‹ Les mines et usines en 1889Chapitre 118 sur 199 · ET DE · texte numérisé non relu

ET DE

LA SOUDIÈRE DE LA HADELEINB

La Société Dasvln et C'*, nous dit le Génie Civil, formée en 1855, en commandite par actions, au capital de 3 millions

de francs, se proposait à la fois la production et la vente des sels raffinés et des sels gemraes, en blocs et égrugés.

Une seule saline existait alors dans la région où devait bientôt se constituer le groupe, aujourd'hui si important, des salines de Meurthe-et-Moselle.

Saline de 8Hiiit-Mieola0. — Pnitfl N^ t et H'» 9.

La Société entreprit, au mois de septembre 1855, la construction d'une grande usine, la saline de Saint-Nicolas- Varangéville, dont la production ne devait pas tarder à s'élever au chiffre de 100 tonnes de sels raffinés de toutes sortes par jour.

La saline de Saint-Nicolas est la plus importante du groupe.

Puita iV" 1. — En même temps que se construisaient avec rapiflité les premiers bâtiments de cristallisation de Tusine. la Société faisait commencer le fonçage d'un premier puits à extraction de sel gemme, le puits Saint-Maximilien.

Poussé avec la plus grande activité, le fonçage atteignait le sel au mois de juin dépannée suivante, et en juillet on entrait en galeries, à 80 mètres de profondeur, pour exploiter le sel de la 4« couche, au moment même oii on était prêt à commencer, dans les premiers bâtiments construits à la surface, la fabrication des sels raffinés.

On n'exploita que pendant deux ans le sel de la 4* couche. La Société ayant constaté que le produit n'était pas assez pur . pour être livré tel quel aux fabriques de produits chimiques, il fut décidé que le fongage du puits serait poussé plus avant, à la r(»cherche d'un sel gemme plus convenable.

On se mit à l'œuvre, et, en 1859, on atteignait, à 160 mètres de profondeur, le bas de la 11* couche, ou, sur une hauteur de 5 mètres à partir du mur, on reconnut un beau sel propre à la fabrication des produits chimiques.

Les galeries furent ouvertes en ce point, sur 4"* 70 de hauteur.

Voici la description de la coupe verticale de ce puits à partir «le la 4" couche de sel :

Cette quatrième couche a une épaisseur de 12 mètres, puis vient un banc de marne de I'n:^2 d'épaisseur, et l'on arrive au cinquième i)ancde sel qui a 7'" 08 de hauteur ; co dernier est travtMNé à peu près dans son milieu par une couche de marne de 0'» 72 et c'est à la partie supérieure de cette couche que Ton a ins^tallé le puisard. La cinquième couche eit séparée de la sixième qui a elle-même une hauteur de 10*» 03, pa** un banc de marne ciel»" 25; c'est au milieu de cette sixiè:ne couche de sel que l'on a installé la plate-cuve portante, dont nous donnerons la description plus loin.

Puits N° 2.— Par suite du développement rapide de ses ventes de sel gemme, qui atteignaient, dès 18G8, le chiffre annuel de 40,000 tonnes, la Société voyait s'étendre, d'année en année, le champ d'exploitation autour du puits Saint- Maximilien, mais en même temps les parcours souterrains devenaient longs et coûteux. Afin de mettre, d'autre part, ses moyens de production en rapport avec sa puissance de vente, elle décida, en 18G8, le fonçage d'un deuxième puits, à 320

mètres à l'est du premier. Les travaux, commencés en 1869, lurent interrompus en 1870, lors de rinvasion allemande, le fonçage n'ayant encore qu^une faible profondeur.

