Les ateliers de désargentation des mattes a, comprenant
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princlipalement deux grands fours de grillage à trois soles, et tout le matériel de lessivage des mattes grillées, ainsi que de rafiinage de Targent.
L*ensemble de ces appareils permet de produire par année 1,500,000 kilogrammes de matte riche à 75 0/0 de cuivre, provenant d^environ 5 millions de kilogrammes de matières diverses cupro-argentifères.
La production annuelle de métaux par ce procédé ressort à 8,000 kilogrammes argent afûné et 1 million de kilogrammes cuivre affiné.
3«» MineraiSj mattes et matières cuivreuses ara enti- aurifères, — Le traitement de ces matières s'effectue, depuis 1879, par rélectroljse, et il convient de faire remarquer à ce propos que les usines de Biache -Saint- Vaast ont été les premières a appliquer industriellement rélectricitô à tous les produits argenti-auriféres, et que, depuis cette date, elles ont continue à appliquer ce procédé non seulement pour faire du cuivre électrolytique, mais encore pour retirer Tor et l'argent des produits les plus impurs.
4» et 5* Matières plombeuses et m,atières •plom,heuses argenti-auriféres, — Les diverses matières plombeuses sont traitées aux usines de Biache, non seulement au point de vue de Textraction de Tor et de Targent qu'elles contiennent, mais aussi pour la séparation du cuivre, de Tantimoine et du zinc. Sans entrer dans le détail des méthodes employées, on peut voir, par ce simple énoncé, que Ton y traite les minerais les plus complexes, tant au point de vue de Textraction des métaux
précieux, que de la séparation des métaux subsidiaires, dont
a valeur vient s'ajouter à celle des premiers.
go^ 70, Qo Minerais d'argent, minerais d'or et cendres d'orfèvre et produits quelcon(fues argenti-auriféres. — Ces matières précieuses sont traitées par des procédés qui permettent d'en extraire l'argent et l'or, quelle que soit la richesse et quelle que soit la composition des minerais ou produits. Particulièrement, les minerais d'argent et les cendres d'orfèvre sont l'objet d'un traitement important, puisque la production totale en argent des usines de Biache-Saint- Vaast dépasse chaque année 30,000 kilogrcimmes,^production qui n'est atteinte par aucune autre usine française.
9** Minerais de zinc argentifères et aurifères, — Les minerais blendeux argentifères et aurifères sont l'objet d'une méthode nouvelle qui permet d'extraire l'or et l'argent de ces minerais si complexes, en évitant le grand danger du traitement de ces produits, c'est-à-dire l'entraînement par volatilisation. Les produits obtenus finalement sont d'abord le zinc, absolument séparé et recueilli, puis les autres métaux que l'on sépare par les procédés déjà cites.
Le matériel alTecté à ces opêi'ations comprend les appareils de brojajïe, tels que concasseurs, meules, moulins à boulets. — les appareils de grillage, fours à cuve à 3 et 4 tuyères, — entln cinq fours de coupellation du typj anglais modid é.
Ce rapide aperçu du traitement des minerais permet d'entrevoir toute rimportance des Usines de Biache-Saint-Vaast au point de vue métallurgique.
Les quelques chiffres ci-dessous Axeront encore mieux les idées à cet égard.
La production annuelle des Usines pour les divers métaux élaborés à Biache seulement s'élève à :
Cuivre : quatre millions de kilogrammes.
Zinc : deux cent mille kilogrammes.
Plomb: six cent mille kilogrammes.
Argent : trente cinq mille kilogramm es .
Or : cinq cents kilogrammes.
Le chapitre suivant, consacré aux industries mécaniques, feravoirque celles-ci ne cèdent en rien comme importance à la partie métallurgique.
Industries nBécaniques.
La fabrication mécanique aux Usines de Biache comporte une grande variété. Il n'est cas possible de citer en détail tous les produits fabriqués ; voici Ténumération des principaux :
Les lingots de cuivre affiné et ceux de bronze allié.
Les planches de cuivre ; les feuilles, les barres et flls de cuivre et de laiton, de bronze, de maillechort et autres alliages ; les barres d'entretoises pour locomotives, les barreaux pour fabriques d'étoffes.
Les plaques pour foyers de locomotives, martelées et embouties par procédés spéciaux; les enveloppes des plus grandes dimensions employées dans les chemins de fer ; les tubes sans soudure en cuivre rouge et en laiton pour générateurs de vapeur, appareils de sucrerie et de distillerie.
