‹ Les mines et usines en 1889Chapitre 125 sur 199 · L. P. COURVOISIER · texte numérisé non relu

L. P. COURVOISIER

Clons-crampons mobiles pour ferrures à glace breveté s. g. d. g.

A FOISTAINEBLEAV

Voici une exposition que je souhaite vivement de voir se multiplier; c'est la modeste exposition d'un travailleur. Mais si Tobjet qu'il nous présente est humble dans sa forme, il est d'un intérêt capital dans son application, car il s'adresse au plus aimé de nos animaux domestiques, au cheval.

Le clou-crampon que M. Conrirolsler, nous présente est en fer forgé, et principalement destiné pour les mauvais temps d'hiver. Sa forme est celle d'un rectangle dans les petits numéros et allant en progressant seulement sur l'épaisseur, de manière à former une tête carrée dans le plus fort numéro. Par cette disposition la largeur du clou est toujours la même; de sorte que le fer qui a reçu au début le plus fort numéro de ces clous, peut recevoir le plus petit lorsque le premier est usé. La tige est de même longueur que la tête, séparée parle milieu et longitudinalement, pour en faciliter 1 application sous le fer et pour pouvoir la couper si elle doit gêner la marche du cheval.

Les étampures sont faites de manière à ce que le clou j entre à frottement doux. Une fois posé, s'il reçoit un choc, soit sur les côtés, soit sur la face qui est également droite, il est appuyé des deux côtés à la fois par le côté opposé en haut et par le même côté en bas, de sorte qu'il ne peut pencher et par suite sortir de Tétampure. S'il reçoit un. choc du quatrième côté ce qui n'arrive presque jamais, il est appuyé par la face qui est droite en haut et la double rivure des liranches dans le bas.

Ces dispositions lui permettent donc d'avoir une solidité de pose exceptionnelle.

Ainsi que le montre cette exposition, on peut l'appliquer à tous les modèles de fers en le plaçant suivant les besoins.

Les avantages que présente ce nouveau fer sont les suivants :

1* Il peut être pose par n'importe qui ; on n'a pas besoin de maréchal-ferrant.

2o On peut les user tous sans exception.

3» On peut le mettre sans déferrer et referrer le cheval, ce qui nuit toujours à la qualité des pieds des chevaux.

4** Il peut durer aussi longtemps que le crampon Axe ;

5« 11 est sans danger pour les chevaux puisqu'il ne traverse pas la corne.

Il est regrettable que le ]urv n'ait pas encouragé les efforts de ce travailleur, dont la modeste exposition a passé inaperçue au milieu de l'importance des antres. Nous ne voyons pas qu'aucune récompense lui ait été aeeordée.

^fédallle de Bronze

SOCIÉTÉ ANONYME

des Hines de Fer de la Bbmclie

près Cherbourg

Cette Société n'a exposé dans la classe 41 que des matières premières, notamment des échantillons très remarquables de minerais de fer dont la teneur, d'après les analyses, atteint 59 •la et des roches encaissantes qui déterminent la nature du gisement.

Nous remarquons un beau bloc de 2,000 kilogrammes ; ce bloc a été extrait à une profondeur do 100 mètres au-dessous du niveau de la mer et à une distance du rivage de 245 mètres.

Cette exploitation a ceci de particulier, c'est qu'elle est entièrement sous-marine^ six couches de rainerais de fer ont été déjà reconnues, traversées, et représentent une masse exploitable évaluée à plus de 25 millions dt tonnes.

Ces minerais, les plus riches de France, sont très appréciés et recherchés en Angleterre et surtout en Allemagne.

Seize analyses ont été faites dans différents laboratoires et ont donné comme moyenne :

Fer . . 57,36 »/«

Manganèse 0,071 —

Phosphore 0,240 —

Silice 11.87 —

Il convient de remarquer que ces résultats sont donnés par des analyses faites sur des expéditions de minerai aux usines et qu'ils représentent bien la richesse moyenne de ces minerais. Il existe, en effet, des parties du minerai dont la teneur atteint 63 »/o •

L'exploitation des mines de fer de la Manche a donné une

Plus grande importance au port de la Dielette, qui avant exploitation avait un trafic d'environ 300 tonnes par an, lequel s'est élevé en 1888 à trente-cinq mille tonnes (35,000) environ, tonnage, qui sera évidemment dépassé cette année.

En exploitant les minerais de Dielette, méconnus ou restés ignorés si longtemps, la Société a doté le département de la Manche d'une industrie qui a augmenté sa population, son commerce, et y smpelle l'argent de l'étranger en échange d'un produit naturel. La Société des mines de fer de la Manche a fait une œuvre utile et patriotique et il serait à désirer que

USINES DE PARIS ET ENVIRONS 64o

les Maîtres de Forges français se décidassent à employer euxmêmes sur place la matière première que les usines d'Ecosse et de Westphalie exportent d!e Dielette pour la leur renvoyer transformée en fontes de toutes sortes.

Oeiuiidér»tf»ii0 générales

Le département de la Manche possède plusieurs gisements de minerais de fer dont quelques-uns sont connus depuis assez longtemps, ce sont ceux de Bourberouge (près de Mortuin), de Sausseménil (canton de Valognes), de la Pierre-Butée (près de Cherbourg), de Bricquebec et de Dielette.

