‹ Les mines et usines en 1889Chapitre 29 sur 199 · Du gros ou roches retiré à la main · texte numérisé non relu

Du gros ou roches retiré à la main

2. De la Gailletterie également retirée à la main, et en morceaux de la grosseur des deux poings à la tète ;

3. Des morceaux plus petits qui se rendent dans les wagons des Tout-Tenant.

Les charbons plus tins qui ont traversé la grille Briart tombent sur une table à secousse formée de deux tôles à trous ronds superposées et forment trois catégories ;

!• Des Gailletins refusés par le trou rond de 30 millimètres qui vont aux wagons des Tout-venant, et qui mêlés aux morceaux refusés par la grille Briart forment le Tout-venant amélioré.

2* Des fines grenues ayant passé au trou rond de 30 millim. et refusés par le trou rond de 10 millim. qui sont envoyés partie aux lavoirs pour produire des grains lavés et partie aux wagons de Tout-venant, où ils forment avec les morceaux refusés par la grille Briart et les Gailletins le Tout-venant ordinaire.

3* Des poussiers de 0 à 10 millim. qui sont employés à la fabrication du coke.

Ces Poussiers de 0 à 10 millim. qui sont livrés à la fabrique de briquettes de MM. Albert Dehaynln et C*% dans la proportion de 25 0/0 de l'extraction totale.

Les proportions de ces différentes catégories de charbon d*après leurs grosseurs sont variables suivant les puits et les couches exploitées. Mais on j)eut évaluer à environ 40 0/0 la proportion de poussier retire qui est entièrement livré à la fabrication du coke.

Les Gros, Gailletteries et Gailletins sont très propres pour les foyers domestiques; ils brûlent avec flamme, facilement, sans fumée et comme du bois, tout en formant la griffe sur la grille»

Les Tout-venant conviennent bien au chauffage des générateurs, où ils fournissent un très bon rendement en eau vapo- ^risée. On les y emploie seuls, et (juelque fois mélangés avec une partie de charbons gras là ou les montages et le tirage laissent à désirer.

Les Poussiers donnent des briquettes brûlant facilement, formant la grille, et résistant bien dans le foyen

IVttture des eendrcft

Le.s cendres des charbons de Douai sont alumineuses et calcaires, et de couleur brique réfractaire. Elles ne sont presque pas fusibles, passent à travers la grille des foyers sans se fondre et ne laissent que des scories se cassant facilement et n'engorgeant pas les grilles.

Aussi c'est le seul charbon que la Compagnie du Nord emploie pour le service de ses locomotives qui font le trajet sans arrêt de Lille à Paris.

liAiroirM — Grains lavés

La Compagnie a établi deux usines à lavage : Tune à Dechv, du système Lhurig , l'autre à Gayant avec caisses Lhurig et Bérard modifiées :

En outre du lavage des poussières pour coke, ces usines préparent des grains lavés très purs, 4 à 5 0/0 de cendres pour forge et qui remplacent à Paris les charbons de forge de la Loire dont ils ont la qualité, et qui reviennent à un prix beaucoup moins élevé.

Les grains lavés, dits n* 2, pour forge ont passé au trou rond de 18 millimètres, et ont été reltises par le trou rond de 10 millimètres.

Les grains plus gros de 18 à 30 millimètres, sont vendus pour chauffage de locomobiles , de générateurs et de petits foyers, soit purs, soit mélangés avec des tout-venant, demi gras de l'exploitation d'Aniche.

A Dechy, où Ton fabrique du coke à 8 0/0 cendres on lave tout le poussier de 0 à 10 millimètres et on le ramène à 55 à 6 0/0 cendres.

A Gayant, pour le coke à 10 0/0 et 12 à 13 0/0, cendres, le poussier est criblé de nouveau à la table à secousse; le fin de 0 à 3 millimètres n'est pas lavé et vient se mélanger avec les grains de 3 à 10 millimètres qui, eux sont lavés.

Fabrication du col&e

L'extraction annuelle de la division de Douai est de 400,000 tonnes.

Sur cette quantité, 200,000 tonnes sont employée» à la fabrication du coke et des grains lavés.

La Compagnie possède 250 fours, savoir : 116 fours belges, carbonisant en 48 heures; 75 fours Coppée, carbonisant en 24 heures, près de la fosse Gayant: 60 fours Coppée, carbonisant en 24 heures, près de la fosse Dechy, qui fabriquent annuellement 100,000 tonnes de coke.

Ce coke est classé d'après sa teneur en cendres garantie : l*coke lavé, 1" qualité à 8 0/0 cendres; 2» coke lavé, 2« qualité à 10 0/0 cendres; 3» coke métallurgique à 12, à 13 0/0 cendres.

Les cokes à 8 0/0 et 10 0/0 cendres sont livrés aux sucreries, aux fonderies, et à quelques hauts-fourneaux, les cokes métallurgiques s'écoulent pour la très grande partie dans les hauts fourneaux de Meurthe-et-Moselle, dans les usines des* environs de Nancy et de Longwy.

Ils sont durs, denses, compactes, très réffuliers, et donnent de très bons résultats dans les fourneaux de grande hauteur, cil ils résistent bien à la grande charge.

Praduciion

L'extraction de la houille commence à Aniche en 1780. Elle

varie de 2,000 à 7,000 tonnes jusqu'en 1797, et de 15,000 à 20.000 tonnes jusqu'en 1810,

De 1810 à 18'i0, elle reste comprise entre 25,000 et 35,000 tonnes.

En 1842, le gisement de houille demi-grasse do Somain est mis en exploitation, et la production s'accroît d'année en année.

De (57,000 tonnes en 1845, elle monte à 100,000 tonnes en 1849 et 200,000 tonnes en 1854.

Alors l'exploitation de Douai vient s'ajouter à celle d'Aniche, et l'extraction s'élève à 300,000 tonnes en 1860, 450,000 en 1870, 625,000 en 1874, 735,000 tonnes en 1888, et atteindra 800,000 tonnes en 1889, dont 330,000 à Anicho et 470,000 tonnes à Douai.

Depuis leur origine les mines d'Aniche ont produit en totalité 19.300.000 t.

Savoir : ancien gisement gras d'Aniche 2.000.000 »

Gisement de houille 1/2 grasse

d'Aniche 9.000.000 »

Gisement de houille 1/2 grasse de Douai 8.000.000 >

Admimifltrtttioii persoiiiielle

Suivant le contrat de Société du 11 novembre 1773 l'Administration est toute entière entre les mains de 8 directeurs : Messieurs de Chatenny, Valllemlit, BllBaBgoy,de Jessevalle f Dejardln* Lalllert Bonnel et Bernard.

M. E. VulUemiB, ingénieur-directeur-gérant est placé à la tète de tous les services, et a comme fondé de pouvoirs la signature pour toutes les affaires de la Compagnie,

11 est secondé par son rtls, M. Georges VulIlemlB, ingénieursecrétaire général ; par M. GonrdlB, agent commercial ; M. Seg^ard, chel de la comptabilité; et par un certain nombre d'employés.

