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LAURENT-COLAS

A Bogny-sur-Meuse (Ardennes)

Nous trouvons là une superbe installation, classe 41, près de la porte qui conduit à la galerie des machines.

Les deux panneaux verticaux de cette exposition sont tapissés de groupes de ferrures pour voiture. Ils sont rangés en panoplies d'un effet très gracieux. Nous y avons remarqué des brides de ressorts, des menottes, des brides de ranchets, des charnières, des porte-ranchets, et une collection de plusieurs systèmes de support de ressorts pour voitures suspendues.

Monsieur Laareiii-CoUa expose aussi, dans la classe 60, au milieu de ses clients, les fabricants de carrosserie. Adroite de l'entrée de cette classe et du côté de l'avenue Lamothe-Picquet, a été construite une très belle vitrine en pitchpin ciré ; elle est ornée de sculptures d'un très beau dessin. Cet exposant nous montre dans un arrangement plein d'art, les ferrures nécessaires à la confection des voitures de luxe. A première vue l'on dirait vraiment une exposition de pièces destinées à la construction d'une machine de précision tant l'exécution de celle-ci est parfaite. II y a là des quantités de brides de toutes grosseurs, rangées en pyramide, en cercle, en écussons, plusieurs collections de menottes, de douilles de lanterne, puis des charnières^ des groupes de jumelles montées et non montées.

Comme on le voit par rénumération qiû précède, cette exposition se rapproche beaucoup de celle de la classe 41, comme genre, mais elle s'en sépare par la légèreté du dessin autant que par le fini de Texécution. On voit bien que ces pièces ne sont pas destinées à de simples fiacres, mais aux voitures de luxe que nous voyons circuler dans Paris et qui sont la gloire de la carrosserie française.

La maison a été fondée en 1860 par Laarent-Colaa, simple ouvrier forgeron, sans fortune. C'est lui qui a inventé toutes ses machines à fabriquer les brides et les autres ferrures de voitures. Il a perfectionné toutes celles inventées avant lui et a pris plus de six brevets d'inventions.

Honneur à ce travailleur intelligent qui a fondé une maison prospère et occupe aujourd'hui 150 ouvriers.

Son usine est mise en mouvement par une machine à vapeur de 50 chevaux, faisant marcher des machines à brides, à Douions, à presses, pilons, poinçonneurs, meules, écrous, des laminoirs, une quantité assez considérable le machines, outils, tours, tarauderies, etc.

Il produit environ 500,000 kilog. de ferrures par an, dont une grande partie est exportée.

Presque tous les ouvriers qui ont commencé avec lui sont restés attachés à son industrie, et, jusqu'ici, il a conservé la direction de son personnel et de ses affaires. C'est le plus bel éloge qu'on puisse faire de ce travailleur.

Le jury des récompenses a su apprécier les produits de M. Laurent-Colas et son intelligence. II lui a décerné une médaille d'argent.

]M[édaille de Br*oxize BOSQUET et PARUIT

A Arreux (Ardennes)

Fabrique de Boulons

Cette exposition se compose d'un grand cadre doré, dont l'intérieur est tendu de velours rouge, et sur lequel on a groupé par grosseur et qualité, le produit exclusif de la Maison.

MM. Bosquet et Parait, ne fabriquent que des boulons.

Nous voyons alignés dans le cadre dont nous avons parlé, des boulons à tête carrée octogonale, ronde, ainsi que des boulons à tête perdue.

Ces Messieurs en portant leurs soins sur un seul article, sont arrivés à le faire d'une manière parfaite.

Le jurv les a récompensés de tant d'efforts en leur donnant une méciaille de bronze.

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]!^édaiUe d'Or-

HARCELLOT A C

le

Forges d'Eurville et Usine de la Tambourine à Saint'Dizier (Haute-Marne)

Portons toujours nos pas vers la classe 41, du côté du Champde-Mars. Ces Messieurs nous montrent dans une exposition gracieuse et très bien ordonnée, les produits de leur ttibrication. Elle se compose d'un grand panneau vertical venant s'appuyer sur une vitrine horizontale.

t Sur le panneau vertical et dans son milieu se détache un vrai soleil de Saint-Sacrement dont Tâme de 80 centimètres de diamètre est formée par des cercles concentriques en petits fers ronds polis dont la grosseur augmente avec le diamètre, et dont les rayons émergeants sont formés par des fers ronds , plats, demi-ronds et des fers spéciaux. Tout autour sont accrochés des couronnes de fers, machine nature ou galvanisé, pour télégraphe, cables marins, signaux de chemins de fer, grillages, treillages, etc.

