MM
Louis Chanteux, 52 années de présence.
Constantin Chanteux, 51 années de présence. Jacques Legrand, 43 — —
Alexandre Lochu, 37 — —
Aristide Legrand, 35 — —
Pierre Legrand, 34 — —
François Lëvêque, Vincent Michel, 33 années de présence. François Métayer, 81 années de présence.
Victor Métayer, Adolphe Chevallier, François Renard, 80 années de présence.
Auguste Gandré, Louis Chevalier, François Corbin, Julien Békin, Gervais Ligot, Félix Boutruche, 29 années de présence.
Adolphe Gasnier, Louis Poulain, 28 — —
Alexandre Souzé, Joseph Delhommeau, François Perdereau, Louis Canet, Victor Barcfet, 27 années de présence.
Et ainsi de suite, ce sont les ouvriers ayant douze, treize et quatorze années de présence qui sont les plus nombreux.
KUitorlfiiaey Spécialités et Coitsistanee
Les usines de M. Ghappée sont situées, Tune à Antoigné, près la gare de Montbizot (Sarthe) ; l'autre à Port-Brillet, dans la MayenuQ, sur la ligne du Mans à Rennes.
Dans ces deux usines, qui occupent huit à neuf cents ouvriers, le tonnage de la fonte journalière miseen œuvre s'élève actuellement à 100 tonnes. Ces mines sont outillées et organisées pour fondre 150 tonnes par jour.
Cette maison a été fondée en 1842 par MM. Doré et Chevé, qui étaient de simples ouvriers n'ayant pour capital que leurs économies. Ils fabriquèrent les pièces de fonte nécessaires aux mécaniciens et charrons du pays, lorsqu'on 1850 commença la construction des lignes de chemin de fer. Ils comprirent tout l'avenir réservé à leur industrie et développèrent immédiatement leur usine pour la fabrication des coussinets, des ponts en fonte, des plaques tournantes, des grues, des changements en un mot de tout le matériel lixe de chemin de fer.
M. Chappée entra comme collaborateur dans la maison en 1856 et, en 1858, il se mariait avec Une des fllles de M. Doré. En 1860, M. ChoTé se retira et M. Doré resta seul à la tête de la maison qui se composait alors de l'usine du Mans et de celle d'Antoigné (Sarthe). En 186*7, M. Doré recevait la croix de chevalier de la Légion d'honneur. M. Doré ayant deux âUes, la seconde se maria avec M. Hanln, et M. Doré partagea sa maison entre ses deux gendres. A M. Chappée fut donnée l'usine d'Antoigné.
En 1882, M. Chappée ût Tacquisition de l'usine de Port-Brillet (Mayenne).
Ces deux usines datent toutes deux du commencement du seizième siècle et étaient autrefois des ïorges. Le nombre d'ouvriers est d'environ 800, la production journalière varie en ce moment de 80 à 100 tonnes, les usines sont organisées pour produire 150 tonnes par jour. A l'usine d'Antoigné seule, en 1881, le tonnage journalier a atteint 120 tonnes.
L'usine d'Antoigné, située à 20 kilom. du Mans, est un ancien haut-fourneau placé sur les bords de la Sarthe.
L'usine est actionnée pour la fonderie par une turbine et pour l'aJustage par une roue hydraulique. En plus de ces moteurs, chaque atelier possède un moteur à vapeur pour parer au manque d'eau.
Un tramway à vapeur faisant partie du réseau des tramways de la Sarthe, relie l'usine à la gare de Montbizot sur la ligne du Mans à Caen.
L'usine de Port-Brillet est située à vingt-cinq kilomètres de
Coogle
616 A. CHAPPEE
la ville de Layal, sur la ligne du Mans à Renues, aveo laquelle elle est raccordée par un embranchement particulier.
L'usine est placée dans une vallée et aaossée à un barrage ([ui retient les eaux de trois rivières et forme un étang d'une superâcie de 35 hectares.
C'est cet étang qui fournit, avec une chute de 7 m. 60, Teau nécessaire au moteur de Tusine. En cas de sécheresse, le moteur hydraulique est remplacé par un moteur à vapeur.
Cette position de l'usine, au fond d'une vallée, offre en plus de l'avantage d'une chute d^eau un autre avantage non moins précieux.
Le gueulard des cubilots est placé au niveau de la voie de raccordement, de sorte que la fonte en gueuse et le coke sont déchargés directement sur des wagons au gueulard sans l'intermédiaire de monte-charges.
Les spécialités de la maison sont les suivantes : Tuyaux de fonte de 30 "/« à 600 "/" de diamètre et de tous les systèmes.
Tuyaux pour canalisation d'eau sous pression essayés à 200 atmosphères. Bornes fontaines, bouches d'arrosage et d'incendie. Robinets vdnnes depuis 40"/"* de diamètrejusjju'à 800 ■;"». Trappes de recard en fonte asphaltée ; cette dernière exclusivement adoptée par la ville de Paris. Pompes de tous systèmes. Fontaines wallace et autres. Tuyaux de descente unis et coudés . Colonnes pleines ou creuses. Cheminées, grilles à houille, calorifère. Fers à repasser, bancs de ville et de jardin. Machines pour le charronnage, telles que refouleuses ou machines à cintrer. Vis de pression de plusieurs systèmes. Poteries de tous pays. Buanderies. Poids à peser, français et espagnols. Rouleaux pour l'agriculture. Essieux montés. Plaques tournantes. Coussinets de chemins de fer. Changements de voie. Matériel pour installation complète d'usine à gaz. Candélabres. Drains pour écurie à sol horizontal du colonel Brasserie. Fours à rôtir en usage dans l'armée pour la cuisson des viandes.
Résumé
On le voit, ce qui caractérise les établissements de M. A. Chappée, c'est une double particularité. D'abord, le côté artistique de son industrie admirablement mise en relief par la fontaine de Chapu, et le socialisme intelligent et généreux dont il a fait preuve dans ses institutions ouvrières.
