‹ Les mines et usines en 1889Chapitre 55 sur 199 · HENRI DE HULSTER ET FILS · texte numérisé non relu

HENRI DE HULSTER ET FILS

^fédallle d'Ax*eeiit

HENRI DE HULSTER et Fils

à Crespin (Nord)

Nous voici dans un milieu bien spécial et intéressant à tous les points de vue. La sonde a-t-on dit, c'est l'œil du mineur, son télescope, qui lui sert à fouiller les horizons inconnus. La science des sondages fait tous les jours un progrès. C'est aux pionniers comme M. de Halsier, vieux dans le métier, tenace ainsi que tout parfait sondeur, que Ton îdoit ces progrès. Ne 8ont-ce pas eux qui ont étendu le champ des recherches houillères sous le recouvrement du dévonien dans le bassin Nord du Pas-de-Calais ? Ne sont-ce pas ces chercheurs qui ont fait jaillir à Montrond (Loire) ce geyser d'eau minérale et d'acide carbonique qui, pendant deux années s'est élancé d'une façon intermittente à 40 mètres de hauteur. Ne sont-ce pas les sondeurs enfin qui trouveront un jour le prolongement sous les terrains tertiaires de nos bassins houillcrs, de nos couches de minerai de fer comme dans l'Isère. La science du sondage c'est l'avenir. Salut à l'avenir.

Haelilne dk double eabestan

Dans la Classa 41, MM. de HaUter et fils nous offrent une machine à double cabestan réduite au 1/5 environ. C'est un appareil bien compris, bien condensé, que nous engageons tous les spécialistes à visiter. Viennent ensuite des machines ordinaires pour sondages avec chèvres et câbles en aloës, plat, pour l'ascension des outils perforateurs (une manœuvre à 600 mètres de profondeur se fait en 45 minutes). C'est une innovation heureuse. Un câble rond en fil de fer pour les curages des terrains pulvérisés ; le montage normal est de 100 mètres par minute.

Un éauipage complet pour sondages représenté par les trépans a différents diamètres depuis 1"40 jusqu'à celui de 12 centimètres figure également à l'Exposition.

Il faut surtout remarquer tout spécialement le trépan -sonde de 1"40 de diamètre d'un nouveau modèle à trois lames formant tranchant triangulaire.

Ce trépan est armé, sur le corps, de quatre lames en croix. Il est avantageusement utilisé à la traversée des terrains accidentés, en failles ou crevassés, les lames en croix conduisant dans la verticale et servant à l'alésage des parois.

Les sondes sont à guidonnage depuis le bas jusqu'à la tête, le trépan, outil perforateur, et la maîtresse tige sont armés de lames à queue d'ironde dont le but est toujours le guidonnage dans la verticale, question de 1" importance lorsqu'il y. a accidents de terrains.

Enfin, il y a une série d'outils découpeurs pour la prise de

terrains à toute profondeur. On y trouve un échantillon pris à 800 mètres un autre à 350 dans le terrain permien au sondage de Menil-Flin (Meurthe), sondage suspendu pour la création de capitaux nouveaux, afin de traverser par la sonde la masse permienne. ('700 mètres environ des grès des Vosges et permiens sont déjà traversés). On sait que ce terrain est un des plus difftciles à perforer à cause des différences subites de dureté des roches.

La cuiller-pompe, fonctionnant au moyen d'une corde, à toute profonoeur, sert à Tenlèvement de tous les objets tombés accidentellement, chûtes de marteaux, de burins, etc. Elle sert également dans les sondages et particulièrement à la traversée des alluvions, sables, cailloux roulés, etc., etc. Deux sondages à Dax (Landes), où Ton a traversé 54 mètres de sable et cailloux roulés ont été forés et cuvelés en vingt jours !

Le matériel dontdispose lamaison BnUter pèse 400,000 kilogr. environ et se compose de douze machines jumelles, de 12 à 16 chevaux de force, de tout le matériel en double et un triple pour douze équipages de sonde et pour les diamètres depuis 1»"40 centimètres jusqu'à celui de 12 centimètres.

