur.

Les pompes de Comouailles, qui fonctionnent très bien jusqu'à 6 ou 700 mètres, ont de gi^aves inconvénients plus bas;, car si une tige se rompt dans le puits, comme cela est arrivé dans un puits de 900 mètres au Comslock, cet énorme poids de tiges de bois peut tout disloquer en tombant.

A la de Beers, dans la colonie du Cap, les tiges pèsent iOO tonnes pour 360 mètres, et l'inertie de cette masse est telle qu'on ne peut pas aller à plus de 9 tours par minute.

Les meilleures pompes seraient, suivant M. Seymour, celles de Riedler, telles qu'elles existent, par exemple, à 300 mètres de profondeur au Mansfeld, où elles pompent journellement 900 000 litres par heure (ce qui a eu pour effet d'épuiser un réservoir souterrain sous Eisleben et de faire effondrer la mine).

Les pompes à vapeur ont évidemment le défaut de donner de la chaleur; mais, si le puits où elles se trouvent est un [>uits de sortie d'air, cette chaleur ne pénètre pas dans la mine.

Peut-être aussi y a-t-il lieu d'employer, au delà de 1 000 mètres, les pompes électriques, comme il en existe dans plusieurs mines de houille du Northumberland, bien qu'elles aient toujours l'inconvénient d'être un peu délicates.

En dehors de ces mines, précédemment citées, de Bohème et du Lac Supérieur, qui sont actuellement les plus profondes du monde, on a atteint 1 050 mètres dans le bassin de Charleroi à la mine Simon et Ton a dépassé 800 mètres dans nombre de mines de houille.

Si nous laissons toujours de côté Taugmèntation du prix de revient, qui est la principale cause d'arrêt en profondeur, les difficultés matérielles, auxquelles on se heurte en s'enfonçant, sont de deux ordres : venues d'eau considérables et accroissement de la température rendant le travail intolérable ; il semble bien que le Witwatersrand soit, aussi bien pour Teau que pour la chaleur, dans des conditions très favorables.

Pour l'eau d'abord, nous avons dit plus haut ce que nous pensions; cette difficulté, qui ailleurs devient énorme pour des filons encaissés au milieu de calcaires, jouant le rôle d'épongés où toutes les eaux tombées à la surface viennent aboutir au puits de mine, comme à un drainage, est réduite à son minimum avec ces bancs de quartzite et de conglomérats compacts, que les travaux suivent constamment dans leur pente et qui reposent eux-mômes sur un soubassement de schistes, devant, si on ne le perce pas maladroitement ou si quelque grande faille ne ^modifie pas la position

réciproque des terrains, opposer un obstacle insurmontable à la remontée des eaux artésiennes. Les difficultés réelles ne pourront commencer, de ce chef, que lorsqu'on approchera du plan hydrostatique correspondant à la vallée de TOrange, et nous sommes porté à croire qu'elles ne seront jamais très sérieuses.

Il en est de même de la température, qui, pour des mines situées à proximité de roches éruptives récentes ou rencontrant des nappes artésiennes profondes et, par suite, à haute thermalité, a parfois constitué un obstacle insurmontable.

On sait notamment qu'au Comstock, dans l'état de Nevada, dès 300 mètres, les roches avaient 3T et, à 600 mètres, 55'. A 33**, en atmosphère humide, il devient déjà à peu près impossible de travailler et 47** est une limite extrême, que l'on n'a atteinte, au Comstock, que par des moyens de réfrigération tout à fait exceptionnels. Mais le Witwatersrand est, par suite de la nature géologique des terrains que nous avons exposée précédemment, tout à fait à l'abri de ces accidents ; il est extrêmement invraisemblable qu'on rencontre, dans ce plateau si anciennement consolidé et jamais ébranlé depuis l'époque jurassique, des roches éruptives amenant un accroissement anormal de température : on rentre donc dans les conditions habituelles, et l'expérience prouve, en Bohême, au Lac Supérieur, dans le bassin houiller franco-belge, qu'on dépasse aisément 1 000 mètres sans être incommodé * . Même quand les roches atteindraient une trentaine de degrés, comme cela peut se produire à partir de i 000 mètres, il faut, en effet, remarquer que l'air sera à une température sensiblement moindre de 4 à 8 degrés, simplement par le jeu de la ventilation naturelle ou, si on le veut, artificielle et par l'effet des perforatrices à air comprimé.

