LES MINES & USINES DE PARIS
Et Environs
fî D'eXPO^ITION
USINES DE PARIS ET EiNVIRONS 601
mEOAIliliE D*OR
Félix HUBIW
Fonderies et Laminoirs d'Harfleiir (Seine-Inférieure.)
C*e8t pi*esque au bout de la classe 41, du côté de Ta venue de Suffren, en face de Timportante exposition de la Société de la Vieille-Montagne; que M. Félix Hubla a installé avec art Texposition de ses produits.
Leur abondance et leur qualité, ainsi que Tarrangement très réussi des échantillons de chacun d'eux attirent fatalement les regards des visiteurs.
Cette exposition peut se diviser en quatre parties formées par les quatre métaux usuels : cuivre, plomb, zinc et étatn.
Le cuivre y est largement représenté nar de nombreux spécimens en lingots, plateaux, feuilles, tu Des et barreaux.
Citons :
Plusieurs lingots de cuivre du Chili afûné.
Deux gros plateaux de laminage, en cuivre du Chili affiné, du poids de 450 kilog. chaque.
Une grande feuille de cuivre rouge ordinaire pour chaudronnerie, de 5 m. 60 de longueur, 1 m. TfO de largeur et d'une épaisseur de 3 m/m.
Une autre grande feuille de cuivre rouge latninée, polie brute, sans aucune retouche après laminage ; sa longueur est de 4 m. 84, sa largeur de 1 mètre et son épaisseur de 1 m/m. 1/2.
Une série de tubes en cuivre rouge, soudés et étirés, de 6 mètres de longueur, 300 m/m, et d'une épaisseur de 4 m/ m ; ils pèsent chacun 175 kilog.
Une autre série de tubes en cuivre rouge et en cuivre jaune, mais, ceux-là, sans soudure; leur longueur est de 4 m. 45, leur diamètre de 103 m/m. et leur épaisseur de 1 m/m. 1/2.
Une autre série ne variant de la précédente que par le diamètre et l'épaisseur.
Une série en cuivre jaune sans soudure rabouté en cuivre rouge pour locomotives de 6 mètres de longueur, 48 m/m. de diamètre et d'une épaisseur de 2 m/m. 1/2.
A côté se trouve une pile de feuilles de cuivre rouge écroui pour doublage de navires; elles sont employées pour la marine de l'Etat.
Remari^ué un éventail composé de plaques en cuivre rouge de forte épaisseur pour foyera et autres emplois ; leur épais^ seur est de 20 m/m. et leur poids varie de 100 à 200 kilog. chacune ;
Divers échantillons de tube en cuivre jaune sans soudure, étamés à l'intérieur et à l'extérieur :
«02 FÉLIX HUBIN
Petits tubes pour condenseurs ;
Tubes renflés spéciaux pour chaudière de torpilleurs ;
Quantité de barreaux en cuivre rouge, étirés; il y en a de ronds, de carrés et de profils divers suivant les usages.
Tous les cuivres que nous venons d'énumérer proviennent sans exception des minerais et barres brutes en traitement à la fonderie d'Harfleur.
Le zinc y est représenté par de grosses plaques, des feuilles, dds tuyaux, etc.
Nous remarquons :
Une grande feuille de 4 m. 34 de longueur sur 1 mètre de largeur et 1 m/m. 1/2 d'épaisseur.
Plusieurs plaques de zinc laminées, de forte épaisseur, avec et sans anneaux (ces plaques sont employées par la marine de TEtat) et une pile de feuilles de zinc pour doublage de navires (ces dernières sont employées pour la marine marchandé)*
Une pile de zinc pour toitures.
Nous voyons aussi des trophées de gouttières, des tuyaux, des faîtages et des couvre-jomts en zinc.
Et encore du zinc coulé pour piles électriques.
Le plomb et Tétain sont représentés dans cette intéressante exposition par des feuilles, des tuyaux étirés sans soudure de toutes longueurs, des ûls carrés et ronds.
Nous citerons une série de gros tuyaux en plomb et en étaln
Sur, étirés sans soudure, d'une longueur de 5 mètres, d'un iamètre de 110 m/m. et d'une épaisseur de 5 m/m.
Puis deux grosses bobines de tuyaux en plomb ; Tune d'elles représente un tuyau pour enveloppe souterraine de flls télégraphiques ou télépnoniques de 500 mètres de longueur et d*une épaisseur de 1 m/m.
Remarqué également auatre spirales de tuyaux de plomb et d'étainpurs de divers diamètres et d'épaisseurs différentes.
