‹ Les mines et usines en 1889Chapitre 13 sur 199 · APPAREILS · texte numérisé non relu

APPAREILS

Cltarsement par bateau

La Société de Liévin nous donne un modèle de son chargement par bateau, modèle au dixième avec l'appareil de transbordement tj^pe de wagon et caisse, etc.

Le wagon à deux compartiments est amené sur rail vis à vis du déversoir — qui à sa partie inférieure est muni d'un chemin en tôle — donnant dans le bateau. Deux crochets mus par deux élévateurs soulèvent le côté du wagon opposé au bateau et le renvoient à demi sur le déversoir. Dans ce mouvement, le côté du wagon regardant le déversoir s'ouvre de lui-même sous le poids du charbon au moyen d'un mécanisme spécial dû À M. viala, réminent directeur. Le wagon vidé, les deux crochets s'abaissent et le wagon se ferme de lui-même.

On verra plus loin les détails de cette installation.

Treuil à air eomprimé

Un treuil à air comprimé à deux cylindres manœuvre une poulie horizontale à gorge.

Ce treuil est parfaitement groupé pour passer dans les galeries et porte tout entier sur un petit train. Il a été exécuté dans les ateliers de Diéden à Lens. Sa poulie Chanipigny peut être remplacée par un tambour à douole ou simple gorge.

Ventilateur avee moteur à air eomprinié

Le ventilateur avec moteur à air comprimé pour l'intérieur

des travaux est aussi très bien compris. Il est portatif, puissant, et bien équilibré, nous le recommandons yolontiers à Tattention de nos collègues.

Berline en aeier

La Berline en acier des établissements métallurgiques et industriels de Romain Sartiaax à Hénin Liétard est aussi très bien comprise. Un modèle en est exposé.

Perf orafeiiiii di^em mjmtèwnem

Signalons encore un t;vpe de cadres en rails formant arcade

Eour entrer dans Texposition ayec deux perforatrices système iéyin qui semblent debout monter la garde à l'entrée Des trophées, des outils, des pièces, un chapeau de mineur et des lampes nous indiquent que nous sommes bien au pays noir et dans une des parties les meilleures et les mieux aménagées.

Tel est Tensemble de ce que Ton yoit à TExposition si intéressante de Liéyin. Assurément la commission aurait pu dis- Soser d*un emplacement plus grand pour d'aussi intéressants ocuments, mais pour ceux qui cherchent à aller au fond des choses on yoityite, malgré le peu d'espace dont dispose Liéyin, qu'on a sous les yeux Tœuyre d*une yaillante et énergique société. On ya en juger par ce qui ya suiyre.

Historique

Nous deyons, en effet, pour terminer notre étude sur Liéyin, faire un historique de cette société qui se recommande par tant d'installations originales et une recherche si constante et dans toutes les directions de tout ce qui constitue le progrès.

Aux débuts de Tannée 1858, MM. Adolphe Desllnsel, fabricant de sucre à Denain, Coartln, cultivateur à Lourches, Charles Hary, cultivateur au Verger et plusieurs autres personnes s'associèrent pour exécuter des trayaux ayant pour but la recherche de la houille au Midi du bassin du*^Pa8-de-Calais.

Ayant cette époque, le 28 mars 1858, un premier sondage ayait été entrepris à 200 mètres environ de la limite méridionale de la commune de Lens. Un accident força de Tabandonner dans la craie, à 124 mètres de profondeur.

Un deuxième sondage fut attaqué le 9 juin 1858 à 312 mètres environ, au Midi de la concession de Béthune. Il rencontra le terrain dévonien à ISS'^SO et le terrain houiller à 129 mètres, avec une couche de houille de 0"50 environ à 134'»36. Après avoir traversé quelques mètres de schistes bleuâtres, il fut arrêté à la profondeur de 1>^6'"40.

Le troisième sondage entrepris le 19 juillet 1858, à 320 mètres de la limite Sud de la concession de Lens, atteignit des schistes bleuâtres dévoniens à 126»20; il fut arrêté, puis repris et trouva le terrain houiller à no-70 avec filets de houille à 181«»31. Il ftit poursuivi, jusqu'à la profondeur de 212 mètres.

Le quatrième, placé le 16 août 1858 à 1,170 mètres au Midi de la concession de Lens, rencontra le terrain houiller à 14I*"60 et constat i à 142"*40 une première couche de o»"80, puis à 153"70 une deuxième couche de 1«34 en deux parties, séparées par 0"»38 de schiste, et à 176 mètres une troisième couche de C^SO de puissance verticale ; il lut arrêté à 182 mètres de profondeur.

Entin un cinquième forage ftit placé à 1,100 mètres environ de la limite sud de Lens, sur les bords de la rivière la Souchez. Commencé en février 1857, il atteignit les schistes calcaires dévoniens à 129 mètres et y resta jusqu'à 233*"y4, point oii il ftit arrêté.

Puits, — Entre l'exécution du quatrième et du cinquième sondage, la Compagnie de Liévin, pour ne pas se laisser distancer par la Compagnie de Lens, qui exécutait aussi des recherches, entreprit à 600 mètres au midi de la concession de Lens, un puits ae 4 mètres de diamètre (fosse n° 1 actuelle).