Nous n'avons pas cru devoir insister beaucoup sur une fabrication aussi connue que celle delà fonte moulée, dans laquelle M. A. Chappée est passé maître.
Mais nous avons tenu à relater son organisation ouvrière et à montrer la sollicitude que Ton a, aux usines d'Antoigné et de Port-Brillet, pour le personnel.
C'est à cette considération qu'il faut attribuer la haute vècompense d'un Orand Prix (Paris 1889), obtenue par M. Chappée, en même temps qu'à Timportance de la plus grande maison démoulage de toute cette région nord -ouest de la France.
USINES DE PARIS ET ENVIRONS Ôlt
Gt-raixd. Frlx
Ch«yali«r d« la Xiégioa d'hoaneur.
jrosepli DEPOUiLY et FLEVRT
MANUFACTURE DE SERRURERIE A Escarbotin (Somme)
MM. Joseph DepoUty et Flewrr ont fait une superbe exposition qui est sans contredit la plus belle et la plus importante dans rindustrie de la serrurerie; elle est en face de celle de MM. Peai^ot frères. (Commençons par adresser nos plus sincères félicitations à Torganisateur qui a su faire tenir aans un espace très restreint les innombrables spécimens fabriqués par cette maison.
MM. DepoUiy et Fiearjr ne se sont pas contentés d*aillenrs d*exposer leurs produits, ils ont fait plus, ils ont reconstitué rhistoire de la serrure, car dans leur exposition nous voyons des serrures de tous les âges et des principaux pays.
Tous les ffenres j sont représentés, il j en a pour tous les usages et de toutes les dimensions. Certaines parties de la Titrine de ces exposants ressemblent à un étalage d*orfbyrerie finement ciselée. Nous j remarquons des cadenas lillinutieos en or et en argent, destinés à la fermeture de mignons Bracelets, des coffrets à bijoux, véritables meryailles d*art tout en étant de sûreté.
Mentionnons aussi les sayantes combinaisons des serrures de coffre-fort, semblables à des mouvements d'horlogerie, des serrures de portes-cochères et de grilles qui attirent les regards autant par leurs dimensions colossales que par leur Bonne exécution, des serrures de prisons et de cellules.
Cette maison a réalisé de nombreux perfectionnements qui sont garantis par des brevets.
Nous voudrions bien décrire séparément tous ces beaux spécimens, car tous méritent une mention spéciale* mais ni le nombre considérable des objets exposés, ni le cadre de notre ouvrage ne nous permettent cette satisfl&ction. Nous nous contenterons de donner une nomenclature succincte des principales pièces exposées, telles que nous les voyons:
Serrure de 1709 et en regard une serrure de 1889. Verrou-' sûreté de 1789 et un autre de 1889. Verrou de sûreté, dit Tonnais, maitehant à 12 tours. Serrure de ooifre-fort imitée de
618 3. DBPOILLY BT FLBURY
répoque Romaine (cent ans avant notre ère) (1). Type d*ane serrure de Pompeî (an 86 avant notre ère), reconstitue d*après le i>ène original figurant dans la vitrine et retrouvé dans les Ibuilles. Une serrure tour 1/2 à larder» deux chanfreins,
Sropre à fermer des glacières (invention de la maison). Bece-cane en large, 0",025 sur 0,140, à soutien de béquille (invention de la maison). Bee-de-cane en large, 0,050, avec soutien de béquille (invention de la maison), orevet 152,871 ayeo addition, 12 mars 1884. Bec*de-cane à larder, 2 fouillots, dont un avec soutien de béquille (invention de la maison). Bec-decane de wagon, pêne acier, avec poignée bronze. Armoire à pène-dormant 3 gorges, de 0-,0S5, marchant à 2 tours, une clef spéciale pour chaque tour (invention de la maison^. Becde-cane de devanture, reotanffulaire, à soutien de béquille, modèle spécial. Bec-ae-cane ae deyanture faisant Tobjet du brevet 152,371. Serrure de sûreté de devanture, même système. Sûreté de devanture, rectangulaire, à 4 gorges mûmes d'un seul ressort (invention de la maison). Châssis de boîtes & lettres, avec pompe, inyention faisantrobjet du brevet 185,491. Cadenas, façon allemande. Cadenas, modèles de rartilleria française. Cadenas de tontes sortes. Chaînette imaginée pour ' reporter le bouton de la serrure. Coffrets à bijoux, moirés, acier. Coffi*ets à b^oux, décorés, capitonnés. Serrure à demitour, fonctionnant par pression sur le canon et sans clef. Logueteaux de chemin de fer. Loqueteaux à clavette usités en uisse. Loqueteaux divers. Paumelles estampées J. D., nœuds rabotés, bagues cuivre. Paumelles cuivre à démonter, usitées dans les Pays-Bas. Fiches estampées, nœuds rabotés, bagues enivre J. D. Pompes seules, de tous les modèles, fï*ancais et étrangers. Pène-dormant noir à gorges, les gorges à tête (invention de la maison). Pène-dormant pour porte à coulisse, la Sène fermant avec 2 crochets (invention de la maison). Pèneormant ae chapelle, stjle gothique. Pène-dormant 1/2 tour, entrée contrariée (invention de la maison), ayant pour objet d*empêcher de voir à travers le trou de la serrure. Pène-dormant 1/2 tour, fouillot à couteau, brevet 178,109. Pène-dormant 1/2 tour en large, soutien de béquille, brevet 152,371. Pène-dormant 1/2 tour en large, 0»,060 X 0-,140, soutien de béquille, marchant des deux côtés (invention de la maison). Pène-dormant 1/2 tour, 0",035 x 0"*,140, allant des deux côtés (invention de la maison). Pène-dormant 1/2 tour, entrée et fouillot à 0"',0t2 de la têtière, avec soutien de béquille (invention de la maison). Pène-dormant 1/2 tour, cadre cuivre chanft*einé. Pène-dormant 1/2 tour en large, gâche de répétition, cadres acier, clefs forées à gorges, entrée et fouilloi sur la même ligne de chaque côté, fouillot soutien de béquille (invention de la maison). Pène-dormant 1/2 tour, fermant à mentonnet, pour porte à coulisse, avec clef à condamnation (invention de la maison). Pène-dormant 1/2 tour à larder, têtière contre coudée, à soutien de béquille (invention de la maison).