M. Hamilton Smith, qui s'est beaucoup préoccupé de cette question, a fait, à ce sujet, en 1894, une série d'expériences dans le Witwatersrand. Dans le sondage du Rand Victoria (Simmer and Jack), il a trouvé, pour l'eau, un accroissement régulier de température jusqu'à 35"* à 750 mètres, au fond du trou de sonde : ce qui, à 900 mètres, donnerait environ 38®, accroissement relative-

< En Angleterre^ la mine de charbon la plus profonde, la Hosebridge CoUiery, à 740 mètres, a environ 20 degrés ; à Charleroi, on a 25 degrés à 1050 métrés.

ment très fort, mais qui nous semble résulter de conditions d'expérimentation défectueuses et nullement comparables avec ce qui se passe dans des travaux de mines largement ouverts.

Laissant donc de côté les difficultés techniques, qui, croyonsnous, peuvent être toutes surmontées à prix d'argent, nous en arrivons au seul côté critique de la question, à savoir le prix de revient. Il est évident, en effet, que, plus on s'enfonce, plus les frais d'exploitation augmentent et surtout plus les dépenses premières d^nstallations à amortir, le premier capital à aventurer sans aucune certitude de succès deviennent considérables. On pose souvent la question sous cette forme : Jusqu'à quelle profondeur croyez-vous qu'on puisse exploiter fructueusement les mines du Witwatersrand ; mais il est évident qu'à pareille question il est impossible de répondre, puisque, sur l'affleurement même, il existe des zones entières de la série du Main-Reef, qui sont trop pauvres pour être exploitables, ou couvrent tout juste leurs frais. La profondeur, jusqu'à laquelle on pourra descendre, dépend essentiellement de la teneur des minerais que l'on rencontrera au point considéré et, plus on s'éloigne de l'affleurement, plus il devient irrationnel de compter retrouver en profondeur la teneur de la zone d'affleurement correspondante.

Là est, à notre avis, l'aléa énorme des travaux très profonds et que, peut-être, les ouvrages sur le Transvaal, notamment le livre excellent de MM. Hatch et Chalmers (émanation directe de la Société des Goldfields, qui est particulièrement intéressée dans ce genre de travaux), laissent un peu trop dans l'ombre. Il ne paraît guère douteux que les parties riches forment des taches, des lentilles, destinées à s'appauvrir progressivement en profondeur, comme elles le font en direction ; plus on s'éloigne de l'affleurement, plus il devient donc possible que le deep level éloigné d'une concession riche soit pauvre, de môme que celui d'une concession pauvre peut devenir riche. Quand il s'agit de risquer une vingtaine de millions, — ce qui est, comme nous le verrons, le chiffre minimum de dépenses à prévoir, avant de retirer un gramme d'or, pour des travaux à 1 300 mètres, — ou même simplement 16 ou 17 pour aller à 900 mètres, il y a là une sorte de loterie, où l'on ne doit pas oublier qu'on peut amener un billet noir comme un

blanc et, tout au moins, serait-il sage de ne pas trop escompter à l'avance les résultats hypothétiques d une semblable tentative, comme on cherche, presque toujours, à le faire afin d'obtenir la réussite financière de l'affaire au début. La vraie méthode pour diminuer ces risques nous paraît être d'avoir des concessions suffisammment étendues pour qu'il puisse s'y établir une sorte de moyenne dans les teneurs; car, ainsi que nous l'avons dit, nous sommes porté à croire que, s'il peut et doit se produire quelques dfjceptions locales, pour la longueur totale du Rand, la moyenne générale a des chances de rester à peu près la môme quand on s'approfondira', et, dans cet ordre d'idées, nous regrettons que le système de flottation des filiales, exposé plus haut, vienne émietter do belles propriétés où, par suite de leurs dimensions mêmes, les hasards à courir se trouvaient réduits à leur minimum.