Tel était Tétat des travaux au début de Tannée 1861, au moment oii il s'agissait de concéder les terrains demandés.

La Compagnie de Liévin reçut alors une concession de 761 hectares, suivie d'une extension de 683 hectares, trop faible récompense de travaux exécutés sans relâche par elle jusqu*en i8^2.

De nouveau, par décret du 21 juin 1875, en raison d'autres travaux de recherche très remarquables, 606 hectares furent concédés à la vaillante Société, toujours dans le Sud. c'est-àdire dans les terrains houillers conquis à la pointe du trépan sur le dévonien.

Enfin, un décret du 24 mai 1880 concéda une quatrième fois 931 hectares à la Société Liévin.

Ainsi enlevée au prix de mille travaux et procès, la concession actuelle totale de la Société houillère de Liévin, c'està-dire les trois extensions obtenues successivement, possède une surface de 2,9S1 hectares : Elle est située dans le département du Pas-de-Calais, sur une partie des arrondissements d'Arras-Nord (canton de Vimj) et Béthune (canton de Lens).

Emplaeement des puits

Les deux emplacements des puits n*"* 1 et 2 furent déterminés par des circonstances indépendantes du gisement, inconnu à l'époque de leur creusement.

Le dégagement de grisou qu'on constata, dès le niveau de 245 mètres au puits n' 1, vint ajouter un facteur de plus aux difficultés que la Compagnie avait à vaincre dans l'exploitation des terrains un peu irreguliers qu'elle trouvait. Des qu elle fut convaincue de la richesse du gisement de Liévin par la découverte des veines en place du beau faisceau de Lens, à l'étage de 383 mètres, et sans attendre de- prescription administrative, la Société de Liévin creusa en 1874, le puits n» 5, placé à 45 mètres du puits n" 1, destiné à créer une deuxième issue à la surface et a mettre les travaux dans d'excellentes conditions d'aérage.

En 1872 aussi, la création d*nn nouveau siège (i*extraction, formé par les puits n*" 3-4, avait été décidée, et en novembre on commença le creusement du premier puits n« 3, puis en octobre 1873, celui du second, n"* 4. La distance des deux puits est de 30 mètres. Comme au siège 1, 5, les deux puits sont munis chacun d'une machine d'extraction ; Tun des puits sert pour rentrée d'air et l'autre pour la sortie.

Le puits n* 2, qui se trouve encore dans les terrains i*enversés, communique avec le siège n"" 1 et 5 par une galerie creusée dans la veine Paul, au niveau de 392 mètres, et il est utilisé comme puits d'aérage.

Les installations actuelles de Liévin comprennent donc deux puissants sièges d'extraction, dont l'un a oeux puits d'aérage. La distance des deux sièges est de 2,000 mètres, de sorte que le champ d'exploitation de chacun s'étend à 1,000 mètres. La pratique a démontré que cette distance est rationnelle : elle est nécessaire, car en raison des difficultés de fonça^e des puits et de leur profondeur, il faut donner à chaque siège un champ d'exploitation considérable ; elle est suffisante, car si les travaux s'étendaient à une plus grande distance du puits, les difficultés d'aérage pourraient gêner l'exploitation.

Hétliocle d'exploitetion

La méthode par avancement avec remblais est la seule employée à Liévin. Les remblais proviennent du creusement et de reutretien des voies et des travaux préparatoires; jusqu'à présent on n'a pas eu à recourir à la nécessité de descendre, dans la mine, des remblais provenant de la surface. Les couches les plus minces fournissent assez souvent un excédent de terres qui vient à point pour le remblayage des couches plus épaisses.

On ne déhouille guère de couches ayant moins de 70 centimètres d'épaisseur.

Le système des tailles chassantes est seul employé.

La hauteur des tailles est de 10 à 12 mètres.

Remblayage. — Dans les couches ayant moins d'un mètre d'épaisseur, on arrive généralement*, avec les produits du mur et le stérile de la veine, à établir des remblais complets. Quand l'épaisseur est plus considérable, il faut amener dans les tailles des terres provenant soit d'un niveau supérieur et descendues par des plans automoteurs, soit d'un niveau inférieur et remontées sur un plan incliné muni d'une machine à air comprimé. C'est un point très original de l'exploitation de Liévm qu'il nous faut signaler.

La généralisation de l'emploi des moteurs à air comprimé pour le transport sur les voies en pente a obligé à étudier une machine bien appropriée aux besoins du fond, occupant peu de place, facilement transportable et assez puissante pour remonter sur une forte pente une berline de terre. Le type construit par M. Dléden, de Lens, sur les indications de la Compagnie, remplit ce but, c'est celui qui est exposé. Il est à

deux cylindres pour éviter les points morts, et il a une force de quatorze chevaux.

Diamètre des pistons 0"16, course des pistons C^IG, rapport des engrenages 1 : 3, poids de la machine 1,600 kilogr.

L'axe vertical de la machine peut à volonté recevoir une poulie à.gorge extensible, type Champiipiy, un tambour simple ou un tambour double. La poulie Champignj convient bien aux plans inclinés avec envoyages intermédiaires ; quand la pente est forte on préfère les tambours.