(1) Catto M rrurt «it eonttruito pour ft rmar ma «effiré-fon qui isit
S»rtif dm Miué» d* MapUs si dsat U i^otographi* «ml Mpeséa à o6té s la serran.
Pène-dormant 1/2 tour, pour porte d'escalîer,â deux fouillotg, avec soutien de béquille, brevet 152,311. Appareil se composant de serrures et crémones nickelées, en usage en Amérique. Pène-dormant 1/2 tour à larder, à gorges, de 0»,140 X 0»,0035 (invention de la maison). Pène-dormant 1/2 tour à larder pour asile d'aliénés, le fouillot fonctionnant avec une clef (invention de la maison).
Serrures de luxe, divers modèles. Serrures de prison et de cellules. Sûretés ancien modèle, clés à trèfle, clés à pique. Sûreté de grille, cadre uni en acier, avec fouillot soutien de béquille (invention de la maison). Sûreté à 6 gorges, nouvelle invention, fermant avec 2 pênes, une clé faisant fonctionner un seul cène et Tautre clé maîtresse faisant marcher les deux pênes. Sûreté à gorges avec demi-tour incrochetable (invention de la maison), gorges à tête, modèle déposé. Sûreté & > pompe, clés à étoile (invention de la maison). Sûreté usitée en Suisse. Serrures de coffres-forts de tous modèles. Verrousûreté à pompe, brevet 183,491, 2 tours réunis dans un seul. Verrou-sureté 5 gorges J. D., modèle déposé. Verrou Egyptien, fermant avec une serrure. Moules en cuivre. Serrures, modèle de la Marine française.
(Nota. — En 1884, l'administration de la Marine française a fait établir sur plans des échantillons ayant pour objet Tadoçtion de nouveaux types de Serrures, la maison Dcpolilv était au nombre des maisons chargées de construire ces échantillons.)
Verrous à entailler en feuillure, avec levier du deuxième genre, diminuant Tentaille à faire dans le bois (invention de la maison, modèle déposé). Clés de tous les modèles, pour la vente en Belgique, Hollande, Suisse, Italie, Espagne, Russie, etc. Serrure cuivre, pène-dormant 1/2 tour, a manivelle, pour torpilleur, modèle J. D.
Sûreté 6 gorges, avec clé spéciale pour l'intérieur ; dans ce système nouveau, on évite la symétrie dans la division des clés, symétrie extrêmement nuisible à la variété, ainsi qu'on peut le voir par le tableau ci-après :
Sûreté 6 gorges, clés bénardes, entrée correspondante, avec symétrie dans les gorges.
H J a parité dans 2 gorges placées sYmétriquement, de sorte qu'en fait, on trouve 3 paires de gorges qui donnent avec la division pour la barbe du pêne :
4— 3 — t— 1— M variétés.
Sûreté 6 gorges, clé spé* ciale pour l'intérieur, sans symétrie dans les gorges.
6 gorges indépendantes et la division pour la barbe du pêne dor<^ mant:
7— 6— 5—4— 3— «—1 — 5040 variétés.
(On peut encore doubler, tripler, (Quadrupler cette quantité, en variant la position de la âve.) .
Institutions OuTrières
En 1836, la maison DapolUy ft^ères fonde un atelier pout donner à ses productions le caractère d'uniformité et de fini Qui jusqu*alors avait manqué, puisque la serrure était, à cette époque, confectionnée par des ouvriers disséminés travaillant à leur guise. G*est à cette date qu'il faut placer Tapparition en Picardie des premiers ateliers de serrurerie ; il existait
620 J. DEPOILLY ET FLEURY
déjà des ateliers, mais on y fabriquait des cylindres cannelés pour filatures et non des serrures. Tel est le point de déiMirt d'une transformation ^ui ira toigours grandissant jusqu'à nos jours, et actuellement il n'ja plus que des ouvriers travaillant à façon.
En 1856, la maison occupe environ 25 ouvriers au dedans et 170 au dehors; deux ans après, le chiffre des ouvriers de Tatelier est doublé et une Société de secours mutuels est installée
Sour eux. Moyennant une cotisation de 0 fr. 10 par semaine, es secours sont donnés à tous; grâce à rencaissement de minimes amendes et à la cotisation de Membres honoraires, la caisse est dans des conditions satisfaisantes.
Depuis trente-deux ans que cette Société fonctionne, elle n*a jamais donné lieu à réclamation.
Le nombre des ouvriers de la maison est actuellement de 500, dont 100 dans les ateliers et 400 au dehors. .
0«fUl»se
Le principe de la maison a toujours été le suivant : « Fabri-
âuer elle-même tous les organes de la serrure, pour réunir ans ses mains les bénéfices dont profitent des tiers, — lorsque ces tiers interviennent pour une part quelconque dans la production, — et, par cela même, produire à bon marché tout en maintenant le salaire des ouvriers. »
L'application de ce principe a eu pour conséquence directe de favoriser la rapide extension de la maison, qui passe aujourd'hui, à juste titre, pour l'une des mieux outillées de la Picardie.
