‹ Les mines et usines en 1889Chapitre 116 sur 199 · OUVRIERS · texte numérisé non relu

OUVRIERS

C»i«ie d'Epargne, EeononiAt. Ferm«, Ouvrolr, flalle d'A0ile

En 1860, la Société Simon Lemnt et C fondait une Caisse «l'épargne destinée à recevoir les économies de ses ouvriers et employés, quehiues minimes fussent-elles. Un intérêt de 5 0/0 se capitalisant chaque année était servi aux déposants.

En 187r>, une organisation alimentaire, désignée sous le nom d'Economat, permit au personnel des usines de se procurer la nourriture et les vêtements et chaussures, au prix des acquisitions en gros; elle devint pour l'ouvrier un moyen d'augmenter son bien-être et ses épargnes.

En 1881, une ferme importante fût annexée aux usines et Texploitation de cette ferme procura de nouveaux avantages au personnel dont la bonne alimentation se trouvait ainsi parfaitement assurée.

Pouvoir fournir à ce personnel une nourriture abondante et des vêtehients et chaussures, le tout de bonne qualité et au meilleur marché possible, telle a été la préoccupation constante des Directeurs du Closmortier.

L'adjonction de TEconomat et de la Ferme à l'Usine, était le but poursuivi par eux depuis longtemps ; mais pour entreprendre un pareil ensemble d'exploitation, il fallait des éléments de réussite ne pouvant se rencontrer que dans une association fortement et librement constituée. C'est cette association préparée de longue main, qui leur a permis de traverser avec succès les moments de crise,, parce qu'ils v ont groupé le propriétaire^ le capitaliste, î'ouiTicr, te comptable^ Vingénxeur^ Vindustriel^ le commerçant^ les uns et les autres, confondus dans une même Société en nom collectif, et assumant ainsi tous, une responsabilité soliihuro et absolue vis-à-vis des tiers.

Cette association renferme aujourd'hui 29 ouvriers, coutremaîtres et employés, ayant pu verser, proveii?iiit do Ic-iirs économies, 530,000 ft«., espèces pour libérer leurs actions.

« Nous avon? recherché», disaient dans une pivmiêre réunion les Directeurs de Closmortipr en parlant «les membre^ de l'assodiation : « Chez les uns. les garantii^s et la considêni* * tion qui s'attachent à dos noms honoriihUMiieiu (îOïiniis ; « chez les autres, un travail manuel empreint d'intelligence « et des aptitudes spéciales : mais surtout, l'onlro, Trixac- «titude, lobéissanc(% la fermeté qui constituent des lionirues « de valeur, et «lont le concours assidu puisse assurer la bonne f marche des opérations confiées à leurs soins. >

. Dans ces conditions, un rapport fait à l'Assemblée générale du 13 septembre 1885, put être rédigé «lans les termes auivants :

« Vous n'ignorez pas. Messieurs, quel était notre but en « louant àM.Rozet, la ferme du Closmortier. Son exploitation « se lie intimement à l'institution de notre Economat et nous « voulons préciser en Assemblée générnle la situation actuelle

« de ces deux importantes ramifications de notre principale c affaire.

« En les rattachant à la forge, nous avions en vue la rôali- « sation d'épargnes devant exclusivement profiter à notre « personnel ; nous voulions aussi que ces épargnes fussent « effectivement produites jjar les deux branches rattachées, « sans que notre Société métallurgique put souflt'ir ni bénéflc cier de leur fonctionnement ; toutefois, cette Société devait « indirectement recueillir le profit moral que ramélioraiion « du sort de l'ouvrier, fait rejaillir sur elle,

c Voilà sa part qui n'est pas la moins belle. »

Voici celle dont jouit matériellement le personnel et que Texpérience et la prévoyance ont commandé d'appliquer, savoir :

1* Au bien-être ou au soulagement immédiat des familles et des individus qui, en s'approvisionnant dans les magasins de l'œuvre, contribuent à ses résultats.