Les travaux furent repris immédiatement après la guerre et menés à bonne fin. On entra en galeries à la profondeur de 160 mètres, et Tabatage se flt, autour du puits Saint-Jean- Baptiste, comme autour du puits n» 1, dans le bas de la 11' couche de sel, sur une hauteur de 4™ 10. Voici la description de la coupe verticale du puits n° 2 : Ia première coucke de sel se rencontre à la profondeur de 'T'î"» 18 et, après avoir traversé une vingtaine de couches de natures variées et de différentes hauteurs telles que: graviers, marnes, calcaires, sables, gypses et argiles. Elle est précédée d'une couche de rochers de 1,50 et n'a elle-même que 0,80 de hauteur; elle est suivie d'une couche de marne do 0,85, puis viennent la deuxième et la troisième couckes de sel séparées par une mince couche de marne de 9 centimètres. La deuxième a une hauteur de 7" 23 et la troisième 6" 55. On trouve ensuite successivement une couche d'argiles de l'-eo ; la quatrième coucke de sel de 3™ 78, une couche d'argiles de 0,68 ; la cinquième couche . de sel de 3" 40, deux petites couches d'argiles séparées par une petite couche de sel gris de 0,58 ; la sixième couche de sel de 11,42, une couche d'argiles de 1,20 ; la septième couche de sel de 2,84, nne couche d argiles de 4,64 ; la huitième couche de sel de 1,10, une couche de marnes de 3,40; la Jieuvième couche de sel de 2,00; une couche de marnes de 3™ 85; la dixième couche de sel de 2,85; une couche de marnes de 3,00 et l'on arrive à la onzième couche de sel qui a 22"» 74 de hauteur et qui comme nous l'avons dit plus haut est exploitée sur une hauteur de 4»» 70.

Sltiiatioii de la saline aa point de vue des transports. — Coneessions .

L'usine deSaint^Nicolas est placée dans le voisinage immédiat du canal de la Marne au Rhin, du chemin de fer de Paris à Avricourt, et de la route nationale de Paris à Strasbourg. Deux murs de quai construits devant l'usine et des moyens mécaniques de chargement et de déchargement bien étudiés per- • mettent la mise rapide et économique des produits sur bateaux et des houilles ou matériaux sur tas dans l'usine.

De même une passerelle reliant l'usine à la voie ferrée facilite la mise sur wagon des produits à expédier par chemin de fer. Une voie de raccordement met directement l'usine en relation avec la gare de Varangéville.

Concessions, — La concession de mine de sel gemme et de sources salées que la Société exploite depuis 1856 est la concession de Saint-Nicolas, instituée par décret du 7 juillet 1855 ; elle comprend une étendue superficielle de 640 hectares.

Le 15 avril 1878, la Société obtenait une extension de 129 hectares, ce qui en portait la superficie totale à 769 hectares.

La Société u«o»>* ^^ ^'^ possède, en outi'e, depuis sa fusion, en 1884, avec la « Société des produits chimiques de l'Kst », la

concession de la Madeleine, d*une superficie de 605 hectares, instituée le 6 décembre 1881.

Les deux concessions contigues forment ensemble une superficie de 1,374 hectares. Un décret du 19 juillet 1885 a prononcé la réunion des deux concessions.

Ces concessions renferment onze couches de sel qui sont notées dans le fonçage du puits n** 2 ; les onze couches forment une épaisseur totale de 65 mètres. La première couche de sel se trouve à la cote 144» 86 au-dessus d!u niveau de la mer.

Hodes d'exploitation du sel semme

Dans les premières années de Texploitation. autour du puits n« 1 , aussi bien pour les travaux de la quatrième couche que pour ceux de la onzième, on appliqua le mode d'abatage au pic et à la poudre, par un double système de galeries de b mètres de largeur laissant entre elles des piliers de soutien de 6 mètres sur 6 mètres.

A partir de 1861, on installe, à la onzième couche, un nouveau mode d'exploitation dit : c à entailles parTean >. Le travail du pic pour le havage verticales! supprimé, et des entailles verticales, en nombre aussi grand que Ton veut, sont pratiquées par des filets d'eau douce sous faible pression.

L'eau douce des entailles devient de Teau salée qui, après avoir été, au jour, saturée avec le sel gemme le moins pur, servira à la fabrication du sel raffiné, pendant que le sel gemme d'entre les entailles, abattu par coups de mine, sera expédié comme sel gemme en blocs ou éffruge.

Ce mode d'abatage faisait l'admiration des visiteurs ; il avait d'ailleurs été approuvé car le service des mines. A la longue cependant, Feau imparfaitement saturée qui pénétrait, malgré toutes les précautions, dans le sol marneux oes galeries, avait ôté à ce sol sa consistance, et l'avait rendu incapable de supporter la pression des terrains supérieurs, à tel point qu'an effondrement de tout le champ d'exploitation se produisit le 31 octobre 1878.

