SAINT-AMAND-LES-EAUX (NORD
On se demande parfois comment les étrangers ne nous rendent pas complètement les armes quand il s'agit d'adapter rimagination et le bon goût à l'industrie humaine.
Ainsi, voilà la manufacture de chaînes de Derémleux ûls et C*«.
Je donnerais au concours à des anglais, à des allemands ce petit problème :
Faire une exposition coquette et charmante avec des chaînes en ter pour ornementation à peu près exclusive ; nous aurions certainement de la part de ces honorables insulaires ou des brutes puissantes d'outre Rhin, soit un simple entassement des produits rangés méthodiquement, soit quelque tour de force prétentieux.
Au contraire, l'exposition Dorémieux n'est ni une nomenclature d'inventaire ni une chose monstrueuse. C'est de bon goût, joli et fin, voilà le mot.
Qu'on se figure en effet l'entrée d un petit temple dorique avec ses deux colonnes, ses chapiteaux son entablement ses festons et ses astragales.
Sous le portique, il y a comme un autel où sont appendus les objets de la vénération des fidèles. Eh parbleu ! c'est le temple de Vulcain, l'entrée des fervents cyclopes.
Mais comment me dira le lecteur, nous ferez vous... croire que tout cela est fait avec de simples anneaux de fer de différentes grosseurs enfilés les uns dans les autres,
Eh bien ! examinons.
Tout d'abord, l'entrée du temple est, fermée par une grosse chaîne de moyenne grosseur, rien de plus simple, cela va sans dire. Mais le plus étonnant, c'est le fût cfes colonnes formé d'une chaîne enroulée en spirale autour d'un cylindre qui disparait sous les vingt ou trente mille anneaux de ce nouveau serpent. Le plus curieux aussi, c'est que tous ces
anneaux se superposent bien les uns aux autres et que les colonnes entièrement recouvertes de cette chaîne apparaissent comme sculptées et fouillées régulièrement. L^effet ornemental est véritablement étonnant et c'est certainement un artiste qui a trouvé cela.
Les feuilles d'acanthe du chapiteau sont obtenues avec des pendeloques de trois anneaux en fer gracieusement rangés.
Tout le long de Tentablement pendent des chaînes en véritables festons comme une broderie tandis qu'une autre chaîne forme les lignes de faite et les grandes horizontales du portique.
Bref, on est étonné de l'effet vraiment ornemental de cette charmante disposition.
Sous le portique artistement rangés et pendus sont les produits de MM. Do^émleux âls et C".
Tout d'abord ce sont, sur la première marche des noix sur axe destinées à encastrer et à faire mouvoir des chaînes de touage. Les dites chaînes sont placées dans leurs alvéoles, et la précision de cet encastrement, le Uni du travail sont très remarquables.
Au-dessus plusieurs nœuds marins sont faits à ft*oid avec des rondins de toute dimension, depuis 10 millim. jusqu'à 50, histoire de montrer que dans rindustrie des chaînes on manie la corde de fer avec autant de facilité et de désinvolture que la corde de chanvre-
Plus sérieuses encore sont les collections d'échantillons des chaînes usitées dans les différents touages du monde.
Il y a deux sortes de touage, le touage système Ketten et le touage français.
M. Dorémleax et C'« ont fourni le touage Ketten sur le Danube, l'Elbe, le Mein, le Necker, le Volga, la Chesna.
Pour le touage lY*ançais ils ont fourni les types au Canal de Bourgogne, de Saint-Quentin, de l'Yonne, de la Haute et Basse- Seine.
On le voit c'est une industrie de premier ordre que celle des chaînes.
Mais le plus étonnant et le plus diiïïcile à fabriquer, ce sont les chaînes de marine. Chacun a bien présent à la mémoire ces anneaux formidables consolidés par une traverse-étai, suivant le petit diamètre de l'ellipse.
Chacun se souvient aussi de la chape colossale qui sert d'intermédiaire entre la chaîne qui flnit et l'ancre qui commence. C'est un colossal poids de ce genre, grandeur naturelle, qui forme le centre, le clou de cette exposition.
La pièce toute brute de forge est réellement imposante et puissante. On comprend qu'un navire puisse se fier à de pareils engins.
Epreuves rëslcmeuiaireM de la marine
Il est bon de connaître les épreuves réglementaires imposées par la marine nationale aux établissements Derémlenx fils.
II y a deux catégories de chaînes, les chaînes à anneaux serrés et les chaînes à étal généralement pour les grandes
DORÉMIEUX FILS ET C*
dimensions. Il est vrai qu'on fait des chaînes serrées sans étai pour les dimensions moyennes, mais cela est plus rare.
Voici les chiffres :