Ces machines placées à la tête d'un plan incliné servent à la descente des charbons par la gravité, et deviennent de simples poulies à frein quand on enlève les pignons moteurs.

Le nombre des machines de ce type^ actuellement en fonctionnement dans les travaux de Lièvin, soit pour Texploitation en vallée, soit pour le remblayage, est de vingt-trois. Il y en a trente en tout.

Grâce aux dispositions très remarquables employées à Liévin pour le convoyage des terres, le rapport du tonnage stérile au tonnage utile qui était 28,11 0/0 en 1884, est descendu à 7,01 0/0 en 1888.

Déboisaye. — On a trouvé un autre avantage indirect, non sans importance, à Tapplication de cette méthode des remblais complets. Elle permet d'effectuer, dans les couches oii le toit est solide, le déooisage dans les tailles. Ce travail est fait par un ouvrier spécial, indépendant du chantier, non intéressé à la quantité de bois enlevé; il a pour mission de procéder, dans son opération, d'une façon méthodique, de ne retirer les bois qu au fur et à mesure de l'avancement des remblais.

En outre, l'ouvrier n'a plus autant de bois à amener, ceux enlevés étant remis à la même taille. Jusqu'à ce jour aucun accident n'est survenu en cours d'exécution du déboisage.

Abatage. — Le déhouillement est généralement attaqué par les veines supérieures, quand les couches sont voisines ou faiblement distantes (30 mètres et moins). On remarque dit M. Vlala que le déhouillement commençant par la veine supérieure ou par la veine inférieure, c'est toujours celle qui est exploitée la première qui est la moins dure et la plus grisouteuse, ce qui est une ouservation très intéressante. 11 semble à priori f que les affaissements produits par l'exploitation d'une veine inférieure doivent contribuer à faciliter l'abatage de la supérieure; il n'en est rien, du moins en ce qui concerne le gisement de Liévin. La cause paraît devoir en être attribuée à la nature grisouteuse des couches. On sait en effet, depuis longtemps, que le dégagement du grisou facilite l'abatage; or l'exploitation de la première veine produit des cassures qui s'étendent jusqu'à la deuxième et fournissent au grisou de c«lle-ci autant de voies de dégagement. Quant on commence l'exploitation de la deuxième, on constate qu'elle ne renferme plus guère de grisou, et qu'elle est d'un abatage plus diflicile. C'est surtout le cas des veines Louis et Augustin qui ne sont souvent séparées que pjar 3 à 4 mètres de schistes tendres. Quand, dans ces conditions on exploite la supérieure (Louis)

d*abord, la veine Augustin est ensuite excessivement dure, et vice-vers a.

Autrefois on employait fréquemment la poudre pour Tabatagedes veines dures : cet usage est absolument proscrit depuis 1885, et la modiflcation dans le travail qui en est résultée n'a pas sensiblement élevé le prix d'abatage.

En général Touvrier travaille au marchandage, n a un prix déterminé, valable pour un avancement tixé à Tavance (50 à 100 mètres). L'ouvrier qui, pendant le cours du travail, trouve son prix insuflflsant, a le droit de rompre le contrat en pajant une indemnité qui est généralement de 10 francs. La Compagnie ne peut, dans aucun cas, modifier le prix d'un marchandage en cours, quelque onéreux qu'il puisse être pour elle. Ce système d'entreprises, qui a été combattu dans bien des cas par les partisans du salaire égal pour tous, nous parait au contraire, dans les conditions ci-dessus, relever le niveau de l'ouvrier auquel il donne une initiative bien plus grande.

Puits

Creusement, — Les puits ont été creusés par le procédé Kind-Chaadroii avec cuvelage en fonte. Le prix de revient du mètre de puits cuvelé a Viirié de 1 800 à 2,220 fr. Avec les simplifications apportées depuis à ce procédé, ces chiffres seraient certainement réduits.

Aménagement des puits. — Tous les puits de Liévin sont divisés en deux compartiments. Le compartiment principal sert à l'extraction. Le second appelé goyot, est formé par un segment de cercle dont la flèche a de 1 mètre à 1"»20; clans ce compartiment sont installées des échelles en 1er inclinées sur 75", avec paliers à claire voie, distants de 7 «"50. Dans le goyot sont également placées les conduites d'air comprimé et celles des prises d'eau pour l'arrosage des galeries.

Approfondissement des puits. — C'est aux puits n"** 1 et 2 de Liévin que M. Li^bet a appliqué son procédé spécial pour l'approfondissement sous stot.

Maintenant qu'on a deux puits par siège et qu'on dispose de l'air comprimé partout, on applique des procédés plus rapides.

Guidage des puits. — Les guidages sont en bois à tous les puits. Les guides sont assemblés bout à bout et reliés à chaque traverse par un boulon.

C'est le guidage employé généralement dans le Pas-de- Calais.

Le guidage du puits n» 5 a coûté 50 francs le mètre courant, pose comprise (relevé sur 345 mètres de hauteur de puits).

Le prix d'entretien du guidage est en moyenne de 5 fr. 50 par mètre courant de puits et par an.