SitUAtioii géograplftique de Olélette

Dielette est un hameau dépendant de la commune de Flamanville (1,480 habitants). Il est situé sur la côte ouest de la presqu'île du Cotentin, à 15 kilomètres de Cou ville (station de la ligne ferrée de Paris à Cherbourg), à 20 kilomètres de Cherbourg, auxquels il est relié, ainsi qn*à Valognes, par de bonnes routes.

Le climat y est essentiellement tempéré (la température moyenne de Tannée à Cherbourg est de ll« à ll",5) et, malgré Tabondance des pluies en hiver, ce qui le rend humide, il est extrêmement sam.

Les habitants ont presque tous conservé le vieux type normand ; ils sont généralement fbrts et grands. Depuis longtemps, ils sont accoutumés au travail des carrières (Pexploitation du granité est une des principales ressources du pays), et font d'excellents mineurs.

Dès qu'on quitte les bords de la mer, le terrain devient très productif: il est recouvert de gras pâturages sur les plateaux, d'une végétation particulièrement belle et luxuriante dans les vallées.

La côte, dans le voisinage de Dielette, est tout à fait admirable. Les grandioses et imposantes falaises de Flamanville, aux rochers pittoresques, decliiquetés, rongés par les eaux de la mer, ont de tout temps attiré les touristes dans cette contrée .

La remarquable plage de Siouville, dans l'anse de Vauville, qui succède à ces talaises, vers le nord, possède un sable d'une finesse extrême et serait certainement très fréquentée par les baigneurs si l'accès en était rendu facile par la création d'un chemin de fer reliant Dielette à la ligne de Paris à Cherbourg.

Depuis longtemps, il existe à Dielette, près de l'embouchure de la rivière du même nom, un petit port qui a servi autrefois de refuge aux barques naviguant entre la France et les îles normandes (Jersey, Guernesey, Aurigny, Serk) et où se fait ai^jourd'hui l'emoarquement du granité, si connu dans lei travaux publics, que l'on extrait des falaises de Flamanville.

Descriptiim du giaeineiit de Oiélette

Le gisement de minerai de fer de Diélette se compose d'une série de couches, à peu près parallèles, intercalées dans des terrains schisto-cristallins qui s'appuient sur du granité. (Fig. 1.)

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Fig \ -Céolo^c des enOTons de Diêleltt

Terrain ?nmU^.

t. > V'^ Sn^lêf et ûcûett .

Dans les premièi'es études qui ont été laitesde ce gisement, on a considéré ces derniers comme des terrains de transition qu'on disait profondément métamorphisés par l'éruption du granité, ce qui expliquait la texture entièrement cristalline des roches dont ils sont composés. Mais on se trouve bien là en présence du terrain primitif. En effet une des roches dont les éléments diversement colorés lui avaient fait donner le nom de quartzite jaspé, ne paraît pas différer des halleflintes de Suède, et en un certain point, ces halleflintes alternent avec des bandes interstratifléesde calcaire saccharoïde micacé ^cipolin).

Nous avons même constaté que près de Sciotot, sous le hameau de la Percallerie, au contact du granit, il existe des

couches de leptynite qui passent d*une manière graduelle, insensible, aux roches bariolées, désignées sous le nom de d'halleflintes.

Entre la Percallerie et Sciotot, on trouve des gneiss au contact du «çranite.

C'est donc bien à l'étage du gneiss et de la leptynite, c'est-àdire au terrain primitif, qu'il convient de rapporter le gisement de Diélette.

Toute la région métallitère explorée est formée par une alternance de ces halleilintes avec cipolin, de ciuartzites dont la couleur varie du gris clair bleuâtre ou verdàtre au noir, et de minerai de 1er magnétique.

Le granité de Flamanville, en s'élevant au-dessus du .sol, a relevé presque verticalement toutes ces couches et on peut suivre leurs aflleiirements sur la côte et sur le rivapre de la mer (à marée basse seulement), tout autour de ce soulèvement granitique.

Le granité a non seulement relevé ces couclies, luais en maintes places, il en a arraché des lambeaux qu'on rencontre 4i diverses hauteurs sur les falaises. C'est au point nommé le Dehu que ce fait s'observe le mieux; on trouve là, englobés dans le granité, de la leptynite, des halleflintes et des quarzites, et aussi des poches contenant du minerai de fer.

MM. Mallilea et Slin«B de Cherbourg (les anciens exploitants de la Pierre-Butée), ont extrait autrefois du minerai de ces poches, qu*ils s'imaginaient faire partie de liions, mais qui furent vite épuisées.

Le granité lorme un massif dont la plus grande longueur de l'ouest (cap de Flamanville) à Test, du coté de Grosville, mesure neut kilomètres, tandis que la plus grande largeui-, de Sciotot à Diélette même, mesure six kilomètres. Le point culminant sur la côte est de 95 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Ce massif envoie quelques ramilications sous forme de liions irréguliers dans le terrain primitif.

Toutes les couches relevées ont été recoupées en plusieurs points, à peu près perpendiculairement à leur direction, par des dykes d'un porphyre pétrosiliceux que l'on voit dans le granité, sur les falaises, et dont la puissance est toujours réduite et ne dépasse pas trois ou quatre mètres.

Partout où il est possible, à la surface, d'observer le contact de ces dykes avec le minerai, on constate qu'il n'y a pas de rejet et qu'on est en présence d'un croisement simple.

De petits filons de granulite et de pegmatite, pouvant atteindre parfois une puissance d'environ quarante centimètres, se sont fait jour aussi dans des fissures produites dans le granité et les roches soulevées.