L*exploitation c pa,T Teau • avait duré 12 ans. M. Wender, ingénieur de la Société à cette époque, étudia alors un autre mode de production de Teau salée dont nous parlerons plus loin.

Quant à l'abatage du sel gemme, on revint pour le champ nouveau d'exploitation, commencé alors autour du puits n* 2, à l'ancien système c au pic et à la poudre ». La largeur des galeries fut portée à 10 mètres, et on laissa des piliers de soutien de 10 mètres de côté.

Le système * au pic et à la poudre » fut considérablement perfectionné dans le nouveau champ d'exploitation. 11 est devenu, en somme, aussi économique que le système à entailles par l'eau, avec la sécurité absolue en plus.

L*exploitation par l'eau avait été jugée si pratique, si sûre et si économique, au point de vue surtout de la conservation de la richesse minérale du bassin salifère, que, jusqu'au moment de l'accident, la plupart des Ingénieurs étrangers venaient, avant de retourner dans leur pays, visiter l'établisse-

ment de Saint-Nicolâs , avec recommandation d'en étudier

qu'elle exploiterait, à Tavenir, le sel gemme i son nouveau champ de la onzième couche, autour du puits Saint-Jean-Baptiste, et que l'exploitation par dissolution ne serait appliquée que sur différents points de la concession, assez éloignés de Tusine ainsi que du chemin de l'er et du canal.

M. Wender dut immédiatement étudier la question. Il établit, dés 1874, de la façon la plus heureuse, des sondages à extraction d'eau salée, disposés par croupes et suivant la pente des couches de sel, et tous reliés a la saline par des conduites souterraines atteignant plusieurs kilomètres de longueur. Le premier groupe a été créé à une distance de 500 mètres du chemin de fer. Cette distance a été considérée, peu après, par l'administration, comme un minimum à imposer à ravenir, aux autres exploitants, à droite et à gauche de la voie ferrée.

Dès 1876 déjà, les sondages fournissaient à la saline presque toute l'eau salée nécessaire à son importante production annuelle de plus de 300,000 quintaux métriques de sel raffiné.

En 1880» la quantité d'eau salée fournie par les sondages atteignait pour l'année le chiffre de 149,847 mètres cubes, correspondant au poids total de 439,542 quintaux de sel rafAné fabriqué par la saline.

Pendant que M. Wender réussissait à produire ainsi, pratiquement et économiquement, toute l'eau salée nécessaire pour l'alimentation de la fabrication de la saline, il perfectionnait, d'année en année, l'exploitation du sel gemme autour du puits Saint-Jean-Baptiste, et produisait, dans cette

même année 1880, à côté des 449.542* qx.

de sel raffiné de la saline 500. 7G8 qx.

de sel gemme sortis du puits ; soit, au total, pour

cette année 950.310 qx.

On n'avait plus, depuis quelque temps déjà, à regrettçr la méthode d'avant 1873, pour la production du sel gemme et pour celle de l'eau salée, car les prix de revient avaient été en s'améliorant; en outre, on avait désormais, pour les travaux souterrains, une sécurité absolue.

Plate^cuve du puits n» i. — A la suite de l'effondrement survenu le 31 octobre 1873 dans l'ancien champ d'exploitation ouvert autour du puits n*" 1 ou Saint-Maximilien, dans la 11* couche de sel cemme, à 160 mètres de profondeur, des venues d'eau se produisirent au toit des anciens travaux ouverts en 1856, à la profondeur de 80 mètres, dans la4« couche de sel.

Ces venues d*eau, d'abord insignifiantes, augmentèrent oientôt à ce point que l'on put craindre, à bref délai, l'inondation, non seulement des anciens travaux, mais même du champ d'exploitation commencé depuis deux ans seulement autour du puits n» 2 (puits Saint-Jean-Baptiste), foncé à 320 mètres à Test du puits Saint-Maximilien, les deux puits se trouvant reliés dans la 11"* couche par une large galerie de communication.

Afin de préserver le nouveau champ d'exploitation, la So«

ciété décida l'établissement dans le puits n« 1, entre le niveau des travaux de la 11« couche et celui de la 4% d'un serrement en bois, pierre ou fonte destiné à retenir les eaux de Tancien puits, aussi bien les eaux de suintement des cuvelages supérieurs que les eaux salées venant des fissures produites par Teffondrement au toit des galeries de la 4* couche. On s'adressa à M. ringénieur Chandroii, qui chargea un de ses meil, leurs collaborateurs, M. ringénieur Châtelain, de prépare ravec M. Wender, un projet complet de plate-cuve portante. Ce projet fut adopté par la Société.