Les travaux forment deux divisions; celle de Douai à la tète de laquelle se trouve M, Délavai , ingénieur-directeur, avec plusieurs ingénieurs; celle d'Aniche, avec M. Lemay, comme ingénieur-directeur et plusieurs chefs de travaux.

Tous les services se concentrent dans les bureaux établis à Aniche.

Au 1" janvier 1889, la Compagnie d'Aniche occupe : 80 employés 3.002 ouvriers

3.082 Elle leur a payé en 1888-89 3,300,008 de salaires Elle loge gratuitement la plupart de ses employés et porions et surveillants, leur donne une indemnité d'éclairage, et le charbon pour leur chauffage ainsi qu'à tous ses ouvriers — soit 10,000 tonnes.

Une caisse spéciale fournit des secours aux ouvriers malades et blessés, des pensions aux vieux ouvriers et aux veuves. Ces dépenses annuelles montent à 175,000 fr. dont 117,000 fr. de pensions.

Les recettes fournies par une retenue de 3 0;0 sur les salaires et les cotisations de la Compagnie sont insuffisantes, et celle-ci comble le déficit par des allocations.

Quatre écoles et salles d'asile dirigées par des sœurs de Saint- Vincent-de-Paul. donnent Tinstruction aux enfants habitant les 676 maisons construites par la Compagnie qui subventionne en même temps un orphelinat, un hospice et d'autres écoles de garçons.

Dernièrement à l'occasion de TExçosition, l'Administration a accordé à tous les employés un mois de leur traitement tant pourun voyage à l'Exposition qu'à titre de gratification, à leur choix.

CoiiMiataiiee des ëtablisflemeiitfl des mines d'Anielie

Dans la division d'A niche, il existe 6 puits, dont 3 servent à l'extraction, et 3 à la descente des ouvriers, à l'aérage et à l'épuisement des eaux.

Les 3 puits d'extraction, qui datent de 30 à 50 ans, exploitent aux profondeurs de 400 à 500 mètres. Ils ont été réorganisés, munis de machines puissantes dans ces dernières années, pour exploiter le gisement jusqu'à la profondeur de 800 mètres à raison pour chacun d'eux de 120,000 à 150,000 tonnes par an.

Dans la division de Douai 5 puits sont en exploitation, et installés pour produire les mômes chiffres que ceux des puits d'Aniche. Leur profondeur actuelle varie de 300 à 400 mètres.

Un 6« puits, celui de Roucourt qui a rencontré le terrain permienne sert jusqu'ici qu'à l'aérage et l'épuisement ; l'exploitation de la région qu'il occupe s'effectue par des galeries partant de la fosse Saint-Réné,

A Aniche existe un atelier important, en relation par voie ferrée avec tous les puits etdans lequel s'effectuent les grosses réparations de l'outillage et du matériel de l'exploitation ; les petites réparations s'exécutent sur les puits mêmes.

Près des aieliers sont installés le magasin central, les bureaux et la maison d'administration.

Des embranchements ferrés, dont le développement est de 18 kilomètres et desservis par 7 locomotives, relient les ateliers et le magasin à toutes les fosses, et gares du chemin du Nord à Somain et à Douai.

A Aniche, une usine à lavage prépare des charbons spéciaux pour le commerce et une usine a briquettes produisant annuelpement 80,000 t. exploitée par MM. Albert Dehaynln et Cs s'alimente exclusivement avec les charbons menus des mines d'Aniche.

A Gayant et à Dechy sont installés 254 fours à coke avec leurs usines à lavage, qni ont produit en 1888, 125,000 t. de charbon spécial pour la forge.

Un rivage installé sur la Scarpe, près Douai, procure l'écoulement par bateauxde 100,000 t. de houille et de coke de Douai et d'Aniche.

Tous les puits, les ateliers, les magasins et usines à lavage, les fabriques à briquettes et de coke, sont reliés par des voies

ferrées directes ou par Tintermédiaire du chemin du Nord entre eux, au rivage, et même à 7 verreries d*Aniche.

Un décret du 19 novembre 1888 a autorisé la Compagnie à construire un chemin de fer reliant directement les puits et ateliers d'Aniche aux puits, usines et rivage de Douai. On s'occupe de Texécution de ce chemin de 9 kilomètres de longueur, destiné à faciliter les mélanges des charbons demi-gras d'Aniche avec les charbons gras de Douai, Talimentation des fours à cokes, et les expéditions au rivage, et à développer les ventes, sans passer par 1 intermédiaire du chemin de îér du Nord.

situation iliittneière

Il a été établi précédemment que la Compagnie avait immobilisé dans son entreprise 20 millions de francs.

Des amortissements successifs ont été appliqués aux dépenses faites, et Tinventaire au 31 mars 1889 présente à l'actif cidessous ;

Terrains 966.000

Fosses (12) 2.469.000

Maisons d'ouvriers (676) 568.000

Bâtiments d'exploitation. Ateliers. Bureaux. 548.000

Usines à lavage et 254 fours à coke 421.000

Chemins de fer 424.000

Machines à locomotives 744.000

Matériel et outillage 699.000

Capital représenté 6.839.000

au lieu de 20 millions dépensés.

A ce capital, viennent s'ajouter les fonds de roulement et de réserve, savoir :

Approvisionnements 394.000

Caisse. Portefeuille. Rentes sur l'Etat. Obli-

ffations. Bons du Trésor, etc 3.047.000

Déoiteurs par comptes. Banquiers et acheteurs 1.217.000

Produits invendus . * 178.000

4.836.000 dont il faut déduire les dettes bien minimes, il f*st vrai :

Contrats constitués 170.000

Dépôts. Paiement par

anticipation et fournisseurs . . 189.000 359.000

11 reste pour fonds de roulement et de réserve . 4.477.000

En résumé, le capital net de la.C' des Mines d'Aniche est représenté par :

1» Valeurs immobilisées, amortissements déduits. 6.839.000 2« Fonds de roulement et de réserve . 4.447.000

Ensemble 11.316.000

correspondant à 3.636 û». par 1/12 en circulation, dont 1.438 fr. do fonds de roulement et de réserve.

L'importance de ce dernier chiffre témoigne de la prudence de l'Aaministration de la C** qui a su réserver sur les bénéfices une part assez grande pour assurer la lionne marche de Tentreprise et pour faire face aux éventualités et aux travaux d'avenir, chemin de fer commencé, creusement d'un nouveau puits projeté à Âniche, et constructions de maisons pour augmenter le personnel ouvrier.

En résumé, l'exploitation d' Aniche peut être prise dans son ensemble comme le prototype des exploitations minières françaises avec leurs péripéties désespérées, leurs relèvements faits de persévérance et le succès final du à la perspicacité mêlée d'audace et de science que les hommes comme M. ValUemlii et son conseil personnifient si bien à la grande gloire de notre pays.

Les mines de TEscarpelle ont une très coquette exposition. Au fond de l*einplacement qui leur est réservé il y a un

Sortique monumental dont les matériaux, est-il besoin de le ire, sont formés d'agglomérés qui donnent la sensation d'un portique en marbre noir tant les moellons sont polis et bien taillés.