Les coupoles et fonds emboutis de toutes les épaisseurs et de tous les diamètres, lea autoclaves de stéarinerie.
Les ceintures et les barrettes pour projectiles ; les obturateurs et couronnes d'appui pour canons de, tout calibre et de tout système.
Le laiton laminé pour cartouches métalliques et le maillechort pour enveloppes de balles.
Les fians, médailles et monnaies de cuivre, de bronze, de nickel, d'argent et d'or de tous les types et de tous les pays.
Enfin les obus à mitraille, en acier embouti, de tous les profils et de tous les calibres, ainsi que les obus, dits de grande capacité, des plus forts calibres.
Une si grande variété de produits comporte nécessairement un outillage couoidérable , qui va être rapidement passé en revue.
Fours, — Ils comprennent :
Quatre grands fours d'affinage, chacun de 12.000 kilogrammes décontenance, chauffés par gazogène ; deux fours à fondre le zinc, de 18.000 kilogrammes chacun, avec réchauffeurs ; un tour à fondre le bronze : 40 fours à creusets et 30 fours à réchauffer ou à recuire, dont 6 chauffés par gazogène.
Laminoirs. — Le train principal est un grand train à rele*
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veur hydraulique de 3»23 de largeur de table, avec lequel on peut laminer des blocs de plus de 3.500 kilogrammes au moyen de cylindres en fonte pesant chacun 12.000 kilogrammes. On produit ainsi des plaques de plus de 3™15 de large sur les plus grandes longueurs, comme celles qui sont e xno se 68
Six autres trains, variant de 2-25 à 1«15 de table sont affectés au laminage du cuivre rouge.
Huit trains au laiton et au maillechort.
Quatre trains aux barres de cuivre et laiton.
Cinq trains aux feuilles de zinc et quatre aux alliages mO' nétaires.
Cisaillée, — Elles sont au nombre de trente et une, savoir :
Une forte cisaille double, mue par la vapeur, pouvant couper des plaaues de 35 millimètres aépaisseur. Deux grandes cisailles a levier, de 2°*20 de longueur de lames, six autres semblables à lames plus petites.
Quinze cisailles circulaires, dont cinq de forte dimension, pour couper 4es disques de tout diamètre, les âls et bandes de grande longueur.
Deux cisailles combinées pour les planches de commerce et les feuilles de zinc, permettant de couper toutes les dimensions de planches rectangulaires, sans tracé préalable.
Une forte cisaille hydraulique pouvant trancher en son milieu une planche de n*importe quelle longueur ou largeur, et permettant d'ailleurs de suivre toutes les sinuosités des tracés les plus compliqués.
Trois autres cisailles hydrauliques à action directe, spéciales pour le façonnage des plaques de foyer de locomotives.
Une cisaille hydraulique à levier à double effet pour les plaques dégrossies et les barres en cuivre rouge jusqu'à 100 millimètres de diamètre.
Martelage et emboutissage. — Les usines de Biache-Saint- Vaast sont munies de tous les appareils et outils spéciaux nécessaires à la fabrication des foyers de locomotive de toutes formes, des calottes de bouilleurs, coupoles, etc.
L'emboutissage et le découpage à Taide des presses hydrauliques a également pris dans ces établissements un développement qui n'existe nulle part ailleurs, et qui leur a permis d'entreprendre les travaux les plus compliqués, notamment les obus de la guerre et de la marine. Le type de tous ces appareils est spécial à ces usines, et leur puissance varie ae 15,000 à 500,000 kilogrammes.
Etirage. — Le matériel d'étirage des tubes et barres comprend neuf bancs à chaîne de Gall et une bobine de forte dimension.
Accumulateur hydraulique. — Les divers appareils hydrauliques qui viennent d'être énumérés sont actionnés par un seul accumulateur de 4 mètres de course et du poids de 180,000 kilogrammes. La pression de l'eau est de 110 kilogrammes par centimètre carré, et peut être portée à 160 kilogrammes au moyen d'un transformateur.
Cet accamulateur, d*un type spécial, à cylindre mobile, sans guidage, a été inventé et construit à Tusine de Biache.
M Viffreax, qui Ta décrit dans le cours qu'il professe à l'Ecole centrale des arts et manufactures, en a attribué à tort 'idée à M. Armstrong. M. Vlgreax a d'ailleurs' loyalement reconnu son erreur quand elle lui a été signalée.