Divers échantillons de tuyaux en plomb, étamés à rintèrieur et à Textérieur (breveté s. g. d. g.).
Plusieurs tables de plomb laminé, en feuilles de dimensions courantes.
Divers échantillons de plomb et d*étain purs en flls, barreaux ronds, carrés et de proflls divers pour différents usages.
Des feuilles roulées d'étain pur laminé.
Etain français. — Cet étain est présenté sous sa forme courante, c'est-à-dire en lingots de 30 kilog. ou en lin-
gotins dé 15 kilog. ; il y en a aussi en baguettes mis en arils.
Cet étain est fondu à Harfleur et provient des minerais d'outre-mer, importés par le port du ifavre.
Sur la façade principale nous remarquons une vitrine renfermant une très intéressante et très complète collection des minerais d'étain traités actuellement à l'usine.
Divers minerais de cuivre également en traitement à l'usine.
De nombreux échantillons et éprouvettes de qualité de tous ces métaux à l'état brut et manufacturé.
Cette vitrine résume successivement sous forme d'échantillons-types l'histoire du métal depuis l'état de minerai jusqu a la forme manufacturée sous laquelle il est livré aux industriels qui l'approprient à ses emplois ultérieurs.
Matières premières employées
de Mm prodvetioit et meaTeaieat
La maison fait le commerce et traite ou transforme dans ses usines, les minerais de cuivre et cuivre brut en barres, provenant du Chili, de Bolivie, Etats-Unis, Angleterre.
Elle traite aussi les minerais d*étainetétain en barres brutes ou lingots provenant d'Angleterre, Australie, Bolivie, Indes anglaises et néerlandaises et Pérou. Enfin le plomb brut en saumons provenant de France, Espagne, Angleterre, Belgique, et le zinc brut en plaques provenant d'Angleterre, Belgique, Pologne, Espagne.
Les matières premières traitées dans les usines y arrivent en minerais, en olocs bruts et y sont transformées en lingots, plaques, feuilles, barreaux, fils, tubes et tuyaux propres aux emplois des arsenaux de l'Etat, des chemins de fer et de Tindastrie.
Le chiffï^e total annuel approximatif des matières premières employées (minerais et métaux bruts seulement) est d'environ 10 millions de kilogrammes représentant une valeur approximative de 8 millions de fï*ancs.
La consommation du charbon est de 5,000 tonnes par an.
Le service des clients de la maison nécessite annuellement près de 35,000 livraisons ou expéditions. Les firais applicables aux transports et camionnages seulement en France représentent une somme de 250,000 û*ancs par an.
La maison accorde un crédit permanent de 3 à 6 mois à plus de 1,200 industriels, entrepreneurs ou commerçants, au taux légal et pour une somme de 2 millions à 2 millions 1/2. Elle ouvre environ 2,400 comptes courants chaque année.
Les chiffres cités plus naut sont sujets a des variations suivant la prospérité ou la difficulté des affaires.
Les déchets de fabrication sont ramenés au minimum. Les scories de cuivre et d'étain sont traitées, aux usines mêmes, par les moyens appropriés. Les autres déchets battitures (oxydes de cuivre), ainsi que les crasses (oxydes de plomb et de zinc), sont revendus après avoir reçu aux usines certains soins qui les rendent utilisables tels quels pour diverses industries.
Haeliinee metrieee
Les moteurs employés dans les diverses usines sont au nombre de six :
1 roue hydraulique de 50 chevaux, 1 — de 20 —
1 machine à vapeur de 100 — 1 — — de 100 —
1 locomobile de 20 —
représentant ensemble une force de 300 chevaux-vapeur.
604 FEUX HUBIN
Mesures prises en vue d'améliorer la situation matérielle et morale de l'ouvrier.
Ouvriers et Ktmplofém
La maison distribue pour l'ensemble de ses divers établissements, magasins et bureaux, un total de salaires et appointements fixes montant au minimum à 3'75,000 francs par an.
Une notable impulsion a été donnée au travail en allouant aux ouvriers une prime sur les productions journalières.
Certaines primes sont allouées aux ouvriers chargés des outils principaux, lorsqu'ils ont évité toutes ruptures graves pendant une période déterminée.
Le nombre des ouvriers employés aux diverses usines est de 250 environ actuellement.
Il n*est pas employé de femmes.
Le nombre des employés à la direction des usines et aux bureaux est de 80.
PréeavLtiene hyffiéniquee et ineaurea ële eùreté*
Les générateurs et appareils à vapeur sont contrôlés de toutes laçons et notamment par la Société normande de surveillance des appareils à vapeur à laquelle rétablissement est abonné.