Nous examinerons, d'abord, l'augmentation des frais du premier établissement avec la profondeur et passerons ensuite à l'accroissement des frais d'exploitation proprement dits.

Dans un chapitre antérieur, nous avons déjà donné quelques chiffres relatifs aux Rand Mines'. Là on ne peut vraiment pas dire qu'il s'agisse de grandes profondeurs, puisque les couches sont recoupées à moins de 300 mètres (167 mètres et2i9 à la Geldenliuis deep, 330 à la Nourse deep, 273 et 213 à la Rose deep, etc.). Les dépenses d'installation sont donc relativement faibles.

Comme nous lavons dit, on a estimé environ à 8 ou 9 millions (en moyenne, 8 750 000 francs = 350 000 livres) la somme à débourser pour installer chacune des concessions et, sur ce chiffre, 3 750 000 francs, correspondent à l'établissement d'une batterie de 200 pilons, avec cyanuration, etc., de telle sorte que l'équipement de la mine proprement dite n'est compté que pour 5 millions.

En supposant au contraire, que les puits rencontrent la couche aurifère à 900 mètres, c'est-à-dire que 900 mètres soit la profon-

* Il est à peine besoin de faire remarquer qu'il n'y a aucune espèce de raison pour que cetle teneur tende à augmenter d'une faron générale, comme on a essayé d'en répandre Tidée dans le public en se fondant sur quelques teneurs relevées dans des sondages ou sur des essais isolés au bas d'un puits, teneurs qui n'ont point de valeur sérieuse. On doit déjà s'estimer heureux que cette teneur ne diminue pas.

» Page 131.

deurminimades travaux dans une concession donnée, MM. Hatch et Chalmers établissent le devis suivant :

Fonçage cl équipoment de 2 puits, avec 5 compartiments, à 900 mètres "7 500000 francs.

2 pompes de 0"»,30 2 500000 —

Trarape de la mine 2500000 —

Batterie, cyanuration, elc 3 750000 —

16 250 000 francs.

Pour travailler h 1400 mètres, M. Seymour évalue les frais de premier établissement comme suit :

Fonrage et boisage des puits 6 250 000 francs.

E^iuipement de deux puits de 1 500 mètres

(machinerie comprise) 5000000 —

Développement d'un million de lonnes. . . . 6250000 —

Batterie de 200 pilons avec cyanuration, etc. . 2 500000 —

20 000 000 francs.

Telle est la somme, supposée placée à intérêts composés, dont Tamortissement viendra grever le prix de revient. Suivant le nombre de tonnes contenues dans la concession et le temps qu'on mettra à les extraire, il en résultera, par tonne, une dépense supplémentaire, qu'il est facile de calculer d'avance dans chaque cas.

En admettant, par exemple, 200 claims avec une pente de 27** et une épaisseur de 1°*,65, on arrive à 5 millions de tonnes de minerai. Si la batterie correspondante est de 200 pilons et broie 300 000 tonnes par an, il faudra environ dix-sept ans pour retirer tout Tor contenu dans la propriété.

Dans ces conditions, la dépense préalable de 20 millions grèverait le prix de revient de près de 8 francs par tonne. La teneur minima exploitable, qui est actuellement, au rendement industriel d'environ 10 grammes sur Taflleurement, serait donc de près de 13.

