tonnes
A reporter. . .
tonnes.
Années.
Production
en tonnes.
Report
. . . . 2.171.800 tonnes.
Total .... 14.463.174 tonnes.
Ainsi donc voilà une mine qui n'existait pas en 1851, elle part de zéro et toujours depuis, sans relâche, sans arrêt, le progrès de Textraction se poursuit. On met les dix premières années à atteindre cent mille tonnes pour ne plus jamais rétrograder. En quatre autres années les trois cent mille sont (franchis.
Enân à partir de 1880, cen*est plus tous les deux ans ou tous les quatre ans qu'on gagne cent mille tonnes, c^est tous les douze mois.
Enfin, rélan est donné, la course est yertigineuse en 1887 on fait 970,000 tonnes, en 1888 on a dépassé le prestigieux million, on est à 1,100,000 en augmentation de 14u,000 tonnes en une seule année! En 1889, on se rapproche du million et demi.
Ces résultats se passent de commentaires, et chacun ^ait qu*il sont dus à la perséyérance de la direction technique, de M. PolHer, le directeur-gérant, de M. AlUyrae, Tingénieur en chef. Depuis Torigine, ce dernier est resté là attaché à son œuvre, en suivant toutes les phases, se montrant tour à tour rhomme de détail et Thomme de conception. Oui, on ne peut 8*empécher de penser qu'avec de tels chefs d'industrie la France a encore devant elle un grand et lumineux avenir.
lie Relief de Coarrâèrea
Mais il nous faut parler maintenant de la pièce principale de l'exposition de Courrières, c'est là évidemment le clou de la visite, j*ai voulu le garder pour la an.
On ne peut pas décrire ce magnificjue travail sans rendre un éclatant nommage à M. Bar, l'ingénieur principal du fond qui, tour à tour, maniant le plâtre, la couleur, le verre, comme un
ouvrier passé maître, se surpassait en même temps comme géomètre, ingénieur et géologue. Il n'est pas jusqu aux ânes gazes représentant les couches minières renversées qu'une main féminine délicate a seule pu tendre et couvrir du fln réseau des travaux exécutés.
On a vu que le gisement des charbons gras flambants dans la partie Sud de la concession de Courrières présente cette particularité remarquable que les dressants y tiennent une place considérable. Ils sont formés par une masse énorme de terrain houiller, renversée sur elle-même et renfermant plus de vingt couches de houille d'une i)uissance supérieure à 0™50 qui ont été pendant longtemps le siège exclusif de travaux d'exploitation fructueux. Le puits de Billy, notamment, a eu sa production alimentée seulement par ces veines renversées pendant 25 ans et avait extrait 2,500,000 tonnes, quand la première veine en place fbt atteinte.
Le mouvement gigantesque qui a produit ce renversement s'applique, rien que pour la concession de Courrières, à une surface de ^7 à 8 kilomètres carrés, sur 600 mètres d'épaisseur : il a été naturellement accompagné de dislocations nombreuses
Suissantes et variées. C'est cet ensemble, qu'il a paru utile e représenter par un relief qui, outre un immense intérêtgéologique, aura une utilité pratique pour l'étude de l'aménagement des travaux de l'exploitation actuelle et des préparations pour l'avenir.
Il était impossible de faire ce travail sur l'ensemble des vingt grandes couches du faisceau : on n'aurait abouti qu'à un résultat Ulisible par suite de l'enchevêtrement inextricable de toutes les surfaces. On n'a donc pris qu'une couche, qui est complètement détaillée : C'est la veine Ste-Barbe qui a été choisie, parce qu'elle occupe dans le groupe une position centrale, qu'elle tient un des premiers rangs comme valeur intrinsèque : et qu'enûn, exploitée par les cinq puits du Sud de la concession, elle présente un champ très développé.
L'idée qui a présidé à lexécution du relief exposé, a été de montrer une tranche de terrain houiller découpée sur la longueur de la concession — sur une largeur N. S. de 2 kilomètres, décollée sur une surface de 620"' de profondeur, et déblayée de tous les terrains qui recouvrent la veine Ste-Barbe. Quelques témoins ont été laissés pour renseigner sur les terrains supérieurs, particulièrement sur ceux du crétacé, les uns plastiques, les autres aquilères, que les puits ont eu à traverser jusqu'à 150™ de profondeur : en dessous se présente le tourtia ou grès vert ; puis, en discordance, le terrain houiller.
Les glaces placées de distance en distance donnent la trace des veines supérieures ; et les assises composant l'épaisseur du relief montre les affleurements des veines inférieures.
On peut voir ainsi l'allure générale du gisement.
La composition ordinaire de la veine Ste-Barbe est la suivante :
Chirbon impur O.JO.
, ^^^^^^^ Terres 0.10 Verne Ste-Barbe < ^^^^^^^ Cbarbon massif o.«6.
Charbon feuillele 0.35.
Charbon massif 0.75.
Le sillon Toisin du toit est retenu avec le petit banc de terres pour ne pas nuire à la propreté du charbon ; le havage se fait dans le sillon de 0%35 et les deux gros bancs fournissent ensuite, à Tabattage du charbon assez gailleteuz.