Le personnel dirigeant est intéressant à connaître. Il est composé du père, le fondateur vénéré de la maison, et de ses trois fils ; ces derniers se sont partagé la besogne en France ou à l'étranger, Belgique, Allemagne et Autriche, etc. Ils ont en outre 24 chefs sondeurs et chefs de poste conduisant les travaux de sondage, 12 forgerons, des mécaniciens et manœuvres desservant un atelier pour la construction et la réparation des outils et machines. Presque tous les membres de cette famille industrielle sont dans la maison depuis un temps qui varie entre 15 et 30 années consécutives.

Avec cet outillage et ce personnel, les Hnister entreprennent tous les sondages à forfait garantissant toute profondeur demandée, et exécutent naturellement les sondages en régie, fournissant le matériel et le personnel dirigeant ainsi que les tubes pour sondages et bétonages servant de pilotis pour ponts et constructions. Disons en terminant que 1 exposition de MM. Henii Hnister et ses fils à Crespin (Nord) est comme le résumé d'une vie de travail incessant et d'entreprises souvent périlleuses courageusement conduites. Déjà précédemment ils avaient obtenu une médaille d'or juste récompense des milliers de sondages exécutés par eux.

HI8TOBI9VE

La maison Henri de HnUteret ses fils a débuté en 1858, par de modestes sondages à bras, puis elle a mis en pratique les sondages à la vapeur en 1861. Les machines simples ont été remplacées par des machines à deux cylindres et à double cabestan perfectionnées.

On le voit, ces industriels ne se sont pas arrêtés dans le progrès, et ils ont d'autant plus de mérite qu'ils sont partis plus modestement. C'est ainsi du reste, par l'économie, la persévévérance, alliées au goût du progrès que toutes les grandes maisons se sont fondées.

326 DESPRET FRÈRES

IfiM(£ècisiille ci'.Â.rGrexit

DESPRET Frères

Fabrique d'Aciers, Limes, Marteaux et Outils

à Milourd-sur-Anor (Nord)

Classe 41, du côté de Tavenue La Bourdonnais, près de la porte de communication avec la galerie des Machines. MM. «cappct, frères, ont exposé dans une élégante vitrine surmontée d'un grand panneau vertical, divers aciers fins, aciers en barres pour outils, aciers fondus et corroyés, fabriqués avec des fers de Suède.

Dans la vitrine du centre, nous voyons les instruments tranchants, tels que : tranches, bédanes, pointes, etc. Dans la vitrine de gauche, nous voyons un grand choix de râpes de toutes les dimensions et de tous les grains. Dans celle ie droite, un copieux assortiment de limes, également de toutes dimensions. De chaque côté de la vitrine, sont disposées des barres d*acier de différentes qualités rangées en tuyaux d*orgue. Immédiatement au-dessus de la vitrine, et avant le grand panneau, se trouve une variété d'échantillons d'aciers en lingot.

Dans le grand panneau, se trouve également groupés autour d*une énorme cisaille pour couper les tôles, d'autres cisailles de toutes dimensions, des marteaux, fers à souder, bigornes et tas. Tous les marteaux pour les différents métiers, y sont représentés par un spécimen.

HISTOBI9VE

L'établissement de Milourd-sur-Anor est plus que centenaire. C'est en effet le 19 octobre 1743, que Louis XV donna l'autorisation de construire l'usine à Jean-François Despret, aïeul des propriétaires actuels.

On y fabriquait primitivement des fers au bois martelés, connus alors très avantageusement dans le commerce sous le nom de Fers d'Anor. A cette usine primitive sont venus s'adjoindre successivement les forges du Maka, d'Anor et de la Lobiette où l'on fabriquait aussi du fer au bois.

Lorsque le bois fat remplacé par la bouille dans la fabrication du fer, ces forges étant mal situées pour être alimentées» à cette époque, par le combustible minéral, on y introduisit la fabrication des aciers ans pour outils obtenus par la cémentation et la fusion au creuset des fers le Suède de marques spéciales pour acier; puis la fabrication des limes et râpes de toutes espèces et des outils pour constructeurs, mécaniciens, cbaudronniers, ferblantiers, etc.