A droite et à gauche se trouvent rangés très gracieusemen des chaînes d'attache avec leurs barettes et mousquetons ; audessous une gerbe de fers plats et de fers feuillards. A terre et de chaque côté de la vitrine une pyramide; celle do gauche est formée avec des couronnes de fer machine et celle de droite avec des couronnes de petits feuillards diminuant d'épaisseur et de largeur, de la base au sommet.

Dans la vitrine se trouvent rangés et catalogués par espèces et grosseurs dans 117 cases carrées, rangées en échiquier, des échantillons des pointes et clous fabriqués mécaniquement.

Dans le bas sont placés aussi des échantillons de cassures de tous les grains et de diverses qualités ; dans le fond et de chaque côté de cette vitrine se trouvent deux gros blocs de minerai de fer provenant des mines de Bois-au-Four, près Pont-de- Saint-Vincent,

Au-dessus de la vitrine, de remarquables résultats d'expériences de torsion et de traction opérées sur les fers fabriqués par la maison.

Cette exposition se complète par plusieurs bobines de fer armées, ou ronces artiiicielles pour clôture et galvanisées, et lie fils télégraphiques.

Historiqne et Consistanee.

L'usine d'Eurville, dont Torigine est fort ancienne, appartient à la même famille depuis près d'un siècle. Peu importante à ses débuts, elle s'est surtout développée vers 1860 et est exploitée depuis cette époque par une Société en commandite composée d un très petit nomore de familles du pays.

Ces renseignements ont leur importance même au point de vue de la fabrication, car ils montrent bien le caractère principal de l'usine. La tradition dans les méthodes du travail y est conservée et par l'influence du gérant, choisi depuis vingt ans parmi les membres d'une même famille, et par l'action des ouvriers, nés dans le pays ou établis là depuis longtemps.

A Eurville on s'est toujours attaché à maintenir la réputation des fers dits de Champagne, aussi bien pour la texture du fer que pour le laminage.

Ces fers, destinés pour la plupart à être travaillés, ne ressortent guère comme classiflcation que des 3* et 4* classes et fers hors classes ; ce sont des ronds de 40 à 4 «■/'*, des carrés de 40 à 4 "»/"», des méplats, des ovales et fers de divers profils, mais tous de petite dimension; des feuillards laminés à. un dixième de millimètre près depuis 5/10 de "*/« d'épaisseur ; c'est principalement la machine fabriquée jusqu'au n» 19 (3 °»/™ 9). Cette machine est elle-même transformée en flls de fer, fils télégraphiques, dont on a livré de très grandes quantités à TEtat fk*ançais et aux gouvernements étrangers ; fils pour câbles sous-marins, pour armatures téléphoniques ; flls pour signaux de chemin de fer, enfln flls pour grillages, treillages et tous usages du commerce.

La production totale des Forges d'Eurville ne subit pas de très grandes variations ; elle est de 12 à 16,000 tonnes suivant les années ; un tiers de cette quantité environ est converti en flls.

Une seconde usine, la TambouHne, construite depuis douze ans, transforme encore plus de 3,000 tonnes de cette machine et de ces flls, en clous pour chaussures (800 tonnes), pointes (1,800 tonnes), chaînes (400 tonnes) et ronces artificielles (100 tonnes); et comme elle exige pour ses produits, principaUment pour la clouterie, une qualité de fer excellente, c'est encore là pour Eurville une nouvelle nécessité de soigner le travail de ses forges.

Cette pensée prédominante de toujours maintenir les traditions de bonne fabrication, n'exclut pas, loin de là. les idées d'amélioration; chaque année des sommes importantes sont consacrées au changement de l'outillage ; la trèfllerie vient d'être entièrement remaniée; aux laminoirs les machines trop faibles vont être remplacées par d'autres d'une force décuple, c'est même ce qui a empêché d'exposer des pièces de poids et dimensions extraordinaires ; tout a dû être pris dans la fabrication courante.