Les endroits dangereux des usines, près les courroies, engrenages, scies, etc., sont préservés avec tous les soins possibles pour éviter les accidents .
Les fours à air libre sont recouverts de hottes avec puissants tujaux de tirage prenant leur appel dans les grandes chemmées.
Une ventilation active est ménagée dans les ateliers.
Des boissons hygiéniques sont distribuées gratuitement pendant Tété dans Tintérieur des usines et à la volonté des ouvriers.
Caisse de seeoure mataela.
M. Hubln a organisé dès Torigine dans son établissement principal à Harfleur, une cai.<<se de secours mutuels alimentée pour une somme annuelle de 1,200 fr. par lui-même, et, pour le surplus, par diverses retenues sur les journées ne pouvant excéder 0 if . 40 à 0 l'r. 80 par quinzaine, suivant le taux des journées.
(iràce à cette caisse, les ouvriers malades ou blessés reçoivent gatuitement les visites du médecin de leur choix, les médicaments et de plus une allocation de 1 fr. par jour de maladie.
Importance des sommes distribuées en 1888.
Allocations pécuniaires 1,639 ft*. 50
Médecins 2,591 » »
Pharmaciens 2,248 » »
Divei*ses 48 » >
Soit un total de .... . 6,421 fr. 75
Malaoïui ouvrières
La maison a créé successivement à Tusine d*Harfleur, 20 habitations (pour 40 ménages ouvriers) logeant 200 personnes. Ces habitations sont isolées les unes des autres et disséminées dans la propriété et le pajs. Chaque logement a un jardin it un cabinet d'aisances particuliers. Ces maisons sont très recherchées des ouvriers et louées à prix réduits (taux du revenu : 8 0/0 environ).
Sur 20 maisons, sept comprenant 14 ménages ont été construites récemment en 1882 et 1888 Elles sont de deux types étudiés en vue des nécessités générales de Thygiène et des besoins spéciaux du pays.
L*Expo8ition actuelle de Paris eu présente plusietirs photographies.
Asile et Eeele*
M. Hablu a approprié et meublé à ses ft*ais sur le territoire de son usine, pour usage d*école d'asile plusieurs maisons dont il est le propriétaire.
Il en a laissé la direction et la jouissance gratuite à la commune même. M. Hablu a conservé néanmoins son concours permanent à cette fondation en gardant à sa charge la totalité des frais annuels de Tasile.
Ce groupe scolaire fondé en ISÔ*? a toujours fonctionné à la saiisfaotion de tous et reçoit 80 enfants à TAsile et 40 à TEcole, soit en tout 120 enfants.
UAsile notamment rend de grands services aux familles en recueillant et en instruisant pendant la journée tous les enfants en bas âge.
Les enfants du pays même des familles étrangères à TUsine, sont admis sans aucune exception et la ft*éqiientation de cet établissement a toujours été depuis sa création absolument gratuite.
Caisse d'éparffne,
A titre de faveur et pour encourager l'esprit d'économie , M. Habln reçoit en compte courant les sommes qui lui sont confiées librement pour son personnel au taux de 5 0/0 Tan. Actuellement la somme ainsi conservée en dépôt au crédit des ouvriers et employés secondaires seulement se monte à 50,000 francs.
Partieipatien dans* les bénéflees.
Certains des principaux employés, en ce moment au nombre de six en sus de leurs appointements fixes sont intéressés aux bénéfices annuels de la maison. La part allouée actuellement à ces intéressés est de 20 o/O.
606 FELIX HUBIN
Résumé «f* Historique
La maison réunit donc tout à la fois dans ses usines la mise en œuvre de quatre métaux très usuels : le zinc, le plomb, le cuivre et Tétain, ainsi que des minerais de ces deux derniers métaux.
Tous les métaux exposés ne sont revêtus d'aucun apprêt spécial et sont présentés tels qu'ils sortent des usines de M. Hsbin et tels qu'ils sont vendus à la consommation.
La maison, bien que n'étant pas en Société, et aidée de ses seules ressources, prend rang parmi les premières de France et d'Europe. L'excellence de tous ses produits fabriqués est notoire, et sa marque c Usine d'Harneur » a été classée de tout temps dans Tindustrie des métaux, parmi les premières marques.
Le traitement des minerais d'étain a été introduit en France par M. Hsbln et il est actuellement le seul qui, par des procédés métallurgiques spéciaux pratique cette industrie dans notre pays, en concurrence avec l'Angleterre.
M. Es|fèii« Hnbln père est entré vers 1824, dans la maison dont il est resté le chef, jusqu'à la un de 1873. La maison a été fondée à Paris vers 1807, spécialement pour le commerce des métaux, et depuis sa création a toujours appartenu à la même famille.