La plate-cuve en fonte a été exécutée par la maison Capitain et Salin, à Bussy, en 1874, et mise en place en 1875.

L'emplacement le plus favorable fut reconnu à la profondeur de 105"»60, dans le sel très compact et très ferme de la 6* couche de sel.

La plate-cuve se compose de 35 voussoirs en fonte, d'un poids total de 60,000 kilogr.

Toutes les faces des voussoirs formant joint ont été rabotées.

Au moment de la pose, les faces à mettre en contact étaient enduites à la brosse, d'une couche mince de mastic Serbat délavé dans de l'huile de lin.

Les quatre grands joints, entre les faces de la plate-cuve et les naissances taillées dans le sel, sont lormés dfe feuilles de caoutchouc de 1 millimètre 1/2 à 2 millimètres d'épaisseur.

A la partie supérieure des joints entre voussoirs on avait pratiqué, à la machine à raboter, des rainures de 1 centimètre carré de section, dans lesquelles, les cintres étant enlevés et la clef centrale fortement damée à sa place, on a écrasé des baguettes de cuivre rouge à section rectangulaire, de façon à remplir complètement les rainures, et à faire du dessus de la plate-cuve une surface métallique parfaitement étanche, et, en quelque sorte d'une seule pièce.

Le matage du cuivre terminé, on a recouvert toute la plateforme métallique d'une couche de béton de ciment à prise prompte, de O»»'?© environ d'épaisseur, relevée et amincie le long de la roche de sel gemme, avec laquelle le ciment gâché avec très peu d'eau, fait une adhérence parfaite.

Le béton est formé d'un volume de sable de rivière lavé et d'un volume de ciment de Vassy.

Il a été employé 17,000 kilogr. de ciment.

Le travail a été complété par l'établissement, au-dessus du massif de béton, d'un bon carroi d'argile de 10 mètres de hauteur. L'argile a été soigneusement triturée avec de l'eau salée saturée.

Exploitation du sel par dissolution ^— Sondages, — A la suite de l'accident du 31 octobre 1873 qui mit fin à l'exploitation du sel gemme, dite à entailles par l'eau, M. Wender étudia, ainsi que nous l'avons dit plus haut, la question de la production de l'eau salée nécessaire à la saline, sur des points de la concession suffisamment éloignés de l'usine et des puits à sel gemme.

On se plaça d'emblée à une distance d'au moins 1,000 mètres des puits à sel gemme et à 500 mèti-es du chemin de fer et du canal. Deux sondages, les n** 1 et 'Z^ furent forés et tubes en

1874-1815, pour attaquer par dissolution, vers la profondeur de U4 mètres, les premières couclies de sel. Ces sondages furent reliés à la saline par une canalisation en fonte, de 0»15 de diamètre. Des pompes et des macliines à vapeur, établies sur les sondages, loulèrent Teau salée, par la canalisation en foute, jusque dans des réservoirs étai)lis sur un point élevé de la saline.

Kn 1^77, un sondage n° 3 fut foncé dans le même groupe, à 60 mètres des deux premiers sondages, et mis en communication avec la canalisation allant à la saline. Ce troisième sondage, établi en aval pendage des couches de sel, ne tarda pas à être en communication avec Texcavation souterraine commune aux deux premiers et, dès lors, il tournit à la saline une eau saiée approchant de la saturation. Le problème de la production méthodique et économique de Teau salée, loin des exploitations de sel gemme par puits et galeries et loin des usmeSi était résolu.

Un 4* sondage fut établi dans le i*'^ groupe en 1880, à la suite de Taifaissement du toit du lac souterrain des sondages 1 et 2 et de la mise hors de service de ces deux premiers sondages.

Le u" 4, mis en communication bientôt avec le lac souterrain des n'* 1 et 3, y puisa Teau salée à un degré voisin de la salure complète. Ce sondage n" 4 est toujours en bon fonctionnement.

En môme temps que le n° 4 du 1" groupe, on entreprit, en 1880, le lorage d*un 5" sondage à l,50o mètres plus loin, c'est-à-dire à 2,500 mètres de la saline.