2" A la constitution d'une réserve destinée à faire face au capital immobilisé par les stocks, et aux avances de l'exploitation agricole ; réserve dont le reliquat sera réparti en 1894, terme de la Société, entre toutes les familles restées à l'usine et au profit desquelles, le montant des quote-parts à eux attribuées, sera versé, soit à la caisse des retraites de la vieillesse pour la constitution d'une rente viagère, soit en espèces entre les mains du père et de la mère.

Depuis l'ouverture de la Caisse d'Epargne et des magasins de l'Economat, l'institution du Closmortier n'a pas cessé de se développer et l'ouvrier, malgré sa liberté de s'adresser où bon lui semble, s'est bien gardé d'aller ailleurs ; il a constamment apporté ses petites économies à la Caisse et il s'est approvisionné à l'Economat.

Déposer dans une Caisse d'Epargne quelconque, des sommes très-faibles, parait être la chose la plus facile et la plus naturelle du monde ; néanmoins, cela se lait bien rarement dans les usmes parce que ridée d'épargner régulièrement 4 ou 5 sous tous les jours, par exemple, ne vient pas à l'esprit de 1 ouvrier ; il faudrait à celui qui reçoit journellement son salaire une volonté trop soutenue pour ne pas englober cette petite somme dans ses besoins de la journée.

Attiré par les jouissances matérielles dont il a bien, du reste, le droit de réclamer sa part, l'ouvrier qui reçoit son salaire tous les jours est certainement incapable de résister à 360 efforts par an, pour conserver sur ses dépenses un excédant aussi minime. Il n'entrevoit pas que cela puisse devenir le germe de plus importantes économies.

Quand l'ouvrier n'est pajé que tous les mois, la petite économie ci-dessus devient .30 fois plus forte en même temps que les efforts de volonté sont 30 fois moins répétés ; aussi, voit-on ce dernier ouvrier devenir accessible à l'épargne, puis, quand Il a commencé d épargner, il songe et arrive à gagner davantage; c est le commencement de son aisance; celle-ci venue. U saisit avec empressement loutes les occasions qui lui sont offertes de diminuer ses dépenses, lorsque cette diminution surtout doit augmenter son bien-être.

L'Economat du Closmortier n'a pas d'autre fin : il n'existe, en*

USINES DU NORD-EST 5g3

effet,, qne poar faire profiter Touvrier de tout le bénéfice prélevé par le détaillant sur les objets de consommation dont cet ouvrier a besoin

Les chiffh)s que nous allons produire, diront éloquemment tout le bien qui peut découler de Torganisation précédemment décrite.

Après avoir retiré de la Caisse d*épargne 580,000 tr. qu'il a convertis en actions de la Forge, le personnel du Glosmortier possède encore actuellement dans cette même caisse 245,000 n*ancs qui se trouvent solidairement garantis par la fortune de tous les sociétaires collectivement associés.

Voici maintenant dans quelle mesure TEconomat a contribué à cet ensemble d*épargne.

209,412 fp. Il ont étô jusqu'à ce Jour distribués aux acheteurs faisant partie du personnel, et 100,000 tr. figurent à la réserve d*apres un tableau de répartition à liquider entre tous les acheteurs de TEconomat qui feront encore partie du personnel des établissements à 1 expiration de la Société.

En résumé, Torganisation économique du Glosmortier repose sur le système très simple que voici :

Vendre les marchandises un peu au-dessous des cours du détaillant local ; puis, après chaque inventaire, distribuer les bénéfices réalisés entre tous les acheteurs qui sont encore à l'usine au moment des distributions.

N'imposer à personne Tobligation d'acheter à l'Economat.

Un prélèvement sur les salaires, destiné à alimenter une caisse de secours, a été tenté par les Directeurs du Glosmortier dès l'origine de la Société, mais cette tentative n'a pas réussi. Les ouvriers prévoyants et actifs qui sont de par ces qualités devenus les plus travailleurs, les plus économes et les plus rangés, versaient régulièrement à cette caisse commune des quote-parts importantes en rapport avec l'élévation de leur ^ain, tandis que d'autres ouvriers ennemis du travail, enclins a la débauche, et à cause de cela peu laborieux, n'y apportaient presque rien puisqu'ils gagnaient fort peu.