Au centre de remplacement, un magnifique modèle relief re-

§ résente l'atelier de carbonisation et d'agglomération; à roite et à gauche des plans dont nous allons parler et audessous les vitrines pour la classification des charbons. En avant il y a encore deux modèles de cuvelages. Voyons d'abord les plans, comme toujours suivant la méthode que nous avons adoptée.

Coupe verticale de* b««sin0

Cette coupe verticale et perpendiculaire à la direction des couches passe par les fosses 1, 5 et 4.

On sait que la concession de THscarpelle est située à l'est de Lens, aux contins d'Aniche, en un point où le bassin houiller du Pas-de-Calais subit un changement de direction avant de s'épanouir à Test dans le département du Nord comme il s'épanouit à l'ouest dans le Pas-de-Calais. Bref, si Ton s'imagine que le dépôt houiller tout entier a la forme d'un 8, l'Escarpelle se trouve entre les deux boucles

La coupe va du sud au nord grosso modo, c'est-à-dire du dévonien renversé au sud, au carbonifère en pente douce au nord.

Le gite tout entier, on le sait, est, dans ses grandes lignes assimilable à un U dont la première branche de gauche serait presque verticale, renversée même un peu sous le dévonien et dont l'autre branche serait beaucoup plus inclinée se rapprochant peu à peu de l'horizontale à mesure qu'on s'avance vers le nord. On le voit c'est toujours la coupe théorique du Pasde-Calais qui indique que tout le gîte au début ressemblait à un livre ouvert et horizontal qu'un soulèvement aurait fermé en renversant imparfaitement les pages de la moitié gauche sur les pages de la moitié droite restée. en place.

Un premier faisceau de 28 veines est reconnu et exploité par les puits n" 4 et n" 5, ce sont les charbons gr«as.

Un second faisceau est reconnu par le puits n"" l.Il comprend quinze veines moins grasses.

Au-delà vers le nord un tiers de la concession reste inexploré. La coupe va jusqu'à une profondeur de 1000 mètres et les couches plongent toujours sous cet abîme. La profondeur la plus grancfe reconnue est 426 mètres.

Telles sont en résumé les réflexions que nous suggère la coupe de TEscarpelle : Avenir et sécurité joints à une grande richesse houillère condensée.

modèle de euirelase au i/tO

Le modèle de cuvelage de droite montre une coupe des puits avec les trousses et le revêtement intérieur du cuvelage en bois par des anneaux complets de fonte.

C'est une reproduction de la partie inférieure du cuvelage des puits n" 3 dont la hauteur cuvelée dépasse 89 mètres.

C'est en ISTC? que pour la première fois la Compagnie des mines de TEscarpelle exécuta ce travail sans recourir aux assises en bois ou en pierre sur lesquelles on appuyait autrefois le revêtement du même genre.

Les trousses métalliques établies sur la maçonnerie au-dessous de la base du cuvelage en bois et picotées contre le terrain naturel servent d'assiette à un tronc de cône sur lequel s'élève le tube cylindrique de revêtement composé d'anneaux complets de 3™81 de diamètre» 1*"50 de hauteur et pesant environ 5,000 kil. On les posait avec un câble d'extraction moufle.

Le modèle de gauche est plus intéressant encore, c'est le fonçage à niveau plein du puits n** 6.

Il reproduit la base du cuvelage et du premier anneau qui la coiffait. La hauteur cuvelée dépasse 94 mètres.

La Compagnie des mines de l'Escarpelle a exécuté son travail à niveau plein en l'affranchissant des opérations et appareils caractéristiques du procédé Kind Chaudron. Elle a supprimé la boîte à mousse, la colonne d'équilibre les tiges de suspension pour la descente du cuvelage et les picotages avec faux cuvelage inférieur, comptant uniquement pour obtenir rétanchéité sur un cimentaffe soigneusement exécuté. Le succès le plus complet a justifie son initiative.

ClAMiifleatiom de eltarboni

Les spécimens de charbons exposés sont les suivants :

Grenailles de 0,001 à OOTf.

Grains caves de 0,007 à 0,015.

Id. de 0,015 à 0,025.

Têtes de moineaux de 0,20 à 0,050.

Gailletins de 0,050 à 0.070.

Id. de 0.070 à 0,110.

Gailleteries de 0,110 à 0,220.

Ensuite, des grains lavés pour forges, des criblés sur barreaux de 0,04 et 0,10 du coke métallurgique superbe, du petit coke et des grésillons de coke.

llsiite de lavA^e, eoke et amlomérés

Le modèle-relief qui nous est soumis montre une condensation remarquable de moyens d'action sur une surface d'un hectare et demi seulement. C'est un vrai modèle du genre.

La réduction est au 66% (15 mill. car mètre )

On voit les charbons arriver à l'usine à l'état de fines provenant de cribles à 25 mill. trous ronds ou 15 mill. barreaux longitudinaux. Ils en sortent sous forme de charbons lavés, grains lavés, coke et briquettes.

Deux norias élèvent simultanément les fines, ce qui permet de décharger en même temps du gras et du maigre dans une proportion déterminée. Ce charbon est réuni dans une tour oii s'opère le mélange. Il est ensuite repris par une noria unique qui le verse sur un tamis qui en fait le classement.

Les grains sont lavés à part et livrés sous cette forme au commerce, grains gras pour forges, grains mélangés pour chauffage industriel ; une noria les verse directement dans une tour nouvelle sous laquelle les wagons viennent prendre leur chargement.

Les poussiers destinés à la fabrication du coke ou à celle des agglomérés sont épurés dans des lavoirs système i.oliri« Goppée dont l'éloge n'est plus à faire.

Ceux composés de charoons gras qui doivent être cokéfiés sont conduits à la citerne des fours à coke par une rigole spéciale dans laquelle l'entraînement est produit par le courant d'eau sortant des lavoirs. Une autre rigole ramène l'eau du bassin de décantation où elle se dépouille des matières ténues entraînées. Les charbons sont ensuite élevés de la citerne dans les tours d'égouttage spéciales par une chaîne à godets perforés actionnée par un caole aérien agissant comme courroie. Les charbons sèches pendant vingt-quatre heures sont repris dans des vagonnets et conduits aux fours.

Les poussiers destinés à la fabrication des agglomérés sont, après lavage envoyés dans une citerne d'où ils sont élevés dans des tours d'égouttage puis repris pour être mélangés au brai. Le produit est ensuite chauffe à la vapeur dans un réservoir vertical d'où il tombe dans la presse continue de l'excellent système Boarrles. Les briquettes à leur sortie de la presse sont sectionnées et transportées par la toile d'entraînement qui les met en face des wagons de chargement.

Les divers produits de l'usine sont chargés soit en wagon, soit en bateaux disposés le long du quai longeant précisément l'établissement.

A la partie médiane du quai se trouve une grue à vapeur destinée au déchargement du brai qui est mené dans un pare spécial au centre même de l'usine.