Quant à l'acier, on achète jusqu'alors les quantités nécessaires à la fabrication des produits communs attendant d'être mieux fixé sur la qualité et la régularité de ce métal, avant

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de substituer au fer de Champagne un acier de même provenance.

Enfin, il a pu être remarqué que l'exposition d'Eurville ne comprend pas de fentes, bien qu'il soit présenté des spécimens assez complets de minerais, c'est que les hauts fourneaux ont été éteints il y a quatre ans ; ils ne répondaient plus aux dimensions actuelles ; la baisse des fontes survenue à cette époque a empêché d'en reconstruire immédiatement de nouveaux.

Les fontes sont achetées en Meurthe-et-Moselle pour les qualités communes, en Champagne pour les qualités spéciales.

Depuis un an, la situation ayant changé et la hausse s'étant faite sur les fontes, la question est revenue à l'étude. La mine de Pont-Saint- Vincent près Nancy, jusqu'alors simplement préparée et tenue en réserve, est mise en exploitation régulière; le minerai, jusqu'à nouvel emploi, est vendu en Belgique et dans le nord de la France : il est d'une qualité très suivie et donne à l'analyse un rendement en fer de 35 à 39 p. 0/0. D'autre part, les terrains miniers environnant l'usine assurent l'affouage facile d'une quantité importante de minerai du pays • rendant de 40 à 50 p. 0/0.

L'usine d'Eurville paraît donc dans de bonnes conditions pour résister aux crises et contribuer à maintenir, en même temps que sa propre réputation, celle du bassin métallurgique de la Champagne.

La production annuelle de cette Société est de 12 à 16,000 tonnes dont la moitié est dénaturée.

La principale production de ces usines est spécialement les fils de fer et d'acier.

L'outillage, en dehors de 17 fours à puddler et à réchauffer, comprend trois trains de laminoirs, !&0 machines ou bobines à tréfiler, fabriquer la pointe ou le clou, et 100 feux de forges pour faire la chaîne.

On le voit, ces usines sont considérables, et la Société ■•reellot et c>« occupe tant dans son usine d'Eurville que dans celle de la Tambourine environ 800 ouvriers.

Elle a été récompensée plusieurs fois : en 1867, elle a obtenu une médaille de bronze et en 1878, une médaille d'argent à Paris. En 1882, une médaille d'or à Bordeaux. Et cette fois, le Jury des récompenses lui a accordé une médaille d*#r.

MÉDAIIilJB D'OR

SOCIÉTÉ

des Hauts-Fouraeaux et Fonderies de fironsseval

à Brousseval, près Wassy (Haute^Mame)

Dans la classe 41 près du passage, qui donne accès à la classe 47, sur Tallée centrale et du côté du Champ-de-Mars, les fonderies de Bronsseiral ont exposé dans un raste et élégant pavillon de style oriental, les nombreux produits de leurs usines.

La façade donnant sur Vallée centrale est décorée avec des fragments de fontes moulées. A droite et à gauche, dans des nicnes dont les cintres sont supportés par d*élégantes colonnettes de fontes, émergent deux statues lampadaires grandeur nature d'un très beau style; elles sont entourées de différents motifs d'ornement en fonte moulée Sur la première marche de rentrée, se trouvent deux spécimens de tuyaux en fonte ; celui de gauche représente le Bysiéme Lavrll, et celui de droite le syscéme Petit; tous les deux sont à joints de caoutchouc et servent pour la canalisation d'eau, de gaz et de vapeur.

Ces systèmes présentent plusieurs avantages : d'abord le remplacement des tuyaux cassés se fait avec facilité ; ensuite les joints étant élastiques, les dilatations peuvent facilement se produire sous l'influence des changements de température Ce dernier avantage est surtout apprécié dans les conduites de vapeur ou de conduites d'eau, dans les colonies et les pays chauds. Ils se recommandent aussi l'un et l'autre par une très grande facilité de pose et en même temps par une étanchéité des joints.

La compression de la rondelle en caoutchouc se fait, dans le système Petit, au moyen de pattes et broches en fer, et dans le système Lavril, au moyen de boulons.

Le système Petit est le premier système de tuyau à joint de caoutchouc qui ait été exploité. Le système Lavrll est venu ensuite. Cela dit, continuons notre examen.

