‹ Les Mineurs de l'Article 66 du Code Pénal et la Loi du 5 Août 1850Chapitre 34 sur 42 · Il n’en existe pas encore pour les garçons · texte numérisé non relu

Il n’en existe pas encore pour les garçons

$ 4. — Conclusions françaises.

En quelques mots nous allons essayer de dégager du système anglais certaines mesures qui nous paraissent excellentes, et dont nous pourrions profiter.

Remarquons d’abord que si le chiffre total des enfants élevés dans les écoles anglaises (22.190 en 1895) est de beaucoup supérieur à celui de nos colonies pénitentiaires (6.519), cela tient en grande partie à ce fait que l’Angleterre prend l'enfant tout jeune et l'envoie en correction, alors que son caractère peut encore être réformé. Le quart des enfants des « reformatories » où des « industrial schools » a moins de 10 ans. En France, au contraire, l'admission avant 10 ans est exceptionnelle ; à peine dix pour cent.

Saisissons donc l'enfant tout petit, avant qu'il soit tout à fait perdu ; ne le relàächons pas, comme nous le faisons rop souvent, à la première arrestation, et remettons-le aune école dueà l’initiative privée : nous avons vu la place prédominante de ce genre d'écoles en Angleterre ; recherchons le concours de généreux particuliers, stimulons-le et que l’État élève le taux de sa subvention ; que, dans l’école privée enfin, cette éducation des tout petits soit confiée à des femmes dévouées dont l'influence est heureuse ; personne n'en doute.

Adoptons aussi pour les mineures prostituées le système des petites familles, mais en le modifiant et en en faisant une récompense, une sorte de semi-libération,

après une détention que nous croyons indispensable ; appliquons aussi à ces enfants la loi anglaise de 1880 (1), ce sera une excellente mesure préventive.

Pour le placement au dehors, c’est chose délicate et difficile quand on n’a pu encore juger l'enfant et l’étudier à fond, comme on peut le faire lorsqu'il passe plusieurs années à l’école de réforme : l’application de la loi du 19 avril 1898 devra, croyons-nous, être faite chez nous avec la plus grande circonspection.

Quant aux placements de la « licence » anglaise, multiplions-les en France, essayons de donner à l’enfant la confiance en lui-même, qu'il se croie digne d’êtrereclassé, qu'il voie aussi que la chose est possible, il travaillera avec plus de courage.

Enfin, j'ajouterai, quoique cette question ne rentre pas dans le programme que je me suis tracé, contre les réfractaires à l’école (2), qui fournissent de nombreuses recrues à l’armée du vagabondage et du crime, organisons, nous aussi, des écoles de punition à discipline rigoureuse.

L’Angleterre nous a donné l'exemple du véritable esprit de tolérance, de l'esprit « unsectarian », suivant le mot consacré, en acceptant tous les concours, même ceux des catholiques tenus si longtemps hors la loi commune: reconnaissons le mal que cause en France l’esprit sectaire ;

4. I? « act » du 2 août 1880 dispose que toute mineure logeant, vivant ou résidant avec des prostituées notoires sera placée de ce fait sous le régime des écoles iudustrielles.

2. Sur la population des écoles primaires qui est en France de 5 millions et demi on compte environ 600.000 enfants réfractaires.

répétons-nous que le scepticisme religieux pratiqué dans les familles est une des causes les plus certaines de la criminalité de l’enfant, rappelons-nous enfin que notre vieille loi de 1850 a pour ainsi dire gravé sur son frontispice la nécessité de donner à l’enfant une éducation morale et religieuse, qu’elle a considéré la religion comme devant être un auxiliaire puissant dans la réforme du mineur coupable.

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