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FABRIQUE D'OR EN FEUILLES

10, rue ChâteaU'Landony à Paris.

Aa bout de la classe 41, du côié de l'avenue de Suffren, M. Horiot, dans une vitrine ùléj^amment décorée, offre à l'examen des visiteurs les produits de ses ateliers.

Nous sommes ici dans le domaine des métaux précieux. L'œil est frappé et charmé à la fois par les retlets de i'or, de l'argent, du platine de l'aluminium, qui y sont représentés sous tous les aspects : en lingots, en feuilles et en poudres.

L'abondance et la variété des échantillons ou spécimens sont aussi remarquables? que leur beauté. Nous allons commencer notre étude par le roi de ce domaine : le platine.

Le platine est, en raison de sa dureté, un métal très difficile à réduire en feuille; c'est une des opérations les plus délicates du battage et il faut des ouvriers consommés pour l'amener au çeu d'épaisseur voulu tout en lui conservant son éclat. Il est très dur, et s'il est travaillé brusquement, il perd sa cohésion et la feuille se ternit d'une façon irrémédiable.

Après des essais nombreux et répétés et par d'heureuses modifications apportées dans le système de recuisson, M. Horlot est parvenu à le rendn» plus malléable dans le travail du batta^'e; ce qui a d'abord a^nené une diminution assez sensible dans les frais de fabrication et a permis ensuite d'abaisser le prix de vente, tout en assurant une marchandise irréprochable.

Pour montrer d'une manière irréfutable la souplesse qu'il est parvenu à n(mner ta son platine, M. Horlot a battu des feuilles dune dimension inusitée. Celles qui sont exposées dans sa vitrine mesurent 212 "/•" de côté au lieu de 85 ■•/'", qui est la grandeur courante.

Je n'ai vu nulle part des feuilles de platine amenées à cette dimension.

Pour l'instruction du visiteur, cet exposant montre les différentes phases du battage de Vor avec des échantillons pris après chaque opération.

780 G. HURLOT

11 nous montre Tor : 1° En lingot fondu.2^ En lingot laminé. 3^ Un morceau du lingot précédent étendu à coup de marteau et nommé pièce de forgeage, et qui représente 1/160 de celuici. 4* La même feuille Battue au 1*^ caucher ou premier outil . 5' La leuille battue au 2* caucher ou deuxième outil et formant la 1/640» partie du lingot primitif exposé. 6«» La feuille battue au chaudret ou troisième outil et formant la 1/2560" partie du lingot exposé. 1" Feuilles battues à la moule on quatrième outil et formant alors la 1/10240* partie du lingot exposé . Ces feuilles sont terminées et mises dans des liyrets de papier Joseph. Ce travail est dénommé vidage^

11 y a plusieurs genres de vidage, ainsi que nous le montrent les échantillons exposés, qui sont :

Vidage français. — La feuille d'or égale en grandeur la feuille du livret de papier qui la contient.

Vidage anglais ou allemand, — Les feuilles du livret sont plus grandes que la feuille d'or.

Vidage autrichien. — Chaque feuille du livret renferme 4 petites feuilles d'or.

Vidage chinois, — Ici la feuille d'or est appliquée par pression sur une feuille de papier mobile; elle est légèrement adhérente à cette dernière et s'en détache en s'appliquant au mordant étendu sur l'objet à dorer; c'est une sorte de décalcomanie.

Ce dernier procédé est connu en France sous le nom dor en feuillets mobiles. Il a été importé de Canton au mois de juillet 1842, par M. Favrel, prédécesseur de M. Huriot.

Puis nous vovons dans de petits flacons de l'or en poudre de différentes couleurs. Cette partie de l'exposition est d^ctualité, car en ce moment la mode est de dorer les meubles avec de l'or en poudre. Ce procédé de dorure, — très riche, il est vrai, — est très coûteux; car, si l'on veut obtenir la solidité qu'on est en droit d'attendre, il faut jusqu'à trois couches d'or.

M.Unrlot, bien que fabriquant l'or en poudre, a cherché à battre des feuilles d'or qui, étant appliquées, donnent au meuble ou à la décoration l'aspect de la dorure à la poudre ; ce moyen est plus solide et proportionnellement moins coûteux. 11 a atteint le but qu'il poursuivait et son or dit, Or jaune Exposition 1880^ renfermé dans sa vitrine, est préparé par ce procédé.

