C2 LES FORGES D'HENNEBONT
de parties égales d'étain en saumons, provenant de minerai déroche et aétain en grains, provenant des minerais d'allu- Tion, plus pur que le premier. On ajoute une petite quantité de cuivre.
(A propos des minerais d*étainen grains, c'est le momentde rappeler que toute cette côte du Morbihan contient des filons d*oxjde d'étain, trop rares et trop disséminés pour être exploités. Les puits de Piriac, creusés à la pointe du Castelli, juste en lace du tombeau d*Ahnanzor, sont comblés depuis longtemps. Mais les filons, corrodés par les vagues, ont produit un sable stannilère que quelques personnes exploitent encore aujourd'hui. L'étain, si les recherches minières sont bien dirigées, deviendra probablement une source de richesse future pour ces contrées).
Nous nous contenterons de résumer brièvement les opérations principales de rétamage. Après le décapage, les plaques Sassent dans un bain de graisse bouillante, puis dans un bain étain fondu, contenant un peu de chlorure de zinc. Au sortir de ce bain, le fer est brossé, puis on lui lait subir un second étamage semblable au premier.
Le 1er est alors distrioué à des femmes qui le passent dans de la paille de riz hachée, et le trottent avec des tampons de laine. On a alors le ler-blanc. Une partie de ce fer-bianc est livrée telle quelle au commerce ; l'autre partie est portée à rimprimerie.
Cette fabrication spéciale de rétamage occupe IGO ouvriers, hommes, femmes et enfants, répartis on 19 chantiers d'éta* mage, lesquels produisent de 500 a 600 caisses de ler-blaoc par jour. Deux fours à ralfiner Téta in et un four à recuire la cendre d'étain dépendent encore des chantiers de Tétamerie.
Décoration et impression des fers-blancs. — Cette fabrication, inventée aux lorges depuis 1868,i end de grands services aux fabricants de conserves alimentaires pour la décoration de leurs boîtes. Dix presses mécaniques et perfectionnées .permettant au lithographe de faire récriture et le dessin à 1 endroit sur la pierre, ce (^ui abrège beaucoup son travail. L'usine emploie pour ce travail des dessinateurs, des compositeurs, des lithographes, des écrivains, etc. •
Enfin, pour compléter la description de Fusine, signalons : un }«telier d'ajustage, contenant des raboteuses à 1er, des étaux limeurs, des tours parallèles des machines à percer, etc., pour les réparations et pour tourner les laminoirs; une scierie mécanique, où 1 on faorique de 8 à 4000 caisses en bois pour Tencaissage du fer-blanc; un atelier de menuiserie et de charpente, pour la fabrication des modèles de machines ; une usine à gaz pour l'éclairage de Tusine, qui travaille jour et nuit ; un atelier pour découpage du fer, fabrication des poêles à frire, etc. Il y a quelques années, il y avait aussi sept fours à émailler le ler-blanc, mais ce genre de fabrication a été abandonné.
Telle est la description, aussi succincte que rapide, de cette importante usine d*Hennebont, qui peut servir ae modèle en son genre.
Nous ajouterons que les forges de Lockrist, situées un peu
en amont des forges d^Hennebont, occupant environ 200 ou* vriers, laminent aussi le fer et servent à la préparation du fer-blanc.
Historique, eQBsisteiieef «dministrafien et produetioii.
Née de la fusion des deux plus importantes maisons de cirage en France, celle de MM. E. Berthoud et C« (successeurs des marques Jacquand père et âls, propriétaires de la marque Dubois et C* de Rive-de-Gier, fondée en 1825) et celle de MM. A. Jsrqaot et C* fondée en 1828, la Société générale des cirages finançais est constituée au capital de 8 millions de francs.
La Société générale des cirages fhinçais est la plus vaste entreprise exploitant la fabrication des cirages, vernis pour chaussures, encres, noirs d*os et leurs dérivés, ainsi que la pâte à nettoyer et polir les métaux inventée par la Société, »ous la dénomination de pommade magique.
Elle a de nombreux établissements notamment à Lyon, à Paris-Saint-Ouen, Santander, Stettin et Odessa, fondés par MM. A. Jaeqooi et C, et une mai son à Moscou installée récemment par la Société, pour la fabrication des cirages, noirs d'os, vernis, encres, etc. et de tous les sous produits.
Chacun de ces évabiissements est pourvu d'étameries pour les fers-blancs, de presses pour l'impression des boites, et d*ateliers de mécanique et d ajustage pour l'entretien et la fabrication de Toutiliage.
C'est j^our assurer à ces divers établissements dont la consommation journalière de tôle noire est de 20,000 à 25,000 kilogrammes, un approvisionnement régulier et à des prix toujours avantageux, que la Société s'est rendue acquéreur de l'ensemble des usines de Kerclaw, de Lochrist et de Mantes, constituant l'établissement des forges d'Hennebont. C'est là comme nous 1 avons dit que la Société fabrique ses fers, les étame et les imprime elle-même, avec des machines de son invention, pour la confection de ses propres boites et de celles qu'elle livre à toutes lea^industries.
La Société générale des cirages français est actuellement dirigée par quatre membres délégués du conseil d'administration : MM. Eafème Berlhoud et Ao^nste JarquoI, à Paris, M Jean Berlhoud, à Lyon, et M. Jules Trotiier, à Hennebont.
On voit que les fondateurs mêmes de la Société en ont conservé l'entière direction, ce qu» ne peut que lui assurer l'incontestable supériorité qui distinguait leurs anciennes maisons.
Fredaeti^n de la SMiété*
La production en cirage est annuellement de 12 à 15 millions de kilogrammes de pâte, soit une moyenne Journalière de %,000 à 40 000 kilogrammes.
La fabrication des boites de toutes dimensions est de 1 million de boites par jour, soit 300 millions par an'.