Nous n'avons pas tenu compte, jusqu'ici, de l'accroissement que la profondeur peut amener dans les dépenses de mine proprement dites; cet accroissement, qui est fort peu de chose à côté de celui des frais généraux que nous venons d'étudier, doit porter sur deux chapitres principaux, extraction et épuisement; accessoirement, il est possible que, la température venant à augmenter beaucoup, et les ouvriers en étant trop gênés, l'abatage s'en res-

sente un peu ; mais ce n*est là qu'un point secondaire, au moins jusqu'à la profondeur d'environ 900 mètres, qu'on doit actuellement considérer comme la limite pratique, dans la plupart des cas (sauf démonstration de la présence d'une zone très riche dans une région donnée). Or, le chapitre extraction et épuisement ne correspond, dans l'état de choses actuel, qu'à une faible dépense de 1 fr. 75 à 4 fr. 50 par tonne, suivant les mines et, quand bien môme il viendrait à doubler, 4 fr. 50 de plus équivalent simplement à l'^',5 de différence dans la teneur en or, alors qu'à 10 grammes près il est impossible de prévoir cette teneur : c'est-àdire qu'un accroissement notable des dépenses d'exploitation proprement dites — qui, d'ailleurs, ne pourrait guère provenir que de très fortes venues d'eau, assez improbables à notre avis, — est, dans cette question des mines profondes, un des dangers les moins redoutables, infiniment moins grand, à coup sûr, que celui de trouver une teneur en or réduite. Quant à l'accroissement normal des dépenses, résultant simplement de l'augmentation de hauteur d'extraction, il ne peut être que fort restreint et les perfectionnements à espérer dans le traitement, notamment Textraction d'une partie de l'or actuellement perdu dans les slimes, doivent probablement suffire à compenser cet excédent de frais. En résumé, jusqu'à 800 et 900 mètres, l'exploitation, à la condilion de porter sur des concessions suffisamment étendues, paraît avoir des chances d'être souvent fructueuse ; au delà, elle pourra l'être encore, pendant 2 ou 300 mètres, quand on se trouvera rencontrer une partie très riche des couches. Mais, plus on s'approfondira, plus il faudra risquer un gros capital avec des chances de moins en moins nombreuses de succès et la certitude, en tout cas, d'un bénéfice très notablement réduit ; il est donc évident que, sauf amélioration ultérieure dans les procédés et constatations faites de proche en proche sur la richesse continue du minerai , une tentative d'aller exploiter directement aujourd'hui au delà de 900 mètres ne devrait être considérée que comme une aventure très hasardeuse.

Installations pour recueillir l'eau. — Triage. — Goncassage. — Broyage. Amalgamation et traitement de l'amalgame. — Ghloruration. — Gyanuratiou.

Quand le minerai a été sorti de la mine, il reste à lui faire subir les différentes phases du traitement métallurgique, qui doit, en fin de compte, en extraire Tor : ce sont ces phases que nous devons maintenant étudier. Elles comprennent, en général, la série d'opérations suivante :

Triage (grilles, plaques tournantes, etc.). — Goncassage par des concasseurs Blake,

Gates, Dodge, etc. — Broyage par des pilons.

Amalgamation

immédiate de Tor libre.

Distillation de Tamalgame.

Concentration des résidus ayant échappé à l'amalgamation directe, au moyen de frue vanners (opération tendant à disparaître, mais remplacée par une préparation mécanique au moyen de spitzluten).

Traitement des concenti^s (partie la plus riche en or), soit par la chloruration, soit par la cyanuration (ce dernier système tendant à prédominer}.

Traitement des résidus sableux {lailings) y recueillis dans un bassin de déi)ôt, par la cyanuration, généralement après séparation mécanique en plusieurs catégories a grain inégalement fin, au 'moyen de spizluten, etc.

Traitement éventuel des boues fines (slimes) par un système spécial de cyanuration.

Traitement du cyanure d'or et de potassium (produit de la réaction précédente) soit par le zinc (système Mac- Arthur Forrest), soit par l'électricité (système Siemens et Halske].

Les résidus de ce traitement sont rejetés comme stériles.

414 LES MINES DOli OU TKâNSVAAL

La figure 54, empruntée à M. Gautier*, donne, d'ailleurs, d une façon plus complète, la représentation schématique du traitement usité au Transvaal, et la figure 55 montre la disposition d'ensemble adoptée récemment en pratique dans l'usine de la Wolhuter.