Les résultats qu'on obtient peuvent se voir dans la galerie centrale, à l'exposition Jansen (ameublement). La dorure du lit et des parties décoratives de cette exposition a été faite avec de l'or préparé par ce procédé qui a l'avantage de pouvoir être appliqué à tous les tons et à toutes les qualités d'or et n'augmente le prix de 1,000 feuilles que de 2 francs.

M. Hnrlot n'a pa.s cherché à tirer l'œil du visiteur; il s'est contenté d'exposer les produits labriqués couramment chez lui et qui sont de vente journalière. Le manque d'espace ne lui a pas permis d'exposer 108 64 tons d'or qu'il fabrique; une trentaine seulement s'y trouvent. Outre ces 64 tons, M. Hnrloi possède encore un nombre considéralde d'autres tons d'or qui, Joints aux précédents, forment la gamme absolument complète des nuances qu'il est possible d'obtenir dans les 4 tons

génériques : Jaune^ Vert^ Rouge et Citron, Un client nouveau peut donc ainsi retrouver cliez M. Hurlot le ton d'or qu'il a rhaoltude d'employer.

Cet exposant nous montre encore son or et son platine en feuilles préparées spécialement pour la céramique a*art. Ces produits ont été créés au moment de l'Exposition de 1878 et ont servi à M. Deek pour sa merveilleuse porte du pavillon des Beaux-Arts et pour ses plats sur fond d'or qui figurent cette année dans la classe de la céramique. Citer les noms de de Deek, de F«r«^e et de la faïencerie de Gien qui les emploient est le meilleur éloge qu'on en puisse faire.

Il ne faut pas confondre l'or pour la céramique avec l'or uni pour dentistes, qui avec les mêmes métaux gaufrés figurent également dans la vitrine. Malgré un aspect à peu près semblable l'or uni pour dentistes et l'or pour céramique ne se ressemblent nullement et les procédés de fabrication n'ont, sauf le battage rien de commun entre eux. L'or en poudre devient maintenant d'un emploi fréquent pour la dorure sur verre. M. Hnriot a exposé un objet en cristal doré et platiné pour montrer l'aspect que prend l'or en poudre après cuisson.

Nous voyons aussi les poudres d'or, d'argent platine et d'aluminium dans de petits flacons, et les mêmes en coquilles et on godets tels que les emploient les peintres sur vélin.

En résumé cette exposition est la plus importante et la plus complète dans son genre, elle fait honneur à ses organisateurs et démontre bien l'importance de la maison.

Institutions 0U¥^rièi>es.

Comme une bonne fabrication ne peut être obtenue que d'un personnel stable et habitué aux méthodes de travail d'un établissement, M. Hnrioc a toujours conservé un noyau d'ouvriers tranquilles et sur lesquels il peut compter d une façon certaine ; il n'y a aucune morte-saison pour ce personnel.

Une baisse de travail ne diminue pas d'une façon sensible le salaire des ouvriers.

Il y a dans la maison plus de 30 ouvriers ayant de 20 à 50 ans de séjour presque ininterrompus et environ 25 qui ont plus de 10 ans de présence. Ce long séjour rend les rapports faciles entre patron et ouvriers, et la perfection du travail y gagne toujours.

M. Hartot a un soin tout particulier de ses ouvriers; une assurance en cas de maladie a été instituée dans la maison. Moyennant une retenue de 0 fr. 20 par semaine pour les hommes et 0 fr. 15 pour les femmes; les malades hommes touchent 2 fr. par jour pendant 60 jours et 1 fr. pendant 60 autres jours. Les femmes 1 f. 50 et 1 fr. pendant la même période.

La femme qui vient à être mère reçoit 30 fr. à condition de se reposer 10 jours avant de reprendre le travail.

Cette assurance est absolument facultative et n'est imposée à personne. Elle se solde annuellement par un déficit qui est comblé par M. Harlot. Si contre toute attente il y avait boni, il serait partagé à la fin de Tantiée entre tous lei adhérents.

Povr terminer cet article dlHons que depuis de longuei »nt

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nées, Tor de cette maison a été employé pour les plus beaux travaux exécutés pour TEtat ou les particuliers-tant en France qu'à l'étranger.