Perforation

Perforateurs. — Comme on n'emploie -peu ou pas d'explo-

sifs à Liévin on se sert d*Qne façon toute spéciale et intelligente de la perforation mécanique. C*est même ce qui caractérise cette intéressante Compagnie, et ce qui donne à son exploitation un caractère si spécial.

Il y a d*abord les perforateurs rotatifs à main: ils sont de plusieurs espèces. Le plus simple {Conquérant des Anglais) consiste en un fleuret fixé sur une yis tournant dans un écrou immobile : le pas de yis est en raison inyerse de la dureté. II rend des seryices dans les terrains peu durs et surtout homogènes.

M. Lliibet, ancien ingénieur en chef de la Compagnie, a le premier appliqué couramment le principe de la rotation pour Tentaillement des roches en imaginant, à Taide de sa yis creuse, un dispositif qui permet de proportionner la pression sur Toutil au degré de dureté du terrain. Son appareil est employé à Liéyin depuis plus de yingt ans, et il a toujours rendu de grands seryices. Il i>eut seryir indifféremment pour la perforation des trous de mines, ou des trous pour raiguillecoin.

On le remplace peu à peu par :

1** Le perforateur Cantla, grand modèle: excellent outil pour le creusement des bowettes, mais son poids le rend peu propre au coupage des murs ;

^ Le Cantin simplifié par M. Bomet, appelé jubilé ,*

3** Le perforateur Kiliot;

4** Le perforateur Sartl^ax, dit uniyersel.

Tous ces perforateurs sont en usage à Liéyin^ et les deux derniers seryent plus spécialement à la perforation des trous pour raiguille-coin.

Il est très intéressant de résumer dans un tableau les données sur ces appareils.

Perforateurs à rotetioiui

Désignation do typ«

Lisbet

Poids

do l'appareil

sans affût

kil.

Prix

sans affût

Cantin (modifié). Bornet Qubilé).

Elliot .

Universel .

Système

Pas

do la vis

milllm.

Nombre

do perforitottn

on usago a

Lievin

Vis creuse

aTOc embrayage et

eeroa fiio

Vis Hxc,

tvancemeni réfflé par

an ressort

Ecrou fixe, vis mobile,

avaucement réglé

par on ressort

Ecroo mobile formé par une couronne dentée dont te mouvement

est régie par pression

Ecron mobile dont le mouvement est réglé par une vis de pression

11 résulte de ce tableau que l'uni versel est le plus avantageux comme poids et 1 Elliot comme prix. Au point de vue de Tentretien, ces deux outils sont équivalents.

Quand il s'agit de percer des grès durs, c'est ie Cantin qui est le plus avantageux; TElliot vient en seconde ligne.

C'est, dit-on, le Cantin qui a le meilleur rendement et qui fatigue le moins l'ouvrier. S'il n'est pas plus répandu, c'est à cause de son prix et de son poids ; en outre, il demande un apprentissage plus long que ses concurrents.

La grande perforation mécanique à l'air comprimé a été introduite à Liévin en 1880. On a installé, à cette époque, au' siège n»» 1-5, la perforatrice Ferroax modifiée, avec affût à chariot, type Hereler, pouvant porter quatre appareils.

En 1887, l'air comprimé venant d'être installé au siège n" 3-4, on y appliqua aussi la perforation mécanique. Le perforateur BartoB ou Eellpse qui donnait de très bons résultats dans des Compagnies voisines fut adopté. On a reconnu que cet appareil est supérieur au Ferroux a cause de sa moindre longueur et de son moindre poids ; il consomme, en outre, moins d'air et demande moins de réparations.

Le Ferroax ne s'emploie qu'avec un affût à chariot, l'EclIpse peut s'adapter sur un affût a chariot, sur une colonne ou sur trépied, suivant les exigences du travail. Quand on désire avancer rapidement, on marche avec quatre perforatrices à la fois, placées sur l'affût à chariot; quand au contraire, on préfère l'économie à la vitesse, on se sert de l'affùt-colonne qui permet d'orienter le perforateur et de donner aux trous de mines une direction favorable au maximum d'effet utile de l'explosif ; dans les approfondissements de puits on se sert du trépied.

Nombre de perforateurs i Ferroux 12

en usage à la Compagnie. ( Eclipse 8

Les perforateurs Ferroox ont coûté 2,000 francs pièce, l'Eelipse 950 francs; c'est en faveur de ce dernier un avantage important.

L'Eclipsé n'a pas l'avancement automatique comme le Ferroax, ce qui augmente la main-d'œuvre pendant le forage.

Les bons effets obtenus par l'Eclipsé confirment donc la vérité du principe qu'on a souvent énoncé, à savoir que dans la perforation par la percussion, les petits coups répétés sont plus efficaces que les coups intenses et lents.

11 résulte de l'expérience acquise, à Liévin, que la perforation mécanique n'est pas économique dans les schistes; on ne doit l'employer que si Ton est pressé. Dans les terrains durs, au contraire, la perforation mécanique est avantageuse, au double point de vue du temps et du prix.