L'exploitation de la partie renversée est tout entière sur les transparents en verre qui se raccordent par le crochon avec la partie restée en place, représentée par le massif solide, h
Des deux cotés, les galeries ont des couleurs qui se correspondent par niveau d'exploitation. Un trait plus fort indique pour chacun d'eux la voie principale aboutissant au puits, et où la traction se fait par convois. Les parties exploitées et les failles, représentées par une gaze claire sur les transparents, sont bien reconnaissables. Parmi ces dernières, on remarque les grands transports sur des plans d'une déclivité très peu
Srononcée, qui ont éparpillé des épaves de veine renversée à es distances qui atteignent parfois 400 m. L'échelle stratigraphique figure au complet, chaque veine arrivant à sa place, séparée des voisines par les intercalations de grès ou de schistes qui existent en realité. Les méthodes d'exploitations par grandes tailles chassantes, avec remblais, ou par tailles moyennes et dépilages, sont indiquées par la reproduction fidèle des galeries qu'elles comportent. Quant aux surfaces encore vierges, elles sont déterminées, avec une
grande approximation, soit par leur concordance avec celles 'autres veines déjà exploitées, soit en raccordant les parties connues, en poursuivant l'action des grandes failles; ou en se servant des renseignements obligeamment donnés parles Compagnies voisines.
Evidemment, la régularité de ces régions hypothétiques a été exagérée, puisqu on ne pouvait déterminer d'avance des accidents locaux ; mais ceux-ci ne peuvent avoir qu'une importance très réduite, en face des grandes failles actuellement déterminées. Il y a donc toute probabilité que les travaux, en réalisant ces hypothèses, développeront successivement ce vaste champ d'exploitation représenté par le relief exposé, et qui répété pour chacune des veines, assure une production pouvant fournir à la consommation de plusieurs générations.
Tel est, avec le plan de la concession (à l'échelle de 0,00015 par mètre) ayant une surface de 5,597 hectares, l'ensemble imposant que nous offre l'exposition de Gourrières. Nous ne pouvons que féliciter sincèrement le conseil, MM. H. ■•«riee, président, Louis Plérard, Ch. Theilier de Ponehevllle« notre éminent collègue à la Chambre, H. Coppla, E. Leffebvre, A. Dupont, Ch. Derome et MM. G. Portier, directeur gérant; AlUyrae, ingénieur en chef; Bar, ingénieur du fond et tous nos autres camarades ainsi que le personnel ouvrier tout entier, de la besogne patriotique qu'ils mènent à bien ensemble. — Quoiqu'on en dise, ces œuvres là sont le plus clair de notre patrimoine et de notre honneur national.
J'ai dit à propos des mines de Courriëres et de Lens, quel intérêt s'attachait à connaître la position du terrain houiller au Sud du bassin sous le recouvrement de dévonien, recouvrement qui est devenu la règle générale dans le Pas-de-Calais.
L'exposition des mines de Drocourt qui occupe un immense panneau entre les usines du Pas-de-Calais et celles de la Loire nous fournit à ce sujet une coupe extraordinairement intéressante à réchelle de 5 mill. par mètre.
On y voit bien clairement le renversement du terrain sur la formation houillère en place, le plissement s'opérant suivant une faille presque horizontale dans le plan de la veine n*^ 1 . C'est ce que nous a démontré si éloquemment le relief de Courrières.
Ce qui nous surprend le plus ici, c'est l'allure du dévonien qui semble s'étaler sur la formation houillère. Le contact ne se rapproche nullement de la verticale comme on pourrait le croire.Il est presque parallèle à la faille plateuse que je viens de mentionner. De sorte que le dévonien forme une sorte de chapeau mince qui peut permettre encore d'espérer des richesses en allant plus au sud et en profondeur sous lui. Dans tous les cas, nos compliments à la vaillante petite société de Drocourt qui porte amsi le pic et le crézieux à l'avant-garde dans le bassin du Pas-de-Calais.
Son installation de bâtiment d'extraction est parfaite.
Elle a débuté héroïquement par 15,488 tonnes d'extraction en 1884, 58,664 en 1885, 114,279 en 1886, 160,314 en 1887 et 200,189 en 1888!
En 1889, on monte toujours et les résultats de janvier, février, mars, avril, mai 1889, indiquent une moyenne de 20,000 tonnes par mois, c'est-à-dire que l'extraction sera de 240,000 tonnes à la an de cette année. Le faisceau, reconnu déjà à 620 mètres est de 10 veines.
Bravo Drocourt ! bravo Monsieur l'Ingénieur directeur Delmlehet
A 1,000 mètres, vous aurez trente ou quarante veines et les terrains en place progresseront en profondeur vers le Sud. Ainsi se trouvera récompensée une des plus vaillantes entreprises du Pas-de-Calais.
C«MceMitoM die Ball^ drena^.
La Compagnie des mines de Béthune expose dans le même emplacement que Liévin une coupe verticale du terrain houiller passant par ses puits 1 et 1 bis 6 et 6 bis, 3 et 4. Coupe admirablement faite qui nous montre le N" 3 allant chercher audessous de rétage de 202 mètres une région houillère tout à fait explorée.
A gauche, c'est-à-dire au Sud, aux puits N"* 1 et 1 bis, le terrain houiller affecte la forme en dressants et plateures qui donne aux coupes du bassin du Nord l'aspect d un entrelacement de Z d'une sorte d'écriture cunéiforme colossale. C'est la partie des charbons gras adossée au rebroussement du devonien connu à Courrières.