MM. Despret frères fournissent ces aciers, limes et outils spéciaux en France et dans les pays étrangers, aux grandes administrations, et notamment a Tartillerie française, dont ils sont les fournisseurs depuis plus de 40 ans. Les usines de Milourd sont situées sur deux cours d'eau : TAnor et TOise; elles sont activées par onze roues hydrauliques, et une machine à Tapeur de réserve qui marche quand les eaux sont basses.

Elles comprennent des fours à cémenter, fours de fusion, fours à rechauffer Tacier; huit gros marteaux et martinets à battre Tacier.

Ces Messieurs ont obtenu une médaille d*argent à TExposition Universelle de 1878.

Ce sont les usines comme celles de MM. D«8pret frères, consciencieuses, honnêtes, ayant, pour ainsi dire une noblesse industrielle qui, en France, constituent une de nos plus solides gloires commerciales.

Le jury de l'Exposition universelle de 1889, leur a accordé une Médaille à^ArM^nt*

328 ÉMAILLERIE LOUIS BULTOT

I^édalUe d'Ox*

KMATTiTiERIE Lonls BUIiTOT

A Beuvrages-'les-^Valenciennes (blord).

Au bout de la classe 41 dans la partie qui se trouve a droite de la galerie de 30 mètres, immédiatement derrière Texposition monumentale des zincs de la Vieille-Montagne, M. Louis Ballot a construit une vitrine d'une facture très originale. Six piliers carrés, d'une hauteur de 2"',50 dont les arêtes formées par des fers d'angles peints en noir rehaussés de filets ors et rouges retiennent encnassés des panneaux en tôles émaillées portant sur un fond noir également, des sujets très réussis et très variés de plantes, fleurs et oiseaux, (j'en ai compté une cinquantaine, tous différents). On dirait des panneaux peints. A quelques pas l'illusion est complète. Ces piliers servent à retenir six grandes glaces et à supporter un û*onton dont la corniche et les frises sur lesquelles on a répandu de jolis sujets, sont d'un très-bel effet. Sur ce fronton vient s'appuyer un châssis vitré. L'exposition de M. Louis Bnltot est donc complètement enfermée dans une cage de verre.

Essayons d'énumérer les richesses contenues dans ce vaste écrin. D'abord sur le devant et de chaque côté nous voyons deux poêles mobiles dont la décoration lest d'un goût parfait ; puis des cafetières, des verseuses, des cache-pot, des cruches a eau, des cruches à lait, des compotiers, des chocolatières des coquetiers, des bougeoirs, des ools à potages et à punch, des sucriers, dos tasses a café et à thé, des gobelets, des crachoirs, des bacs à savon et à éponge, etc.. Le tout arrangé d'une façon très décorative.

Tous ces objets sont en fer émaillé, et de formes pures et gracieuses.

Un peu plus loin et dans le fond, sont accrochés ou simplement posés à terre ou sur des étagères dans un fouillis et un désordre plein d'art, tous les ustensiles de ménage en fer battu émaillé et étamé. Ils sont simplement décorés ou même à tons unis.

Je ne saurai trop faire remarquer au lecteur le but atteint par M. Baltot, c'est je crois la seule maison qui soit parvenue a faire réellement des choses artistiques avec des objets vulgaires en tôle ou en fer. Ses plaques décoratives pour appartements, ses panneaux de portes émaillés peints et décorés, ses corniches extérieures, frises, etc., montrent victorieusement les nombreuses applications de ce genre de tôle qui par son inaltérabilité, son brillant, sa légèreté, se prête aussi bien à la décoration du bâtiment, qu'à celle de l'appartement et du meuble.

Le jury de l'Exposition universelle de 1889, reconnaissant les hautes qualités des produits de cette maison, a décorné à son propriétaire une nédallle d*Or«

■ÉDAiLLE D'OR « lÉDAILLE D'ARGENT

Hannfacture de Chaînes -Câbles et Clous

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