‹ Les mines du Laurion dans l'antiquitéChapitre 6 sur 42 · DES GISEMENTS MÉTALLIFÈRES DO LAURION · texte numérisé non relu

DES GISEMENTS MÉTALLIFÈRES DO LAURION

mal. De nombreuses rides secondaires leur donnent des directions inattendues ; ils montent là où Ton croit qu'ils descendent, et réciproquement. Les couches ne se touchent point par des sur faces exactement planes, et par suite les contacts peuvent être très irréguliers. De plus, le passage des schistes aux calcaires, qui est en général bien tranché, devient souvent confus. On trouvera intercalés dans les schistes des bancs de calcaire, parfois de grande dimension ; ailleurs une bande de schiste aura glissé dans une fente du calcaire. La transition de l'un à l'autre peut se faire aussi par des gradations insensibles, et le Heu du contact est malaisé à discerner. Enfin des éruptions d'âge différent (1) ont apporté en maints endroits un élément de trouble dans la stratification des couches et surtout dans le dépôt des masses minérales.

Les divers mouvements mécaniques, qui ont plissé les schistes et les calcaires, ne se sont pas effectués sans les briser et les casser : de là de multiples fissures, de grandeur et de direction différentes, qui ont joué un rôle important dans la minéralisation du Laurion. En effet les eaux thermominérales, qui sont arrivées des profondeurs du sol, ont pénétré de bas en haut dans toutes les fentes qu'elles rencontraient, et c'est par là qu'elles ont pu traverser les strates qui gênaient leur montée. Du calcaire inférieur elles sont arrivées au schiste inférieur. Là, elles ont pu circuler dans le plan de contact des deux couches. Puis, par la force de la pression, elles se sont infiltrées dans les feuillets du schiste, et ainsi de proche en proche, elles ont gagné les contacts les uns après les autres. Sur tout le parcours, elles ont déposé des substances minérales, qui se sont cristallisées et ont formé les gisements métallifères. Ces gisements sont localisés soit dans les plans de contact, soit dans les fissures des couches, d'où la distinction d'amas au contact et de filons.

Les principaux minerais qui les composent sont au nombre de trois : ce sont des minerais de zinc, de fer et de plomb. Ils vont toujours ensemble, soit qu'ils se superposent dans un ordre déterminé, soit qu'ils se mélangent entre eux plus ou moins intimement. Le plus souvent, le minerai de plomb est recouvert de minerai de fer et repose sur le minerai de zinc, mais la règle n'est pas absolue. Les uns et les autres se présentent sous forme de sulfures ou d'oxydés, suivant qu'ils sont restés intacts de-

(1) Cambrésy, Laurion, p. 83 et suiv., Cordella, Laurion, p. 53 et suiv.

puis leur dépôt ou qu'ils ont subi Taction de Tairou de Teau.

Les principaux sont les suivants :

Plomb : Sulfure de plomb ou galène : éclat métallique intense. Poids spécifique : 7,4 à 7,6, Ce minerai était particulièrement abondant au Laurion.

Minerai oxydé de plomb, sous forme de carbonate de plomb ou cérusite : éclat résineux, jauaàtre, poussière blanche. Poids spécifique : 6,5. Assez rare au Laurion.

Zinc : Sulfure de zinc ou blende. Eclat adamantin, quelquefois gras. Poids spécifique : 3,9 à 4,2.

Carbonate de zinc ou calamine (1). Toutes les couleurs depuis le blanc jusqu'au vert. Poids spécifique : 4,3 à 4,45.

Fer : Sulfure de fer ou pyrite de fer : vif éclat métallique, d'un jaune de laiton. Poids spécifique : 4,83 à 5,2.

Oxydes et carbonates de fer. Les oxydes sont abondants au Laurion, l'hématite surtout, brune ou rouge, variant de ton depuis le jafune-brun jusqu'au rouge vif (Ocre). Poids spécifique : de 3,6 à 5,3.

Ces minerais sont accompagnés de diverses substances étrangères plus ou moins abondantes. Au Nord de Plaka, les minerais plombo-ferrugineux sont alliés au manganèse ; sur le plateau d'Agriléza le minerai de plomb est noyé dans une pâte cristalline de spath fluor (2) ; ailleurs des cristaux d'adamine, d'azurite, de malachite, de serpiérite (3) animeront de leurs vives couleurs les galènes et les calamines. Enfin amas et filons sont enveloppés d'une gangue parfois épaisse de schiste avec halloysite ou de calcaire avec calcite, gypse, aragonite (4). La présence de

(1) Ce carbonate de zinc mérite à proprement parler le nom de smilhsonile, mais au Laurion l*usage a prévalu de rappeler calamine.

(2) Spath fluor ou fluorure de calcium.

(3) Adamine = Ârséniate de zinc hydraté ; se présente au Laurion sous

forme de perles vertes, susceptibles d'être polies. Azurite = hydrocarbonate de cuivre. Cristaux bleu foncé. Malachite =» hydrocarbonate de cuivre. Cristaux verts. Serpiérite = sulfate hydraté de cuivre et de zinc. Cristaux vert-bleu .

(4) Halloysite = silicate d'alumine hydraté.

Calcite -= carbonate de chaux.

Gypse = sulfate de chaux hydraté.

Aragonite « carbonate de chaux.

Cf. Cambrésy, Laurion, p. 75 et suiv. Lacroix, Note sur les minéraux néogènes des scories du Laurion {C-R. Acad, Sciences, 1895, p. 955).

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