Ce traitement comprend : 1** une partie mécanique, pulvérisation et séparation par divers appareils (frue vanners, spitzlutens, cribles, etc.), et 2'' une partie chimique, dissolution de l'or au moyen du mercure, du chlore ou du cyanure de potassium ; nous aurons l'occasion de revenir, plus loin, sur la préparation mécanique, dans le chapitre consacré aux perfectionnements récents de ces installations. Sur toutes ces opérations, nous serons, d'ailleurs, assez bref, renvoyant, pour tout ce qui n'est pas spécial au Transvaal, aux nombreux traités existants de métallurgie de l'or*.

Examinons successivement les diverses parties de ce traitement métallurgique.

Â. Approvisionnements d'eau. — II est, dans les installations du Witwalersrand, un point qui attire tout particulièrement l'attention des ingénieurs, ce sont les retenues d'eau destinées à alimenter les batteries de pilons, la cyanuration, etc.

Il faut, en effet, par pilon et par minute, tout compris (batterie, cyanuration, etc.), environ 34 litres d'eau, soit 9 à 10 mètres cubes par jour pour 4 tonnes de minerai broyé, ou environ 2,0 tonnes par tonne de minerai.

Comme nous l'avons dit déjà, dans ce pays, les sources et rivières courantes font défaut ; en outre, pendant six mois environ, d'avril à novembre, il ne pleut jamais ; il est donc nécessaire de recueillir, pendant la saison d'été, de novembre à avril, les pluies qui, fort heureusement, pendant cette période, sont très abondantes.

Ces retenues d'eau, obtenues par une série de barrages en travers des vallonnements du terrain, constituent des étangs, sou-

* Supplément de la traduction de \& Métal liirtfie de Schnabel.(Baudry, 1896), p. 789.

* Notamment Fuchs et Cumenge (chez Dunod.) Voir encore l'ouvrage de ilatch et ChalmerSf The Gold Mines of the liancl.

1 tonne'

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Fig. 54* — Traitement des minerais d'or au Transvaal par amalgamation, chloruration et cyanuratiou (représentation schématique d*aprës M. Gautier).

vent de très grandes dimensions, parfois construits par plusieurs compagnies syndiquées et qui, dans certains cas, vendent, à leur tour, de l'eau à d'autres sociétés minières. Leurs emprises sont les watcrrightSy ou droits d'eau. La capacité ne dépasse généralement pas 50 à 150000 mètres cubes.

Les barrages sont faits, jusqu'ici, très simplement, tantôt en terre damée prise sur place et toujours un peu argileuse, avec un revêtement en moellons sur la face interne ; mais il est possible qu'avec le développement actuel des mines, qui amène, chaque année, avant le début des pluies, une certaine disette d'eau, on soit amené à des constructions plus considérables. Il est, d'ail, leurs, nécessaire que les barrages soient de force à supporter les trombes d'eau, qui se produisent parfois.

Nous dirons quelques mots des réservoirs de grande dimension construits par la compagnie des Rand Mines : l'un sur le Boysen Spruit, pour le groupe Crown deep et Langlaagte deep ; l'autre, sur le Natal Spruit, pour le groupe Rose deep, Jumpers deep, Geldenhuis deep et Nourse deep.

Ce dernier constitue actuellement le seul exemple d'un barrage en maçonnerie sur le Rand.

Sa capacité est de 3 180000 mètres cubes (700 millions de gallons) et la dépense a été d'environ 1 250 000 francs. La digue en maçonnerie, de 450 mètres de long, a la forme d'un fuseau ; sa

1 Plan incliné principal.

S Maison sur le puits.

3 Chevalement.

4 Déversoir du minerai.

5 Déversoir du stérile.

6 Trémie |K>ur le n" 5.

7 Machine d'extraction.

8 Pompe.

9 Compresseur d'uir.

10 Djnanio.

11 D}namoiH>ur l'éclairage.

12 Pômpc alimentaire.

13 Citerne d'alimentation.

14 Chaudières.

15 Plan incliné montant aux

bro} eurs.