On lave journellement 560 tonnes de charbon. L'usine livre 140 tonnes de grains lavés, 80 tonnes de coke et de 200 à 220 tonnes de briquettes.

Indépendamment de cet établissement la Compagnie en possède deux autres affectés exclusivement à la fabrication du coke; en tout 184 fours à coke produisant annuellement 135,000 tonnes.

On le Yoit, il n'existe pas au monde que nous sachions, une usine plus groupée, plus théorioue, où la main-d'œuvre de transports, de manipulation des charbons soit à ce point remplacée par des moyens mécaniques. Pour mouvoir d'aussi énormes quantités il mllait, en effet, résoudre mécaniquement ce problème. C'est ce qui a été fait très heureusement par la Compagnie de l'Escarpelle.

Historique

L'historique des mines de l'Escarpelle est particulièrement intéressant. C'est le 13 juin 1846 que M. Loyez de Cambrai cherchant le prolongement des mines d'Aniche découvrit la houille à 154 mètres dans le Pas-de-Calais.

Un bassin nouveau était né car c'était la première fois qu'on constatait officiellement la présence de la houille au-delà de Douai.

M. Loyez constitua immédiatement une Société dite de la Scai^e au capital de un million et demi qui bientôt devinrent insuffisants par suite de la découverte du charbon gras à Dorignies; on doubla le capital.

De nombreux sondages furent alors entrepris ainsi que le creusement de plusieurs fosses qui présenta de grandes difficultés et donna lieu à des procès de toutes sortes. On fut obligé d'employer le procédé Kind Chaudron.

En 1853 la situation n'était pas favorable et on eut l'idée de vendre la mine à Aniche au célèbre M. Delahante, mais la guerre d'Italie éclata et la Compagnie doubla encore une fois elle-même son capital. Elle créa à très peu de frais d'admirables voies ferrées et navigables les mieux situées comme proximité des départs et commença la fabrication du coke en 1872, la Compagnie était désormais sauvée.

De 1850 à 1859, la Compagnie avait extrait . 363,276 tonnes

De 1860 à 1869 1,157,988

De 1870 à 1878 2,102,001

De 1878 à 1889 3,000,000

Soit depuis l'origine 6,623,265 tonnes

Actuellement l'extraction qui n'était en 1877 que de 261,313 tonnes est de 500,000 tonnes en 1889.

Le capital engagé n'est en réalité par suite de non réalisation que de 3,786,300 ft».

Cette affaire remarquablement menée par l'ingénieur directeur M. Bran est appelée comme toutes les affaires du Nord et du Pas-de-Calais à se développer encore, mais le résultat obtenn est dès maintenant considérable.

Les mines de Douchv ont une exposition dont la caractéristique est surtout la prédominance donnée aux documents prouvant une grande sollicitude pour les ouvriers et leur sécurité. Cest ainsi, tout d'abord, â droite, en regardant cette Exposition intéressante, que nous voyons un plan de Taénige des fosses à grisou.

Aér»se des fosse» A grisou

Nous y puisons des renseignements très remarquables.

La quantité d'air totale circulant dans les mines de Douchy est de 63,000 mètres cubes à la seconde.

Le nombre total des personnes présentes simultanément dans la mine étant de 910 et le nombre des chevaux de 41, il s'en suit que la quantité d'air par personne est de 69 litres par seconde ou bien par toUne extraite et par seconde de 63 litres.

Je crois que dans aucune mine de houille de pareils résultats n'ont été dépassés ou même égalés.

Le plan nous donne ensuite des renseignements les plus complets sur les expériences d'aérage faites à l'anémomètre Ca« sartelll.

Nous voyons ensuite un type bien réussi et très complet d'une fosse d'aérage avec ses revêtements en fonte, ses foyers d'aérage, son treuil de fortune pour les accidents.

Les fosses d'entrée d'air à Douchy sont Saint-Mathieu, Beauvois, TEclaireur, La Naville, Douchy (compartiment d'extraction).

Les fosses d'aérage sont : Gauton, Sainte-Barbe, Désiré, Douchy (Goyau).

Plan de eoneession de Douehy

Le plan de concession de Douchy à l'échelle de 0,0001 paraît exécuté d'après une épreuve photographique agrandie et coloriée après coup. Cela est assez curieux car le plan est bien à l'échelle.

La superflcie de la concession est de 3419 hect. 28. Elle a été formée en 1832 par décr(»t du 12 février.

On y remarque huit fosses en tout se répartissant comme suit :

Quatre pour l'extraction ;

Une en réserve;

Et trois spéciales consacrées à l'aérage.

Barrière pour plan» inclinëfl

Toujours dans le même ordre d'idées mentionnons le plan de la barrière pour plans inclinés système Hellsae, Thabile conducteur des travaux. Ce système permet Tintroduction de la benne (venant de la galerie perpendiculaire au plan incliné), sur le truc et après qu'on a abaissé la barrière, il n\ a plus de mouvement de la benne, par suite, plus d'accidents" possibles.

A«eaniulttl«ar pour ouverture de lampe de mikreté

Les ouvriers ne se plaindront pas, je le répète, qu'on les néglige à Douchv. Voici encore un système particulier un accumulateur pour Couverture des lampes de sûreté dû à M. Catrice Gnvelier qui augmente évidemment la sécurité de l'intérieur.

C'est un système hydraulique qui permet de comprimer l'eau dans un piston d'un certain diamètre et de la faire agir ensuite sous cett43 pression sur l'appareil à ouvrir la lampe.

Obtenir beaucoup de force avec un appareil hydraulique à main tel est le but cherché et obtenu.

Coupe sénérale du fatoeettu

Le faisceau exploité par Douchy est à peu près le même que celui exploité par Anzin, à Denain.

Il y a dix-sept à dix-huit veines presque toutes excellente» sans accidents énormes affectant la forme classique par dressants et plateures.

Les charbons y sont d'excellente qualité.

La prolondeur atteinte est une des plus considérables du Nord et du Pas-de-Calais. Le puits par lequel passe la coupe est creusé jusqu'à la profondeur de 632 mètres ce qui est très respectable.

Iu0tttllaiion« dlirerscs

Les bâtiments d'extraction de la fosse l'Eclaireur sont donnés par un plan spécial à l'échelle de 1/50.

Chevalement à deux montants écartés et robustes, machine d'extraction et triage, tout cela sur le même axe. A droite les quatre générateurs de vapeur et c'est tout. Rien de plus simple, de mieux groupé et d'aspect plus solide.

Usine à coke n» 2. L'usine à coke n" 2 en construction est empreinte du meilleur cachet de simplicité.

La série de 42 fours sur une même ligne, forme des massifs de 14 fours chacun.

A droite, le bâtiment de manipulation et mélange des char-

bons, les trucs, les générateurs près de la cheminée et voilà toute rinstallation.

L'année prochaine, dit-on, il sera permis peut-être d'y Toir des appareils à recueillir les sous produits de la distillation.

Usine à coke n" i. L'usine à coke n° 1 en pleine exploitation est sur le même plan.