Sans entrer dans le détail du complexe outillage que comporte la fabrication de la serrurerie, il est juste de taire observer :
Que c'est la Maison qui, à la suite d'un voyage d'études fait en Angleterre par M. Depolltjr a monté en Picardie les premiers « moutons » comme aussi les premiers « étaux limeurs » fonctionnant mécaniquement;
Qu'elle a créé et fait exécuter, pour la fabrication de ses ressorts, un type de laminoir spécial construit de telle façon que l'acier est disposé en une bande ayant 1 millimètre à une extrémité et 2/10 de millimètre à l'autre;
Qu'elle a inventé une machine pour percer les paumelles, travaillant sur quatre pièces à la fois;
Qu'elle a monté une fonderie de cuivre et de bronze et un atelier pour le tournage de ces matières.
La Maison Joseph Depoilty et Fleary et une autre ayant son siège commercial à Paris, sont les seules de Picardie qui ne soient pas tributaires des fonderies pour les pièces en cuivre nécessaires à la fabrication des serrures.
FowraitaMs imitmm é TEtot
En 1858, un marché de gré à gré pour trois ans, plusieurs fois renouvelé, et d'une valeur de 100,000 fï*., fut passé avec M. HepoUly par l'administration de la Marine de Toulon. Depuis cette époque, la Maison n'a jamais cessé de travailler
ponr nos différents arsenaux maritimes ; elle a même encore actuellement des marchés en cours d*exécution.
En 1870, alors que, sous le coup de désastres douloureux, rindustrie languit et 8*arréte , la maison ne ferme pas son usine; elle occupe ses ouvriers à la fabrication des aiguilles de fusil Ghassepot.
Délégué par le Gouvernement de la Défense nationale, M. Rédier, résidant alors au Tréport, visita toutes les fabriques de serrurerie de Picardie pour demander qu*on lui flt des aiguilles qui, jusque-là, fabriquées par la Maison Barlqnand, de Paris, allaient manquer par suite de Tinvestissement de la capitale.
Seule, la Maison Joseph Dep^llly consentit à étudier Taffàire, et, après de laborieux essais, elle parvint à faire Tembouti de la tête des aiguilles au moyen de petites matrices opérant graduellement. Elle fit venir des aciers d* Angleterre, organisa une fabrication spéciale dans ses ateliers, et sur la demande de M. Rédier, consentit ensuite à fournir des aiguilles simplement embouties qui furent terminées par M. Deléplne, fà.bricant d'horlogerie à Saint-Nicolas d*Aliermont ; plus tard même , M. Depolllj construisit . pour M. DeléplMe, l'outillage nécessaire a la fabrication de la tête.
Ainsi, non-seulement la Maison Joseph Depolily a servi la défense nationale en fà.isant des aiguilles Ghassepot, mais encore elle a fourni à une autre Maison, et avec le plus grand désintéressement, le moyen d*en fabriquer, favorisant dé la sorte la rapide production de ces aiguilles dont nos arsenaux allaient manquer.
Voici les quantités d*aiguilles toutes finies, livrées mensuellement par M. D«polii7, et dont une partie ont été fabriquées pendant Toccupation prussienne :
Novembre
Décembre
Janvier
Février
Mars
Avril
Au total
représentant le travail d'environ cent ouvriers durant cinq mois.
A différentes reprises, TArtillerie s'est adressée à la Messieurs Dep^llly et Flenry pour la fourniture de ses Gadenas de coffres, et tout récemment encore (Novembre et Décembre 1888), par un double marché de gré à gré, elle lui a confié une commande de 7.000 de ces Gadenas, lesquels ont été livrés très rapidement.
Brevetai pris par IHIII. Bepoillx et Wleurj
Les brevets pris par les Etablissements qui nous occupent sont au nombre de treize.
11 serait trop long d'entrer dans le détail des perfectionnements qui ont donné lieu à ces Brevets ayant pour objet des
622 J, DEPOILLY ET FLEURY
améliorations apportées à la fabrication de la serrnrie, mais on peut affirmer qu'ils ont eu, pour la plupart, un résultat pratique.
Historique e$ CSmMistonw.
Uindustrie de la Serrurerie, qui occupe aigourd'hui près de 6,000 ouvriers dans les cantons d*Ault, Saint-Yalery, Gamaches et Moyenneville, et qui a conquis aux populations qui Texercent une renommée universelle, n*a pas eu d'historien pour dresser son acte de naissance. On sait seulement que les
Sremiers serruriers apparurent à Escarbotin vers la moitié u xYii* siècle; mais, comme toujours, les débuts furent laborieux, et, cent ans après, il n'y avait encore en Picardie que 200 ouvriers serruriers. C'est seulement à la fin du xviii* siècle que la Révolution française, changeant la face des choses, imprima un mouvemert considérable à cette industrie qui devait devenir pour tout le Yimeu une source de prospérité, et pour là Fraii^ce une branche importante d'exportation.
C'est en 1788 qae Joseph- Wandrille Depoliiy, grand-père du chef de la maison actuelle, s'établit à Escarbotin, commissionnaire en serrurerie. Les fabriques n'existaient pas alors, il n'jr avait que des ouvriers travaillant chez eux et des commissionnaires qai servaient d'intermédiaires entre ces derniers et les acheteurs.
En 1829, au fondateur de la maison succéda l'un de ses ûls, Joseph-Napoléon Depoiily, lequel abandonna la commission pour faire à son compte le commerce des serrures; quelques années après, il s'associa son frère Henry DepolUy ; la raison sociale devint alors : « DepolUy ffkpéres. >
Joseph*Napoléon Depolliv mourut en 1846 ; sa place dans l'association revint à Joseph DepoUly son âls, âgé seulement de 16 ans, et qui, en fin de société, en 1855, demeura le seul chef de la maison. C'est sous sa vigoureuse impulsion que l'établissement a pris une extension considérable et qu'il est devenu l'un des plus importants de Tindustrie serrurière.
Persuadée que l'emploi et le perfectionnement des procédés mécaniques ont pour résultat inévitable d'augmenter la production dans des proportions inquiétantes, la maison a re doublé de zèle en 1880 pour s'ouvrir des débouchés à l'Etranger. Dans ce but, et à partir de cette époque, elle a fait visiter régulièrement l'Espagne et le Portugal, la Belgique, la Hollande, la SuisHe, l'Italie et l'Allemagne, en même temps qu'elle étendait ses rapports aux pays les plus reculés, la Turquie, l'Egypte et l'Extrême-Orient.