Si l'on considère la constitution géologique des îles de la Manche telle qu'elle est représentée sur la carte géologique de Dnfrénoy et B de Beaumonc si l'on admet, d'après un an^* cien rapport (1) de M. VlUeneave-FlayoNe, l'existence du mi*

(1) Rapport publié par ÏEolairéur financier^ le 25 mars 1871.

648 MtNES DE FER DE LA MA.NGHE

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nerai de Diôlette sur les côtes des îles de Serk et de Guernesey, on est tenté de croire que là aussi, comme dans le Cotentin. les terrains dits de transition ont été soulevés par les roches éruçtlTcs qui ont formé le relief des îles et que les couches de la cote de Flamanville se retrouvent de l'autre côté du Passage de la Déroute Mais il n'en est rien. Aucune trace de gisement de ter n*a été reconnue dans les îles ; de plus, la carte de Dufrénoy et E. de Beaumont devrait être rectiflée en ce qui concerne Jersey, car la moitié orientale de l'île n'est pas constituée par les terrains de transition ; il y a un lambeau de schistes, qu'on rapporte au cambrien, au centre de l'île; la pointe nord-est, près de la baie du Rozel, est formée par un «conglomérat qui paraît être permien. Tout le reste se compose de roches éruptives telles que le granité, la syénite, un porphyre pétrosiliceux et une remarquable pyroméride.

Quoi qu'il en soit, les couches de minerai de fer de Diélette ne sont pas le produit d'un accident géologique. Ce sont incontestablement des couches continues, régulières, comme la formation dont elles font partie et dont elles sont un élément que l'on pourrait appeler caractéristique.

Nombre de couches de minerai. Leur étendue, — On a observé jusqu'à six couches de minerai dont la puissance varie de 3 mètres à U mètres. Leur épaisseur totale est de 42 mètres.

Sur près de quatre kilomètres de développement que présente la côte, du port de Diélette aux rocners de Cornes, E oints extrêmes de la concession, on ne peut suivre, à marée asse, les affleurements des couches de minerai que sur mille mètres environ, ceux-ci disparaissant en certains endroits sous le sable, en d'autres, sous les eaux de la mer. Mais leur continuité dans toute cette étendue n'est pas douteuse.

La quatrième couche n'est accessible qu'aux fortes marées d'équinoxe, et les cinquième et sixième restent toujours sons les eaux de la Manche.

Ces deux dernières couches viennent seulement d'être reconnues, et comme la nature du terrain ne varie pas, qu'il reste toujours régulier, il est probable qu'il existe encore d'autres couches de minerai.

Masse du minerai, — Etant donnée la régularité d'allui*e du terrain dans lequel les couches de minerai se présentent, étant donné que celles-ci ont été suivies au jour sur une longueur considérable, qu'elles ont été recoupées à 70 mètres audessous du niveau des plus basses mers, avec une épaisseur au moins égale à celle qu'elles ont au jour, il n'est pas probable que ces couches soient interrompues avant la profondeur de 250 à 300 mètres.

Quelle est, dans ces conditions, l'importance de la masse minérale ?

Essayons de l'évaluer, en admettant :

!• Qu'on n'exploitera pas à une profondeur supérieure à 250 mètres ;

2* Qu'on laissera 50 mètres de plafond pour servir de protection contre les eaux de la mer ;

3« Que, sur les 4 kilomètres de côte où l'or observe les af-

flenrements, on ne pourra prendre le minerai qae sur trois kilomètres.

Dans ces hjrpothèses, la masse minérale à exploiter serait de :

42 X :^00 X ^-000 == 25.200.000 mètres cubes, et en laissant 1/5 de cette masse en piliers de soutènement, on aurait à extraire :

20.160.000 mètres cubes de minerai, ou (le mètre cube pesant au minimum 3 1. 500) : '70.560.000 tonnes.

Si Ton admet qu'on arrive à une production journalière de 1.000 tonnes ou a une production annuelle de 300.000 tonnes, on aurait, avant d*épuiser cette masse, du travail pour plus de 235 années.

Le minerai de Diélette est un mélange cristallin d*oligiste et de magnétite. Il rappelle tout à fait les minerais de Suède. Quelques échantillons surtont des affleurements, sont de véritables aimants.

Réduit en poussière, quelle que soit sa provenance, il est attirable au oarreau aimanté.

Il n'a pas d'autre gangue que les lamelles de cblorite et d« calcite qui établissent parfois des divisions prismatiques dans la masse et facilitent 1 abatage.

Des filets de pyrite recoupent de temps en temps le minerai et les roches encaissantes. Il arrive que ces filets atteignent parfois 4 ou 5 centimètres de puissance et sont constitués alors par une véritable brèche oii Ton trouve des fragments de roches recoupées, de la pyrite, de la calcite et ae Thématite rouge. Ces substances n'adhèrent pas au minerai et s'en détachent aisément sous le choc.

On trouve quelquefois comme inclusions dans la masse ferruffineuse, quelques silicates, notamment du grenat, de l'amphibole, de la pistazite.

On a rencontré en quelques points de la galène, et on a signalé la présence de traces d'or.

La pistazite se présente assez fréquemment sous forme amorphe, quelquefois seule, d'autrefois mouchetée de pyrite.

La teneur en fer n'est pas la même dans toutes les couches.

On avait reproché au minerai de Diélette d'être assez réf^*actaire au haut- fourneau. Il résulte des essais faits au Creuset en 1883, sur 500 tonnes, et en Ecosse, dans les usines de MM. Baird, dans celles de MM. Merrj et Cuningham, et dans celles de la Glasgow Iron C% depuis 1883 jusqu'à ce jour sur de grandes quantités, que ce minerai est au contraire très fusible.