16 Triage et concassage par

deux concasscursGalcsn'^o.

17 Machine pour les concasscurs

et la chainc sans un.

18 Voie pour stérile.

19 Ilaldes du stérile.

20 Plan incliné avec chaîne sans

Hn pour la batterie.

21 Batterie de 100 pilons.

Légende de la ûgure 55.

22 Machine verticale Compound

l>our la batterie.

23 Condenseur.

24 Pompe à air.

25 I)}uanios pour moteur.

Ï6 Duiamos pour l'éclairage.

27 Machine auxiliaire menant les

djnaroos quand la machine de la batterie est arrêtée.

28 Pompe alimentaire.

27 Chaudières.

30 Koues élevant les iailings.

31 l'risc d'essai automatique

avant concentration.

32 Siiitzcastcn.

33 Prise d'essai automatiquo

après concentration.

34 Cuve |M>ur premier traitement

au cvanure des concentrés

(Settling). 33 Spitzluten.

i(6 Cuve pour premier traitement

des tailings.

37 Conduite menant les slimcs à

leur bassin.

, 38 Plan incliné vers les cuves du deuxième trailement.

39 Cuves de deuxième traitement

(leaching).

40 Cuves pour deuxième traite-

ment des concentrés.

41 Tuyaux amenant la solution

du c;anure.

42 Tuyaux amenant la solution

aurifère aux extracteurs.

43 Extracteurs.

44 Cuve de dépôt.

45 Cuves recevant la solution.

46 Extracteurs d'or par le xinc.

47 Cuves do solution.

48 Pompes.

49 Four de calcination.

50 Four de fusion.

51 broyeur.

52 Cisaille pour découper le zinc.

53 Moteurs électriques.

54 Bureau.

55 Résidus.

plus grande largeur, à la base, est de 13"*, 20 au centre et de 2™, 70 aux extrémités; sa hauteur maxima, au centre, de 12 mètres; son poids de maçonnerie de 100 000 tonnes. Elle a été calculée de manière à résister à une pression totale de 45 000 tonnes. Le parement extérieur est circulaire, déterminé par une circonférence de 24 mètres de rayon, tangente à la verticale au sommet de la digue.

Le réservoir, ainsi ménagé, a environ 1 800 mètres de long et 500 mètres de traversée dans sa partie la plus large.

Une station de pompes est installée à la pointe Nord-Est, sur un puits de 15 mètres relié au réservoir par un tunnel de 80 mètres. Elle refoule Teau aux diverses batteries ; ainsi , pour la Geldenhuis deep, deux pompes doubles lancent 3"', 250 par minute dans une canalisation de 0",30 de diamètre.

Pour établir le réservoir, on a, d'abord, mis le terrain à nu, on Ta lavé à grande eau, brossé et recouvert d'un enduit de mortier liquide, après avoir préalablement bouché au béton les fissures les plus larges. Puis, on a posé, sur ce mortier de ciment, les moellons de quartzite. La construction, faite par 50 blancs (dont 20 maçons) et 250 nègres, a progressé à raison de 45 mètres cubes par jour ^

Les pompes, qui envoient Teau des réservoirs à la batterie, sont souvent actionnées h rélectricité.

Sur la batterie môme, on s'efforce de faire des économies d'eau en réemployant plusieurs fois la môme eau, après lui avoir laissé déposer les matières en suspension. Les essais de broyage à sec, qui se tentent, en ce moment, de divers côtés, constitueraient, s'ils venaient à réussir, une grande amélioration de ce chef.

B. Triage. — Le triage [sortiny) a été, jusqu'ici, dans les mines du Rand, extrêmement rudimentaire. Les premiers exploitants n'en faisaient à peu près aucun ; seuls, les ingénieurs plus instruits, venus, dans ces dernières années, d'Amérique ou du Cornouailles, ont commencé à en organiser un et Ton entend encore soutenir, à ce propos, au Witwatersrand les théories les

' Le ciment emploj'é, de provenance anglaise, revient, sur place, à 370 francs la tonne ; la chaux, produite du côté de Krugersdorp, vaut 80 francs la tonne.

plus extraordinaires, certains directeurs, plus désireux d'alimenter aisément une batterie démesurée que de réaliser des économies sur le prix de revient, prétendant qu'il y a intérêt à passer au broyage le tout-vena/it.