Voici, pour le prouver, un exemple du siège n®» 1-5, où Ton a percé, avec quatre Ferroox, 718".90de bowettes, au niveau de 4^6 mètres, dans des terrains très durs (des querelles), en organisant le travail le plus économiquement possible, en ne faisant qu'une battue par vingt-quatre heures. Trois ouvriers avaient pour mission (le forer tous les trous d'une battue et de tirer les mines; deux aides devaient enlever tous les déblais : on

dépensait donc cinq journées pour une battue de l'^fU en moyenne .

Longueur creusée en querelles IIS^QO

Longueur moyenne des mines 1"15

Longueur moyenne de la battue 1"14

Prix de revient du mètre :

Salaires aux ouvriers 24 f. 60

Dynamite 63 84

Réparations des perforateurs 20 65

Réparations des fleurets 4 69

Charbon consommé et salaire des machinistes des

compresseurs 7 06

Total par mètre. . 120 f. 84

Section de la galerie 8 mètres carrés

Prix de revient du mètre cube excavê. . 15 f. 10

Sans la perforation mécanique, la galerie aurait coûté au moins 140 francs le mètre courant. On doit estimer à 20 francs au minimum, par mètre courant, le bénéfice réalisé. 11 y a lieu de penser qu'avec TEclipse, dont l'avancement est plus rapide et 1 entretien moins grand, le bénéfice aurait été encore plus considérable; mais cet appareil est employé depuis trop peu de temps pour permettre de donner des chiffres suffisamment précis sur son effet utile.

Explosifs, — L'emploi des explosifs a donné lieu à une foule d'innovations importantes.

En septembre ISS"?, on commença à employer, à Lié vin, la dynamite àTammoniaque de Pauline, et en septembre 188S la dynamite-grisou de la même usine. Ces deux explosifs sont incontestablement plus sûrs que la dynamite-gomme; mais quand ils détonent, sans bourrage peu soigné, ils peuvent encore enflammer le grisou.

L'essai de la chaux n'a donné aucun résultat.

L'allumage et toutes les précautions sont l'objet d'un soin tout spécial à cause des accidents dépoussières qui ont eu lieu.

Blindage en fer. — Encore une innovation. Le blindage à l'aide de cadres en fer est appliqué depuis mai 1879 à Liévin. Le nombre de cadres placés dans la mine était, au 31 mars 1889, de 8,100. Le prix moyen des cadres employés depuis le début est de 16 francs; actuellement il est moins élevé, 15 francs environ.

Le profil du fer est le même : double T à ailes inégales pesant 15 kil 50 le mètre courant ; l'aHe la plus large est placée dans l'intérieur de la galerie Les cadres sont formés par deux montants inclinés recourbés à leur sommet en arc de cercle et reliés soit par éclisses, soit par un manchon en fer.

Le petit type représente une section utile de 4"**, 15 et pèse 85 kilos avec éclisses.

Le grand type représente une section utile de 5'"', 68 et pèse 100 kilos avec les éclisses.

Les éclisses sont doubles et à quatre boulons. Depuis quelques années on les a souvent remplacées par un manchon en fer, dans lequel on lixe solidement les deux extrémités du cadre à Taide de cales en bois.

Il tant, pour un cadre, deux éclisses en fer de 10 millimètres courant avec quatre boulons 0 te. 95. Le manchon est fait avec du fer de 10 millimètres d'épaisseur provenant de vieilles tôles, qui sont toujours abondantes dans les mines ; sa pose coûte 1 franc, il ^ëse 1 kilos. Si on faisait ce manchon en fer neuf, on pourrait réduire son épaisseur de quelques millimètres ; mais il reviendrait plus cher que les éclisses, car son prix serait d'environ 1 fr. 80.

Le manchon est, dans beaucoup de cas, préférable aux éclisses. Ce dernier mode exige le percement de deux trous à l'extrémité supérieure de chaque demi-cadre, qui créent des points faibles ou se produit souvent la déchirure du fer. Les manchons sont plus solides et leur emploi tend à se généraliser.

L'usage du fer comme revêtement pour les galeries de longue durée, est avantageux :

Il faut une moindre section d'excavation que pour les bois.

Il résiste mieux que les bois; en cas de forte pression, les cadres plient mais ne cassent pas, et on parvient souvent à les maintenir en place, quoique plies pendant un temps très long.

Il ne se produit jamais d'éboulement; après enlèvement, on les redresse à chaud et on obtient de nouveaux cadres en parfait état.

Les morceaux de cadres cassés sont utilisés comme chapeaux en fer, ou bien, en les assemblant, pour revêtement circulaire de beurtia ou de retour d'air.

Enfin, les débris non utilisables ont encore une valeur comme vieux fer, et en tenant compte de cette valeur de mitraille, on doit estimer à moins de 12 fï'ancs le prix d'un cadre.

Mais l'avantage principal consiste dans la longue durée de8 galeries blindées et le peu d'entretien qu'elles nécessitent.

De nombreuses comparaisons ont été faites, à Liévin, entre le bois et le fer; il en résulte qu'on renouvelle le boisage deux

(ois avant de toucher au fer. Il faut non seulement estimer a valeur du bois, mais tenir compte de la main d'oeuvre que nécessitent la mise en place des bois et l'enlèvement des déblais pour chacune de ces opérations.

Les pièces des montants de cadress ont posées sur le terrain dur et, à défaut de base convenable, on emploie une pièce de bois couchée à plat, afin de mieux répartir la pression.