Lors de l'entrée de M. Hsbin père aux affaires, et pendant une longue période, la maison s'est occupée de négoce seulement.
Vers 1840, par suite de circonstances nouvelles, M. Habls père comprit la nécessité de donner à ses affaires un aliment nouveau par l'industrie.
Il créa successivement, pour le plomb et Tétain en tuyaux, une usine à Paris, vers 1842; une autre, vers 1843, à Rouelles,
grès le Havre, pour le plomb laminé, et enfin, en 1847, l'usine 'Harfleur (Seine-Inférieure), pour y fabriquer le zinc laminé et façonné tout d'abord, et plus tard, vers 1867, le cuivre rouge laminé.
M. Hnbln père a fondé le syndicat du commerce des métaux en 1862, et en a été Président pendant cinq ans, ensuite Président honoraire perpétuel. Il a été membre du Conseil d'Escompte de la Banque de France et nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1869.
M. Félix Hnbln, son fils, est entré aux affaires, il y a trenteet-un ans, le l*'^ janvier 1858. 11 a été muni de la procuration générale et associé de fait en 1863, puis il a succédé à son père le 1" Janvier 1874. La même année, il a été admis sur la liste des notables commerçants de Paris et remplit les fonctions gratuites d'expert en douanes au Ministère du Commerce depuis 1875.
M. Félix Hnbln a imprimé une notable impulsion aux divers établissements créés par son père, tant aux usines de Paris et de Rouelles où il a introduit de nombreuses améliorations et augmentations, qu'à l'usine d'IIarfleur où il a développé et amélioré le traitement des cuivres bruts, le laminage du cuivre et inauguré le traitement des rainerais de cuivre.
Ajoutons que M. Fétu Hnbln s*eBt tenu à Féoart du mouyement de spéculation sur les métaux qui a abouti à Tépouyan* table krach des cuiyres. C'est avec MM. Léinmire «t C» un exemple à citer.
Créutioiui iioiiT«ll«« postévieiireii m l'Expositioii de Pmds, en 1998
Tout récemment, de 1882 à 1884, M. FélU Hnbln a créé et installé à Harfleur de grands ateliers, principalement pour la fabrication des tubes de laiton et de cuiyre rouge soudés et sans soudure, retirage des barreaux et barrettes en cuivre, etc.
Vers la même époque, un atelier pour la fabrication du plomb en tuyaux et en barreaux fUt construit également à Tusine d'Harfleur qui n*èn possédait pas jusqu'alors. En dernier lieu, M. Hubln a élevé une nouvelle fonderie spéciale pour le traitement des minerais d'étain et Tafldnage des blocs d'étain brut des pays d*outre-mer. Les minerais d*étain sont importés en France directement des pajs d'origine et principalement
Î)ar le port du Havre. M. Hnbln est le seul qui traite en France es minerais d'étain. L'étain français qui a sa marque, est partout et sans aucune exception accepté à équivalence pour tous les emplois de Tétain anglais. Cette fonderie peut produire annuellement ^OOyOOO kiloç. d'étain extrait des minerais.
L'ensemble des créations nouvelles de M. Félix Hnbln a nécessité la construction d'ateliers couverts représentant une surïace bâtie de 4,500 mètres carrés et de 7 maisons ouvrières pouvant loger 14 ménages.
La totalité des usines d'Harfleur et dépendances comprend actuellement une surface bâtie de 7,000 mètres carrés et est située sur une propriété de 30 hectares.
La direction des établissements et des opérations commerciales et industrielles est concentrée â Pans, rue de Turenne, n<> 14. Une maison succursale pour la vente et pour le transit spécial des usines est établie au Havre.
La maison fournit couramment l'administration de la Guerre, la Marine de l'Etat, les Compagnies de chemins de fer, les constructeurs de locomotives, de machines, les mécaniciens, les chaudronniers, plombiers-zingueurs, couvreurs, potiers d'étain, fabricants de faïence* etc.
Réeompeiieee
Outre de nombreuses récompenses obtenues postérieurement par M. Félix flnbln, notons : Paris 1878, Exposition universelle, Médaille d'or. Rouen 1884, Exposition nationale ré^onale. Hors concours. Membre du jury. Anvers 1885, Exposition universelle. Grand Diplôme d'Honneur et Chevalier du Cambodge. Paris 1889, Exposition universelle, JHédaille d'Or.
