PAS-DE-CALAIS
Dans la Classe 41, à droite de la galerie de 30 mètres, et im médiatoment derrière l'entrée monumentale construite par les For^(;s de Pompey, à droite et à gauche de la galerie, se trouve Texposition de MM. Kschffer, Ghcsquiere et C'".
Ces derniers nous présentent le cuivre sous toutes ses formes, en lingots, en barres, en fils, en lames et en feuilles et pour tous les emplois. Cette exposition est sans contredit une des plus monumentales, sinon la plus riche et la plus belle de toute la classe.
Olijets exposés
Immédiatement après avoir dépassé la porte d'entrée, an passe sous un arc- de -triomphe formé par quatre tubes énormes en cuivre rouge de 10«50 de longueur et de 0,37 centimètres de diamètre. Ces tubes se réunissent à leur sommet dans une sphère de 2 mètres de diamètre, et leura bases reposent sur quatre piédestaux de forme carrée de 1»"50 de hauteur et do l'"20 de côté. Ces piédestaux, qui sont égaux comme dimensions, sont différents comme composition et arrangement.
De la sphère supérieure partent d'élégantes chaînes, également en cuivre, supportant à une hauteur de 8 mètres audessus du sol, une grande bassine renversée formant coupole. Cette dernière a un diamètre de 3"»30 et un poids de 1,400 kilog.
Dans la partie droite, se trouvent plantés debout deux tubes tordus en cuivre sans soudure, de 6 mètres de longueur et de 0,30 centimètres de diamètre. De chaque côté, un grand escalier avec rampe, nous mène à une plate-forme. Le tout est en cuivre rouge, supporté par des châssis remplis de bandes de laiton destinées a la confection des cartouches. On a placé égaleinont sur ces châssis deux foyers de locomotive. La plateforme elle-même est formée d'une seule feuille de cuivre carrée de 3 mètres de côté et du poids de 3,000 kilog , c'est un tour de force inoui. A droite et à gauche, sous les escaliers,
se trouvent des culasses de boîtes à fumée et des calottes de bouilleurs pour locomotive .
Le fond vertical de la plate-forme est formé par une feuille de cuivre d'un seul morceau d'une largeur de 8"»40 sur 3"»00 de largeur et pesant 2,900 k.ilog. C'est merveilleux. Ce genre de feuille sert à construire l'enveloppe des foyers de locomotive. Au milieu de ce panneau on a accroché un grand cadre carré de velours grenat sur fond de velours noir, au centre duquel se détache un fond de coupelle argent tin, pesant 340 kilog. et oii le métal figé en pleine fusion, donne absolument la notion en petit d'une contrée volcanique où la roche serait du métal précieux. Immédiatement au-dessus se trouve enfin un autre cadre à moulures élégantes contenant les nombreuses récompenses obtenues par la Société.
Au rez-de-chaussée, on peut admirer un vase de forme antique de 2 mètres de hauteur et 1«40 de diamètre, pesant 1,500 kilog.; il est en cuivre martelé. Devant ce vase est posé sur sa longueur une chaudière cylindrique de 1 mètre de diamètre et pesant 1,500 kilog. C'est l'art et l'industrie si intimement mélangés qu'on ne sait vraiment où l'un commence et où l'autre finit.
A gauche, au rez-de-chaussée toujours, et placé dans sa position normale, brille et reluit un foyer de locomotive avec son faisceau tubulaire et sa boîte à fumée. Grande pureté de formes métal absolument sain.
Dans le fond, quatre colonnes formées par des tubes de cuivre sans soudure de 0,30 centimètres de diamètre et de 6 mètres de hauteur, supportent un autoclave en cuivre de 2"»45 de diamètre et d'un poids do 1,800 kilog. Il est suspendu par une bande de maillechort de 15 à 20 centimètres de diamètre et d'une longueur totale de 11 mètres. De chaque coté du foyer
Sour locomotive, on voit deux belles vitrines contenant Tune es échantillons de monnaie de tous métaux en alliages, l'autre, des coupes, des échantillons de minerais d'or, d'argent, platine, nickel, zinc, cuivre, étain, etc.
A remarquer deux échantillons en lingot de cuivre du Chili, affiné aux usines, et deux jolis vases d'ornement en cuivre martelé d'un très beau travail. Dans les différents espaces laissés libres entre les grosses pièces on a placé trôs artiste ment des cuivres tréfilés depuis les plus grosses jusqu'aux plus petites dimensions, fils cuivre rouge, bronze et autres alliages a haute conductibilité pour l'électricité. Une lame conducteur de paratonnerre de 300 mètres de longueur est enroulée sur bobine.
Du maillechort et du nickel pur, laminés, étirés et tréfilés, pour le commerce et la guerre sont répandus partout à profusion.
Du zinc d'art pour alliages de laiton et autres emplois, du zinc tourné et en grenaille émaillent cette exposition ainsi que des emboutis en tous métaux ou alliages.
On remarque également une bouteille on acior d'une contenance de 10 litres environ, faite d'une seule pièce et sans soudure.
Des enveloppes d'obus à mitraille, corps d'obus en acier pour la guerre et la marine.