Elle comprend 6 groupes de 24 fours chacun soit 84 fours en tout, cela est très imposant.

La capacité de proouction annuelle totale des deux usines est de 130,000 tonnes et le charbon lavé pour le commerce de 100,000 tonnes.

Les opérations de l'usine n» 1 sont les suivantes :

Classement de fines brutes de 0 à 60, • 0 à 8 menus livrés à la cokéfaction; 8 à 24 grains lavés et livrés au commerce ;

24 à 40 noisettes lavées et livrées au commerce ;

40 à 60 gailletins épierrés et livres au commerce.

La consistance de l'usine est la suivante :

Classement et lavage;

1 machine motrice de 50 chevaux ;

2 générateurs à 2 bouilleurs de 50 chevaux chaque ;

1 crible pendulaire Karllek i

2 caisses à loger les grains et les noisettes :

1 table ambulante pour l'épierrage des gailletins ;

I broyeur Carr;

1 table à secousses pour l'égouttage des grains à broyer;

1 pompe centrifuge;

4 tables fixes pour l'égouttage des grains à noisettes à livrer au commerce, chaînes à godets, transmission, etc;

84 fours à coke système Coppée, cuisson en 48 heures. Dimension 9,00 X 1»»0 X 0,67, ayant fabriqué en 1888, 87,465 tonnes de coke;

3 générateurs à bouilleurs;

1 machine motrice;

3 défourneuses, 10 wagonnets de chargement;

4 treuils à lever les portes, etc., etc.

Personnel employé. — Au classement et lavage, il y a 1 machiniste-chauffeur, 2 laveurs, 2 déchargeurs de charbon bruts 1 wagonnier-conducteur du cheval de manœuvre;

2 trieuses de pierre pour les gailletins; Total huit personnes.

Pour la fabrication du coke on emploie : 1 chef de fabrication, 1 chauffeur-machiniste de l'éleveur des menus bruts ;

3 machinistes des défourneuses et leveurs de portes, 8 enfourneurs leveurs de portes, 4 défourneurs, 6 replaceui's, 2 arroseurs, 2 wagonniers déchargeurs des menus oruts, 1 maçon, 1 garde de nuit, 17 brouetteurs pour le déchargement du coke en wagons et en bateaux . Total 50 ouvriers.

De sorte que pour une production journalière de plus de 300 tonnes de coke par jour, le rendement serait de 6 tonnes par tête et par jour environ. C'est un résultat qui, je crois, n^st atteint nulle part en Franceé

Institutions et sociétés ouvrières

Nous sommes là dans la caractéristique de Douchy : les institutions ouvrières. J'aime quant à moi particulièrement ce coté de la question minière.

D'abord un grand tableau lapidaire exécuté par M. Aeeard notre collègue de Valenciennes, nous donne le nombre d'ou- Triers employés à Douchr. Il se monte au chiffre respectable

Ce tableau mentionne ensuite le nom des employés et ouvriers ayant déià plus de trente ans de service. Cela veut dire qu'on a déjà une sorte de brevet de longévité à la Compagnie de Douchy. Ensuite, cela veut dire aussi qu'on s'y trouve bien et qu'on y reste, et en troisième lieu qu'on ne chasse pas les vieux serviteurs aussitôt qu'ils ont acquis des droits à la reconnaissance de la Compagnie à laquelle ils ont consacré leur vie.

Il y a ainsi 293 ouvriers ou employés inscrits au tableau d'honneur, du dévouement, de la persévérance et delà fidélité.

Bravo ! mes amis, ouvriers, hercheurs, architectes, machinistes, porions, boute-feux, gardes, surveillants, ouvriers à la veine, tous ensemble confondus sur le champ de bataille industriel, bravo î aux soldats toujours debout pour la sainte mêlée du travail et de la prospérité nationale. C'est toujours avec émotion que je constate la fraternité et la solidarité, hélas! si rare et si peu sincère parfois. Ici elle existe avec l'excellent directeur et les ingénieurs.

Puis, autour du tableau, viennent en bataillons serrés, c'est bien le cas de le dire, les titres des sociétés ouvrières dont je veux donner tous les noms pour que, dans l'avenir, on puisse voir à la prochaine étape, qu'elles sont toujours florissantes et debout.

Société des pompiers de Lourches; Société de la boucherie coopérative en commandite, Doardean et Cle, nombre de d'actions 200, nombre d'actionnaires 112.

Les Sociétés des archers au nombre de six : Guisgand (Aug), Legrand, Veuve Bertiaux, Carpentier, Dussard et Stievenard. La plus vieille société, Saint-Mathieu, date de 1887, et la plus jeune. Saint- Arnauld, date de janvier 1887. Total 112 membres qui forment un groupe guerrier dans une excellente photographie d'amateur.

La musique n'est pas oubliée. Il y a la Société chorale et philharmonique, puis viennent les Sociétés des Amateurs de Dalle; la caisse des Escailleurs, fondée en 1835 en faveur des ouvriers retraités du service du fond. La Société des jeux de la Ducasse ; la Société des Carabiniers (ils n'arrivent jamais trop tard ceux-là) ; les Sociétés des arbalétriers, au nombre de neuf, dont la plus vieille est de 1878; la Société philharmonique fondée en 1842, possédant 122 exécutants et une organisation militaire, chef de musique directeur, capitaine, souschef, sergent-major, fourrier, porte bannière, 84 exécutants, 24 élèves musiciens et 18 élèves solfège. Cette Société est classée en division supérieure et a déjà obtenu 45 médailles et une palme ! Enfin viennent les Sociétés de gymnastique, colombo-

phile et la Société de prévoyance des ouvriers du fond et du jour, Approuvée par arrêté préfectoral. Elle comprend 61 membres honoraires et 545 participants. N'oublions pas en terminant la caisse de secours, fondée en 1833 et qui comprend 1,252 membres, Ies3i4du personnel. Elle distribue des secours pécuniaires en cas de blessures et de maladie.

l^em étapes de JDoueliy

Telles sont les institutions et sociétés de travailleurs de Douchy, qu'on pourrait appeler Douchy-rOuvrière.

Cette Société minière qui date de 1832 a i)our devise Mis ardiia telluris munerapatebunt. La fosse Saint-Mathieu date de 1833, la fosse Beauvois de 1834, la fosse Sainte-Barbe de 1835, etc.

Le triage mécanique est de 1880 ainsi que le classement du charbon.

La fabrication du coke a été inaugurée en 1881. C'est une belle date pour la Compagnie.

Le lavage des charbons, en 1887, est venu couronner les entreprises de Douchy.

En 1889 on complète par la deuxième usine à coke.

Telles sont les étapes parcourues par Douchy dans la grande bataille industrielle.

Avec un pareil personnel dirigeant et travaillant elle ira encore, espérons-le, plus haut et plus loin si c'est possible.

ntotorique.

La concession de Douchy fut instituée par décret royal en date du 12 février 1832.

Etendue 3,419 hectares 28 centiares.