L'industrie nationale ne pouvait qu'être reconnaissante â la famille Hnbln de ses patriotiques efforts poursuivis pendant près d'un siècle.
flOS A. CHAPPÉE
Grand I*rlx
A. CHAPPÉE
rOITI5BÎTJIt-COM'SXRTJCTB3TJIt fLe M an a)
L*expo8ition de M. Chappée occupe, dans le milieu de la galerie affectée à la Classe 41 un vaste emplacement carré, presque 8 mètres de côté. La façade principale se trouve du coté de ravenue Suffren.
Dans ce large carré, l'exposant a réuni tous les produits de sa fabrication. Au centre s*elève dans sa majestueuse beauté, une reproduction en fonte d'une fontaine monumentale due au ciseau de Chapu, et qui est la pi-opriété exclusive de lu maison Sur un vase du style Louis XVI, s'appuie une grande vasque, d'oii émerge une nymphe accroupie et renversant une urne. Aux quatre coins des candélabres munis de leur lanterne et de modèles différents; tout autour quatre pyramides faites avec des marmites en fonte supperposées et allant en diminuant de dimension de la base au sommet. En avant à droite et à gauche deux modèles de fontaines Wallaee. Tune applique, l'autre centrale, munies de leur gobelet attaché par une chainette.
Aux pieds de tous ces objets et dans un désordre plein d'art, nous voyons des fers à repasser, des poids à peser, des grilles pour foyer, de petits poêles, des boîtes à graisse pour wagonnets, dès coquilles à rôtir, des presses à copier, des grilles d'égouts, des bouches d'eau à clef, des porte -parapluies, des bouches d'incendie, des bouches d'arrosage pour cours, jardins, etc , des robinets d'arrêts et des robinets-vanne, système Chappée, depuis 60 m/m jusqu'à 400 m/m.
Au faîte, émerge un trophée de tuyaux et de sections de tuyaux ; au pied, se trouve rangées et alignées des bornes-fontames, à vis et à levier, de toutes grandeurs.
Du côté de l'avenue Labourdonnais, un candélabre à quatre branches avec bouquet tournant. A sa gauche est placée une buanderie économique pour usages domestiques d'une contenance de 120 litres, et a sa droite un four boulangerie. Ces deux appareils sont brevetés et du système A. Chaupée.
Çà et là, pour remplir les vides, nous voyons des vis de pressoir, système Mabllle, des gargouilles, des poteaux indicateurs pour routes, chetnins, etc., des pieds pour bancs de villes et de jardins. Des drains en fonte pour écuries (breveté s. g. d. g.), système du eoloael Basserlc, età c'té une écurie en miniature pourvue de ce système.
L'exposition de M. A. Chappëe, dans la classe 41, est considérable par le nombre et la variété des objets exposés ; elle est, sans contredit, une des plus belles.
Dans la classe 66, sur Tesplanade des Invalides, se trouve un four démontable et roulant, dont l'ingéniosité ne le cède en rien à sa simplicité, ce four est en usage dans Tarmée pour la cuisson des viandes, mais il convient aussi très bien pour la boulangerie, la pâtisserie et toutes autres préparations alimentaires,
M. A. Chappée nous montre, par ses deux expositions que dans ses usines on exécute toutes sortes de moulages depuis les pièces communes et lourdes, jusqu'aux pièces les plus légères, voire même artistiques. Ses produits lui ont valu de nombreuses récompenses dont voici la liste :
Angers 1877: Diplôme d'honneur.
Paris 1878: Médaille d'arcent.
Le Mans 1880 : Diplôme d'honneur (tu^yaux et fontes diverses); Diplôme d'honneur (fontes d'ornement).
Sidney 1880 : r* récompense (Tuyaux et fontes diverses).
Melbourne 1881: 1" ordre de mérite. Médaille d'argent ;tuyaux et fontes diverses); 1" ordre de mérite, Médaille d'argent (fontes et appareils de chemins de fer).
Paris 1881 : Médaille d'argent (Exposition d'Electricité).
Blois 1883 : Membre du JU17.
Caen 1883 : Diplôme d'honneur.
Amsterdam 1883 : Diplôme d'honneur.
Vienne 1883 : Certificat de mérite (en participation avec le Ministère des postes et des télégraphes de France).
Anvers 1885 : Diplôme d'honneur.
Institntioiis OuvrièKS
Exposition d'Economie sociale
Enquête : Section VI
Usine d'Antolyn^
L'Usine d'Antoigné est située sur le territoire de la commune de Sainte-Jammes-sur-Sarthe, à deux kilomètres do la gare de Montbizot (ligne du Mans à Caen), à laquelle elle est reliée par un tramway à vapeur.
