‹ Les mines et usines en 1889Chapitre 178 sur 199 · IV. — Groupe de la €Aie-d'Or · texte numérisé non relu

IV. — Groupe de la €Aie-d'Or

Gisements exploités, — Les phosphates de TAuxois furent reconnus près de Saint-Thibault (Côie-d'Or), en 1822 ; d'après une analyse faite par Berthier, ils contenaient 74 pour 100 de phosphate de chaux. Ils furent retrouvés en 1872, et d'après les échantillons recueillis on y trouva 60 à 64 pour 100 de phosphate tribasique ; en 1876 commencèrent les exploitations des phosphates de l'Auxois, et en 1879 M. Deaaillyût ses premiers travaux.

Le niveau phosphaté de l'Auxois s'étend tantôt dans le calcaire à gryphées non altéré, zone à Ammonites stellaris^ tantôt dans le limon creux provenant de sa dissolution partielle par les eaux de surface.

Impertanee dee ffieemente et terrains exploitée

L*épais8eur du lit phosphaté est en moyenne de 0«15, mais il est très irrégulier et ses variations d'épaisseur sont assez, brusques.

Les nodules de l'Auxois sont très légers, ils pèsent 1 . 150 à 1.200 kilog. par mètre cube; séchés au soleil, ce poids se réduit à 1.000 Kilog. Leur teneur en acide pliosptiorique varie (le 29 à 30 pour 100, soit dans une moyenne de 62 pour 100 de phosphate tricalcique. Le rendement par hectare est en moyenne de 450 mètres cubes.

La redeyance à payer aux propriétaires est actaelletneat de 3 fr. par toanes, c'est à dire 1.400 fr. par hectare. On évalue à eaviron 5.000 hectares retendue approximative des gisements de phosphate de la Côte -d*Or et 1.500.000 tannes la quantité quMls renferment, alors que Textraction n*atteint pas 10.000 tonnes par an.

Hétli^de il'expleitotion

M. De««lily a concentré ses exploitations dans le rayon de Semur. Elles se font à ciel ouvert au moyen de chantiers dont la profondeur ne dépasse pas 3 mètres* et le système adopté est le même que dans le Pas-de-Oalals, la Meuse et les Ar; donnes.

Les chantiers de r\uxois sont au nombre de 19 ; il y a en plus une usine hydraulique et à vapeur.

Classement et Haete de Tente des pwmûuiim

Les phosphates de FAnxois se vendent presque toujours sous forme de farine de nodules calcinés, en une seule classe titrant 60 à 62 pour 100 de phosphate tribasique. L'exploitation peut être évaluée a 3.000 tonnes par an.

PerMiiitel

L'exploitation des phosphates de chaux se trouve dispersée dans les quatre groupes de la Somme, du Pas-de-Calais, de la Meuse, des Ardennes et de la Côte-d*Or. Le personnel s*élève à 850 ouvriers dont le salaire moyen est de 3.06 par jour.

Un grand nombre des ouvriers extracteurs sont attachés depuis longtemps à M. Desallly ; Tesprit de bienveillance dont il est anime vis à vis de son personnel et le dévouement de celui-ci méritent Tun et Tautre d*être cités. Ces bonnes relations qui existent de patron à ouvriers, ne sont nullement incompatibles avec le principe d*antorité et de discipline. On serait heureux de voir de Dareilles traditions se répandre dans i*industrie, où cet accord n'existe malheureusement pas toujours.

M. Desaiiiy.par suite de la concurrence des phosphates de la Somme, pour la fabrication des superphosphates et celle des scories ae déphosphoration employées à Fétat naturel, aurait pu réduire dans de notables proportions ses exploitations des nodules des sables verts ; mais, soucieux d'assurer l'existence d'une population ouvrière qui lui est dévouée, et à laquelle il est attaché, il les a maintenues dans le maximum d'activité possible.

11 faut espérer que lors(ftie la consommation aura absorbé rénorme quantité d'acide phosphorique brusquement mis à sa disposition, par suite de la découverte des gisements de la Somme et de la mise en œuvre des scories Thomas, les phos phates des sables verts reprendront leur ancienne valeur, et que M, Desaiiiy retrouvera une juste rémunération des sacriûces enéreux qu'il s'est imposés.

826 ETABLISSEMENTS PAUL DESAILLY

Historique et ceasistance

L*explQitation des phosphates date de 1855, époc^ue à laqu^le M. Oesallly père créa la première à Grandpre (Ardennes), comme il a été dit au début de cette notice, et participa dans une très lar^^e part à la vulgarisation de ces derniers pour les engrais agricoles.

M. Panl Desmllly a collaboré à la direction des travaux de 1869àl88d, puis il a succédé à son père. Il a su par son travail, son intelligence et sa grande connaissance des affaires se

? lacer à la tète d*une entreprise, la première parmi celles qui raitent les phosphates.

En 1888, M. Panl Desmllly a été nommé président du comité de surveillance du comptoir général fondé par les exploitants delà Somme, du Pas-de-Calais et de la Belgique pour lave p te des phosphates riches des beaux gisements de DouUens. Ëlu à l'unanimité, il recevait un témoignage flatteur de ses confrères qui rendaient ainsi hommage à son mérite industriel. Le jury a confirmé cette décision en accordant à M. Pm«l Desatllv deux Rlédlaiiieis d'or. Il a, en outre, été nommé CiieYWlier de la liéffion d*iiennear.

JHBDAIIiliE D'ARCEMT

Page 1