Sur cette étendue dont 1,948 hectares sont probablement stériles, il y a eu huit fosses ouvertes : (Saint-Mathieu, Beauvois, Gantois, l'Eclaireur, Sainte-Barbe, Désirée-la-Naville et Douchy), et une avaleresse (Dominique) oui n'a pu atteindre le terrain houiller par suite des difficultés qu'a présenté la traversée des morts terrains aquifères.

Actuellement sur les 8 fosses : 4 sont affectées à l'extraction : (Saint-Mathieu, Beauvois, la Naville, Douchy), 1 est en réfection (l'Eclaireur), 3 sont spécialement affectées au service de l'aérage (Gantois, Sainte-Barbe, Désirée).

La Compagnie de Douchy a été constituée par acte notarié à Valenciennes, le 16 décembre 1832 entre dix propriétaires et cultivateurs du pays.

Elle est régie comme société civile suivant les principes établis par la loi et aux conditions énoncées dans l'acte social. Ces conditions ont été modifiées dans la suite et à diverses reprises par l'assemblée générale. Celle-ci administre la société et se réunit à cet effet le second mardi de chaque mois à Valenciennes.

Les premiers travaux de recherche et de reconnaissance ont été commencés vers 1830 par les frères HAthlen d'Anzin

arec le concours d'un certain nombre de propriétaires des environs dont quelques-uns ont été les fondateurs de la Compagnie constituée plus tard.

La première fosse de Douchy (Saint-Mathieu) a été ouverte en 183â. On y a rencontré la houille en 1834.

Ce n'est guère qu'en 1836 qu'on est entré dans la période d'exploitation normale.

C'est à la an de 1837 qu'on a distribué le premier bénéfice «

Capital immoliiliaé

Le capital immobilisé dans l'entreprise en travaux de premier établissement se monte à environ 15 ou 16 millions ainsi décomposés. (Nous tenons par curiosité à donner ce renseignement) :

Terrains. — (Achat de terrains et dépréciations payées pour cause d'affaissements aux propriétaires de la surfece) Fr. 1.800.000

Constructions de logements d'ouvriers 1.500.000

Maisons d'administration, de direction, logements

d'employés 200.000

Bâtiments d'exploitation (dont plusieurs refaits au

moins 2 fois) l. 000.000

Machines et générateurs 1. 100.000

Chemins de fer et canaux (Etablissement de rivages à Lourches, à Valenciennes et à Cambrai) 1 .300.000

Sondages. — Ponçages de puits 2.700.000

Approfondissements de puits. Bowettes et recoupages 5.300.000

Fours à coke, Ateliers de lavage et de criblage. . 600.000

Nous avons tenu à donner ces chiffres pour montrer ce que nécessite de sacrifices et de persévérance une affaire de houille dans les conditions moyennes.

Fonds de raulemeitt»

Le fond de roulement est très variable. Il varie avec la production et aussi surtout avec la facilité plus ou moins grande avec laquelle paie le client. Il y a trois ou quatre ans il était encore de règle à Douchy comme dans la plupart des houillères du bassin, de facturer à 30 jours les expéditions faites par wagon et à 60 celles faites par bateau. Aujourd'hui près des 3/4 des ventes se font à six mois, quelques compagnies vont même jusqu'à faire des crédits de 18 mois !... Les nécessités de la concurrence obligent toutes les houillères à suivre le mouvement...

C'est le débit du compte de la compagnie chez les banquiers qui supporte ces variations. Mais dans ces conditions on conçoit qu'il soit assez difficile de fixer à un chiffre rond

le fond de roulement nécessaire à l'exploitation. Nous Testimons néanmoins à environ 5 ft*ancs par tonne annuelle produite.

Il n'y a pas eu à proprement parler de capital social, arrêté dès Torigine à un chiffre tixe. Les actionnaires ont fait successivement et au prorata de leur intérêt des versements au fur et à mesure des besoins de Tentreprise, puis ils ont limité les répartitions de dividende de façon à se réserver une somme sumsante au roulement de l'affaire. La Ck)mpagnie se composait à Torigine de vingt-six sols ou actions. Peu de temps après la constitution de la Société ces actions ont été divisées en douzièmes ou deniers.

A la suite d'aliénation et de partage, ces deniers n'ont pas tardé à être divisés en fractions de tous les degrés ce qui rendait presque impossible leur réduction au même dénominateur et compliquait singulièrement les soins de la comptabilité pour la repartition des dividendes. Frappée de ces inconvénients, l'assemblée générale a dans sa réunion du 14 décembre 1848 décidé « ç[u'à l'avenir les actions ne pourront plus se diviser qu'en deniers et douzièmes de deniers ou 1/144* d'action. »

Le 1" février 1850, rassemblée décide à l'unanimité « que les 26 actions ou sols dont s'est composée jusqu'ici la Société seront remplacés par 3,744 actions nouvelles représentant chacune 1/144' d'action ancienne. >

C'est la division qui existe encore actuellement, seulement sur le^ 3,744 actions, il n'en reste plus que 3,644 en circulation les 100 autres ayant fait retour à la Compagnie par suite de déchéance, de retrait, d'abandon, d'achat, etc. Elles ne sont pas amorties et restent la propriété des actionnaires dans la proportion au prorata de l'intérêt de chacun. Ces détails sont intéressants.

Capital effectivement engagé, — 11 est assez difficile de se rendre compte aujourd'hui de ce qui a pu être versé par action.

A l'origine les appels de fonds se faisaient au fur et à mesure des besoins ae l'exploitation, les associés étaient peu nombreux, ils géraient leurs affaires eux-mêmes ,'et un peu comme en famille, les uns étaient exemptés de certains versements en raison du temps qu'ils consacraient à la direction; d'autres versaient par à compte mensuels, les comptes courants de chacun se balançaient à des époques assez irrégulières, etc., etc.

Pour se faire une idée de l'importance de ces versements, il faudrait rechercher dans des archives de famille, ce serait un travail long et laborieux et encore ne permettrait-il pas croyons-nous, d'arriver à un résultat se rapprochant quelque peu de la vérité.

Quoiqu'il en soit, le rapprochement entre la somme effectivement versée à l'origine et la valeur de laction dans ces dernières années, n'aurait aucune signification car il n'y a plus aujourd'hui beaucoup d'actions qui soient restées la propriété des descendants des fondateurs primitif!?. La plupart des actions de Douchy sont aujourd'hui entre les mains

fTune nouvelle couche d'actionnaires qui malheureusement

gour eux ont acheté il y a une dizaine d'années à lepoque des auts cours qu'avaient atteints les valeurs houillères et qui trouvent aujourd'hui bien maigre la rémunération que reçoivent leurs capitaux.

BiTidende» distribué* par Mm de de JDoueliy

depuis Torigine (Rapportés à ractioa au 3.744*)

DiTideodes distribués

Années

Dividendes distribués

liBIIMt

par action au a. 7êi>

par action an 3.7«««

Cours des actions de Doucky, — Aussitôt après Toctroi de la concession en 1832, un engouement prodigieux se produisit dans le public en faveur de la Compagnie de Douchy avant même qu*elle eut commencé une fosse...