Dans le milieu de la coupe aux puits 6 et 6 bis et N* Son est dans une région plate peu accidentée.
Au Nord avec le puits N' 4 on retombe dans les Z entrelacés après le passage de la fameuse faille du centre. Au puits N* 3 on estdans la régions des veines nouvelles un peu plus maigres.
Condition* ^éologitiae*
La coupe des terrains suivant une direction orientée sensible ment du Mord au Sud, c'est-à-dire parallèle à l'axe transversal du bassin, passe, avons nous dit, par les puits n»* 1, 6, 3, 4,— ce dernier puits étant abandonné, depuis l'année 1877.
Cette coupe indique les rejets principaux qui ont déplacé le terrain houiller dans la concession de Béthune, accidents qui sont généralement orientés de l'est à l'ouest. Nous disons les accidents principaux, car ceux dont l'importance est inférieure à 80 mètres de déplacement, n'ont pas été flfi;urés.
On voit tout d'abord combien la région Sud, celle que la fosse n« 1 a mise à découvert dès Torigine de la Compagnie, est tourmentée. Les terrains y sont repliés plusieurs fois en ligne verticale, de telle sorte que le puits n» 1, parvenu aujourd'hui à la profondeur de 600 mètres , a pu traverser quatre fois la même veine dans son percement; deux fois en dressant et deux fois en plateure {Veine Constance).
C est l'explication des ftiits qui ont constitué les difficultés du début. On conçoit sans peine et à première vue, que ces perturbations géologiques ont dû influer puissamment sur les résultats des premiers travaux. On se trouvait en présence de renflements successifs séparés par des étreintes, en présence d'allures en chapelet, occasionnées par l'effort de compression qui avait déformé l'ensemble des terrains, exploitation laborieuse entre toutes, où la même veine se présentait en des points différents sous une telle diversité d'aspect, qu'il était
m LES MLXES DE BEïHUXE
impossible de reconnaître son identité. Ce bouleyersement de Tensemble a eu pour cause première le soulèvement du terrain dÔYonien à la lisière sud du bassin comme nous Tavons maintes fois mentionné. Le terrain dévonien affleure au jour en effet sur la limite méridionale de la concession de Bethune, où il forme des collines de quelque élévation; il recouvre classiquement le terrain houiller en se renversant vers le Nord. Le même phénomène a été constaté, nous Tavons dit, sur tout le littoral jusqu'en Belgique, mais il ne se fait nulle part plus sentir que dans le voisinage de la fosse n<» 1.
En suivant la coupe dans la direction du Nord, elle montre que les terrains se régularisent à mesure qu'ils s'écartent du t'oyev de la rupture. Ce sont des plateures assez régulières, malgré quelques accidents qui les déplacent. Elles régnent sur une longueur de près de 3 kilomètres et constituent l'admirable champ d'exploitation des fosses n** 6 et n^" 3.
Immédiatement après le puits n« 3, on voit une faille de grande importance qui le traverse au milieu de sa hauteur, en faisant remontement vers le Nord. C'est le déplacement le plus considérable que nous connaissions dans l'étendue de cette concession. Il est désigné, ainsi que nous l'avons dit maintes fois, sous le nom de Faille centrale. Il passe en effet dans tout le bassin, qu'il divise en deux zones oien distinctes suivant son axe longitudinal.
La zone du Sud, qui est la mieux connue dans la concession de Béthune, contient des charbons gras variant de 28 à 38 OiO de matières volatiles jusqu'à la profondeur d'environ 300 mètres : la zone du Nord formée de stratifications inférieures, dans l'ordre géologique, aux premières, contient des charbons demi-gras et maigres, qui, pour la même profondeur de 300 mètres, varient de 12 à 18 0(0 de matières volatiles.
Cette grande différence entre la nature des charbons situés de part et d'autre de la Faille centrale suffit pour démontrer l'amplitude de son déplacement. Nous l'évaluons à plus de 400 mètres !
Cla««ifleation des eoaelteM de houille.
11 nous faut maintenant passer en revue la classification des couches de houille dans la concession de Bully-Grenay. Il y a naturellement en présence deux faisceaux différents, d'après ce qui vient d'être dit.
Le premier groupe, qui appartient à la zone du n<» 3, comprend trente veines exploitables, étagées de la veine Saint- André, de la fosse n° 1, a la veine Saint- Victor, de la fosse n** 3. Ces veines forment une épaisseur totale de 28'"50 en charbon, soit en moyenne une puissance utile de 0"*95 par veine. Elles sont réparties sur une hauteur de 690'"24. avec un écartement moyen de 23 mètres environ entre deux veines consécutives.
Leur teneur en matières volatiles diminue avec la profondeur et varie de 38 OiO à 26 OiO d'une couche extrême à l'autre. La diminution est donc de près de 2 OiO par 100 mètres de profondeur. Cette raison n'est pas constante et paraît diminuer un peu à mesure qu'on descend.
Plusieurs de ces couches sont d'une grstnde beauté.