Après avoir ainsi complété et développé l'organisation commerciale de la maison, M. Depoliiy Ût un voyage d'exploration dans les centres serruriers de Westphalie« dont Velbert est le plus important. U constata que les procédés mécaniques y sont peu usités et que la Picardie est en avance sur l'Allemagne au triple point de vue de l'outillage, du coup de lime et de l'habileté des ouvriers.
En 1879, M. DepoUly s'associa son premier gendre, M. Seelles, ui, en 1886, céda sa place à son beau-ft*ère, M. Flenry; c'est e cette époque que date la raison sociale actuelle : c Joseph PepoUly et rienry.i
Exposition tmiTerselle Paris 1861« Médaille d'argeni» Exposition nniyerselle Paris 18*78, Médaille d*or. Exposition d*Hanoî (Tonkin) 1887, Hors Cenooars. Diplôme d*honneur, décoration du Dragon de TAnnam. Exposition universelle Barcelone 1888, Médaille d*or. Il est à observer que ces récompenses sont les plus hautes
S[ui aient été attribuées à Tindustrie serrurière dans ces dif« érentes Expositions.
Il appartenait au Jury des. récompenses de 1889 de reconnaître les mérites incontestables de cette maison, et les services qu*elle a rendus à Tindustrie de la serrurerie; il a ratifié le jugement de Topinion publique en lui décernant un Clmnd l^rix et en faisant ehevalier delà Légion d*honneur son habile Propriétaire-Directeur M. Joseph BftMiUy. Ces récompenses ont un caractère français et patriotique qui n'échappera à personne.
624 J. 0. MOUCHBL
DEUIL HEDAlLIiES D*OB
JTp O. HOUCHEIi
Fourneaux, Forges, Laminoirs et Tréfileries pour le Cuivre et ses alliages
Calvres Bloueliel.
Dans la classe 41, à droite et immédiatement après la porte monumentale construite par les forges de Pompey M. Hoaeliel n lait une importante exposition. Elle se compose entre autres d*une grande vitrine de huit mètres de longueur surmontée de deux gradins, au-dessus desquels se trouve un grand panneau vertical.
La vitrine horizontale est abondamment pourvue d*échantiUons de âls de cuivre et de laiton pour tous les usages et de toutes les grosseurs. A gauche de cette vitrine et dans un cadre spécial deux longues tresses d'un blond éclatant, attirent
{>articulièrement les regards ; ces tresses qu'on prendrait de oin pour des cheveux, sont simplement en fils de cuivre et sortent de la tréfilerie de M. Monehel. L illusion est complète et plus d*un visiteur a dû s*y laisser prendre.
Dans la grande vitrine verticale c'est une éblouissante profusion de fils de différents métaux aux couleurs variées et brillantes.
Les reflets chaudement colorés des cuivres rouges ^ui se mêlent font ressortir la couleur et Téclat des laitons qui sont éclairés par les rayonnements clairs de l'argent et du maillechort.
Nous remarquons au milieu de cette abondance de produits un fll téléphonique dont Tàme et Tenveloppe métalliques sont isolées Tune de Tautre.
Sur le premier gradin au-dessus de la vitrine nous vovons sous des globes de verre six petits dévidoirs garnis de fils de cuivre ou laiton des plus uns.
Sur le deuxième gradin se trouve une collection de feuilles de cuivre et de ses alliages, enroulées cylindriquement et sur lesquelles on a dévidé des fils de couleurs différentes de celle de la feuille. Keffet produit par ces oppositions est très original.
Le grand panneau vertical, est divisé en trois cadres contenant diverses pièces en cuivre et des fils de haute conductibilité, pour la télégraphie et les téléphones.
Dans cet amoncellement d'échantillons, nous distinguons les
Produits fournis par Tusine de Boisthor^l et ceux fournis par usine de Tilliêres.
Ln ce qui concerne la première^ nous remarquons :
Des âls de cuivre ronds des diamètres de 7, 5, 4, 3, 2 et
1 millimètres en grandes pièces et une pièce de 65 kilog. de
2 mm;
Des âls de laiton ordinaire ronds, en diamètres de &, 4 et 8 mm. en pièces de 76 à 78 kilog ;
Une petite pièce de 6 dixièmes de millimètre de diamètre est très remarquable.
Des fils de laitons pour ressorts ou élastiques, de 4 et 2 mm. et un de 11 dixièmes de millimètre ;
Des ûls de laitons moulurés, de profils variés ;
Des laitons pour vis de chaussures ;
Des fils demi-jaunes anciens, de 6 dixièmes, 15 dixièmes et
5 dixièmes de millimètre ;
Des demi-rouges de 6 mm. et de 11 dixièmes de millimètre pour ressort d'obus ;
Des ûls en bronze de canons pour différents usages, dont les diamètres sont 5 mm., 3 mm et 6 dixièmes de millimètres ;
Laiton à chaîne, une couronne de 21 kilog., de 1 mm. de diamètre, et un autre échantillon de 6 dixièmes do millimètre de diamètre ;
Des ûls de maillechort de 5 mm., 1 mm. et 6 dixièmes de millimètre de diamètre ;
Des fils de bronze blanc de 7 mm. et 1 mm. de diamètre ;
Des fils demi-rouges ordinaires de 1 mm., 15 dixièmes et
6 dixièmes de millimètre de diamètre ;
Des p/af ans, des paillons et des bâtons à doreurs en cuivre épuré ;
Dès pylônes garnis de différents fils, etc., etc.