Nous allons citer au hasard quelques noms : La Sainte-Chapelle, le Louvre, les Tuileries, le Sénat, Fontainebleau et Versailles, réglise Sainte-Croix, à Orléans, le chœur de la cathédrale de Rouen, rèj^lise russe, rue Daru, la galerie de la Banque, la galerie de Saint-Louis au Palais de Justice, la Cour de Cassation, la Cour d'assises, un grand nombre d'églises à Paris et dans de grandes villes de France, la chambre de Mme de Sévigné au château des Rochers, le château de Darapierre, Chenonceaux, château de Blois, chambre du Roi ; église de la Madeleine, hôtel de M. deRotschild,àVienne,harem du Sultan à Constantinonle, palais du prince Frédéric Charles, à Berlin, chapelle du château de Farnljoroug (Angleterre). Le saint sépulcre à Jérusalem, grande pagode à Siam, château rojal de Belem (Portugal) résidence du duc de Bragance.

Dorure à l'or en poudre des cadres de la galerie de tableaux de S. M. le Roi des Belges.

Hlntoriqur et Coiiaiatimee.

Cette Maison est restée cinquante ans, rue du Caire, 43, et pour cause de fin de lïail a été transportée lo, rue Chàteau- Landon.

M. 4x. Hurlot, qui la dirige actuellement, y est entré comme employé en 1866, et s'est toujours occupé particulièrement de la fabrication ; il a suivi scrupuleusement la tradition des fondateurs qui était de ne rien négliger pour maintenir la fabrication au degré de perfection voulu. En effet, tout progrès, toute amélioration, toute innovation dans cette industrie sont venus de cette maison. Moditication du laminage et du forgeage, presses à vapeur, machine à battre l'or, battage en feuilles de l'aluminium et du platine, sont des citations de cet établissement.

Depuis ISai, la vapeur y est employée comme force motrice et depuis 1850, comme agent calorique pour le pressage et le séchage des outils en baudruche ; deux chaudières sont affectées à ces services.

L'opération de la presse et du séchage se fait chez tous les autres batteurs d'or au moyen de plaques de fonte chauffées au feu; ce mode de chauffage est presque toujours inégal et souvent défectueux.

Chez M. Harlot, cette opération se fait au moyen de la vapeur. Des boîtes en fer creux maintiennent l'outil entièrement serré, tandis qu'un courant de vapeur circulant dansées boîtes donne un séchage entièrement regulier et procure en même temps une économie journalière de 3 ouvriers

Cette presse créée par la maison, à été contrefaite par les Allemands et il n'est pas actuellement une maison un peu importante de Furth et de Nuremberg qui ne soit pourvue de cet outillage.

Lu seule machine à battre l'or qui ait été essayée a été inviMitée de toutes pièces parM. Pavrel; elle a obUnu une

médaille de l*"» classe à TExposition universelle de 1855 ; mais jusqu'à présent elle n'a pu être couramment utilisée.

La maison Hnrlot occupe dans la bonne saison plus de iOO ouvriers des deux sexes, et sa fabrication moyenne est de iO miUioTUi de feuilles d'or^ employant environ 200 kilog d'or a fournis par les divers affineurs de Paris. Une partie

de cet or est exportée dans les pays étrangers où la marque est très appréciée.

Dans le oattage de Tor, le bas prix n'est obtenu qu'en diminuant la quantité d'or contenu dans les 1,000 feuilles, par la minceur des feuilles, ou en réduisant le format, ou bien encore en substituant le travail d'apprentis à celui d'ouviùors.

Béconipenses obtenaeM*

Dans toutes les expositions oh la maison Hnrlot a fait tigurer ses produits, elle a toujours, iusqu'à présent, obtenu seule la plus haute récompense accordée au battage d'or.

Exposition universelle de 1855, Médaille de l*"* classe pour ses produits. Exposition universelle de 1855 , Médaille de l" classe pour sa machine à battre l'or. Exposition universelle de 18«7, Médaille d'argent pour ses produits. Exposition universelle de 1878, Médaille d'argent pour ses produits. Expositions universelles de 1834, 1839, 1844, médaille d'argent. Exposition universelle do 1849, Médaille d'or. Exposition universelle de 1837, Médaille de platine de la Société d'Encouragement. Exposition universelle de 1837, Médaille d'argent de l'Académie de l'Industrie. Exposition universelle de 1878, Médaille d'or de l'Académie nationale.