Les cadres sont généralement placés à Ox'bO de distance; quelquefois ils sont distants de 1 mètre.

Le complément indispensable des cadres est un bon garnissage. On a essayé, dans quelques voies principales, où on désirait un revêtement éauivalent à la maçonnerie, des planches en sapin de 3 centimèlres d'épaisseur; ce garnissage n'est pas solide, coûte cher et son usage ne s'est guère étendu. On a aussi tenté le garnissage avec les queues en fer carré de 1 millimètre, système Dabaroii« Ces queues oui conviennent fort bien quand on veut garnir des chapeaux de boisage, sont fort difficiles à placer sur le parcours vertical des cadres.

Le garnissage le plus fréquemment employé, et qui donne

jusqu'à ce jour les meilleurs résultats, consiste en rondins en bois de 10 à 12 centimètres de diamètre, dont les extrémités sont logées entre les deux ailes du T. Ces rondins sont quelquefois jointifs (cas des galeries ébouleuses avec terrain lourd), d'autres fois, ils sont distants de 10 à 15 centimètres. Dans les deux cas, ils maintiennent bien Técartement des cadres en fer, ce qui est la condition importante.

La force de résistance de ce revêtement réside, en eflfet, dans la liaison des cadres entre eux et il faut surtout chercher à éviter la dislocation ; car quand elle commence par un cadre, tous les autres sont souvent entraînés ; aussi les rondins cassés doivent être remplacés sans retard, atln que Tensemble du revêtement lorme toujours un tout solidaire» quoique élastique.

Etablissement de la voie. — Encore un progrès réalisé par Liévin, c'est la voie métallique intérieure. Les rails sont en acier, du type Vignole, et de deux dimensions différentes :

L'un pesant 5 kil. 500 par mètre, est employé dans les galeleries secondaires.

L'autre pesant 10 kil. le mètre, sert pour les galeries principales.

A chaque joint, on rapproche les traverses.

Nombre de traverses métalliques employées à Liévin depuis leur introduction (1877) jusqu'à ce jour 156,000

Dés traverses métalliques Legrand forment une voie très rigide, dont la pose et l'enlèvement sont faciles. Elles permettent même de supprimer les éclisses dans les voies à iaiole fatigue.

Pour les bilurcations dans les voies principales, on se sert de croisements formés avec des rails de 10 kil. rivés sur des traverses en tôle de fer. Ces appareils, préparés aux ateliers» sont descendus d'une seule pièce dans la mine.

Les croisements des voies principales forment deux séries correspondant à des courbes de 6 et de 12 mètres de rayon.

Tels sont les traits principaux de l'exploitation à Liévin.

Examinons encore quelques appareils très originaux.

Appareil eiâreststreur pour eontrAle des maeliiiies d'emtraetion.

Signalons comme nous nous en sommes fait un devoir, toutes les choses originales de Liévin. -— Cet appareil, enregistreur dû à l'initiative de M. Simon, ingénieur divisionnaire de la Compagnie, construit par M. Dubois, est installé aux sièges n"** 1 et 5; il a pour but:

1» D'indiquer la vitesse des cages dans le puits, pendant les différentes périodes d'une ascension;

2* La durée d'un voyage et celle des manœuvres;

3* Le nombre de voyages pendant une période donnée;

4* Les changements de la marche de la machine.

L*appareil se compose d'un transmetteur et d'un récepteur.

Le transmetteur est placé près des molettes dont la vitesse à la circonférence est égale à la vitesse des cables dans le puits. L'axe d*une des molettes communique, par engrenage,

le mouvement a une came produisant, à intervalles réguliers — correspondant à 10, 20, 30 mètres, etc. de parcours dans le puits — un contact entre deux lames métalliques. Ce contact établit un courant électrique qui se transmet au récepteur.

Le récepteur, relié par fils au transmetteur et placé à une distance quelconque de celui-ci, se compose d'un électro-aimant qui, à chaque passage du courant, attire un levier qui trace une ligne verticale sur un papier mobile dont le mouvement est uniforme. La distance x entre deux lignes verticales est Texpression du temps que le câble a mis à parcourir 10, 20, 30 mètres. On a adopté 20 mètres dans l'appareil du puits n** 5.

«.. Voyiol m montant ».

Arrêoi <. Arrêt... >

..Vo/agiMdasandant .

. Arrêt

Le papier est enroulé sur un tambour vertical, de 287 milli • mètres de diamètre et 340 millimètres de hauteur; il est animé à sa circonférence d*une vitesse de 30 millimètres pendant une révolution. Le crayon en repos trace une hélice sur le tambour. Les dimensions de ce dernier ont été calculées pour (iu'une feuille donne les indications de vingt -quatre heures.

La molette ayant un mouvement alternatif, le transmetteur porte deux cames, Tune pour Tascension, Tautre pour la descente de la cage. Pour obtenir les indications de changement de marche, il y a deux électro-aimants au récepteur; le courant passe dans l'un ou l'autre des électro-aimants, suivant le sens du mouvement, et le crayon trace des lignes verticales, tantôt au-dessus^ tantôt au-dessous de la ligne normale.