Les produits fournis par Tusine de Tillières sont très nombreux et variés. En voici la nomenclature :
Des fils de laiton ordinaire (carcasse) n® 25 dur ; n'* 16 et 20 mous. Des fils demi-mous pour tamiserie et brosses ;
De nombreux échantillons de laiton ordinaire, étamé, spécial
Sour trame, nour ressorts, pour chaînes de toiles métalliques ; es jaunes, des demi-jaunes, des demi-rouges dressés pour doreurs. Puis une série de fils cuivre rouge pour toiles, pour pianos et pour appareils électriques ;
Ensuite la série des bronzes ; il y en a de tous les diamètres et pour tous les usages. Voici les bronzes durs, bronze de canons pour chaînes, bronze pour élastique de métier Jacquard;
Des fils en maillechort dressés pour doreurs.
Tous ces échantillons sont représentés par des pièces de différents çoids ou portés sur des dévidoirs.
Voici maintenant le groupe des planches et des bandes ; nous y voyons 2 planches de laiton saines écrouéos de 2» 11 X 0.68, d'une épaisseur de 18 dixièmes de millimètre et une de 1/2 millimètre.
Cinq autres planches en cuivre rouge écroules de différentes dimensions et d'épaisseurs diverses. Des bandes à cartouches saines et dérochées ; des bandes de maillechort.
Dans la classe 62, M. Monchol, nous montre encore des produits venant des deux usines dont nous venons de parler. Ceux-là sont spécialement destinés à l'électricité.
Pour Tusine de BoisthoreU citons des fils de cuivre de haute conductibilité, ronds de diamètres aussi nombreux que variés»
626 J. 0. MOUCHEL
des méplats de diverses épaisseurs et largeurs, des coins jpoor collecteur, des disques Gaulard, des bronzes chromés télégraphiques en âls ronds de différents diamètres, nus, étamés on plombés.
Cuivre et Magnésium téléphonique de diamètres variés et de différents degrés de conductibilité.
A signaler le nouveau fll téléphonique en chromo-bronze très curieux et très pratique donnant 50 0/0 de conductibilité du cuivre pur et 75 k°» de charge de rupture au '"/™ '.
Ce fll est destiné à remplacer le type adopté jusqu'à ce jour par toutes les administrations et qui pour 75 k^* de charge au »»/"*' ne possède que 30 à 40 0/0 de conductibilité.
Signalons encore des Maillechort et cuivre arsenical de plusieurs diamètres.
Pour Tusine de Tillières nous voyons des fils de cuivre de haute conductibilité; un échantillon de fll très mou.
Cuivre étamé pour câbles en pièces de 20 à 22 kilog. de fabrication courante.
Nous remarquons également une pièce de 61 kilog. de fabrication spéciale d*un diamètre de 6 °7».
Maillechort dur et mou. Cuivre et arsenic de différents n*"*.
Plusieurs rouets et fuseaux garnis de fll arsenical de 17 millièmes de millimètre de diamètre.
Plusieurs bobines de tréfllerie garnies de fils cuivre et maillechort de divers numéros.
La maison Monehel oui, dans ses précédentes expositions, exposait des pièces de nls télégraphiques pesant jusqu'à 300 kilog. en un seul bout, sans soudure, a cru devoir renoncer à ce système, et n'a présenté cette fois que des pièces absolument courantes, qu'elle peut livrer journellement, sans augmentation de prix.
Les très forts poids sont d'une manipulation difficile, qui entraîne un surcroit de frais, et les fabricants de machines n'en veulent pas, pour le même motif ; ils préfèrent se servir de pièces pouvant être maniées, sans trop de difficulté, par un seul homme, et arriver aux longueurs qui leur sont nécessaires, par deiâ soudures,
Filfl au Tellure
Au moment de l'Exposition, M. Moaehel a reconnu que le Tellure, introduit dans le cuivre, lui donne une force mécanique, supérieure à celle qu'on obtient avec le Magnésium et affecte encore moins sa conductibilité, à la dose de 1/1000*. bes résultats obtenus sont les suivants, en fll de 0 mm. 50 de recuit :
Résistance 81.50. Conductibilité 99.80 •/«. Allongement 1.82.
Charge de rupture au ™/» carré 41 kilog. 35.
M. irioneliel s est donc fait breveter pour cette découverte, car il compte que ce nouvel alliage trouvera de nombreuses applications en raison de ses qualités particulières et sera d autant plus intéressant que le Tellure n'a eu jusqu'à ce jour aucun emploi industriel.
Résumons dans un tableau les résultats obtenus avec les nouveaux fils de bronze pour lignes téléphoniques :
RÉSISTaMCI
Gbàrgb
POlDft
LORGCKUR
pir kilomètre.
de rupture
ptr kilomètre.
ta kilogramme.
Ohms
J. 0. MOUCHEL
RSSISTARCK
Charcc
Poids
LoRGCBim
par kilomètre.
de mptttre.
par kilomètre.
as kiiogrtmme.
Obms.
Nota. — Lot réftiitiac^i m npportent à l'Ohm Légal, ot.à la température de 0*
Historique et Conmimimwkme.
La maison Hoaehei est une des plus anciennes de France, pour la fabrication des fils de fer et de laiton. On ne saurait préciser à quelle date la famille Moaeliel s'est consacrée à cette industrie, mais il est certain qu'elle s'y livrait au commencement du dix-huitième siècle, puisqu'on possède des registres de comptabilité remontant à Tannée 1709.
Il est probable qu'on doit placer à la même époque l'invention de la bobine de tréfllerie, destinée à éviter les morsures de tenailles et qui est due à un M«aeliel, le grand-père de Jeaa-BttptUtr dont nous parlerons plus loin.
Au début, les Moaehel n'avaient pas d'usine, et faisaient fabriquer dans les campagnes; ce n'est qu'en 1768, que Jeaa-Baptlste Moaeliel achète l'établissement de Boisthorel. situé communede Ray, près Laigle. A partir de ce moment les affaires de la maison prennent une grande importance, et S, B. Honehel en 1772 sollicite près de l'antique corporation des Ferons d% Normandie un brevet de maître de tréfllerie.