Au milieu de rentrée un magnifique vase fermé frappe les yeux. Il est remarquable par la finesse de son moulage.

De chaque côté au-dessus des deux statues lamjiadaires, on a placé deux fonds de foyer bien dessinés. A première vue on croit voir un beau résultat d'estampage, et cependant ces deux plaques sont des fontes moulées et brutes de fonderie.

Nous remarquons encore à l'entrée un grand candélabre

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pour ffaz et électricité, modèle adopté par la ville de Marseille pour éclairer la Cannebière.

Dans le centre du pavillon et sur piédestal recouvert d'une draperie rouge, se trouve une très belle pièce de fonte, comme difnculté vaincue : c'est un faisceau tubulaire composé de 19 tubes de 80 millimètres de diamètre intérieur et de 2 m. 50 de largeur, réunis par deux plateaux et fondu d*une seule pièce.

Cette pièce, dont le moulage est très difficile, ne peut être faite que par des ouvriers d'une grande habileté.

La diiïïculté d'exécution ne consiste pas simplement dans la confection du moule, mais aussi dans les préautions qu'il y a lieu de prendre pour faciliter les dégagements des gaz au moment de la coulée, empêcher le déplacement des noyaux, et surtout éviter la rupture qui pourrait être produite par des contractions inégales dans le refroidissement de la pièce.

Ce faisceau tubulaire que les fonderies de Brousseval nous

F résentent, n'est pas une pièce cherchée, destinée à faire valoir expérience et l'Iiabileté de son personnel, elle est la principale pièce d'un réchauffeur tubulaire qui leur a été commandé par une importante usine de produits chimiques.

Contre le piédestal et à l'arrière se trouve un poêle à vapeur adopté par la Compagnie des Chemins de ter de l'Est pour ses ateliers de Romllly.

Sur le panneau du fond, recouvert d'un drap rouge, sont accrochés des cadres dorés renfermant les photographies des travaux que les fonderies de Brousaeiral ont fournis à l'Exposition ainsi que plusieurs vues de leurs usines.

Nous remarquons entre autres :

Les supports doubles pour les transmissions de la galerie des macnines ;

Les colonnes ornées à l'extérieur du dôme central et des grandes vérandahs donnant sur les jardins.

Au milieu ressort un grand cadre donnant le profil en long d'une canalisation en tuyaux de fonte à joints de caoutchouc de 314 kilomètres de longueur. La Compagnie de Bronasfsvml a abtenu non seulement la fourniture, mais encore l'installation de tout ce matériel.

Cette importante affaire a été enlevée par la Société des Fonderleit de Brousseval, après un concours auquel avaient pris part non seulement toutes les usines françaises, mais encore les principales usines anglaises, belges et allemandes.

Cette canalisation est destinée à alimenter d'eau potable la ville de Antofagasta au Chili, et en même temps une ligne de chemin de fer partant de ce port et s'élevant sur le flanc des Cordillères qu'elle traverse à une hauteur de plus de 3,800 m. pour arriver aux mines de la Compagnie Huanchaca de Bolivie.

La prise est faite à San Pedro dans le Rio Loa, à 3,250 m. au-dessus du niveau de la mer. Sur le parcours de la conduite. 32 réservoirs en tôle ont été prévus pour rompre la charge. En outre un réservoir en maçonnerie d'une capacité de 4,000 m8 doit être construit à 2 kilomètres da la prise d'eau et un autre de 2,000 m3 à Antofagasta.

Cette canalisation dont le tonnage est d'environ seize mille tonnes se répartit ainsi :

1,800 mètres 300 mm.; 48,881 mètres 253 mm.; 19,150 mètres 225 mm.; 13,100 mètres 216 mm.; 63,340 mètres 200 mm.; 96,724 mètres 190 mm.; 20,717 mètres 175 mm.; 45,723 mètres 165 mm.; 3,825 mètres 150 mm.

Au-dessous de ces tableaux sont placées deux vitrines. Dans celle de droite, se trouvent différents échantillons des minerais servant aux fonderies de Brousseval ; pour la plupart ce sont des minerais oolithiques dePont-Varin. Puis différents tossiles, des roches ou des terres entaissantes. Voici ranalvse de ces minerais avec leur provenante :

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