Ses actions au nombre de 26 qui pouvaient avoir versé à cette époque de 2 à 3,000 fï*ancs, atteignirent en quelques jours le cours fabuleux de 300,000 fï*ancs.

Vers 1840, après que la Compagnie fbt entrée dans la pé* riode d*exploitation normale, la spéculation du début a cessé, les cours se sont régularisés et se sont maintenus sensiblement proportionnels aux dividendes distribués, qui, eux, ont suivi a peu de chose près les variations du cours des charbons.

On conçoit en effet qu'avec une production relativement faible comme celle de Douchy, et des opérations limitées à Textraction et à la vente de la houille, que le prix de celle-ci soit le grand facteur du dividende. (Si Ton compare en effet le prix de vente de la houille à Douchy qui a été de 18 fr. 17 en 1874 et de iO fr. 06 seulement en 1885, on trouve entre les deux époques un écart de 8 fr. 11 qui correspond avec une extraction moyenne de 200,000 tonnes à une différence de bénéfice de 1,*^22,000 fl'ancs, soit 433 fr. par action au 3,744«.)

Cela explique les variations du cours des actions qui dans ces dernières années ont atteint* 10,125 fr. en 1875 pour tomber à 15,000 fr. en 1884.

JVomlire totol des ouvriers de toute noture «Meupée par 1» Compoi^nie

En 1888 la Compagnie de Douchy a employé 1558 ouvriers .moyenne des cadres mensuels) dont 1255 dans les travaux du fond et 303 dans les travaux du jour, ainsi décomposés :

En résumé le personnel de la Compagnie se répartit comme suit :

1° Direction 1

2» Travaux 1.396

3»» Service des approvisionnements 15

4'» Service des expéditions 70

5» Dépôts et entrepôts Il

6» Comptabilité générale. — Commerce 13

7'* Agents des ventes 28

8° Contrôle 2

9* Industries annexes 66

10» Personnnel total 1.602

Embauchage des ouvriers. — Les enfants ne peuvent être embauchés qu*à Tàge de 12 ans révolus. Ils doivent savoir lire et écrire.

Fond. — Dans les travaux du fond ils sont aides ou apprentis de 12 à 14 ans environ; à 14 ans ils peuvent commencer à être employés au roulage ; à 19 ans ils peuvent être occupés à la veine en qualité d'ouvriers mineurs proprement dits; de 45 à 50 ans ils peuvent être nommés raccomodeurs, occupés à des travaux d'entretien; à 60 ans et a.u-dessus ils sont mis à la retraite.

Jour. — De 12 à 14 ans les petites filles sont occupées au jour comme ram,asseuses de cailloux pour Tépierrage des charbons ; de 14 à 18 ans elles sont occupées à la manutention des charbons et à divers autres travaux (balayage, service des maçons, passage de cendres... etc.).

Les hommes emnauchés pour le service du jour sont généralement des ouvriers d'état; les places de manœuvres sont réservées presque toujours à d'anciens ouvriers du fond trop vieux ou trop faibles pour continuer à descendre,

La proportion d'ouvriers étrangers est d'environ 4 0/0, Belges pour la plupart.

rière

La Compagnie loge dans les corons qu'elle possède sur les communes de Lourches, Douchy, R(buIx et Neuville plus de 85 0/0 de son personnel (ouvriers, vieillanls, veuves et orphelins) recevant directement un salaire ou une pension de la Compagnie.

Le personnel total occupe 2,000 pièces à foyer (les greniers et appentis-cuisine ne sont cas compris dans ce nombre). Chacune de ces pièces a de 12 à 25 mètres carrés.

Il forme 750 familles différentes soit une moyenne de plus de 4,83 personnes par famille. Il y a environ 1,5 travailleur par famille et 1.68 habitant par pièce.

La Compagnie loue le logement à ses ouvriers à raison de 1 fr. par pièce et par mois, chaque famille occupe donc en moyenne 2,66 et paie, par conséquent, en moyenne un loyer de 2 fr. 66 par mois, soit 32 fr. 93 par an.

Les loyers perçus ainsi par la Compagnie n arrivent pas à couvrir les frais d'entretien, les contributions, etc. En tenant compte de Tintérêt des capitaux engagés dans ces constructions, la Compagnie subit (le ce chef une dépense annuelle de TîS à 80.000 fr., soit avec l'extraction actuelle 0,30 par tonne extraite.

I9»l»ires.

Par Jour Salaires individuels :

Travaux du fond, — 1» Les Galibots ou apprentis, enfants de 12 à 14 ans, travaillent toujours à la journée et gagnent de 1 à 1 75

2* Lé!S Hercheurs au charbon^ jeunes gens de 14 à 19 ans, et les hercheurs à terre qui sont aussi des hommes faits (manœuvres) travaillent toujours à la tâche et gagnent en moyenne .... 2 à 3 75

3* Les raccommodcursy vieux ouvriers chargés de l'entretien , travaillent toujours à la journée et gagnent 3 50

4" Les ouvriers à la veine, au mur et au rocher, ou ouvriers proprement dits, hommes faits de 19 à 50 ans travaillent toujours à l'entreprise et gagnent de 3 50 à 6 fr., et plus généralement de. . 4 à 5 » (Voir ci-après les moyennes de salaire journalier pendant les dernières années.)

Travaux du jour. — 1« Les ouvriers d'état (ajusteurs, forgerons, charpentiers, menuisiers, bourreliers, zingueurs, scieurs, modeleurs, fondeurs..., etc.) travaillent généralement à la journée et gagnent de 3 à 4 fr. ci 3à4 »

2" Les manœuvres du jour hommes (vieux ouvriers pour la plupart travaillent à la journée et gagnent de 2.&0à3.50

4* Les filles de 14 à ISanstrayaillant à lamaantentlondu charbon, à Tentretiendes rues, etc... travaillent, presque toujours, à la journée, et gagnent de 1.25à2 »

5* Les fillettes de 12 à 14 ans travaillant soit à la journée, soit quand elles sont employées à Tépierrage des charbons payé à Thectolitre de pierres tirées gagnent de 0.75àl.25

G* Les machinistes, chauffeurs, moulineurs des fosses travaillent à la journée et ont, en outre, une prime sur l'extraction, ils gagnent de . . . 3.25 à 4 »

Salaires moyenè» — Dans ces dernières années le salaire journalier moyen de Vouvrier mineur ^proprement dit a été:

En 1880 .... 4.57 par joufnée de travail (descente)*

En 1881 .... 4.67 — —

En 1882 .... 4.70 — —

En 1883 .... 4.72 — —

En 1884 .... 4.58 — —

En 1885 .... 4.31 — —

En 1889 .... 4.60 — —

Salaires totaux. — Les salaires totaux varient annuellement. Ils étaient, en 1880, de 1.297.125 fr. 18 c; en 1885, de 1.297.336 fr. 66 c; en 1889, de 799.563 francs pour le premier semestre, soit 1.600.000 francs pour toute Tannée.