Cette institution, dont l'origine remonte à plus de huit siècles, était, comme toutes ses congénères, très jalouse de ses droits, et n'admettait les adhérents qu'à bon escient.
Toutefois, ce n'est que vers 1824 que éemm-Vélïx Monehel au lieu de retréfller simplement des tiU achetés en Normandie, en Franche-Comté, en Allemagne et en Suède, installa des fonderies et laminoirs pour fabriquer, de toutes pièces, le laiton dont il avait besoin. On se servait alors de Imgotières en grés^ formées de deux dalles posées à plat l'une sur l'autre (quelques-unes existent encore dans le pavage des fonderies actuelles de Boisthorel) ; ces lingotières avaient de nombreux inconvénients, et P.-J.-F. Boueliel ne tarda pas à les remplacer par des linffotières en fonte, système fort simple, mais lui n'avait pas été imaginé jusqu'alors.
Bientôt les moyens de production devenant insuffisants, P -J.-F. H«iiehel entreprend de les augmenter dans des proportions considérables ; il n'hésite pas à engager dans ses usines la msgeure partie de ses capitaux, sacrifiant chaque année de fortes sommes pour améliorer non seulement son matériel, mais encore ses produits, grâce auxquels il se crée une réputation européenne, qui ne fait que grandir jusqu'à sa mort, en 1871.
A partir de ce moment, M. J.-O. Moaehel devient chef de la maison, et non content d'en maintenir la vieille renommée, cherche à l'étendre par de nombreux perfectionnements et la création de nouveaux produits, parmi lesquels on peut citer en première ligne, les fils télégraphiques. Cette dernière fabrication a contraint de doubler et au-delà l'importance des anciens ateliers.
Aujourd'hui, la maison dispose d'une force motrice de 450 chevaux, dont 330 à Boisthorel et 120 à Tillières.
L'établissement occupe 200 personnes, dont 120 ou 60 0/0 comptent plus de dix ans de présence dans les ateliers.
45 ouvriers ont plus de 30 ans de service dans la Maison. Sur ce nombre, 12 sont décorés de la médaille d'honneur du travail.
Ô30 J. 0. MOUCHEL
Ces existences passées tout entières auprès des mômes patrons indiquent assez que de générations en générations les ouvriers ont été traités avec sollicitude et que rien n'a été négligé pour conquérir leur attachement a la Maison Moaehel.
Il existe aux Usines une Société de Secours Mutuels entre ouvriers pour venir en aide aux malades.
Cette Société s'administre librement.
Les accidents sont à la charge de la Maison.
On sera peut-être surpris qu'elle ait conservé deux établissements, distants d'environ 40 kilomètres, au lieu de les réunir en un seul ; c'est qu'il serait bien difficile aujourd'hui de déplacer la population ouvrière, dont une grande partie est arrivée, grâce a ses habitudes d'ordre et d'économie, à posséder, aux environs des usines, une demeure avec un peu de bien.
l^rodueiion
La production des usines se décompose de la manière suivante :
Les fonderies, situées sur un embranchement de la ligne de Paris à Granville, peuvent fournir par mois :
En cuivre rouge 150.000 kil.
En laiton 120.000 —
non compris les tombants et il est facile, suivant les besoins, de forcer sur l'une ou l'autre de ces qualités, en changeant la destination des fourneaux.
Les laminoirs peuvent livrer par mois :
En fils, 100.000 kil. de cuivre rouge et 50.000 kil. de laiton.
En platons et bâtons à doreur, 25.000 kil.
En planches laiton et bandes à cartouches, 60.000 kil.
Les tréfileries peuvent produire chaque mois :
En fils télégraphiques de 3 "»/" et au-dessus, 75.000 kil.
En fils télégraphiques au-dessous de 3 "/", 25.000 kil.
En fils de laiton de 3 »/■» et au-dessus, 25.000 kil.
En fils de laiton au-dessous de 3 «/">, 25.000 kil.
Sur ces quantités, la tréfiierie de fils à carcasse peut produire facilement de 10 à 12.000 kil. par mois, suivant les numéros.
La maison Moaehel s'est fait une spécialité des travaux délicats; en grosse tréfiierie, elle se recommande par la pureté de ses alliages, la longueur des pièces et la régularité des diamètres; en petite tréfiierie, elle fournit les produits les plus rares comme fini et comme finesse.
Les principales applications de ses fils laitons sont les suivantes :
Dents de peignes à tisser; Vis de chaussures; Vis à bois; Ressorts; Brosserie; Tamiserie; Toiles métalliques de pape* terie; Fausse bijouterie; Passementerie; Moulures de meubles, etc.
On livre ces fils nus ou ëtamés, suivant la demande.
Nous appelons spécialement l'attention du lecteur sur les fils que la maison MoBehel fabrioue avec le bronze des canons : ces fils servent à une foule d'usages industriels, notamment
aux gratte-brosses, aux brosses ordinaires, aux tamis et aux toiles métalliques de papeterie, emplois pour lesquels leur grande résistance mécamque les rend précieux. Nous ferons remarquer que c'est la maison Moueliel qui, la première, a appliqué à Tindustrie cet alliage auquel on n'avait songé que pour la guerre.
Les fils de cuivre s'emploient pour les pianos et surtout pour les applications électriques.
Les plancnes de cuivre et de laiton servent pour la chaudronnerie de ménage dite c au repoussé ; » pour les instruments de musique, l'estampage, le découpage, etc.
Les platons de cuivre rou^e sont destinés à la fabrication de tous les objets en plaque pour Torfèvrerie et les réflecteurs de> lampes ; quant aux bâtons, ils sont consommés par les doreurs qui les transforment en faux-traits.