Il est évident que, pour calculer l'économie résultant du triage et se rendre compte jusqu'à quel degré celui-ci peut être avantageusement poussé, il faut mettre en balance : d'une part, les frais de broyage et de traitement qu'il aurait fallu payer pour tout le stérile rejeté ; d'autre part, les frais du triage et la perte en or résultant de l'or laissé dans cette partie réputée stérile. Cette dernière considération peut avoir une certaine importance avec des minerais dont la richesse réelle est aussi difficile à reconnaître que ceux du Witwatersrand. Néanmoins il est trop évident qu'il y a avantage à ne pas broyer des stériles, qui constituent, si Ton veut, des minerais à 2 ou 4 grammes d'or à la tonne. Dans les mines à couches très minces, où, par suite, on est amené, pour pouvoir placer les ouvriers, à abattre une hauteur, proportionnellement très forte, de stérile, ce triage s'impose, tout particulièrement, comme une nécessité.

La mine, oîi les installations de triage ont été le mieux établies et les résultats obtenus le plus soigneusement étudiés, est la Ferreira, dont les rapports annuels renferment, à ce sujet, des tableaux très détaillés.

Cette opération s'effectue, généralement, sur une plate-forme, faisant suite aux grilles, sur lesquelles on décharge le minerai. Une prise d'eau permet l'arrosage du minerai, dont les gros morceaux sont simplement triés à la main sans être fragmentés.

Parfois, on a plusieurs grilles superposées et une table tournante pour le triage (ainsi, àlaRoodeport United Main-Reef, à la Wemmer, la City and Suburban, la Langlaagte Royal, etc..) à la Wemmer et à la Ferreira, on arrive à éliminer 40 à 80 p. 100 du tout-venant ; à laSimmer and Jack, 25 p. 100 ; ailleurs, à peine 5 ou 10 p. 100. A la Ferreira, on a calculé, de 1892 à 189S, que la perte en or, résultant du triage môme, variait, suivant les périodes, de 08^,70 à l'^,80 par tonne. De plus, la batterie et l'atelier de cyanuration se trouvant avoir à traiter des minerais sen-

siblement plus riches, la perte, au cours du traitement (dans les tailings, slimes, etc.) ; qui varie à peu près proportionnellement à la teneur, s'est trouvée également fortement accrue. Par contre, on a eu, par tonne exploitée, une éconpmie d'environ 5 francs sur ce traitement, et, finalement, on a abaissé très sensiblement le prix de revient du gramme d'or. En outre, ayant à passer des minerais plus riches, on a pu, avec la même batterie, accroître beaucoup la quantité d'or produite dans un temps donné. Le seul inconvénient du triage est évidemment, avec d'aussi petites concessions que celles du Witwatersrand, de réduire la durée apparente de la mine.

C. Concassage. — Le minerai, pour pouvoir être soumis fructueusement aux diverses actions dissolvantes du mercure, du chlore et du cyanure de potassium, qui sont la base de son traitement métallurgique, a, d'abord, besoin d'être assez complètement désagrégré et réduit en fine poussière pour que ses éléments d'or, si fins qu'ils soient, se trouvent directement en contact avec les réactifs. Il doit donc être soumis à un broyage, qui, dans les installations actuelles, commence toujours par un concassage et se continue par un bocardage sous des pilons. On essaye, en ce moment, d'installer un broyage par cylindres et divers autres systèmes de broyage à sec ; mais ce ne sont là que des procédés d'avenir, dont nous renvoyons la description au chapitre spécialement consacré à ces perfectionnements.