Le minerai de Diélette est en ce moment recherché et employé par les usines de Westphalie, auxquelles 40,000 tonnes environ ont été livrées dans le courant de 1888.

Nous donnons dans le tableau qui suit les résultats des ana* lyses faites dans différents laboratoires.

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Laboratoire Hautefeuille

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Cîonservatoiredes Artset Métiers Laboratoire Johnsou - Mathev

(Londres) , * , . ,

Laboratoire James-Montgom*^ •

(Londres) * , . ,

Lab. Robert Tatlock (GlasgOAv .

C** de Denain et Anzin

Usines Commentry-Fourcharab.

Usines du Creuzot

Historique 4e I'BxpI«it»ti«n.

L'Exploitation a son centre principal sur le petit cap granitiç^ue de la Cabotièrc, où Ton a installé un puits qui porte le même nom.

On a dû pour cela niveler et agrandir ce cap en abattant def roches du côté de la terre et en gagnant sur la mer quelques centaines de mètres carrés au moyen de murs et de remblais.

Coupe à li-ivers bancs par le pmU de- la Cabolière

77'^'^Tmn

Ce puits, de 4"», 10 de diamètre, a atteint, à travers le granité, la profondeur de 93°,75.

A 5"*,40 au-dessus du fond, on a percé une galerie a travers bancs ; cette galerie à 2"»,14 de hauteur et 2'*,10 de largeur. Klle a traversé d'abord du granit, puis est entrée dans le terrain soulevé à travers des bancs alternés de quartzite, d'halleflintes, de cipolin, de minerai.

On a recoupe la 1"^ couche de minerai à 49 mètres du puits, sur une épaisseur de 5™,40 ;

La 5J« couche a 13 1 mètres sur une épaisseur de 3'",(50

La3« — 143 — — U'",55

La 4« — 185"',90 — 12'»,60

La 5« — 204'",50 — S^.OO

La 6*= — 239"»,50 - 14»,00

La concession actuelle a pour limites les côtés d'un rectan- ;jle dont deux des sommets sont, Tun près du Port-Neul^ l'autre sur les rochers de Corbes et les deux autres en pleine mer. La superlicie de cette concession est de 345 hectares. Klle appartient à la Société anonyme des mines de fer delà Manche, constituée le n mars 1884, par acte devant M* Boniieau, notaire à Paris, laquelle a racheté les établissements des premiers concessionnaires et est subtituée dans tous leurs droits.

Exploitation de lo mine «on* la mer.

Méthode d'exploitation. — La (juatrième couche est la seule exploitée en ce moment ; elle présente deux zones de minerai très riche, l'une située ad toit, l'autre située au mur ; ces

deux zones sont séparées par environ 3 mètres de minerai moins riche. On les a attaquées séparément chacune vers le Nord et vers le Sud, en «'élevant par des remontages inclinés à 45" sur lesquels on a grefifé des galeries horizontales de 5 mè très de haut séparées par des massifs de 4 mètres.

Plan suivant le sol des galènes

La roche dans laquelle est enclavé le minerai étant excessivement dure, les massifs abandonnés étaient trop considérables. L'exploitation se fait aujourd'hui par gradins droits, sur une hauteur de 14 à 18 mètres, et on laisse de distance en distance des piliers de soutènement.

On a enlevé une partie de ces bandes laissées autrefois entre deux galeries superposées, et on n'alaisséque lespiliers nécessaires.

Tito des travaux clans la 4-5 Couche

Eahdk de d'aces par jaétre

d54 MINES DE FER DE LA MANCHE

L'un des dikes de porphyres dont nous avons parlé a interrompu la quatrième couche, vers le Nord, où l'on a rencontré d'abord un tuf arpileux. Ce tuf n'est autre chose qu'un argilophyre. 11 a été travei*sé. Le minerai, retrouvé derrière, a de nouveau été interrompu par un dlon de porphyre pétrociiiceux »le 3 mètres de puissance, derrière lequel le minerai a reparu (Voir les figures ci-dessus).

Diviaion des puits. — Le puits est divisé en trois compartiments : l'un oii se meuvent les cages guidées pour l'extraction ; un autre, au centre, où sont installées les échelles destinées à l'entrée et à la sortie des mineurs ; un troisième renferme les organes des pompes.

Epuisement. — L'eau à épuiser provient d'infiltrations à travers les fissures des roches. Cette eau est salée, mais non saumâtre comme l'eau de la mer; elleestassez chargée de fer.

L'épuisement porte aujourd'hui sur une venue d'eau de KO mètres cubes à l'heure environ. Cette eau vient en partie du voisinage du puits, du voisinage de la deuxième couche ; mais c est la quatrième couche qui est la partie la plus aquif^re, puisqu'à elle seule elle fournit 55 mètres d'eau à l'heure.

Celle-ci vient par des fissures pai*allèles au dike de porphyre, et aussi par une veine de 2 à 3 centimètres de puissance, rencontrée vers le Sud, veine remplie par une substance argi euse et pyriteuse qui a rendu le minerai assez tendre sur quelques décimètres.

Toutes ces eaux sont réunies dans le puisard et dans un réservoir formé par une galerie de direction opposée à celle du travers-bancs, à laquelle aboutissent deux autres galeries de direction perpendiculaire, La galerie principale de ce réservoir débouche directement dans le puisard. De puissantes machines d'exhaure assèchent facilement le puits et les galeries.