Elle comprend des ateliers de fonderie, de forge et de constiniction. Fondée vers 1610, ainsi que presque toutes les forges du pays, elle fut jusqu'au commencement de ce siècle employée uniquement comme forge à fer. Après un arrêt complet d'une quinzaine d'années, elle fût relevée et transformée en fonderie de fer en 1855 par M. V. Doré. Depuis 1875, elle appartient à M. Ghappée qui était son gendrç et associé depuis 1858. Elle fabrique spécialement les tuyaux de conduite et toutes les pièces de canalisation pour eau et gaz, les fontes de construction et les pièces mécaniques, les appareils de chemins de fer et de tramways, coussinets, plaques tournantes, changements de voies et croisements, grues hydrauliques, etc.
Elle possède des moteurs hydrauliques d'environ 200 chevaux, doublés par des moteurs à vapeur en cas de sécheresse ou d'excès d'eau.
Cette usine appartient à M. Ghappée qui n'a aucun associé, ni commanditaire.
610 A CHAPPÉE
Par décision da 15 mai 1884 de M. Chappé«, une retraite de 365 francs par an est accordée à tout ouvrier âgé de 60 ans, ayant travaillé pendant 80 ans dans la maison ; 150 francs par an sont accordés à tout ouvrier âgé de 60 ans, ayant travaillé pendant 20 ans â la maison.
Cette pension est pajée mensuellement, lorsque les titulaires cessent de travailler; cette rente s'éteint avec eux.
Pour y avoir droit, il faudra à Tavenir que les ouvriers fassent partie de la Société de secours mutuels à moins d'empêchements justifiés. En dehors de ces retraites fonctionnent une Société de secours mutuels et une caisse médicale de l'usine.
Nous étudierons plus loin ces deux Sociétés.
Le nombre des employés a toujours été à peu près le môme depuis le début de l'usine, il est de 500 personnes dont 20 femmes environ.
Le nombre des ayant-droit â la retraite depuis le 15 mai 1884 est de iS pour les deux cas. '
1* La Société des secours mutuels se compose de membres honoraires et de membres participants.
Les sociétaires participants s'engagent à payer une cotisation mensuelle, fixée à 1 fp. pour les hommes, et 0 fr. 50 pour les femmes, plus une somme de 5 francs au moment de rentrée»
En cas de blessure ou de maladie, les sociétaires ont droit â une indemnité journalière de 1 franc pour les hommes et de 0 fr. 50 pour les femmes.
Les amendes infligées aux ouvriers de l'usine constituent aussi une des ressources de la Société. En outre des indemnités ci-dessus, les sociétaires ont droit gratuitement aux soins du médecin et aux remèdes. En cas de décès, la Société se charge des frais de sépulture.
Tous les ouvriers admissibles bénéficient de la Société, ils n'ont besoin d'aucun stage. Peuvent aussi en faire partie tous les habitants de la commune.
Tous les ouvriers qui ne veulent ou ne peuvent pas entrer dans la Société de secours mutuels sont inscrits a office à la Caisse médicale de l'usine qui leur assure moyennant une retenue de 0 fr. 65 sur leurs salaires de 4 semaines, les visites du médecin et les médicaments gratuits en cas de blessure ou de maladie. Cette dernière Société est obligatoire pour tous d'après un vote d'ouvriers.
11 est question plus haut des rentes viagères versées aux ouvriers.
llsine da Port-Brillet (JHayeiMe)
L'usine de Port-Brillet (Mayenne) sur la ligne de Paris à Brest, fût fondée en 1620; elle servit longtemps de forge de fer. Elle n'est devenue fonderie que depuis une cinquantaine d'années. Cette usine ne travaille plus aujourd'hui qu'en deuxième fusion et sa production consiste en pièces légères, telles que poteries, poêles, fers â repasser et en général toutes les pièces de commerce. Elle est mue par une force hydraulique de 60 chevaux, fournie par une chute de 7»40,
L'eau manque rarement, néanmoins une machine à vapeur est prête à fonctionner en cas de besoin. Cette usine appartient à M. Gkappée depuis 1882. Il n'a aucun associé, ni commanditaire.
Le nombre des ouvriers est de 250 environ dont une dizaine de femmes.
Bien que Tusine n'appartienne à M. Chappé« que depuis 1882, il a fait profiter les ouvriers de la décision du 15 mai 1884. Le nombre des ayant-droit à ces retraites est de 5 pour le premier cas.
Plusieurs ouvriers ont 20 ans de présence dans Tusine, mais n'ont pas 60 ans d'âge.