Nous citerons principalement les veines Saint-Jean, de la fosse n» ly Charlotte, de la fosse n» 5, et surtout Sainte-Barbe, que nous avons étudiée à Courrières et qui est exploitée à la fois aux fosses n""* 1. 2. 5 et 6, sur une étendue de près de 5 kilomètres de longueur avec 2 kilomètres de largeur.
C'est la plus belle veine du faisceau; elle ne mesure pas moins de 2"»40 en pur charbon et fera longtemps encore la fortune de la Compagnie de Béthuue.
11 va sans dire que ce faisceau est loin d'être borné aux connaissances que nous venons d'exposer. Il s'enrichit, au contraire, par les explorations verticales tentées principalement à la fosse n" 7, non loin de la Faille centrale. Mais nous n'avons voulu faire figurer dans la nomenclature susdite que les couches aj)partenant aux régions bien connues, avec lesquelles on est familiarisé par la pratique de l'exploitation.
Quant au second groupe, celui de la zone du Nord, nous n'en dirons que ce que les anciennes exploitations de la fosse n* 4 nous ont fait connaître. Il comporte neuf couches, qui donnent 5"55 de puissance utile totale, soit 0"62 de charbon pour chaque veine. Les couches sont réparties sur 263 mètres de terrain houiller avec un écarte ment moyen de près de 30 mètres.
Ce simple aperçu fait voir que la région nord est beaucoup moins riche en charbon que la première. — C'est une règle générale qui se confirme dans la plupart des exploitations, pour ne j)as dire dans toutes.
Ici, la teneur en matières volatiles varie, avec la profondeur, ' de 18 0[0 à 15 0(0 de la première veine à la neuvième, soit 3 OiO de diminution pour 263 mètres de hauteur verticale, et un peu moins de 1,15 OiO de diminution pour cent mètres. La règle que nous énoncions plus haut, sur la décroissance des matières volatiles avec la profondeur, parait confirmée par ce fait.
Néanmoins, les efforts de la Compagnie se porteront certainement un jour sur cette réffion qui peut donner des combustibles parfaitement utilisables.
f|uai d'embar^Luement.
A rêchelle de 0,0*75 p. mètre, la Compagnie nous expose le plan de son quai d'embarquement avec culbuteur automatique et chaîne de touage dont nous parlerons en détail plus loin.
C'est un piston qui modère le mouvement du truc sur lequel est engagé le wagon. Les portes verticales s'ouvrent et le charbon est lancé doucement dans la trémie et va de là au bateau.
Un touage mécanique fait avancer ce dernier lorsqu'il est chargé et un autre s'avance au-dessous de la trémie.
Chargement de« bateaux. — Rivair^.
Mais ce qui attire beaucoup l'attention des visiteurs en dehors de la très belle coupe dont je suis un peu amoureux comme de tous les documents sérieux qui peuvent donner à nos recher-
ches houillères un caractère de probabilité scientifique, il y aie plan relief du riyage de la Compagnie.
Ce plan relief représente d'aoord la gare d'eau avec le culbuteur et la chaîne de touage pour la gare des charbons arrivant avec trains et locomotives. Le long du quai et des voies une grande halle de dépôt des charbons.
DeTautre côté du quai, le déchargement du bois arrivant par bateau et le chargement des cokes de Tusine construite dans Tangle aigu de la presqu'île qui forme la gare d'eau avec le canal.
Enfin, dans la partie lar^e de cette presqu'île, le parc des bois, une usine à gaz et une élégante maison de plaisance.
Tout le monde regarde avec plaisir ce petit paysage du travail et de Tactivite humaine où se croisent les"^ locomotives, les bateaux, les appareils mécaniques, les longues buttes de bois de soutènement. Rien n'y manque pas même les petites bascules de pesage. Plus d'un enfant porte instinctivement la main sur ces petits vagons délicats qui courent sur la voie. Heureusement une glace l'arrête.
Mais la question de l'embarquement du cliarbon est troc vitale dans nos mines du Nord pour que nous ne nous y arrêtions pas un peu.
L'étude du Rivage des Mines de Béthune constitue, en effet, comme un historique complet des progrès accomplis successivement dans le Pas-de-Calais au sujet des méthodes de chargement et d'embarquement du charbon.
N'oublions pas, que ce sont ces innovations qui influenl et plus directement sur le développement commercial des mines.
La Compagnie des Mines de Béthune avait installé, en 1860, sur le canal d'Aire à La Bassée, un auai d'embarquement qui mesurait 50 mètres de longueur et aonnait place au chargement d'un bateau. On était loin de prévoir alors l'extension que devait prendre plus tard le transport par eau. Cependant l'insuffisance de cette installation devint bientôt manifeste et quelques années plus tard, 11 fallut quadrupler la longueur du quai pour multiplier les points d'embarquement.
On déchargeait alors les wagons à la pelle pour remplir des berlines contenant environ 400 kilos de charSon. Ces berlines étaient ensuite culbutées dans des trémies de bois, mobiles autour d'une charnière horizontale, afin de diminuer la hauteur de la chute dans le bateau.