L'eau est refoulée sous le piston de l'accumulateur par un eu de pompes d'un système particulier, appartenant également aux usines de Biache. Toute cette installation hydraulique a été montée méthodiquement, et elle ne cesse de s'accroître au fur et à mesure que de nouveaux travaux commandent la création de nouveaux appareils. Il n'existe nulle -part une application aussi étendue de l'emploi de l'eau comprimée an travail des métaux.
Fabrication des corps d'obus, — C'est grâce à ce puissant outillajB^e hydraulique que les usines de biache-Saint-Yaast ont pu arriver les premières à livrer à la Défense nationale les obus de 220 millimètres à grande capacité, de devancer ainsi d'environ huit mois toutes les autres usines chargées également de cette fabrication. En quelques semaines les usines ont créé un matériel très important d'emboutissage et d'usinage pour cette fabrication spéciale, et elles sont arrivées ainsi, presque sans tâtonnements, à livrer un produit qui implique une précision minutieuse dans le travail, en môme temps qu'une homogénéité parfaite, puisque ces corps d'obus sont éprouvés à une pression qui s'élève jusqu'à 800 kilogrammes par centimètre carré. Cette épreuve se tait à l'aide d'appareils spéciaux qui ont été également créés par les usines.
Construction du matériel, — A l'exception des machines de fabrication courante et sans destination particulière, qui se rencontrent partout dans le commerce, telles que moteurs à vapeur, marteaux-pilons, tours ordinaires et machines-outils, tout l'outillage spécial de l'usine a été imaginé, étudié et construit dans l'usine même. Depuis 1879, les diverses fabrications de Biache ont nécessité la construction et le montage de 45 presses et appareils hydrauliques et de beaucoup d'autres outils qu'il serait trop long d'énumérer. Un personnel spécial est aujourd'hui complètement formé pour étudier et réaliser tous les projets qui lui sont soumis par les progrès et les développements successif^ des diverses industries ; il est également pourvu de tout l'outillage nécessaire, et c'est grâce à ce double concours que les usines de Biache-Saint-Vaast ont pu se trouver constamment à la hauteur de toutes les exigences de l'industrie moderne, notamment en ce qui concerne le matériel de la Défense nationale.
C'est ainsi qu'elles travaillent en ce moment à des appareils spéciaux qui ne sont encore qu'à l'état d'essai, et que le Creuset, seul avec Biache, est chargé de construire ; cette fabrication a été réservée à ces deux usines, qui l'effectuent par des procédés différents, propres à chacune d'elles, afin que la comparaison des résultats permette de juger celui des deux produits qui remplira le mieux le but à atteindre.
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Fabrication de Monnaies, — Par le rapide exposé qui précède, on a pu se rendre compte de la puissance de Toutillage des usines de Biache-Saint-Vaast. Dans la fabrication des monnaies, c'est surtout un travail d'absolue précision qui est indispensable.
Depuis trente ans que cette industrie est pratiquée à Biache, elle y est devenue une spécialité des plus importantes et comme un monopole de la maison.
Pour donner une idée de Timportance de cette branche de fabrication, voici les quantités fournies par les usines aux divers gouvernements étrangers :
Etats pontificaux, une valeur de 5.000.000 francs.
Tunisie,
Italie,
Espagne,
Grèce,
Luxembourg,
Egypte,
Serbie,
Colombie,
Cambodge,
Brésil,
Belgique*
Haïti,
Bolivie,
Les chiffres ci-dessus permettent d'apprécier la puissance productive du matériel monétaire des usines Biache, matériel qui est toujours maintenu au complet et prêt à fonctionner.
La fonte des alliages, le laminage, le découpage et finissage des flans s'effectuent à Biache-Saint-Vaast.
Mais il ne peut en être de môme pour le fï*appage des monnaies qui constitue en France un privilège du gouvernement, et que la législation interdit aux particuliers. Par suite de cette prohibition regrettable, les directeurs de Biache ont dû transporter à l'étranger leurs ateliers de frappage, et faire voyager leur matériel suivant les besoins de 1 exécution des marchés contractés. C'est ainsi, par exemple, qu'ils ont monté leurs presses monétaires dans les hôtels de Barcelone, de Ségovie et de Séville, quand il s'est agi de la frappe des monnaies espagnoles, et qu'ils les ont installées à Vienne pour la fourniture des monnaies destinées au gouvernement Serbe.