Ce sondage n*» 5 atteignit le sel à 125 mètres de profondeur et fut relié à la saline par la canalisation du 1" groupe prolongée; après quelques mois de marche de la pompe, il reloula à la saline une eau voisine do la saturation et devint le 1" sondage du 2« groupe. Ainsi turent établis, d'année en année, jusqu'aujourd'hui, successivement : le sondage n"* 6, dans le second groupe ; le n^ 3 6is, dans le 1**^ groupe; le n» 7, dans le l" groupe ; 1© n" 8, dans le second groupe.

Enfin, cette année même, un nouveau groupe intermédiaire a été créé par le lorage du n«'U, placé a bonne distance des deux autres groupes.

Cette disposition par groupes, si l'on étudie bien les emplacements, donne de très bons résultats.

Les groupes de la concession de Saint-Nicolas, mis, depuis le mois de juin de Tannée dernière, en communication avec la soudière de la Madeleine par une canalisation d'un bon diamètre et de 4 kilomètres de longueur, fournissent à cette usine une grande partie de l'eau salée qui lui est nécessaire. L'autre partie continue à lui être fournie par les quatre sondages établis sur la concession même de la Madeleine de 1882 à 1885.

Combustibles. — Le combustible employé à la saline est de la houille menue, venant par canal, pour la plus grande partie du bassin de Sarrebruck, et, pour un cinquième environ, des mines de Courrières.

La Soudière reçoit ses houilles menues par eau, la plus grande partie du nord de la France et le reste du bassin de

Sarrebruck. Les cokes lui arrivent par voie ferrée, partie de Sarre bruck et partie du nord de la France.

Surface des poêles de cristallisation. — La saline de Saint-NicoJas comprend un ensemble de 65 poêles d'évaporatiou, dont :

5W poplena ieu nu ordluatre ayaut uiu* «surface UJlale de 3.358 m. carrés. 17) jiueles a selliu-tiu ayant une âurface totale de. . 247 —

ti jjueles a vapeur d'uiie surlace totale de 1.780 —

Knsemble 5.385 m. carrée

Cette surface peut produire annuellement 50,000 tonne^' de sels lallinés tle loutes 'sortes.

rKonucTioN vu sel gemma et de sels raffinés

par périodes qaiiujuennales depuis la création de VétabliS' ment de SI- Nicolas, en WoO, jusqu'en HfUif inclusivement , Ainucs Sal ^'ciiinu' Sol» rafiities Toiiiux

Icinii.'s Tonnes Tu nues

1856 'd.'6ol 5.723 7.080 \ Moyenne de la période

Ittol 4.4J7 ll.JOy :5.54b ( ' de

1858 b.2ïtS 15.260 20.558 ) 1 856 ai 858: 14304 tODUOS.

lobO 12.303 17.:i83 21). 586 j Moyoïmo do la période

1861 17.hV*5 34.910 52.tt05 } de

1862 23.588 32.5U2 56.180 l 1859 à 1863: 43065 loniies.

I8bi) 30 . 88i 28 . 549 59 . 430 / Aloyeuiie d'i la période

1866 54.061 50.o62 b4.42«i \ do

1867 38.4o6 27.891 66.3;7 i 1864 à 1868: 62385 touues.

1870 7.067 j 0.357 23.424 / Moyeiino de la période I87i 36.158 29.186 65.944 ) do

1872 36.315 3i.ll4 70.429 i 1869à 1873: 58032 tonnes.

1875 57.507 3ô.449 75.956/ Movonne de la période

1876 40.044 37.890 77.934 > " de

1877 45.583 ^3,i)'à'i 72.520 \ J 874 à 1878; 75076 tonnes.

2880 5:^.194 35.136 87.330 / Moyenne de la période

1881 Ô7.772 26.680 t4.4û2 ) * de

1882 52.481 25.424 77.905 ( 1879 à 1883: 85259 tonnes.

18tt5 78.390 27 .090 305.478 / Moyenne de la période

1886 56.961 30.006 86.967 > de

1887 52.860 27.645 80.505 l 1884 à 1888: 86257 tonnes.