Le charbon était brisé par ces manipulations diverses ; en outre, les dépenses étaient élevées et le prix de revient d'embarquement montait à 0 fr. 325 par tonne. Autant d'inconvénients qu'il fallait éviter à tout prix. On s'était préoccupé de cette question dès l'année 1878; déjà un avant-projet figurait dans la notice que la Compagnie fit paraître pour la dernière exposition universelle. Les études, un moment interrompues, furent reprises avec ardeur, et, en 1883, le nouveau rivage était inauguré à Violaines, tel que le représente le très intéressant relief qui figure à l'Exposition universelle. Ce relief, avons nous dit, est certainement une des attractions de la classe 48. Il comporte un bassin spécial relié au canal par un goulet de communication. Sa forme est celle d'un carré allongé
mesurant 320 mètres de longueur sur 32"'50 de largeur. U porte 2"10 de tirant d'eau.
Quatre bateaux peuvent y circuler de fï*ont et prendre tous les emplacements possibles sans gêner le travail du chargement.
Kun des côtés du bassin^ celui qui est opposé au canal, est muni de deux culbuteurs automatiques, dont nous donnons la description plus loin, capables de verser chacun un wagon de 10 tonnes, sous Taction seule de la pesanteur.
Du même côté existent de nombreuses voies de triage, disposées de manière à faciliter la manœuvre des wagons avec le moins de frais possible.
L*autre côté est consacré au débarquement des bois de mines, dont le dépôt principal est sur le quai même, et au service de leurs à coke établis à proximité du bassin.
Passons aux culbuteurs : — Les culbuteurs, comme leur nom rindique, fonctionnent sans force motrice, sous Taction seule de la pesanteur.
Ils se composent essentiellement de deux berceaux A et B en fers à T reliés entre eux car deux fortes poutres également en fer et solidement entretoisées, formant le tablier du culbuteur. Ce tablier reçoit les wagons A chaque berceau est fixé un tampon mobile commandé par une vis de pression qui vient 8*appujer sur le longeron du wagon, quand ce dernier est en place, pour éviter tout déplacement pendant le culbutage.
Du coté oppK)sé, fixés à Tautre extrémité des berceaux par des bielles qui les suspendent, se trouve un ensemble de contrepoids articulés, posés sur une double série de gradins pendant le repos, qui entreront successivement en charge pendant la période du culbutage. Ces contrepoids agissent ainsi pour amortir Taccélération que le système tendrait à prendre dans le mouvement de rotation. Ils auront aussi pour mission de ramener le culbuteur à la position horizontale, quand le wagon sera vidé.
Lappareil repose sur deux tourillons longitudinaux disposés dans le sens de la voie ferrée et à 10 centimètres d*écartement d'axe en axe de ladite voie.
C'est cet écartement de 10 centimètres qui constitue la puissance motrice du système formé par le wagon chargé et le culbuteur, car il a pour effet de faire tomber le centre de gravité de ce système en dehors de son axe de rotation et à une distance de cet axe qui représente le bras de levier moteur.
La manœuvre est simple et se conçoit d*elle-méme : Tappareil étant au repos et maintenu par un verrou, on amène un wagon sur le tablier ; quand le wagon est calé par les tampons mobiles, on ouvre le verrou, Tappareil se met alors en mouvement et s*incline à 35°, angle voulu pour Técoulement du charbon. Il est fixé dans cette position a Taide d'un treuil à frein sur lequel s'enroule une chaîne tendue par le dernier contrepoids, précaution nécessaire pour que le wagon ne se relève pas avant Técoulement complet du charbon On ouvre alors les portes du wagon, le charbon s*échappe et quand le wagon est complètement vide, il suffit de soulever le frein précité et de laisser couler doucement la chaîne de retenue, pour que les contrepoids, plus lourds que le^wagon vide, agis-
sent à leur tour et ramènent le tablier à sa position horizontale. Tel est le principe de raj)pareiU les équations des moments qui varient suivant Tinclinaison, donnent les conditions du fonctionnement.
Il semblerait, d'après la théorie, que les chocs doivent être évités par la variation des résistances, variation qui a pour objet d'amortir la force vive, en empêchant l'accélération. Mais eu pratique, il s'en faut que ce but soit atteint, le mouvement ne saurait être réglé exactement parce que les conditions chanj^ent sans cesse avec le poids variable des wagons, leur chargement qui est rarement symétrique; elles changent même avec l'état des organes de rotation dont le coeltlcient de frott<»ment subit Tinlluence de l'humidité ou des poussières charbonneuses.
De là, des chocs brusques dont le moindre inconvénient serait de compromettre la solidité du matériel.
On V a remédié d'une façon heureuse aux Mines de Béthune, par 1 emploi d'un Irein hydraulique comme modérateur de chute. Ce dispositif qui est assez connu pour ne pas insister sur sa description, est placé sous le culbuteur, dans les massifs de fondation. Nous dirons seulement que c'est le corps de pompe qui est mobile avec le culbuteur et (luela tige du piston est solidement fixée dans la maçonnerie des massifs. Le liquide employé est l'huile ordinaire pour éviter les effets de la congélation. On a constaté que la pression intérieure s'élevait à plus de 20 kil. par centimètre carré pendant le fonctionnement, on voit par là combien cet organe était nécessaire. Ajoutons qu'il fonctionne d'une façon parfaite depuis qu'on l'a adopté.
Au sortir du wagon, le charbon est reçu dans une trémie d'une grande capacité terminée à sa base par une sorte d'entonnoir qui le conduit dans un couloir articulé. Celui-ci se termine par un bec mobile manœuvrable de la partie supérieure du quai à l'aide de chaînes de Oall. Ce svstème permet de déposer le charbon soit au milieu,. soit sur l\in ou l'autre bord du bateau sans aucune chute préjudiciable et cela malgré l'altitude de 10 mètres du quai au-dessus du bassin.