Or, ces dernier^i ouvriers, souvent paresseux, menant parfois une vie déréglée, se trouvaient être précisément ceux qui puisaient à la Caisse de secours dans les plus fortes proportions.

Il était nécessaire de les secourir car ils se trouvaient dépourvus de ressources.

Mais Ifes meilleurs ouvriers s'aperçurent bientôt que l'em-

f»loi des sacrifices relativement importants que leur imposait e fonctionnement des secours, transformait ceux-ci, dans la plupart des cas, en une prime à l'indolence, et ils refusèrent leur contribution. G'étaitla suppression de la Gaissequi succombait faute d'alimentation.

En résistant à la volonté des bons ouvriers, on aurait provoqué leur départ et conservé les mauvais dont le travail ne procure Jamais de profit, quand il ne devient pas une charge.

Une pareille solution ne pouvant prévaloir, l'idée d'alimenter les secours au moyen d'un prélèvement sur les bénéfices de l'exploitation des'^usines, vient naturellement à l'esprit, car il n'existe, en effet, que ce seul moyen de résoudre la question*

Mais pour opérer un prélèvement sur des bénéâces, il faut être certain d*en réaliser si on ne veut pas s'exposer à vofr la caisse rester vide d argent et de secours.

Exercée sous Tempire de nos lois actuelles qui permettent de sacriâer la France aux étrangers et nos producteurs aux commerçants, Tindustrie métallurgique offre trop peu de sécurité pour qu'il soit prudent d'asseoir une institution quelconque sur les profits qu'il convient d'en attendre. Cela est si vrai que dans toute l'étendue du territoire, sauf quelques rares exceptions, les actions des torges les moins éprouvées, ont perrlu la moitié de leur valeur d'où la conséquence forcée, qu'en général les forges françaises ne donnent pas de bénéfices.

Fartant de là, et laissant de côté, les spéculations plus ou moins habiles, d'où peuvent naître des revenus accidentels, les directeurs du Closmortier n'ont voulu envisager que le travail rationnel qui est le fond de la vie pratique, et auquel on doit toujours se rattacher parce qu'il est le seul qui puisse régulièrement alimenter les besoins matériels de l'homme ne possédant pour toute fortune, que ses bras, son courage et son intelligence.

C'est donc dans ce travail réellement pruductif, dans les ressources qui en découlent et dans la distribution des objets do l'économat, qu'ils ont pu trouver les éléments d'une organisation sérieuse, faisant rejaillir sur l'ouvrier un profit suffisant pour lui permettre d'assurer son existence et de traverser les moments difficiles sans que sa dignité put être blessée par rintarvention, quelquefois douloureuse pour lui, d'une mainrépandant des secours sous la forme pénible de l'aumône.

Mais, hâtons-nous de le dire, on comprendrait bien mal les intentions de ces directeurs, si on leur prtHait un seul instant, la pensée d'avoir songé à supprimer ou à remplacer dans leur étroit milieu, cette charité bienfaisante commandée à tous pour soulager les malheureux, et que les pauvres ont toujours reçue et recevront toujours avec reconnaissance.

Ce qu'ils ont voulu se résume simplement en ceci :

Faire le plus de bien possible dans le cercle restreint de leur action.

Cependant, désireux de donner à cette action le plus vaste champ possible, ils en ont agrandi l'étendue dans la mesure que nous allons résumer :

La ferme devenue la pierre angulaire de l'Economat se développe tous les jours et l'exploitation agricole s'ëtend-aujourd'hui sur 130 hectares de terre.

Son ét.il)le renferme 84 vaches avec nombre de veaux, ses porcheries plus de 300 cochons ; la bergerie est moins importante.

Les ouvriers trouvent donc, à proximité de leurs habitations et en abondance la viande, le lait, la crème, le beurre et les fromages.