Ces grandes opérations monétaires ont permis aux établissements de Biache de former un nombreux personnel parfaitement expérimenté dans cette industrie délicate, et de réunir un matériel spécial aussi précis dans l'exécution que puissant pour la production, matériel qui est toujours immédiatement disponible et susceptible d'être installé à l'étranger si la nature des opérations ne permet pas de les effectuer en France . On ne trouverait nulle part ailleurs, dans cette industrie de la fabrication des monnaies, un outillage aussi perfectionné, conduit par un personnel aussi expérimenté.
U«ine« d'Ouvrée
Les laminoirs à zinc de Biaclre et la fonderie de laiton sont alimentés par l'usine à zinc d'Ougrée, qui traite directement les minerais. Â Tépoque de Tacquisitioa de cette usine, les prix de la houille en France ne permettaient pas d*établir dans ce pays , à des conditions ayantageuses, Tmdustrie du zinc brut ; c'est pourquoi des directeurs de Biache ont installé cette fabrication à Ougrée (Belgique), à côté de Liè^e, sur le bord de la Meuse, au milieu d'un grand centre houiller et métallurgique
On y traite par la méthode belge les minerais de calamine et de Dlende ; les fours employés sont d'un modèle spécial à l'usine, munis de gazogènes.
La production annuelle en zinc ordinaire et zinc d'art est de 4,500,000 kilogrammes.
Sous la préoccupation de toujours chercher à réduire au minimum les pertes des métaux utiles dans les traitement hiétallurgiques, perte qui s'élèye notamment pour le zinc Jusqu'à 12 0/0 de métal passant dans les résidus, on a appliqué depuis 1886, l'électricité à la récupération des parties métalliques dans les résidus.
L'appareil employé est la trieuse électro- magnétique, système Jaspar, qui est le résultat des études réunies de cet habile électricien et des usines d'Ougrée. Cet appareil donne des résultats supérieurs et arriye à trier 20,000 kilogrammes de matières brutes en dix heures de trayail, ayec une force de deux cheyaux. La séparation est industriellement complète.
L'usine d'Ougrée fabrique aussi le blanc de zinc et le gris de zinc par un procède direct, qui permet d'obtenir cet oxyde à l'aide du minerai, sans passer par l'intermédiaire du métal.
Elle est dirigée par un éminent praticien Osear Loiseaa.
IiiAtallations éeonoitiiqneA
A côté des questions techniques et commerciales, toutes les usines d'une certaine importance ont aujourd'hui à se préoccuper de certaines questions économiques particulières aux grandes industries, et notamment des moyens d'assurer à leurs ouvriers, dans la mesure du possible, les meilleures conditions de bien-être, d'hygiène et de vie à bon marché. A Biache, comme dans tous les grands centres industriels, cette partie spéciale a été depuis longtemps l'objet de toute la sollicitude des directeurs.
Déjà, avant 1778, les usines avaient construit vingt-quatre maisons ouvrières ; ce nombre a été depuis porté à trente-deux et il sera augmenté suivant l'accroissement de la population.
Les types de ces maisons ontété établis d'après les meilleurs principes que la science de l'hygiène indique pour ce genre de constructions.
A Ougrée, oii la conduite des fours à zinc retient l'ouvrier pendant un jour et demi loin de son domicile, l'usine a installé un hôtel d'ouvriers et une cantine qui rendent les plus grands services.
D'autres parties de la question économique ont été aussi
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Fobjet des études et des soins des chefs de cette industrie. C'est ainsi que depuis lontemps fonctionnent dans leurs éta* blissements des caisses de secours, et qu'autres combinaisons, qui ne peuvent être détaillées ici, assurent le bien-être du personnel ouvrier.
HMTORIOUE
Les usines métallurgiques de Biache- Saint - Vaast ont été fondées en 18\6 par MM. Esohner et Hesdaeh, sur remplacement d*anciens moulins à huile. Elles n'utilisaient au début que la force hydraulique et occupaient une cinquantaine d'ouvriers à l'affinage et au laminage du cuivre rouge. C'est à cette première fabrication, largement développée, que sont venues se joindre les industries multiples dont l'énumération fait l'obiet de la présente notice, industries qui permettent aujqurd hui d'occuper neuf cents ouvriers de toutes spécialités, provenant pour la presque totalité du village de Biache- Saint-Vaast, dont la population est de dix-huit cents habitants.