Aérage. — Une galerie de retour d'air obtenue par une cloison en briques qui sépare le travers-bancs en deux, dans le sens longitudinal, communique, par le compartiment de la pompe, avec la cheminée des chaudières; celle-ci, par son tirage, détermine l'aérage de la mine qui vient d'être complété par un puissant ventilateur.

De plus, un compresseur d'air qui avait été installé pour le percement des travers- bancs permet, tout en continuant de prolonger ce dernier pour aller à la recherche de nouvelles couches de minerai, d'augmenter la \en\\e d'air respirable dans les différents chantiers de la mine.

Transports. — Les transports se font sur une voiture ferréo de 0 m. 68 qui relie le puits de la Cabotière au ?ort Neuf et au dépôt.

Cette voie, de 1,700 mètres de longueur, a été installée le long de la côte. Elle est à une faible hauteur au-dessus du niveau des hautes mers. Aussi, autrefois, par le mauvais temps, était-elle constamment déplacée par les vagues, que le vent projetait avec violence contre les falaises.

L'entretien en était très coûteux. Mais aujourd'hui, grâce aux travaux de la Société des mines de fer de la Manche on n'a presque plus à craindre d'avaries. Des murs en maçonnerie, convenablement disposés, mettent la voie à l'abri de^ attaques de la mer.

La traction des wagons de minerai est faite Jn8qu*au dépôt on jusque sur la jetée même du port, pour l*embarquement par une petite locomotive.

Estacàde d*embarauement. — L*embarquement est ftuîilité par une estacàde en bois installée contre la jetée du nouveau port et sur laquelle arrive la voie ferrée. Les wagons peuvent être déversés directement dans les cales du navire au moyen de couloirs métalliques.

On arrive à charger 500 tonnes de minerai par marée. Des navires calant 4 mètres d'eau peuvent entrer dans le port aux mortes eaux. Pendant les vives eaux, on a dé 6 à 7 mètres d'eau à Testacade.

En hiver, quand donnent les vents du sud-ouest, le ressao se fait assez fortement sentir dans le port, sans cependant que la sécurité des navires soit compromise.

C«nela«ioB«.

Résumé de la situation actuelle. — L'exposé et Texamen

âui précèdent font ressortir l'importance du gisement e minerai de fer de Diélette (1). Nous avons vu en effet que, dans les hypothèses où nous nous sommes placé, la masse minérale à extraire s'élevait à 70,560,000 tonnes, et qu'avec cette masse on pouvait produire par jour 1,000 tonnes pendant plus de 235 années.

Nous avons vu que le minerai est excessivement riche ; que d'autre part, contrairement à certaines affirmations qui se sont accréditées, on ne sait pourquoi, le minerai est très ftisible.

De plus, les installations actuelles permettent d'épuiser facilement les eaux et d'extraire aisément par vingt-quatre heures de 150 à 200 tonnes de minerai.

Les travaux de protection contre la mer assurent l'usage régulier de la voie ferrée qui relie le puits de la Cabotière au port de Diélette.

L'estacade d'embarquement permet de charger, en une marée, jusau'à 500 tonnes de minerai à bord d'un navire.

C'est là, évidemment, une situation satisfaisante et qui ne demande que des circonstances favorables pour se développer.

Avenir ûmm mines de Diélette.

Augmentation de la ^production. — Avec le nombre de couches recoupées par les travers-bancs du puits de la Cabotière, il est incontestable qu'on peut atteindre une production journalière très élevée, de plusieurs milliers de tonnes même, par ce seul puits.

(1) « Dans la Manche, dit M. A. Caillaux, on rencontre plutieura sortes de gisements, et entre autres, celui de Diélette, Tan des plus remarquables que nous connaissions en France » (Tdbleau génénU et Description des mines métalliques et des combustibles minérau» de France. — J. Baudry, éditeur, 1875.) On ht aussi dans le rapport de M. de Villeneuve-Flayosc : « Le minerai d<f fer oxydulé magnétique de Diélette offre la plus belle masse de minerai de fer possédée par la France. C'est une mm* qui assimile Diélette aux gisements les plus priTilégiés de la Suède. »

650 ilINES DE FER DE LA MANCHE

Cette production pourra encore être augmentée en créant un deuxième centre d'exploitation. Cette création s'imposera d'ailleurs le jour oii on voudra donner tout le développement aux travaux, tant au point de vue d une meilleure installation qu'au point de vue de la sécurité du personnel.

L'emplacement qui paraît le plus convenable pour rétablissèment d'un second jjuits est la pointe de la Roque, près de iiuerfa ; en ce point il y a cinq saillies de couches de minerai assez rapprochées, et de plus, on ne serait pas très éloigné de la Cabotière, ce qui permettrait d arriver assez rapidement à faire communiquer If^s travaux des deux puits.

Ce puits (le La Roque serait foncé jusqu'à 250 mètres et on établirait deux étages d'exploitation.

Dans ces conditions, la production pourrait aisément atteindre l'.OOO tonnes par jour, et les frais généraux diminuant en proportion inverse, le prix de revient laisserait une large marge pour les bénéfices.

Mais si l'on arrive à cette production de 2,000 tonnes par jour, il deviendra absolument nécessaire de faciliter les relations de Diélette avec les marchés d'échange et on en trouvera le moyen soit en construisant une voie ferrée qui reliera la mine à la ligne de Paris à Cherbourg, soit en améliorant l'état actuel du port, soit en combinant la voie ferrée et les travaux du port.