Les piles sont placées près de l'enregistreur.

Cet appareil a de l'analogie avec les chronotachy mètres employés sur les locomotives des chemins de fer pour enregistrer les vitesses de marche. 11 fonctionne régulièrement depuis plusieurs mois et permet de suivre le mouvement des machmes à de grandes distances, et surtout de contrôler la vitesse des cages pendant la translation du personnel.

11 peut être appliqué à n'importe quelle machine. Quand celle-ci est à mouvement continu, il se simplifie même, car il suffit alors d'un électro-aimant pour le récepteur. On peut ainsi arriver à centraliser dans un bureau unique, le contrôle des machines d'un siège d'extraction, et c'est ce qui va avoir lieu pour le siège n*» 1-5.

Indicateur de dépression et réi^iateur Tolu métrique.

Gomme indicateur de dépression de la ventilation on emploie le manomètre à eau ordinaire et le mouchard enregistreur de dépression. Sur le ventilateur du siège n«» 3 et 4. est installé un indicateur particulier aux mines de Liévin.

Les caractères principaux de cet appareil sont :

l"* Lecture facilitée par une aiguille qui se meut sur un axe gradué :

2" Mouvements oscillatoires de Feau pea sensibles à cause de la grande section ;

3"* Il est disposé pour ôtre enregistreur.

4* Deux sonneries électriques d*alarme ayertissent le mécanicien lorsque les variations de dépression dépassent les 1 imites voulues.

Régulateur volumétrique. — Le volume d*air que débitent les ventilateurs à force centrifuge n*est pas constant, pour une vitesse déterminée de la machine. Les causes qui font varier ce volume sont :

1« Toutes les circonstances intérieures de la mine dont l'efTot est de diminuer ou d'augmenter son orifice équivalent:

7f La température de la surface a une grande influence sur les causes naturelles de ventilation, influence d*autant plus sensible que la mine est plus larçe.

Il est donc très rationnel aadjoindre, aux ventilateurs a force centrifuge, un appareil, régularisant le mouvement de la machine dételle sorte que le volume débité soit constant dans de certaines limites.

Cet appareil qui est surtout utile pour empêcher le volume de descendre en dessous du minimum d^air nécessaire à la mine, fonctionne au siège n"" 3-4, depuis 1883.

Principe. — Une palette équilibrée, placée sur le courant d*air venant de Id, mine subit, sous Taction de ce courant, des déplacements correspondants aux variations des volumes d*air. Quand ces mouvements dépassent une certaine amplitude, dans un sens ou dans Tautre, un dispositif établit un courant élecv trique agissant sur le tiroir de détente de la mcahine 4)u sur le robinet d*admission de vapeur, pour augmenter ou diminuer la vitesse du ventilateur. Cet appareil a été imaginé par M. DeMOUjr, ingénieur-divisionnaire de la Compagnie et M. Dnbols» constructeur à Anzin. (Voir une note de M. Dd- ■aUly, Bulletin de Clnduatrie minérale^ année 1885, pnge 1073).

Quand le travail à exécuter en cul-de-sac est de longue haleine et que le courant d'air doit assainir d'auti es trarauK, on préfère employer des ventilateurs à force centrifuge, r\us par Tair comprimé, dont un modèle figure à TExposition.

Ces ventilateurs ont les dimensions suivantes :

Diamètre extérieur 0"»15

Poids 650 kilos.

Diamètre du cylindre moteur .... O^'lO Course id. .... 0*10

Rapport du nombre de tours de Tarbre

de la machine à celui du ventilateur --- Nombre en usage à la Compagnie . . 8 Ces appareils donnent très facilement au bout d'une colonne de canards de 100 mètres, un volume d'un mètra cube.

il répondent à an véritable besoin et facilitent beaoconp le percement des communications entre deux points à relier.

G*est ainsi qu'on a pu faire, sans la moindre difficulté, au siège n** 1 et 5, un percement, en montant dans la veine Dusouich renversée, ayant 200 mètres de longueur entre les étages de 430 et de 345 mètres.

On a supprimé remploi des ventilateurs à bras.

Les monûkges s'exécutent généralement par voie simple.

Surveiltoiice spéciale au p«iitt de vue du iprieou

La Compagnie de Liévin a, dès Torigine, installé des chercheurs de grisou. Ce sont les surveillants de nuit encore appelés surveillants d*aërage. Ils descendent le soir et remontent le matin quand tous les ouvriers sont entrés dans la mine. Ils visitent tous les quartiers qui leur sont assignés, s'occupent de la marche de Taérage, de la recherche du grisou, et des mesures à prendre pour le faire disparaître.

Si la quantité oe grisou constatée, en un point quelconque* est assez grande pour constituer un danger, ils interdisent l'accès de la galerie ou du chantier et préviennent les chels de la mine. Ce cas est d'ailleurs exceptionnel et le plus souvent il suffit d'une petite réparation aux portes d'aérage, où de l'application de toiles d'aérage pour faire disparaître les petits dépôts accidentels.

Le surveillant de nuit est muni d'une lampe rieler aveo laquelle il procède au jaugeage des retours d'air et avant de quitter la mine, il fait un rapport de l'état des quartiers qu'il a visités.