Il ne reste plus maintenant pour ojjérer le chargement complet et régulier du bateau qu'à le déplacer devant la trémie du culbuteur, pour le présenter dans toute sa longueur au bec mobile. Dans le principe cette manœuvre s'opérait à bra.^, comme dans les quais primitifs; mais on perdait beaucoup de temps d'une part et la main-d'œuvre était coûteuse. Le rendement de l'appareil en souffrait singulièrement.
Là encore on a eu recours à un système de touage particulier à la Compagnie de Béthune. Ce système se compose de deux parties, la chaîne de touage et les tourêts de commande.
La chaîne a pour but de transmettre aux tourêts de commande la force motrice qu'elle reçoit d'une locomobile installée à l'extrémité du quai, et qui sert en même temps à élever l'eau nécessaire à une usine voisine. C'est une chame sans fin de fort calibre, constamment en mouvement dans le même sens. Elle circule le long du quai supportée à la fois par les tourêts de commande et par des galets de roulement placés entre ces derniers.
Chaque appareil est formé de trois poulies montées sur le même arbre, et folles toutes trois sur cet arbre. La poulie médiane est munie d'empreintes sur sa jante ; c'est elle qui reçoit le mouvement de la chaîne de touage; elle se meut aussi constamment dans le même sens. Chacune des deux autres poulies çeut euibrayer séparément avec cette poulie médiane et participer à son mouvement de rotation. Il sufHt pour cela de faire tourner l'arbre commun dans un sens ou dans l'autre ; un écrou de bronze dont il est muni à chacune de ses extrémités agira sur la poulie latérale située de son côté pour l'écarter ou la rapprocher de la poulie médiane, avec laquelle elle pourra s'embrayer par friction simjple. Cette action des deux écrous est 'simultanée, c'est-à-dire qu'une
Soulie s'approche et embraie pendant que l'autre s'écarte et ébraie, et que dans la position moyenne, les deux poulies sont débrayées ; c'est la position du repos.
Si nous enroulons alors sur chacune des poulies latérales, et dans le même sens, une corde dont le bout libre sera attaché à chacune des extrémités d*un même bateau, il deviendra possible de faire mouvoir ce bateau dans le sens de sa longueur.
On y arrivera en faisant tourner l'arbre commun dans un sens voulu, la poulie qui embrayera fonctionnera avec la poulie du milieu, la corde en s'enroulant, tirera le bateau, tandis que la poulie opposée, qui, étant débravée, reste folle sur 1 arbre, laissera Hier une égale longueur de corde.
On obtiendra le mouvement inverse en faisant tourner l'arbre en sens contraire, et le repos, en détournant simplement l'arbre pour débrayer la çoulie en prise, sans embrayer l'autre. Dans cette dernière position, un système de ft'eins agit sur les poulies pour les fixer et empêcher le mouvement de continuer.
Quand nous aurons dit que le mouvement de commande est communiqué à Tarbre des troisjpoulies par une roue dentée et une chaîne de Gall ([ue peut manœuvrer l'homme qui dirige déjà le bec mobile de la trémie, et que les embrayages par friction conique des poulies, en se produisant progressivement, entraînent doucement le bateau sans lui communiquer de secousses, on concevra combien ce système est pratique et les services qu'il peut rendre. C'était le complément indispensable de l'installation.
Un appareil semblable est disposé sous chaque trémie.
Chacun des culbuteurs débite facilement 120 tonnes à l'heure, les wagons se meuvent par la gravité, et la compagnie paie moins de deux centimes à la tonne pour la main-d œuvre proprement dite d'embarquement.
Cela permet, tout en amortissant les dépenses d'installation, de réaliser chaciue année des économies considérables sur Tancien système d'embarquement.
La Compagnie a embarqué, en 1888, 305,389 tonnes ; elle pourrait facilement faire le double de ce chiflfre avec l'installation actuelle.
Telle est la puissance de cette installation que nous avons tenu à décrire minutieusement car c'est un facteur très important de l'exploitation de la houille dans le Nord.
Historique
Nous avons parlé succinctement de Texposition des Mines de Bully-Grenay. Il est bon pour qu*un document reste de cette grande enquête industrielle de 1889, de se rendre compte des origines de cette affaire si bien menée et si intéressante.
C*est en 1850 que la Ck)mpagnie des Mines de Béthune commença les premières recherches du charbon sur le territoire qui devait, quelques années plus tard, former retendue de sa concession.
Elle est à ce titre, il ne faut pas Toublier, Tun des inventeurs du bassin houiller du Pas-de-Calais. Il est inutile d'insister sur les difficultés de toute sorte qu'elle eut à surmonter aux débuts de son entreprise. Le pays qu'elle devait enrichir par le travail était alors à peu près désert, dénué de toutes ressources, dépourvu surtout des moyens de transport industriel. Tout était à créer. Il fallait en quelque sorte transformer la surface, avant de pénétrer dans les profondeurs du sol pour en exploiter les richesses.