Examinons rapidement ces questions.

Chemin de fer de Diélette à Couville. — Le chemin de fer serait avantageux à plusieurs points de vue : d'abord, il mettrait Diélette en communication avec un grand réseau et, si l'on construit des hauts-fourneaux près de la mine, il permettrait de transporter la fonte à Cherbourg, Laval, Le Mans. Paris, etc., dans de meilleures conditions que les tontes d'Ecosse De plus, la mine serait mise en relation a^ec le port de Cherbourg accessible aux navires d'un fort tonnage, et par lesquels on pourrait expédier le minerai et recevoir de la houille.

Ce chemin de fer a déjà été étudié, et si l'on se borne à construire un chemin de fer industriel, la construction ne sera pas très élevée et sera largement compensée par la communication avec Clierbourg et la diflférence du prix du fret entre ce port et celui de Diélette.

Le port do Diélette né possède à marée haute qu'une profondeur d'eau variant de 4 à 7 mètres. C'est insuflisant pour les navires de fort tonnage.

Amélioration du port. — Si l'on veut se servir du port de Diélette pour une grande exploitation, il sera donc indispensable d'améliorer sa situation.

Toutefois, la simple communication avec Cherbourg suffira évidemment tant que l'exploivation de la mine n'aura pas atteint d énorrues proportions, et le port de Diélette offrira longtemps encore des ressources suffisantes pour les échanges de coke et de houille avec l'Angleterre.

Hauts- fourneaux, — Au surplus, ce n'est pas sur l'écoulement seul des minerais extraits que nous paraît reposer l'avenir de la mine de Di'lette. Nous le voyons surtout dans rétablissement de hant^-fonrneanx A proximité dp Is- mine,

soit qae la Société de la Manche se décide à les construire elle-même, soit qu'ils soient construits par dus Compagnies nouvelles*

Deux raisons principales rendent la création des hautsfourneaux.

En premier lieu, il conviendrait d'utiliser tout le minerai »iue l'on trouve dans le gisement de Diélette, et nous avons vu ([uo si la teneur du minerai de la quatrième couche était de 57 "/o en moyenne, cette teneur était plus faible pour le minerai des autres couches. Il serait diftlcile, sinon impossible, de vendre dans de bonnes conditions ce minerai de teneur moins élevée. Un moyen d'utiliser cette masse serait de la traiter sur place et d'en faire de la fonte.

En second lieu, remarquons qu'une bonne partie des fontes d'Ecosse viennent sur le marche français ; par conséquent, n'y aurait-il pas avantage à fabriquer cette fonte en France même ( On bénétlcierait du fret d'expédition du minerai, du fret de retour de la fonte et du droit d entrée de 20 francs par tonn(* lient sont imposées les fontes étrangères.

Matières premières. — On aurait d'ailleurs facilement sous la main toutes les matières premières nécessaires à la fabrication de la foute.

Minerais. — Outre le minerai de Diélette, il serait peutêtre possible d'utiliser les minerais de Sausseménil, la P)erre- Butée, etc. . . ; on pourrait aussi, Mortain étant relié à Gmnville. amener à Diélette, â assez bas prix, le minerai de Bourberouge.

Castine. — Il existe à Carteret un gisement de calcaire cristallin dévonien, qui conviendrait très bien comme fondant. On ouvrirait donc des carrières dans ce calcaire, et la castine extraite serait embarquée par le petit port de Carteret.

Plusieurs bandes importantes de ce même calcaire s'observent entre Diélette et Carteret, à Surtain ville, à Baubigny.

Combustible. — Le combustible viendrait d'Angleterre ou même de Belgique, ou de Hollande, à moins que le gisement du Plessis et de Littry ne soit de nouveau exploité et ne fournisse le charbon nécessaire au fonctionnement de la mine et des hauts-fourneaux.

Résumé. — En résumé, le gisement de Diélette est le gisement le plus considérable et le plus riche qui existe en France. Pour en tirer tout le parti possible, il faudrait :

1° Foncer un deuxième puits à la pointe de la Roque :

2* Créer des hauts-fourneaux près de la mine ;

3« Construire la ligne ferrée de Diélette à Couville;

4^ Enfin, dans un avenir plus ou moins éloigné, améliorer la situation du port de Diélette.

Alors rien ne s'opposera plus à ce que les mines de Diélette atteignent tout le développement dont elles sont succeptibles et deviennent la source d'une grande industrie, dont la région bt le pays profiteraient largement.

Ce sont a'habiles administrateurs MM. Dromery, Herseat, Ct Bord, A. JMlUas, qui ont pris en main cette affaire d'un grand avenir.

Le Jury des récompenses a accordé à la Société des mines de fer de la Manche une médaille 4k% JBroBs».

658 LES FORCES DHENNEBONT

LES FORGES D'HENHEBOIIT

De la Société générale des Cirages français

Rue BeaurepaireAW^ à Paris

Dans le milieu de la Classe 41, près du groupe si important de la Loire et à droite du passage qui mené a la Galerie des machines, la Société d'Hennebont nous montre les produits de ses forges.

Cette exposition se compose d'une partie murale et d*une partie horizontale. La partie verticale est abondamment pourvue d'échantillons de tôles minces, remarquables par leur oeauté et leur bonne qualité. Ces spécimens se présentent aux jeux des visiteurs sans une crique ni flache, il y en a de mates et de glacées comme des miroirs antiques.