Le concassage se fait, soit par des concasseurs à mâchoires du type Blake, soit (et de préférence) par un concasseur à mouvement de rotation excentrique, tel que le Gates, le Comet(fig. 56), ou le Dodge crusher, dont l'usage se développe de plus en plus, en raison de leur capacité de production plus forte, de leur simplicité plus grande et d'une certaine économie.

Le broyeur Gates consiste en un cône plein, à axe vertical, revêtu d'une enveloppe d'acier, qui tourne dans un vide conique, également revêtu de plaques à rainures en acier dur. Le minerai, introduit entre ces deux surfaces coniques, est très rapidement broyé. Le broyeur Gates arrive à broyer 24 tonnes par heure.

TIUITEUËM' HErrALLUHGIQUlS 421

D'aulre part, un broyeur à mâchoires filakc, ayant (i"',31 sur 0'",23 d'ouvertures à l'entrée des mâchoires, concasse environ 6 tonnes par heure, ou iH tonnes par vingt-quatre heures, c'està-dire qu'il peut, au plus, suffire pour alimenter 40 pilons broyant

Flg. 'M.

Broyeur à excentrique Cuuiel, pouvant passer jusqu'à M toanes par heure.

3', 5 par jour. Une batterie de 100 pilons en nécessite donc, au minimum, 3.

A lu Langlaagte Estate, 120 pitons nécessitaient 6 broyeurs Blake, auxquels on a substitué 3 broyeurs Gates, qui, en marchant seulement dix heures, suffisent pour 160 pilons.

Généralement ce concassage est installé, avec le triage, sur le

puits même d'extraction, rarement dans un bâtiment spécial ou à côté de la batterie.

Un élément important à considérer dans le choix de cette disposition d'ensemble, c'est de rendre les divers services, extraction, concassage et broyage, tout à fait indépendants les uns des autres.

D. Broyage et Amalgamation. — Une fois les minerais concassés, on les amène à la batterie de pilons (A/iV/), où on les broie (fig. 57 à 59).

Cette opération s'exécute, dans presque toutes les compagnies, d'une façon d'autant plus uniforme que les appareils adoptés proviennent toujours des mêmes maisons : Fraser and Chalmers de Chicago, Sandycroft deChester (Angleterre) et, accessoirement, depuis quelques années, Krupp de Magdebourg (Allemagne)*.

Ces appareils sont des bocards [stamps) du type californien, décrit dans tous les ouvrages sur l'or, bocards associés par groupes de cinq, comme le montre la figure 60 ci-jointe. Une batterie comprend, suivant les cas, de 20 à 160 pilons, ce maximum étant atteint à la Langlaagte Estate et à la New-Primrose ; la Crown- Reef et la Geldenhuis Estate en ont 120 ; la Jumpers 100 V

Le pilon, soulevé par une came en fonte [cam), dont l'arbre est supporté par un bâti en bois, broie le minerai sur un dé [die) H dans un mortier [mortar) (fig. 61) et fait, à chaque coup, une certaine révolution sur lui-même.

Le minerai, introduit avec de l'eau, sort, après broyage, à l'état de boue, ou pulpe, par une toile métallique occupant, en F, le devant du mortier, toile dont la dimension des trous règle la finesse du broyage lui-même et s'écoule, de là, sur une plaque de

* Cette uniformité* générale des types adoptés donne de très grandes facilités pour les remplacements de pièces détériorées.

■ Dans les nouveaux projets d'installations, on évalue généralement, en chiffres ronds (Uand Mines et East lland, eli*.), les dépenses nécessaires au traitement complet du minerai (machine, batterie, cyanuration, etc.) à 25.000 francs (1000 livres) par pilon. Pour la batterie proprement dite (installations, force motrice et pilons) on peut compter sur la moitié, soit 12.500 francs.

Par exemple, à IX'nited Main Rcef Roodeport, on a payé récemment :

Pour 20 pilons et le broyeur corrct;|>on(Jant =k iiS.OOO francs Machiueric, ciiaudièrcs, etc. (pour 70 pilous) «s 90.000 francs

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