Un charcutier leur prépare, les lards, jambons, saucissons et autres comestibles.

A côté de l'Economat, il existe une pharmacie où se trouvent les remèdes simples ; l'usine possède aussi une salle d'asile fréquentée par plus de 80 petits enfants et un ouvroir dans le iuel les jeunes filles apprennent à coudre, à raccommoder, à repasser et à confectionner des vêtements.

Ces derniers établisse menits sont dirigés et surveillés par des sœurs.

Les sœurs vont aussi soigner et garder les malades à domicile ; elles y pansent également les blessés.

Le service médical est exercé par les médecins de la ville de Saint-Dizier ; chaque famille cnoisit librement son médecin et le paie, ainsi que son pharmacien.

Nous nous sommes étendu sur la description de Torganisation particulière de cette société parce qu'elle diffère sur beaucoup de points de celle des autre? établissements de ce gonre, c'est ce que nous connaissons de plus nouveau et de plus original dans le genre.

Le jury des récompenses a voulu reconnaître les et efforts les services rendus par cette Société si bien administrée et si bien dirijfée en lui accordant une HédlAille d*Argent.

? jujéiiaiijliBs h'ob, t néuAiLusë d'arcbst

EtaUissements DAOUUf et C'^

Saline de Saint-Nicolas et Soudière de la Madeleine (Meurthe- et^Moselle.)

Ohi^tm eiLpomém.

C*est au commencement de la classe 41, dans le coin, à droite en entrant, du côté de Tavenue de Labourdonnaye que les établissements Da^nUi ont installé les produits de leur importante exploitation.

Leur exposition se compose d'un seul objet, le sel gemme, c'est-à-dire le sel extrait des entrailles de la terre. Nous ne nous étendrons pas sur les rôles si considérables joués par ce dernier dans ralimentation ou dans Tindustrie. Chacun connaît ses applications nombreuses. Disons seulement que MM. Daffuln «t C^* exposent ce sel sous différents aspects, en blocs naturels tel qu*u sort de la mine ; puis en sels gemmes égrugés, ordinaires et dénaturés, et ensuite en sels rainnés de toutes sortes.

Voici d'abord de petits blocs de sel tout-venant, qui proviennent de la mme de Saint-Nicolas- Varan^ville ; ils sont pris dans la onzième couche qui est la plus Basse et la plus importante du gisement.

Viennent ensuite, dans des flacons ou des coupes, différents échantillons de sel raffiné de toutes sortes et pour tous les emplois.

Mais voilà surtout trois échantillons qui s'imposent aux visiteurs autant parleurs dimensions colossales,qui font penser aux diflicultés vaincues pour les amener au jour, que par leur qualité. Ce sont trois blocs :

Le premier bloc est un cube régulier dressé sur ses faces et ayant 0 m. 90 de coté et pesant 1,650 kilog. ; ce bloc a été extrait de la onzième coucne, au pic, et sans le secours de la poudre, à une profondeur de 160 mètres.

Le deuxième bloc est moins gros ; c'est un échantillon de sel rosé qui a été extrait de la quatrième couche qui se trouve à une profondeur de 80 mètres. Ce bloc mesure 0,60 X 0,60 X 0,70 et pèse 550 kilog.

Le troisième bloc est irrégulier, sans forme précise ; il a été extrait de la onzième couche, au pic et à la poudre.

Les emplois du sel gemme sont aussi universellement répandus que connus ainsi que nous l'avons dit, mais nous signaleronsparticulièrement Textension qu'a prise l'un d'eux depuis quelques années : celui du sel gemme egrugé pour le déglaçage des rues et la fonte des neiges sur les voies publiques. Donnons à ce sujet le chiffre des fournitures de la Société DairnUi pour les cinq dernières années qui viennent de s'écouler*

Ces chiflt>e8 sont suffisamment éloquents pour montrer l'importance que prend cette application :

A la Ville

Aux Villes

Aux Compagnie^

Années

de

de

de

Paris

Provinces

Chemins de fer

toanes

tonnes

tonnes

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