Nota. — Les cliifl'ro* i>ortés» à la colonne Sel gemme, pendant la période quinquennale de iôo-l à I800, comprennent le sel gemme consomme ûuub lorme d'eau i>alée par ia soudière de la Madeleine

iioadière de 1» Hadeleine

Dès 1882, la Société finffiiln et C", qui avait vu sa production de sel raftlné s'élever d'année en année et atteindre le chiffre de 45,000 tonnes, et sa production de sel gemme approcher de 60,000 tonnes, résolut d'ajouter a son industrie du sel la fabrication de la soude et des produitî^ chimi(iues. De grands terrains qu'elle possédait à proximité de son usine de St-Nicolas rendaient possible la construction d'une soudière à côté de la saline.

Mais il devait se présenter bientôt une combinaison plus heureuse. La Société des produits chimiques de l'Est, j)ropriétaire de la soudière de la Madeleine, après une série d'essais, venait de réussir à appliquer industriellement son procédé de fabrication de la soude à l'ammoniaque. Au commencement de l'année 1884, la Madeleine produisait régulièrement plusieurs tonnes de carbonate de soude par jour.

Des pourparlers. eurent lieu â cette époqjue entre la Société des produits chimiques de l'Est et la Société Daicuin ««t C'«. Ils aboutirent, au bout de quelques mois, à la fusion des deux Sociétés.

L'agrandissement de la Soudière, en vue d'une production annuelle de 12 à 15,000 tonnes de carbonate de soude, fut décidé, et la Société Da«aia fit commencer les travaux dans les premiers mois de 1884.

En 1886, la fabrication de l'usine se trouvait déjà sur le pied de 10.000 tonnes environ de soude et 10,000 tonnes de cristaux de soude par an.

PRODUCTION ANNUKLLB DE LA SOUDIÈRB DE LA MaDELIINE DEPUIS SA CRÉATION

Une partie (in carbonate

de Houde

a été emplovee a produire

les quantités ei-desKous

de rristaux de soude.

Anoées

Carbonate

de

soude produit

juillet à décembre 1882.

Année 1883. ,

Centrée en ligne de la Soudière de la Madeleine, avec son importante production, a amené rapidement un abaissement des plus accentués sur les prix de la soude, abaissement dont profite encore l'industrie française. On peut dire que la Maison Davnin a été le principal facteur français de la grande révolution qui s'est accomplie chez nous dans le domaine des produits sodiques.

5PtJ DAGUIN ET C*

Oroaiti«»tioii ouvrière

L'établissement de Saint-Nicolas occupe dans son ensemble 300 ouvriers se répartissant comme suit :

135 sauniers et manœuvres à la fabrication ; 85 mineurs et manœuvres dans l'exploitation du sel gemme; 50 aux expéditions ; 30 aux ateliers de réparations et d'entretien.

La Soudière occupe de son côté 200 ouvriers ; ce qui fait, au total, 500 ouvriers pour les deux établissements.

La Société a créé dans son établissement de Saint-Nicolas, depuis 1860, une caisse de secours assurant à l'ouvrier les soms médicaux et pharmaceutiques, et le demi-salaire aux malades et aux blessés.

Depuis quelques années, les Idessés reçoivent les deux tiers . de leur salaire.

La Société a d'ailleurs contracté, au profit de tout son personnel, une assurance à la Compagnie le « Secours », garantissant, outre les indemnités ri-dessus :

1* 300 fois le salaire quotidien on cas de décès ;

"2* 300 francs de rente annuelle et viagère en cas d'infirmité grave ;

3* Un capital de 1,500 francs ou un capital de 1,000 francs en cas de blessure occasionnant un préjudice corporel plus ou moins grave.

La caisse de secours est alimentée par une retenue de 2 0/0 sur les salaires; par une subvention annuelle de la Société ;

Sar un don annuel du gérant et des membres du Conseil 'administration ; enfin par les intérêts à 5 0/0 du capital de de la caisse de secours.

Dans ces dernières années, l'avoir de la caisse de secours s'est accru de 1,800 francs à 2,000 francs par an.

La Société a créé également, et à peu près dans les mêmes conditions, une caisse de secours destinée aux ouvriers de son usine de produits chimiques de la Madeleine.

Terrains de Mm Hoeiété.

La surface totale des terrains industriels et autres que possède la Société dans le département de Meurthe-et-Moselle est de 120 hectares, comprenant: saline, 65 hectares ; soudière 55 hectares.

