‹ Les mines et usines en 1889Chapitre 168 sur 199 · EMILE MULLER ET C · texte numérisé non relu

EMILE MULLER ET C

Enfin dans la classe de TEconomie sociale sonouTrage. c Les habitations ouvrières en tous pays», fait avec la collaboration d*un de ses élèves, M. Emile Cacheux aîné, M. Dolfus, le créateur des cités ouvrières de Mulhouse, dont E. Huiler fut Tarchitecte, était ainsi que lui pénétré de cette pensée que : « L'insalubrité de T habitation est le point de départ de tous les vices, de toutes les calamités de létat social des ouvriers. »

La classe 48, Métallurgie, présentait un intérêt très grand

Sar les produits exposés comme fovers et fourneaux, pièces e toutes formes et oimensions en réiractaire, magnésie, silice, fer chromé et creusets en plombagine.

Il ne faut pas oublier que M. Emile Waiier a cherché à débarrasser la métallurgie du tribut qu'elle payait à TAngleterre, en tentant la fabrication et en faisant de nombreuses recherches afin de remplacer la brique de Dinas qui permettait seule la construction des fours à haute température, des fours à fusion d'acier.

M. Emile Huiler fut le premier, en 1S69, après trois ans de recherches et d'essais à proposer aux métallurgistes français remploi de la brique de magnésie pour la construction des fours et des revêtements de magnésie aux convertisseurs et fours Martin (1), « dans le but d'éliminer le phosphore, le souiï*e et autres impuretés des fontes et des riblons phosphoreux en présence d'un laitier basique.

« Aucun industriel n'a appliqué ce brevet Huiler, autrement la déphosphoration, au lieu de reparaître dix ans plus tard, en 1878, eût appartenu à la France dès 1869. Le nom de Emile Huiler eut remplacé ceux de Thomas et Gilchrist pour les grandes inventions de ce siècle. >

M. Emile Huiler fit plus tard, pour les creusets en plombagine, ce qu'il avait recherché pour les briques en magnésie, qu'il parvint à fabriquer concurremment avec les meilleures marques anglaises.

Il innova également remploi des Bauxites, de la Société Auge et C'«, pour la constitution de produits réfractaires à base d'alumine.

Il créa aussi les briques et les garnitures de cubilots agglomérées en fer chromé, suivant les indications des inventeurs, MM. Vulton et Bémuury, qui ont prouvé que le chrome naturel résiste aux plus hautes températures, à l'action de la silice pure, à celle des silicates des fours à garniture silico-argileuses, et qu'en même temps le fer chromé n'est pas attaqué ni

Ear les bases, chaux, magnésie, dolomies, ni par les scories asiques, riches en oxydes métalliques ou terreux. Le nom de neutre, donné par ces inj^énieurs aux revêtements chromés, est donc absolument fondé.

Historique et eonsistenee*

L'usine d'Ivrj^-Port fut fondée en 1854. La maison E. Huiler «• C««eut son siège social, jusqu'en 1869, à Mulhouse; elle

f Jula

DUcouri de M. Jordaui à 1« Société du Ingéniettn oWiU, la

continué par an développe ment successif à occuper la place imx)ortante et indiscutée qu'elle a aujourd'hui. Ses produits, si hautement et si justement appréciés, ont obtenu • Crrandfl prix et 4 Médailles d'or!

Motice néeroloffiqve.

EnUle Huiler naquit à Altkirch (Haut-Rhin), en 1823. À sa sortie de Técole centrale, en 1844, il entra, sur les conseils de Camille Polonceau, comme ouvrier au chemin de fer de l'Est où il resta un an. 11 revint à Mulhouse ou il fit de Tarchitecture et commença à s'occuper de ses projets d'habitations ouvrières.

En 1854, il fonda son usine d'ivry qui devait être le bercjBau de découvertes et de si merveilleux progrès dans l'art céramique. Le nom de Huiler restera toigours attaché au souvenir de l'exposition de 1889.

Professeur à l'Ecole centrale depuis 1864, il était chargé de la chaire de constructions civiles et son cours devint un des plus remarquables de l'école.

Ancien président de la Société des Ingénieurs civils, il prit une part considérable à ses travaux et y a laissé, dit M. Eiffel, « une trace profonde de son action, i

Pour terminer, nous ne pouvons que répéter les paroles dites sur sa tombe par le célèbre constructeur :

« Personne, plus que lui, ne joignait les qualités qui font le bon citoyen et le patriote, au dévouement par lequel on se consacre à l'amélioration du sort des travailleurs, à la science de l'ingénieur qui a pris pour but de ses efforts le progrès sous toutes ses formes, et ennn à cette chaleur de cœur qui, de tous ceux qui l'ont connu, lui ont fait des amis

« Fortune, honneurs, affections intimes, rien ne lui a manqué, et en même temps les amitiés dont je parlais lui sont restées toujours âdèles. La vie de cet homme de bien, de ce grand cœur, de ce soldat du progrès, aura laissé ici-bas des traces profondes ! »

Emile Huiler mourut à Nice le II novembre 1889.

Nous ne pouvions mieux faire, en parlant de son œuvre que de rappeler ce que tout le monde pensait de lui . Ses successeurs, son fils se montrent à la hauteur d'un si grand exemple et l'usine d'ivry est prête à recommencer les chefs-d'œuvre de 1889.

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HEDAIIildES D'ARCSENT dt DE KROIVZE

F. WEIDKIIECHT

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