La force motrice totale s'élève à environ mille chevaux, dont cent fournis par une turbine, et le reste par les moteurs à vapeur.
En 1882, MM. Esobi^er et Mesdaeh furent remplacés comme directeurs-gérants par MM. H. Esob^er, fils du fondateur, et G. Ghesqalère, son gendre. La raison sociale est devenue, depuis cette date, Eschger^ Ghesquiére et C*.
Coneluflion
On a pu se rendre compte, par la lecture de cette Notice, du vaste dèveloppemant auquel est parvenue une industrie dont les débuts étaient modestes, et à quelle puissance productive, alliée à l'extrême précision, est arrivé l'outillage actuel des Usines de Biache-Saint- Vaast. Aucune autre usine ne pourrait appliquer aujourd'hui au travail des métaux des moyens aussi étendus, joints à une production aussi variée.
De pareils résultats ne dérivent pas seulement du développement progressif d'une industrie livrée à elle-même, qui suivrait par la force des choses les hasards plus ou moins heureux des affaires commerciales. Ils sont au contraire la conséquence de l'application d'un principe médité, d'une idée primordiale qui a guidé les fondateurs de Biache, et que leurs successeurs ont développé dans la même voie. On a pu entrevoir ce principe fécond dans le courant de cette étude, mais il est indispensable de le faire ressortir en terminant.
Les efforts des chefs de cette industrie ont toujours tendu à la réalisation de l'idée suivante :
Exécuter dans leurs établissements un cycle complet de fabrication^ c'est-à-dire prendre la matière brute telle que la nature l'offre aux mains de l'homme, et l'amener par la série de transformations qui constitue le travail industriel à l'état de produit fabriqué commercial.
Comment ce desideratum a été réalisé, on a pu le voir par
les descriptions qui précèdent, pui8(}ue cette multiple variôtô de produits est créée dans les Usines^ avec les deux seules matières premières : minerai et combustible»
Quant au travail transformateur lui-même, il ne doit rien non plus à une ingérence étrangère anx Usines. Car tout Toutillage, au fUr et a mesure de chaque destination nonyelle, est étudié et construit dans les Etablissements de Biache, d*une façon spécialement appropriée au travail à effectuer, et par les mains mêmes qui auront à remployer.
Donc, déjà deux points bien établis : se passer de tout produit autre que la matière première et de tout concours étranger pour la manufacturer, font de Tindustrie de Biache une industrie à part, essentiellement créatrice.
Il reste à faire ressortir un troisième point, et non le moins important. C'est que les directeurs des Usines de Biache ont poursuivi avec persévérance, et ont réussi à atteindre un double but dont les conséquences économiques et patriotiques n'échapperont à personne.
D'une part, établir en France des industries jusque-là spécialisées à Tétranger, par exemple le traitement des minerais, qui était principalement cantonné en Allemagne et en Angleterre ;
D'autre part, rendre l'étranger tributaire de leurs produits exclusivement fabriqués en France : cW ainsi que les Usines exportent leurs cuivres et leurs monnaies dans tous les pays civilisés.
Par là est obtenu ce double et heureux résultat : d'assurer d'un côté à la main-d'œuvre française les salaires payés jusqu'alors par le consommateur français aux ouvriers anglais ou allemands ; et de l'autre faire rentrer dans notre pays, par l'exportation du produit fabriqué, l'argent étranger.
C'est par là que ces principes méritaient qu'on s'y arrêtât un instant ; car s'ils ne sont pas la moindre cause de la prospérité des Etablissements de Biache-Saint-Yaast, ils ont aussi pour c onséquence un accroissement de la puissance industrielle et de la richesse de la France.
En résumé, l'exposition que nous avons examinée, n'a pas seulement contribué par le goût parfait qui a présidé à son gracieux et luxueux agencement, a grandir notre pays aux yeux de l'étranger, les visiteurs compétents et sérieux comprendront par 1 étude de ce document que M. A. Esch^er et u.GheBqaiére, ont poussé comme ingénieurs leur industrie dans les voies les plus nouvelles et qu'ils l'ont mise au premier rang parmi les similaires, tant en France qu'à l'étranger.
Le Qrand Prix a été un juste hommage rendu à une de nos plus grandes et plus complètes industries françaises.
Grfand. I*i?lx