Supplément
Quand un ouvrier est victime d'un accident pendant son service à l'usine et que sa blessure le rend incapable de travailler pour le reste de sa vie, une pension lui est constituée pour lui et sa famille et selon ses besoins. Cette rente diminue d'un tant pour cent au fur et à mesure que chacun de ses enfants atteint l'âge de 18 ans.
Si cette rente est versée à la veuve, elle cesse au moment où la veuve contracte un nouveau mariage.
Cette rente est basée sur les besoins de la famille et les conditions établies d'un commun accord entre M. Chappée et sa famille.
Ci dessous copie d'une constitution de rente faite au profit de la veuve d'un ouvrier par M. Chappée. Etude de M* Hnet, notaire à Saint-Jean -d'Assé.
« 5 mai 1883. Constitution de pension par M. Chappée à Mme veuve Leroy.
Par devant M« Victor- Auguste Hnet, notaire à la résidence de Saint-Jean-d'Assé, canton de Ballan (Sarthe), soussigné : En présence de MM. Arsène Baudrier, mouleur, et de Jean Fulbert, mouleur, demeurant tous deux à Sainte-James-sur- Sarthe le premier au Houx, le second à la Loterie, témoins instrumentaires requis et soussignés ont comparu : M. ArmandChappée, fondeur-constructeurdemeurant au Mans, place Saint-Papin d'une part et Mme Angèle- Désirée Sllllére, sans profession, veuve de M. Léon Leroy, demeurant au lieu de la Croix-Vallienne, commune de Saint-Jean-d'Assë, agissant aux présentes tant en son nom personnel qu'en qualité de mère et tutrice légale et naturelle de : 1** Léontine Leroy, âgée de 9 ans accomplis du 20 décembre dernier; 2* Marie Leroy, âgée de 6 ans du 30 octobre dernier ; 3" de Clémence-Alphonsine Leroy, âgée de 4 ans du 2 février; ses trois enfants issues de son mariage avec feu mon dit sieur Lerov. Les dites trois mineures Leroy habiles à se dire et porter héritières chacune pour un tiers ou ensemble pour le tout de mon dit sieur Leroy leur père, domicilié au lieu de la Croix-Vallienne, commune de Saint-Jean-d'Assé, décédé au haut-fourneau d'Antoigné, commune de Saint- James, le 27 avril 1888, d'autre part : Lesquels comparant pour arriver au traité et à la constitution de pension objet des présentes ont exposé que le sieur Léon Leroy sus-nommé était employé comme ouvrier dans les
612 A. CHAPPÉE
chantiers de M. Chappée, aa haut-fourneaa d*Antoigné et qu*il y est décédé à Tépoque sus-indiquée, victime d'un accident. M. Chappée voulant aider Mme Leroy dans le malheur qui Ta frappée, lui a proposé de lui constituer à elle-même et à ses enfants, une pension viagère et temporaire alimentaire.
Mme veuve Leroy esnom qu'elle agit, ayant accepté la proposition faite par M. Chappée, les parties ont arrêté ce qui suit:
Constitution de pension, — M. Chappée déclare constituer au profit, sur la tète et pendant la vie de Mme veuve Leroy qui accepte une pension alimentaire, incessible et insaisissable, de trois cents fï*ancs par. an dont les arrérages commenceront à courir à partir du 1" mai 1888, et seront payables par mois pour le premier versement de vingt-cinq francs être effectué le 1" juin prochain, et ainsi continuer de mois en mois pendant la vie et jusqu'au jour de la mort de Mme veuve Leroy, à partir duquel la pension alimentaire sera éteinte et amortie, et M. Chappée l)ien et valablement libéré de son service.
Il demeure expressément convenu entre les parties que cette constitution de pension alimentaire cesserait d'avoir son effet, et devrait être considérée comme nulle à partir du jour où la veuve Leroy viendrait à convoler à un second mariage, et par le seul fait de sa célébration M. Chappée serait bien et valablement libéré du service de la dite pension, mais serait obligé de verser à Mme veuve Leroy, en mains de son nouveau mari une somme de mille francs, le lendemain du mariage à cause de la rente perdue par suite de mariage.