Une usine spéciale, dite la Forge cTAube, est pourvue de tous les appareils métallurgiques, bocards, lavoirs, fours de grillage, cuves à tuyères, fours à réverbère permettant de raffiner les cuivres impurs du commerce et de mettre à neuf les déchets de fonderies, craies de laminoirs, boues et balayures de toutes sortes provenant des divers ateliers.
Depuis quelque temps on y raffine aussi le nickel destiné à la fabrication du maillechort.
Nous ne pouvons mieux terminer cet article qu'en publiant le livre d'or de cette remarquable maison, il est assez éloquent pour nous dispenser de tous termes élogieux à son égard.
Récompenses obtenues par la maison Mouchel. — 1807 une médaille d'argent. — 1819, médaille d'or. — 1827, id. — 1829, id. — 1834, id. — 1840, médaille de bronze. - 1849, médaille d'or.— 1855, médaille d'honneur, Paris. — 1839 et 1844, membre du jury. — 1858 et 1864, premiers prix, Angers. — 1865, diplôme d'honneur, Bordeaux. — 1867, médaille d'or, Paris. — 1844, croix de chevalier de la légion d'honneur à Pierre* Jean -Félix Monehel. — 1855, croix d'officier au même. — 1878, médaille d'or, Paris. — 1885, médaille d'or, Anvers.
Récompenses obtenues dans la section de l'électricité. — 1881, méaaille d'argent, Paris. — 1883, croix de chevalier de l'ordre François-Joseph d'Autriche, décernée à M. 4.-0. Moo. ehel, à Vienne. — 1884, croix de chevalier de la couronne d'Italie.— 1885, diplôme d'honneur, Anvers.— 1889, Médaille ii'Or dans la classe 41 (métaux). — 1889, mLéaaille d'Or dans la classe 62 (électricité).— 1889, Croix de Clteiralier de 1» Iié||ion d'Itonneiir, décernée à J.-0. Monehel, le propriétaire et le directeur actuel de la maison.
Encore une vieille maison bien Jfï*ançaise fondée par des praticiens, se tenant successivement à la hauteur de tous les progrès et portant à l'étranger le renom de notre industrie. Ce livre es{ plein de ces patriotiques exemples.
632 LEMONIER ET LENICOLAIS ;
MCédalUe d'Or
liEHOXIER A liEMICOIiAIS
Chandeliers, Serrures, Outils divers aux Vallées, à Sourdeval-la-Barre (Manche)
Classe 41, sar le passage conduisant à la Galerie des machines, nous tombons devant une grande vitrine verticale contenant une collection de chandeliers et bougeoirs en feràe toutes les dimensions, chandeliers ordinaires et chandeliers formés par un fet plat tourné en ipirales» C'est Texposition de MM. Lem^Mler et LeMle«Uls.
Au-dessus, cinq rangées de serrures de différentes grandeurs et de différents systèmes.
La rangée du mUieu est composée de serrures en 6ot8, produit spécial de la maison ; puis viennent les serrures avec bec de canne; à droite et à gaucne, des gammes de gâches. Dans la partie supérieure, une collection de cisailles et d'élaaueuseê. Sur le panneau de gauche, des marteaux^ des vrilles^ des mèches^ des vilebrequins^ des pièpes à loups; à droite, une série complète de ressorts et de pinces.
Tout cela est fort bien agencé et disposé d'une façon très décorative, aussi l'exposition de MM. LemoMler et E.eBle«lals a-t-elle été très remarquée. Le jury a fait comme le public, et il a décerné à ces Messieurs une Kédi^ille étOr pour les récompenser de leurs vaillants efforts.
2y£êcletille cl'.A.rGrexit
Maison Lucien MARQUIS
Pointes, Epingles, Dés, Boucles, et Ferrures diverses de Rugles (Eure)
Cette exposition est joliment installée, classe 41, sur le assage qui mène de la classe 47 à la galerie des Machines et u côté de Tavenue de Labourdonnais. M. E.. Marquis nous montre là, les produits bien finis de ses usines.
Nous Tojons d'abord dans une élégante vitrine et disposées avec beaucoup de goût, une série très complète de pointes unes, puis une collection soignée de tous les genres d*épingles depuis la petite épingle presque microscopique servant à épingler et fixer les rubans, jusqu'aux grosses épingles de tapissier, enfin une grande variété d'épingles à cheveux ; il y en a de lisses, d'ondulées, de courtes, de longues.... etc. Nous remarquons ensuite les agrafes ; il y eh a de toutes les grosseurs et de différents genres. Les anneaux de rideaux sont également représentés par un assortiment très respectable.
Nous voici maintenant vers le groupe des dés à coudre qui compte de nombreux spécimens.
Dans cette exposition se trouvent aussi des articles de sellerie et de bourrellerie d'une bonne exécution et d'une grande élégance, plusieurs articles de quincaillerie, et une série de boucles et ferrures pour harnachements militaires.
Historique et Conslstence
Cette maison eut des débuts modestes : M. Marquis père la fonda, en effet, en 1842, avec de faibles ressources.
Mais, grâce à l'expérience du fondateur et au concours intelligent, assidu et dévoué que lui prôtèrent» malgré leur jeunesse, ses deux fils MM. Callxte et Laelea Marqnis, les affaires de la maison prirent rapidement une grande extension.
Au bout de quelques années a peine, grâce à l'importance et la perfection de sa fabrication, la maison MarqnU et llls ffMres avait conquis le premier rang dans son industrie et ses relations commerciales s'étendaient non seulement dans toute la France, mais encore dans l'Europe entière et jusqu'aux deux Amériques.
Ce résultat a été dû évidemment à ce fait que MM. Marquis et llls frères, toij^ours attentifs à suivre, au jour le iour, les progrès de la science industrielle, n'ont jamais recule devant aucun sacrifice pour doter leur maison des instruments de travail les çlus perfectionnés.
Dès l'origine de la fabrication mécanique des pointes, puis de» agrafes et enfin des épingles, ils ont été des premiers à