Nous devons rendre un juste hommage à l'infatigable persévérance des fondateurs, et particulièrement de M. Alexis Bolueile, qui ont su triompher de tant d'obstacles et faire ainsi régner l'aisance à la place de la pauvreté, en procurant les moyens d'existence à tant d'ouvriers.
La concession des Mines de Béthune fut constituée définitivement car un décret en date du 16 janvier 1853, entre les Compagnies de Lens et de Nœux, sous la forme d'un quadritère dont la longueur traverse le bassin houiller suivant son axe transversal.
L'étendue de la concession était alors de 5,761 hectares. Depuis, en 1877, à la suite d'un sondage exécuté au sud du bassin, et qui démontrait l'existence du charbon au-delà de la limite méridionale assignée jusqu'alors au teiTain houiller, la concession fut augmentée de 591 hectares, ce qui porte son étendue totale à 0,352 hectares.
La concession s'étend sur huit communes et mesure dix kilomètres environ de longueur sur un peu plus de six kilomètres de largeur moyenne.
Les travaux du premier fonçage succédant aux recherches préliminaires, avaient été commencés dès 1851, sur la commune de Bully, au Nord du village, et la fosse n° 1, achevée en deux ans, produisait dans la seconde moitié de l'année 1853, plus de 4,000 tonnes de houille.
Les années suivantes donnèrent lieu, pour la même fosse, à une production moyenne de 30,000 tonnes.
Bientôt de nouveaux sièges d'extraction furent ajoutés au premier. Le n** 2, au couchant de la concession, est creusé en 1855 et entre en ligne vers le milieu de 1857; puis le n° 3, foncé presque en même temps, au nord du puits n° 1. sur la commune de Vermelles, recoupe en 1858, vers le centre du bassin, les charbons à 30 OiO de matières volatiles qu'il exploite encore aujourd'hui.
Le puits n* 4 vient plus tard, en 1860, dans la partie septentrionale de la concession; il rencontre des charbons demi-
gras, peu demandés alors; on jugea dans la suite que cette fosse était mal placée et qu*il y avait lieu de Tabandonner pour la rétablir, quand les Desoins le demanderaient, sur un point plus avantageux.
Plus tard encore, en 18^3, au moment du ^and effort industriel qui donna tant d'impulsion aux affaires, la Compagnie résolut de participer au mouvement général, en décidant le fonçage simultané de trois nouvelles &sses, les n°* 5, 6 et ^7, dont la dernière entra en extraction à la an de Tannée 1876. Cet effort considérable devait décider de la grande prospérité de la Compagnie. Les fosses n? 5 et n° 7 sont établies à TEst de la concession, dans une région alors inconnue et qui se trouve être la plus fertile qu*on eût encore exploitée, notamment pour le n*» 5. Le puits n« 6, situé entre le n* 1 et le n» 3, ne devait pas être moins bien partagé.
Diagramme de prodaetian
Le diagramme que nous offre la Compagnie est comme le résumé ae la vie sociale, on voit l'extraction se développer et arriver à son plus haut point dans Tannée 1889.
On y voit Textraction, restreinte pendant la première période, augmenter lentement avec les premières fosses. C'est Tépoque difficile, celle des tentatives souvent infructueuses. Les premiers travaux ne sont pas tous heureux. Ils rencontraient des terrains accidentés, renversés, repliés plusieurs fois sur eux-mêmes, notamment aux fosses du sud, les deux premières. Puis, les études se complétant, le régime s'établit, et Textraction demeure sensiblement stationnaire , variant entre 200,000 et 250,000 tonnes pendant une assez longue période, jusqu'en 1874. Vient alors le grand mouvement industriel dont nous avons parlé plus haut. C'est, pour Bully-Grenay, la date d'une véritable renaissance. En même temps que les fosses nouvelles sont entreprises, on perfectionne les installations anciennes, on remplace les machines devenues trop faibles par des engins puissants, capables de descendre aux plus grandes profondeurs. On crée des cités ouvrières, villages entiers, comptant plusieurs milliers d'habitants, munis de leurs établissements d'intérêt public. Il semble qu'un nouveau charbonnage ait succédé au premier. Grâce à une impulsion aussi vive, la Compagnie prend rapidement une grande importance ; la production s'élève à mesure que les fosses nouvelles arrivent au charbon et passe de 406.000 tonnes en 1877 à 812.000 en 1882. Elle est presque doublée en cinq ans. Là, en 1882, une venue d'eau qui se déclare dans les travaux de la fosse n** 6, prend en quelques jours des proportions inquiétantes. Il faut suspendre la production au siège pour consacrer à Texhaure toutes les forces dont on dispose. 11 s'en suit une diminution momentanée et la courbe de la production descend jusqu'en 1884 à 677,200 tonnes, pour reprendre bientôt son cours ascendant, la venue d'eau ayant à peu près disparu.
Nous arrivons ainsi à Tannée 1888, qui donne le chiffre de 929,038 tonnes le plus élevé qui ait été atteint Celui de Tannée 1889 sera plus fort encore; il dépassera certainement un million de tonnes!
:i8 LES MINES DE BETHUXE
Conditions indostrielles générales
Les conditions industrielles dans lesquelles s'effectue aujourd'hui la production peuyent être résumées par les chiffres suivants :
La Compagnie occupe aujourd'hui 3,359 ouvriers, chiffre do Tannée 1888, dont 2,676 au fond et 683 au jour. lia production par ouvrier du fond a été, pour la même année» 1888, de 347 tonnes et de 276 tonnes par ouvrier, pour tout l'ensemble jour et fond compris.