Le service d'allumage des mines est confié aux boute-feu« ouvriers spéciaux, choisis avec soin, qui ont À prendre toutes les mesures de précaution prescrites par les règlements ; tant au point de vue du grisou qu'à celui des poussières. Comme le nombre des mines à tirer est très restreint, ces boute-feu sont, en outre, chargés de la visite de leur quartier, pour ce ''ui concern*; l'aérage et la recherche du grisou. A leur sortie ie la mine, lis font également un rapport écrit sur cette visite.

par

L'autorisation de tirer des mines ne peut ôtre accordée que )T ringénieur divisionnaire.

Eiiifiarquement du eharbou

Encore un perfectionnement :

Les wagons servant au service de l'embarquement sont composés d'un châssis roulant, entièrement métallique, portant deux caisses d'une contenance de 5 tonnes chacune Ces caisses sont munies de portes s'ouvrant latéralement de chaque côté de la voie au moyen de charnières placées à la partie su-

Eérieure. Un système de fermeture spéciale système VialA, réveté s. g- a. g. permet l'ouverture automatiaue des portes par le simple soulèvement des caisses sur un des cotés ,- on obtient le déversement de leur contenu dès qu'on atteint

: rangle de glissement. On peut également ouyrir les portes à la main sans déplacer les caisses du châssis et ces wagons peuvent ainsi être employés à un service intérieur de ballast ou d*expédition au dehors. C*est le premier système de ce genre reunissant les deux possibilités d'ouverture, il est très pratique et n*a demandé depuis deux ans aucune réparation.

Le poids totardd Wakon vide eBt 7,100 kilos.

Le transbordement du contenu des wagons dans la trémie est obtenu par le soulèvement de chacune des caisses* au moyen de deux cylindres à vapeur (un jMur caisse) placés contre la voie du coté opposé à la tromie.

Ces cylindres sont à simple effet, avec communication au dessus au-dessous pour Téquilibre pendant la descente. La tige du piston est prolongée par une chaîne passant sur une poulie âxe et munie à l'autre extrémité d'un crochet spécial qui vient prendre la caisse sur le côté. En admettant la vapeur, le piston descend et le crochet est attiré par lachidne; un dispositif automatique amène les becs de ce crochet contre la caisse, et cette dernière se trouve soulevée jusqu'à ce que rinclinaison atteigne 85*.

La rame de wagons à décharger est amenée sur la voie longeant le quai par une machine locomotive qui repart aussitôt. Cette rame (20 wagons) est alors enserrée par deux câbles s'enroulant en sens inverse sur le tambour d'un petit treuil à vapeur, de façon que par le simple mouvement du treuil à changement de marche, on puisse faire avancer ou reculer la rame de wagons et amener telle ou telle caisse vis-à-vis de la trémie avec la plus grande facilité.

Le treuil et les cylindres à vapeur sont disposés pour que le mécanicien ait sous la main tous les leviers de manœuvre.

Cette installation est très puissante dans sa simplicité ; un 2»ateau de 250 tonnes a été chargé en 47 minutes; mais, si ces chifflres sont un maximum, on peut, en alimentant le quai de wagons, opérer pratiquement le chargement de six bateaux, soit 1,500 tonnes en douze heures.

L'emplacement pour un second appareil est, du reste, mônagé, afin de doubler la puissance d'embarquement, si on le juge nécessaire.

Les mélanges de charbon s'obtiennent facilement par le déversement successif des produits différents, contenus dans chaque caisse amenée à volonté devant la trémie.

Le personnel se compose d'un mécanicien et d'un accrocheur.

La manœuvre des wagons par le treuil a été adoptée par la Compagnie de Courrière peu de temps après Tinstallation du rivage de la Compagnie liévin.

Il est intéressant de connsdtre le coût des installations :

Valeur des terrains 42.599 60 .

Pont sous la route nationale, n* 25, ^.

d'Arras à Lille 48.844 12

Terrassements et maçonneries. ... 257.808 93

Voies de chemin de fer et accessoires. 49.474 67

Bâtiment des machines et bureau. . . 2.714 16

Machine et appareils de chargement . 18.892 16

Total 409.829 07

Le prtx de revient de rembarquement est intéressant à connaître. Il se décompose ainsi :

Expédition par eaa en 18B8. . . . 123.848 tonnes Dépenses demain-d*œayre et dragage. . 2.752 77 Fournitures des magasins et charbon. • 931 09

Entretien da matériel 1.605 02

Frais divers 62 68

Ensemble 5.351 5ô

Prix dereyient à la tonne embarquée • 0 fr. 0415

Ce prix de revient pourrait être abaissé de plus de moitié» si les expéditions par eau devenaient plus importantes. Les dépenses restant, en effet, les mêmes, à peu de cnose prés, quel que soit le tonnage, il est possible d*atteindre et maintenir un prix de revient de 0 fr. 020.

Tableau de l'Extraction de la Société houillère de liiévin (depuis son obiqini)

Nous ne pouvons mieux faire que de clore Tétude qui précède, par le tableau de Textraction de Liévin depuis l'origine:

EXTRACTION PAR FOSSE (Tonnes)

Années

Eiiraettotalo

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