M. Chappée, en outre, déclare constituer ce qui est accepté par M™* veuve Leroy, au proftt des trois mineures Leroy. une pension alimentaire incessible et insaisissable de cent IVancs par an, soit pour les trois, trois cents francs par an dont les arrérages commenceront aussitôt à courir à partir du premier mai mil huit cent quatre-vingt-huit et seront aussi payables par mois ; pour le premier paiement de vingt-cinq IVancs, le !•' juin prochain et ainsi continuer de mois en mois, jusqu'au jour oii lesdites mineures atteindront chacune leur dix-huitième année. En conséquence, M. Chappée se trouvera libéré de la pension de cent IVancs constituée au proftt do chacune desaites trois mineures Leroy, au ftir ei â mesura» qu'elles atteindront leur dix-huitième année. De convention expresse et formelle entre les parties ; il demeure convenu ici qu en cas de décès desdites mineures Leroy avant qu'elles atteignent leur dix-huitième année ; M. Chappée se trouverait bien et valablement libéré de la pension constituée au proftt de chacune desdites mineures, à partir du décès ou des décès respectifs de chacune d'elles sans aucune indemnité de la part de M. Chappée-
Il est convenu encore que dans le cas oii Mme veuve Leroy viendrait à décéder, soit en état de viduité, soit remariée avant la dix-huitième année de chacune de ses trois enfants, que la pension alimentaire ci-dessus constituée à chaque enfant, serait augmentée de trente-trois francs, trente-trois centimes par an et par chaque enfant n'ayant pas dix-huit ans, lequel supplément de pension alimentaire serait payable de la même manière que la pension principale.
Les paiements de ces pensions auront lieu en bonnes espèces d'or et d'argent ayant cours et non autrement, à la rorgo d'Antoigné, commune de Sainte Jammes-sur-Sartke, dans les bureaux de M. Chappée.
Mme veuve Leroy ne sera pas tenue de fournir certificat de vie pour elle et ses enfants pour toucher les arrérages des pensions alimentaires ci-dessus constituées tant qu'elle habitera le département de la Sarthe.
Et il est formellement stipulé ici que les pensions alimentaires ci-dessus consenties, etc , etc.
IMieiété de seeoum matuels
Hésumoas-nous. Les institutions ouvrières paraissent avoir tout particulièrement préoccupé M. Chappé«.
Une Société de secours mutuels est établie dans chacune des deux communes où se trouvent les usines.
Ces deux Sociétés sont communales et approuvées.
Moyennant une cotisation de 1 franc par mois pour les hommes et 0 fr. 50 pour les femmes, chaque membre a droit à une indemnité quotidienne de 1 franc pour les hommes ou de 0 fr. 50 pour les femmes, en cas de blessure ou de maladie. Il a droit, en outre, aux soins du médecin et aux remèdes gratuits.
CalsM médimle
Pour les ouvriers qui ne peuvent ou ne veulent pas faire partie de la Société de secours mutuels, une Caisse médicale a été établie parla maison, comme nous l'avons vu, et un vote des ouvriers l'a rendue obligatoire.
Cette Caisse médicale, qui est administrée par la maison, assure à chaque adhérent les visites du médecin et les médicaments gratuits, moyennant une retenue de 0 fr. 65 sur le salaire de quatre semaines.
Pension de retraite
Enfin, et ainsi que nous l'avons déjà dit, à tout ouvrier âgé de 60 ans, la maison fart une rente de 365 ft^ancs, lorsqu'il a travaillé 30 années dans la maison, et une rente de 150 francs s il y a travaillé 20 ans seulement.
Ces rentes sont faites aux ayants droit, sans aucune retenue j^réalable.
Voici le tableau des principaux collaborateurs de la maison A. Ghappée, si paternelle pour tout son personnel :
Personnel des bureaux :
M. Contour An^nste, fondé de pouvoirs.
MM. Emmiwmet L.etoam«nx, chef-comptable.
Edward Carreau, secrétaire.
Heurt Logeais, comptable.
Frauçotn Ktetu, — Dante! Tanvry, —
l^éou Girard, commis d^ordre.
Femand roirier,Cétesttn «auttlar, Hlppolyte PUIard,
614 A CHAPPÉE
A«c«Bte Uatet, Léandre Hatel, Bu^èBC €•■!«■(«, Hlpp^lyle AUUt, Fonni^r flU, comptables.
Georges Hëaaser, représentant.
Personnel des usines
MM. Laclen Thnritlet, ingénieur.
Edouard AesehampB, dessinateur Ernest Plchon, —
Alfred Hérelle, ^
USINE D'ANTOIGNÉ (sarthb)
MM. Etienne Edet, directeur.
Edmond Rontlen, chef de fabrication.
Pnaenl Dagorenn, contremaître de la Moulerie. Gnstave Rose, — —
Anifuste Hns, — —
Ernest Ra^ot, — de Tajustage.
Lonla Holrean, — de FéDarberie.
Constant Denis, — des expéditions.
Félix Hnet, — des réceptions.
Jean Pelller, chef de manutention.