Dans la partie intérieure nous voyons des billettes et des lingots d'acier doux qui servent à fabriquer les tôles, et à côté des échantillons de fontes phosphoreuses qui sont traitées à Hennebont.

Puis nous voyons des aciers en barres de dlflPérentes dimensions. Une collection de cassures de ces barres montre le grain et l'homogénéité du métal.

Mais la partie la plus intéressante de cette exposition se trouve conaensée dans deux albums géants qui se trouvent au bas et de chaque côté.

Ces albums reposent sur des pupitres et sont placés de manière à être parfaitement à la portée du visiteur qui désire les exatiiiner. Ils contiennent des tôles minces, décorées et illustrées, qui servent à fabriquer les boîtes de conserves, boîtes à cirages, boîtes pour produits chimiques, tubes pour spécialités pharmaceutiques. . . etc., etc.

J'ai ouvert ces albums et les ai parcourus, il y a réellement de belles choses, et cette Société a dû surmonter bien des obstacles pour arriver à faire sur des tôles, des impressions aussi belles que sur le meilleur vélin.

Feuilletons. Voici d abord des feuilles imprimées pour boîtes à sardines, le nombre des maisons de fabrication ainsi que la diversité de leurs marques montrent l'importance où est arrivée cette branche de l'industrie alimentaire.

Puis des quantités considérables pour conserves de trnit& et de légumes. On dirait qu'on a voulu réjouir l'œil avant de satisfaire l'estomac et plus d'un gourmet a été tenté d*ouvrir ces boîtes de pèches ou d*abricots, sollicité par des chromos d'une exécution parfaite qui lui ont fait venir, comme on dit. Veau à la bouche.

Pnis nous admiron» des boîtes d*asperges, de petita*pois, de haricots, etc., etc.

Tournons toujours les pages, nous voyons défiler devant nos yeux presque tout le commerce français : voici pour la parfumerie, les boites à savons, à poudre de riz, pots de pommade plus ou moins merveilleux, boîtes à fards,. . . etc. Pour la confiserie les boîtes à bonbons, à pastilles,. . . etc. Pour la pharmacie les boîtes à pilules, à onguents, boites à sinapismes, Doites à bonbons pectoraux, contre les maladies de la gorge, boîtes de pastilles contre le rhume, pastilles Géraudel et autres. . quesais-je. C'est inouide détail.

Pour les produits chimiques les boîtes de vernis, de couleurs, les siccatifs,... etc.

Tournons toujours ; nous voilà dans une autre branche, et ce n'est pas la moins importante : les jouets. Nous voyons défiler devant nos yeux, des voitures rutilantes de couleur, de véritables réductions de nos omnibus et tramways, rien n'y manque depuis le co3her jusqu'aux quatre roues. Nous y remarquons le petit pousse-pousse que Tunivers entier a vu traînant sa minuscule voiture sur les trottoirs parisiens, puis la variété de ce jouet qui est la porteuse de pains.

Maintenant, voici des bateaux à vapeur de toutes dimensions, etc.

Tous ces magnifiques jouets qui font la joie de nos enfants et la gloire de l'industrie parisienne, sont là prêts à être découpés et montés.

.le m'arrête, car il me faudrait plusieurs pages pour énumérer seulement les .nombreux spécimens d'impression sur tôle mince contenus dans ces deux albums.

.)'ai voulu seulement donner un aperçu rapide de l'importance, qui va grandissant tous les jours, de l'industrie de la tôle mince illustrée et coloriée par des procédés spéciaux.

Aujourd'hui, il n'est pas une oranche de l'industrie ou du commerce qui n'ait adopté cette manière d'envelopper ses produits où l'élégance et la beauté se joignent à la sûreté. D'un autre côté, les ustensiles de cuisine absorbent tous les jours des quantités considérables de fer-blancs, pour leur confection.

Tous ces débouchés ont donné une impulsion formidable à la fabrication des tôles imprimées.

C'est la Société des Cirages français qui a été une des premières à adopter le système de boîtes en fer pour loger ses cirages, et comme il lui en fallait des quantités considérables, elle s'est faite son propre fournisseur. C'est de là aue sont nées les forges d'Hennebont qui au^jourd'hui envoient leurs produits dans le monde entier.

Deseripttoii des forces d'Memieb^Bt.

C'est dans ie fond du Morbihan au bord de l'Océan, tout près du petit port d'Hennebont vers l'embouchure d'un cours d eau appelé Blavet, que la Société des Cirages français, vers 1860, installa ses forges et laminoirs pour la fabrication spéciale des tôles et fers- blancs.

Pendant les premières années laproduction des forges était

Wl LES FORGES D'HENNEBONT

d'environ 750,000 kil. par année, en 1885 elle atteigjnait 10 millions de kilo^r., et actuellement elle dépasse 12 millions. Toutes les matières premières nécessaires à Tusine viennent par navires dans cette localité. Débarquées dans le port, elles sont déchargées dans des chalands qui remontent le Blavet.ei sont remorquées soit par la vapeur, soit par des chevaux, iusqu'aux quais de Fusine. Les principales matières premières employées sont : la houille, qui vient directement d'Angleterre, et dont il est consommé de 70 à 80 tonnes en moyenne par jour; les fontes, les ferrailles, le carbonate de chaux, la magnésie, le kaolin, destinés à la fabrication de l'acier : enfin, le zinc, la graisse et les acides devant servir à la fabrication du fer-blanc.

L'usine occupe environ 700 ouvriers et ouvrières. La force motrice dont elle fait usage est d'environ 1000 chevaux, dont le quart est fourni par une turbine qu'alimente le Blavet, et le reste par différentes machines à vapeur.