Ces mêmes chiffres pour l'année 1877 étaient respectivement de 237 tonnes par ouvrier du fond et de 183 tonnes pour Tensemblejour et fond.
lis indiquent les progrès réalisés pendant cette période de onze ans. Il convient de dire que c'est prineipaleuienl à la mise en œuvre de chantiers plus riches qu'on doit attribuer iM»tte amélioration de l'effet utile ainsi qu'à l'augmentation des journées de travail pour l'année 1888.
Institutions ouvrières.
Il nous faut parler des institutions ouvrières sans lesquelles il n'y a pas de bonne exploitation minière.
A Béthune les ouvriers reçoivent gratuitement leur chauffage.
La Compagnie a délivré de ce chef 15.664 tonnes de charbon pendant 1 année 1888.
La Compagnie a fait construire près de 1,500 maisons parfaitament aménagées qui sont louées avec un jardin de plusieurs ares à des prix variant de 36 à 72 francs par an, suivant l'importance de la construction. Le prix des loyers est tellement réduit, qu'il suffit à peine à couvrir les frais d'entretien, de contributions et d'assurances.
En dehors des jardins attenant aux maisons, la Compagnie loue à ses ouvriers à des conditions très modérées, de grands terrains, et leur accorde à vil prix les engrais nécessaires a la culture. Chaq^ue année tous les jardins sont visités par le personnel supérieur de la Compagnie, et des prix s'élevant à plus de 600 francs sont accordes aux ouvriers qui ont obtenu les plus beaux produits.
Des prix de même importance sont donnés comme récompense aux ménagères, pour la propreté et la bonne tenue des maisons.
La Compagnie a établi en 1884 sur les bases les plus larges une caisse de retraite qui assure des moyens d'existence aux ouvriers dans leurs vieux jours et attache le personnel à la Compagnie.
D'accord avec la caisse de secours, elle alloue aux femmes des réservistes et des soldats de l'armée territoriale des indemnités pendant toute la période passée sous les drapeaux par le chef de famille.
La Compagnie a installé une vaste boulangerie qui livre
chaque jour à ses ouvriers plus de 4,000 kilog. de pain de qualité supérieure et à 20 "/o en dessous du cours.
Une boucherie coopérative fournit aux ouvriers d'excellente viande à de bonnes conditions.
Un magasin a'épiceries délivre des marchandises de toute première qualité au prix du gros.
De vastes écoles ont été créées au milieu des cités ouvrières pour Tinstruction des enfants.
Enfin la Compagnie a fondé, en 1873, pour ses ouvriers une caisse d'épargne, à laauelle elle a su donner de Tattrait, en accordant des chances de lots, à l'intérêt de l'argent placé. Les dépôts s*élèvent actuellement à 600,000 francs : presque tous les ouvriers y contribuent pour une somme plus ou moins importante. C'est là une œuvre essentiellement moralisatrice, car tout ouvrier qui possède devient par cela même, en général un ouvrier économe et laborieux.
Les sacrifices consentis si généreusement par la Compagnie s'élèvent à près de 500,000 francs par an. soit 163 francs par ouvrier ou 0,5T à la tonne. Ils ont dû contribuer à éloigner de la Compagnie les grèves qui à certaines époques, ont atteint la plupart des charbonnages du Pas-de-Calais.
Les résultats que nous venons de consigner sont dus aux efforts combinés d'un conseil d'administration d'élite composé de M. de Hareère, sénateur, comme président, de MM. Degouj, Vice-Président ; Pllehon , Secrétaire ; Boittelle, Admitrateur; Paipés, id,; Hathlea, id.; Ch. Petit, id,
La direction est assurée par la collaboration intelligente et infatigable de MM. Damont, agent général et Rottelenr, ingénieur en chef.
Pour le visiteur, ce qui restera de l'Exposition de Béthune en 1889, c'est l'impression produite par le relief du rivage et les installations. Leparti qu on a su tirer d'un gîte parfois ingrat, indique, outre une grande puissance de production et une entente remarquable, des conditions économiques les plus favorables à une affaire industrielle.
Les mines de Meurchin ont tenu à ofitrir au public outre les excellentes photographies de leurs deux fosses N» 4 et N« s du plan complet de leur concession à une grande échelle.
On sait que cette concession est au nord de celle de Lens et de Courrières, à cheval sur les deux ; elle exploite les faisceaux de houille demi-grasse du bassin houiller à Topposé du grand recouvrement dans lequel est la principale exploitation de Courrières et de Lens.
Mais ce qui paraît avoir surtout préoccupé Meurchin dans son exposition c*est la qualité et le classement de ses charbons.
Les lavoirs et les triages très complets de Meurchin donnent d'abord :
CliiSsillcAtion indastrielle des ebArlMiui
1 . Une classification industrielle des charbons criblés sur barreaux ronds écarter* de 4U millimètres ;
2. Comme dérivés, des ânes lavées de 0 à 3 millim. trous ronds ;
8. Petits grains lavés de 3 à 5 millim., trous ronds, très jolie qualité ;