350 BIACHE-SAINT-VAAST
Des obturateurs et grains de lumière pour canons, ceintures et barrettes pour projectiles.
Les fonds et les angles sont abondamment pourvus de tubes en cuivre jaune et rouge sans soudure et soudés de tous diamètres et épaisseurs pour les besoins des chemins de fer, de la marine et de Tindustrie.
Nous le répétons, aucune description ne peut rendre l'admirable effet décoratif de cette splendide exposition.
Il y a là un grand effort couronné d'un grand succès.
Situatian 4e« Usines
Les usines de Biache sont situées sur la rivière la Scarpe canalisée, entre Arras et Douai, à proximité de la station de Vitry-en-Artois. Elles peuvent donc tirer à peu de frais leurs combustibles du bassin houiller da Nord et du Pas-de-Calais, en même temps qu'elles reçoivent par fer et par eau leurs minerais avec un fret minime.
L'ensemble des établissements couvre une superficie de près de six hectares, dont quatre de surface bâtie. Deux hectares environ sont occupés par les fonderies, et l'autre moitié par les ateliers mécaniques.
Coap d'oeil ffénërai «ur l'ensentlile des indastries de Binelie
L'idée-mère que la suite de ce travail mettra en évidence, celle qui a guidé les premiers fondateurs de Biache, et que leurs successeurs s'attachent à développer encore aujourd'hui, est la suivante :
Traiter de première main les produits naturels et les amener à l'état ou ils sont immédiatement utilisables par chaque Industrie spéciale, à laquelle ils sont destinés, — et non seulement effectuer, dans leurs usines, toutes les opérations indispensables pour atteindre ce résultat, mais aussi construire, sur place et par leurs propres ressources, tout l'outillage, tel que le comporte ce double but.
D'une façon plus précise, il s'agit de prendre le minerai, tel que le mineur l'extrait du sol, et de rendre le produit industriel complètement fabriqué, — et, pour ce double travail, se passer de tout concours étranger, c'est-i-dire étudier, construire, dans l'usine même, chaque outil spécialement approprié à chaque transformation de la matière.
Tels sont les deux caractères qui donnent aux usines de Biache un rang à part dans l'industrie des métaux. D'autres usines se bornent à transformer le métal brut en métal ouvré,
§ar exemple les lingots en planches, en tubes, en fils ; mais, e toutes les usines françaises, celles de Biache sont les seules qui aient ce rôle de créateur, non de simple transformateur. C'est lui qui leur a permis d'implanter en France des industries qui n'existaient jusque-là qu'à l'étranger, et de s'affran chir complètement du concours, dont les autres industries analogues sont restées tributaires.
C'est ce qui ressortira encore mieux de la revue des diverses fabrications de Biache, qu'il faut envisager, pour plus de clarté, sous deux chapitres distincts : les industries métallurgiques et les industries mécaniques.
Industrie* métollarffiqae*
La partie métallurgique pent se diviser, d'après le métal traité, en neuf subdivisions :
!• Minerais, mattes et matières diverses cuivreuses ; 2» Minerais, mattes et matières cuivreuses argentifères ; 3* Minerais mattes et matières cuivreuses argenti-auri-
fères ; 4» Minerais et matières plomheuses; 5« Minerais et matières plombeuses argenti-aurifères ; 6«» Minerais d'argent ; T* Minerais d'or ; 8* Cendres d'orfèvre et produits quelconques contenant de
Vor et de Vargent ; 9» Minerais de zinc argentifères et aurifères ;
Voici, en conservant cet ordre, un aperçu succinct du traitement de ces diverses matières :
!• Minerais, mattes et matières cuivreuses. — La méthode suivie pour le traitement de ces matières est un procédé mixte, qui tient à la fois de la méthode allemande et de la méthode galloise ; ce n'est pas ici la place de le décrire en détail. Qu'il suffise de rappeler qu'il comporte une série de concassages, de broyages, ae grillages et de fusions successifs.
Les concassages et broyages s'effectuent à l'aide de concasseurs et de meules.
Les grillages se font en stalles couvertes, en kilns, ou au réverbère.
On effectue les fontes tantôt dans les fours à manche, tantôt dans les réverbères.
Pour ces diverses opérations, le matériel se compose de :
Concassage : S concasseurs américains ;
Broyage : 1 grand broyeur spécial et 4 broyeurs à moyeu :
Grillage : 12 stalles couvertes ; 12 kilns ; 4 grands fours à réverbère d'une capacité de 12,000 kilos chacun.
Fonte : 4 fours à manche ; 8 réverbères à gazogène pour rôtissage et affinage.
2* Minerais, Mattes et Matières cuivreuses argentifères. — Ces produits sont l'objet d'un procédé spécial, empruntant la voie numide, qui permet d'extraire directement l'argent de la matte cupro-argentifère. Le résidu de cette opération est ensuite traité pour extraction du cuivre. Ce traitement comporte donc :
a. Les ateliers de broyage, grillage et fusion nécessaires à la formation de mattes cuivreuses tenant environ 75 0/0 de cuivre.