Le jury des récompenses de 1889 reconnaissant la valeur et l'importance de cette maison modèle, en son genre, et bien française, lui a décerné la plus haute récompense accordée à cette spécialité : une Jllédaille d'Argent. Une médaille d'or s'imposait, pourtant, pour cette industrie.

Notons, en terminant, qu'à la suite de l'Exposition, M. Ch. Hegedius, directeur du Musée technologique royal hongrois de Buda-Pest, a demandé à M. Horlot la collection complète de ses produits pour son musée oîi ils figurent aujourd'hui sous son nom. Ces derniers vont figurer également dans l'atelier de batteur d'or que M. Hurlot va installer au conservatoire national des arts et métiers, sur Tautorisation de l'administration.

784 BERTHOMIEU ET C»"

BERTHOMIEU et C

USINE A PARIS-ORBNELLE

Rue St'Charks, 109 bis

Dans le Groupe V de la ClasM 41, M. Bcrthomlen expose des aciers fondus en barres, lingots, pièces mécaniques, traités par son procédé de fabrication, pour la cémentation des fers.

Cette méthode due à M. Berthsmlea ne comporte aucune adjonction de substances étrangères au métal à transformer ; elle consiste simplement dans la manière de traiter le métal, disposé dans le creuset d'un four spécial par un mode particulier de distribution calorifique. Le calorique agit par rayonnement et non directement, comme dans les fours ordinaires affectés à la cimentation, et la température peut être réglée à volonté, lentement et graduellement. La carburation s'effectue d'une manière uniforme dans toutes les parties du métal soumis à ce procédé et produit un acier qui

E résente une structure fibreuse; ce dernier donne la ductiilité et la ténacité, avec toute l'homogénéité désirable.

La cémentation dure en moyenne vingt jours, dont cinq pour la chauffe et quinze pour le refroidissement gradué.

Un four peut donner une production moyenne de 3. 000 kilog. d'acier par vingt jours, soit 54 tonnes par an. . Les frais de céraentatior: reviennent à 30 fr. par 100 kilog.

Des expériences ont été faites en présence de nombreux ingénieurs métallurgistes, directeurs d'usines, etc.

M. Berclioiuien a obtenu en IS'S une médaille d'Or.

MÉDAf LliE D'0R — ]ilÉDAIIil<r D*AR«EIVT

4 MÉDAILLES DE COLLÂBOBÂTEm

A. BOULENaER ET C««

Alliage de Nickel couleur argent, non argenté, argenture et dorure, réargenture.

Usine à Créteil^ siège social : rue du Vertbois à Paris.

L*exposition de MM. A. Bonleacer et C>« est particulièrement intéressante à cause de ses produits nouveaux. C'est le traitement des alliages de Nickel qui fait son originalité.

L'usine où ces produits sont manufacturés est à Créteil. C'est une industrie toute française et toute parisienne menée avec une grande sûreté de main et un grand sentiment de Tart.

Donnons quelques détails.

Foute» laminage, tréttlase et prodialta manu facturée»

Ce qui caractérise, je le répète, ces usines, c'est l'établissement, entre autres, d*un alliage d'une blancheur et d'une rigidité extrêmes, éminemment propre à la fabrication des couverts pour être vendus non argentés : — Cela donne un métal nickel couleur argent, aussi blanc, aussi sonore et plus résistant que l'argent lui-même.

Les couverts se font, néanmoins, également en argenté, par les procédés électro-chimiques, ainsi que les divers articles pour services de table, hôtels ou restaurants, sur un métal — un peu moins blanc, il est vrai, — mais qui se travaille plus facilement et leur donne un aspect de véritable orfèvrerie.

Le matériel bien compris et considérable, les procédés économiques qui existent pour la fabrication de ces pièces, permettent à la maison de pouvoir lutter avec avantage contre la concurrence étrangère en exportant ses produits dans la majeure partie de l'Europe, dans tout l'Orient et l'Extrême-Orient, dans une partie de 1 Afrique, dans toute l'Amérique du Sud comme au Canada et en Australie.

Les alliages de niokel, le Mailieohort sont tous fabriqués à rusine de Cr4teil en brut, et l'argenté eit fait à la malion de Parii.

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