La paie à tous les ouvriers se fait tous les quinze jours, le 6 et le 21 de chaque mois. Les cinq jours qui séparent les dates de la fin de la quinzaine sont employés au mesurage des travaux et à rétablissement des carnets ou feuilles de paie.

Prix de» denrées A liourelies en tSSft.

Le chiffre représentant le salaire n'ayant de signification véritable que si on le compare au prix des subsistances dans la région, nous avons cru intéressant de donner quelques chiffres à cet égard, car, nous l'avons dit, ce qui nous intéresse, à Douchy, c'est la question ouvrière principalement et ce docuest curieux.

Farine . 32 fr. les 100 kil. pouvant produire

45 pains de 3 kil.

Pain 0 fr. 85 à 90 c. le pain de 3 kil.

Beurre 2 fr. 60 c. à 3 fr. le kil.

Fromage blanc 0 fr. 10 c. la pièce.

Pommes de terres. ... 8 à 10 fr. les 100 kil.

( Bœuf 1 fr. 30 à 1 fr. 70 le kil.

Viandes ) Mouton. ... 1 fr. 80à 2 fr. 20 dito.

( Veau 1 fr. 80 à 2 40 dito.

Lard 1 fr. 20 à 1 40 dito.

T*i;.rp« \ ^^^'^^ 21 fr. le fût de 140 lit. 20 c. le lit., dét.

\%i res I ^,^j. j^,g 10 fr 75 le îixi de 140 litres.

Genièvre I ft*. 50 le lit. et au cabaret 05 c. le

petit verre de 1 centilitre 7.

Café 4 fr. 40 le kil. de café brûlé.

Chicorée 0 ft». 40 —

c««n^ S Candi 1 fr. 40 à 1 fp. 50 le kil.

^^^^^ } Blanc 1 fr. 20 à 1 ft". 30 —

rp^- . j Gros 0 fk*. 30 le paquet de 100 grammes.

Aaûacj p.^ Ofr. 50 — 40 —

vAfamATïtQ i en toile p. mineur 7 à Sft». complet.

vêtements | ^^ toilette — 30 à 60 fv, complet.

Chaussures de 10 à 20 ft». la paire.

Aeeidents. — Analyse drs risques eoiirus dans l*eiKploitotioii.

Dans la dernière période de 8 années il y a eu dans Tex-

Sloitation de Douchy 196 accidenta ayant entraîné la mort 623 personnes et une incapacité de travail de plus de 20jours pour 191.

Sur les 23 personnes tuées, 20 font été dans les travaux du fond et 3 dans ceux du jour.

Sur les 191 personnes blessées, 180 Tont été au fond et 11 au jour.

Le nombre des ouvriers occupés pendant ces 8 ans ayant été en moyenne de 936 au fond et 346 au jour, c'est donc pour cette période 2 7 tué pour 24.0 blessé par 1000 ouvriers travaillant au fond. Et 1 . 1 tué et 4. i blessé par an, par 1000 ouvriers travaillant au jour.

On remarquera combien ces moyennes sont faibles.

ëerwiee de santé.

La Compagnie prend entièrement à 8a charge :

1. Tous les frais de médecin pour tous ses ouvriers, leurs femmes, leurs enfants et leurs parents qui habitent avec eux, les veuves, les orphelins et les ouvriers pensionnés.

2. Les médicaments pourtous les ouvriers du fond et pour ceux du jour qui ont déjà travaillé au fond.

Un docteur en médecine est exclusivement attaché à la Compagnie pour les soins à donner à la population ouvrière qui est concentrée dans un rayon de 3 kil.au plus. En cas de maladie grave ou d'opération chirurgicale ditiQcile, la Compagnie appelle des médecins consultants.

Il est dressé par les soins du médecin de la Compagnie une statistique mensuelle du nombre des malades et blesses parmi les ouvriers du fond et ceux du jour qui ont travaillé au fond. — Cette population comprend environ 1,2 0 à 1,30(> personnes.

Sur ce nombre il y a fin de chaque mois en traitement de 35 à 45 malades ou blessés soit 3,2 0/0 en moyenne.

Ces malades ou blessés peuvent être décomposés ainsi :

Incurables 2à2

Blessés 8 à 10

Malades 20 à 25

Convalescents 5 à 8

Soit. . . "sT à^ïi"

En résumé on peut dire que sur une partie de la population mâle de Lourches comprenant l ,250 à 1 fiOO personnes dont 1 ,130 environ travaillant au fond et 120 y ayant travaillé il y a constamment 35 ci 45 malades ou blessés en traitement soit 3,2 et que chaque personne est en moyenne indisjwsée, malade ou blessée 1,26 fois par an (ou environ 5 fois tous les quatre ans).

Ces 1,250 personnes ont été malades 12,555 jours dans tannée soit en moyenne 10 jours chacune.

Sur cette même population, il y a eu en 1888, 16 morts dont 2 par accidents, 2 par maladies aiguës, 12 par maladies chroniques.

Blessures.

En 1888 il y a eu dans cette même population de 1,250 personnes et comprises dans les nombres cités plus haut, 38 blessures ou contusions graves ayant occasionne chacune, de 28 à 135 journées dlncapacité de travail et en tout 1,531 journées soit en moyenne 40.26 jours par blessure grave.

Les plus fréquentes blessures sont les plaies contuses aux doigts de la main et du pied (en général au pouce, à Tindicateur, et au gros orteil), les contusions thoraciques et les contusions lombaires. Ces blessures sont presque toujours les conséquences d'accidents arrivés à Touvrier dans son propre chantier par suite de la chute d'une pierre, du toit ou d'un pan de veine.

Caisse de secours.

Une caisse de secours est instituée à Douchy depuis l'origine de l'exploitation. — L'entrée dans cette ^caisse est obligatoire pour tous les ouvriers du fond et facultative pour ceux du jour qui ont travaillé au fond ainsi que pour les assimilés (machinistes, chauffeurs et moulineurs des fosses).

Versements. — Les participants versent 0,30 par Quinzaine s*il8 travaillent à la Journée et 0,60 s'ils travaillent à l'entreprisç.

Secours,^ La éaisse ne donne aux participants que des secours pécuniaires; les soins médicaux, les médicaments et les secours alimentaires restent entièrement à la charge de la Compagnie.

(A) En cas de maladie et de blessure ordinaire^ l'ouvrier célibataire touche 11 fr. la l" quinzaine, 18 te. la 2», 11 fr. Ja 3* et afnsi de suite.

L'ouvrier marié touche 17 fr. la 1'» quinzaine, *4 fr. la 2", 17 fr. la b* et ainsi de suite.

(B) En cas de blessure grave (fracture)^ l'ouvrier célibataire touche 25 fr. la l'* quinzaine, 32 tr. la 2", 25 tr. la 3* et ainsi de suite...

L'ouvrier marié touche 29 te, la !'• quinzaine, 80 fr. la 2', 29 fr. la 3* et ainsi de suite.

Les ouvriers appelés sous les drapeaux touchent également, savoir :

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