La surface couverte est de : constructions de la saline, 30,000 mètres carres; constructions de la soudière, 20,000 mètres carrés. Ensemble, environ 50,000 mètres carrés.

Cultures, — La Société a organisé, depuis quelques années, un service de culture, pour faire valoir les terrains disponibles, industriels ou autres, qu'elle possède dans le canton de Saint-Nicolas.

11 est exigé du chef de culture l'application, autant que possible, des méthodes de culture intensive, l'emploi raisonné des engrais minéraux, la création de prairies naturelles et artificielles, l'exécution de drainages.

Des cbemins d*accès sont créés partout où il en est besoin chemins dont peuvent user librement les cultivateurs du pays auxquels on donne volontiers, à Toccasion, des conseils sur le choix des engrais et des semences.

La Société prépare, sur une assez grande échelle, la création de prairies-vergers , à rinstar de la Normandie. Les pépinières de la saline contiennent actuellement, pour cette destination plus de cinq mille pieds de jeunes arbres, dont une grande partie greffés avec les meilleures espèces de fruits du pays.

De nombreux échanges de terrains se font entre la Société et les propriétaires du pays, qui se rendent bien compte des inconvénients du morcellement excessif de la propriété. Gela a déjà valu à la Société, en 1886, une récompense du comice agricole de Nancy.

La Société possède, en outre, depuis le commencement de Tannée IS'iO, à Moussey-Réchicourt (Alsace-Lorraine), un grand terrain industriel de 25 hectares, dans Tangle droit formé par par le canal de la Marne au Rhin et le chemin de fer d*Avricourt à Dieuze, contre la station même de Moussey. A la suite de Tannexion, la Société s*est décidée à couvrir ces terrains, qui devaient, dans le principe, avoir une toute autre destination, d'une plantation forestière.

Salin Cappeau, à la Valduc. — La Société possède enfin, à la Valduc, commune d'Istres (Bouches-du-Rhône), le salin Cappeau, qui occupe une superficie de 25 hectares.

Des travaux considérables, entrepris en commun avec les divers salins qui s'alimentent dans Tétang de la Valduc, vont rendre la prospérité à ces établissements. Une quantité d'eau de mer équivalente à la tranche d*eau enlevée par Tévaporation annuelle sera amenée chaque année dans l'étang et l'enrichira d'une quantité de chlorure de sodium plus que suffisante pour assurer la production de tous les salins riverains.

RBCOMPSNSES ORTBNUBS PAR LA SOCIETE DAOCIN ST 0^*^

aux diverses expositions depuis 1860 :

1860 — Médaille d'or au concours général et national d'agri-

culture de Paris.

1861 — Médaille d'argent à l'Exposition universelle de Metz : 1867 — Médaille d'argent et médaille hors concours à l'Exposition universelle.

1869 — Diplôme d'honneur à l'Exposition internationale d'Amsterdam.

1878 — A l'Exposition universelle :

Médaille d'or, à la classe 48 ; Médaille d*or, à la classe 74 :

Médaille d'argent, à la classe 76.

1886 ^ Société centrale d'agriculture, comice agricole de Nancy :

Médaille d'argent.

1889 — • HédttillM d'or et • HéiiAillM d'»rffent.

Le jury de 1889 n'a pas oublié non plus les cc^aborateurs 408 établissements Dagnla.

608 DAGUm ET C"

M. 1/Vend^r a obtenu une médaille d'or. Ce dernier est aujourd'hui directeur général des exploitations de la Société, dans le département de Meurthe-et-Moselle. Entré au service de la Société au mois de septembre 1855 comme sous-ingénieur, il a été nommé successivement ingénieur en 1870, ingénieurdirecteur en 1876, enfin directeur général en 1884, après la lusion de la Société DavuIb et €*• avec la Société des produits chimiques de rp^st. M l¥ead«ircompte donc aujourd'hui 34 ans de services continus et marqués par de notables progrès, dans Textraction de matière première, ainsi que dans la fabrication des produits.

Viennent ensuite MM. De^eamaBn et A. Deltas, chef mineur et chef de fabrication de la maison, chacun avec une médaille de bronze.

Le jury a voulu récompenser, nous en sommes convaincus, les efforts de ces ingénieurs et de ces industriels qui par patriotisme autant que par métier ont porté à un si haut degré les progrès de Texploitation de nos richesses salines.

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