Le travail de l'usine peut être classe en cinq parties principales : 1" la transformation des fontes et ferrailles en lingots d*acier; 2" la transformation des lingots d'acier en tôles minces; 3° la préparation des tôles pour le fer- blanc; 4« la fabrication du fer-Dlanc ; 5» enfin la décoration et l'impression du fer-blanc.

Nous allons rapidement passer en revue ces diverses phases de la fabrication.

Transformation des fontes et ferrailles en lingots d*acier. — La fabrication par les anciennes méthodes du puddlage et de l'affinage est complètement al^andonnée aux forges d'Hennebont; elle est remplacée par la fabrication de l'acier doux en lingots au moyen des fours Martin-Siemens, disposés spécialement pour le traitement des fojites phosphoreuses et sulfureuses. A Hennebont, il y a deux fours Martin produisant chacun 22 tonnes d'acier par 24 heures. Les fours Martin emploient chacun deux équipes de 30 hommes qui se relaient à chaque coulée. Le temps nécessaire pour charger et obtenir la coulée varie de 9 à 11 lieures : on peut donc faire deux chargements par 24 heures.

On charge d'abord le four avec du carbonate de chaux, qui forme aussitôt, au contact de la chaleur, un laitier basique de chaux qui s'empare du soufre et du phosphore de la fonte et détermine l'épuration complète du métal. Tout rintérieur du four et la sole sont recouverts de magnésie, sur laquelle ce laitier est sans action. Malgré ces précautions, il arrive parlois que, la pression des gaz étant trop forte, la chaleur devient trop considérable, fondant les briques de la voûte qui s'écroule.

Quand l'acier est obtenu, on le coule dans des lingotières, de 1 mètre environ de hauteur, ayant une forme conique, et installées sur un wagonnet quatre par quatre. Elles communi- 3uent ensemble par un tube de terre, a la partie inférieure, e sorte qu'on coule dans quatre lingotières en même temps.

Transformation des lingots d* acier en barres et en tôles minces, — Cette partie de la fabrication occupe aux forges 800 ouvriers environ et exige la presque totalité de la force mo^

USINES DE PAkIS ET ENVIRONS 861

trice. L'acier est d'abord transformé en barres, puis en tôles minces on fer noir.

Les lingots d'acier sont portés dans des fours, dits à réchauffer, puis de là sous un marteau-pilon qui les façonne et les coupe en deux. Les morceaux sont réchauffés de nouveau pendant une demi-heure, puis passés aux trains à barres, au nombre de trois. Le train à barre est un laminoir ordinaire, qui allonge le fer, retire et en fait des barres de 6 à 7 mètres de long sur 0, 10 m de largeur et 0,01 m d'épaisseur. Ces barres sont de suite refroidies par immersion dans Teau et coupées en petits morceaux de 0 20 m à 0,30 m de long, suivant les dimensions des tôles à obtenir.

Ces plaquettes d'acier sont portées au rouge vif dans le premier étage de fours dits à recuire, puis laminés au moyen de cylindres plats. Arrivées à une certaine étendue, on les plie en deux à Taide d'une machine spéciale, et on les fait réchauffer de nouveau. On les lamine encore pour les étendre davantagemais il faut avoir soin de remarquer qu'on lamine maintenant deuxleuilles ensemble, puisque la première feuille a étépliée en deux. Par deux opérations successives semblables, on les plie quatre à quatre, puis huit à huit. On obtient alors un paquet unique qu'on porte à la cisaille qui lui donne les dimensions voulues ; enlln, on procède au décollage des huit feuilles à Taide d'un sabre-baionnette. Lorsque les feuilles refroidies ne se décollent pas, c'est que le fer est de mauvaise qualité.

La tôle brute ainsi obtenue est mise dans des boîtes rectangulaires en fonte, munies d'un couvercle. Ces boîtes sont introduites dans le rez-de-chaussée des fours à recuire ; après un temps assez long, la tôle est retirée des boîtes et mise à refi'oidir. Cette opération a eu pour but d'enlever les traces d'écrouissage. On fait alors passer la tôle sous une série de cylindres en acier poli, où elle prend un assez joli brillant : c est la tôle ou fer noir livrée au commerce.

Préparation des tôles pour la fabrication du fer^blanc. — La tôle est décapée dans de grands bacs contenant de l'eau et de l'acide sulfurique. On peut aussi employer de l'acide chlorhydrique ou de» l'acide azotique. A Hennebont, il ^st employé par jour de 5 à 6000 kilogrammes d'acide sullurique. Là tôle est mise à tremper dans le bain acide pendant quelques minutes, puis elle passe à rétamage.

Autrefois, quand les tôles étaient moins bien préparées et faites avec un fer de moins bonne qualité, le décapage exigeait des manipulations plus compliquées. Après trempage dans l'acide, il fallait chauffer la tôle au rouvre sombre dans un four, puis la frapper pour enlever l'oxyde, passer au laminoir dur, lessiver pendant douze heures dans de l'eau avec du son, agiter de nouveau dans un bain acide, fï*otter avec des étoupes et du sable et conserver dans l'eau.

Aigourd hui, toutes ces longues opérations sont supprimées. Le trempage dans l'eau acide et le lavage s'exécutent rapidement au moyen de machines à vapeur.

Fabrication du ferrblanc. — Les procédés d'étamage sont ici les mêmes que partout ailleurs. Le bain d'étain se compose

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