PORTRAIT DE JEANNE DE FRANCE, PREMIÈRE FEMME DE LOUIS XII
ment remarqué un curieux livre d'Heures orné d'un portrait, peint vers 1500, et qui semble être celui de Jacques Cœur, non pas le célèbre argentier de Charles VII, mais son petit-fils nommé Jacques comme son grand'père et fils de Geoffroi Cœur.
D'autres portraits pourraient être signalés, comme ceux de François Ier dans le Recueil des rois de France de Jean du Tillet (1), de Henri II dans les Privilèges du collège des notaires et secrétaires du roi (2), de Henri d'Albret et de Marguerite de Valois dans VInitiatoire instruction en la religion chrestienne (3) ; mais ce serait sortir du cadre que je me suis tracé, et je dois arrêter ici cette énumération, très incomplète assurément, et pourtant très longue bien que limitée à certaines œuvres qui ont figuré dans les vitrines de l'Exposition.
Avant d'en finir avec les portraits des manuscrits, j'insisterai sur deux points qui me paraissent essentiels. D'abord, jusque vers le milieu du XIVe siècle, les peintures ou les dessins que nous considérons comme des portraits n'offrant jamais que de très faibles garanties de ressemblance, il sera bon de ne pas être trop affirmatif. En second lieu, l'on ne saurait assez se mettre en garde contre la tendance, bien naturelle, de voir des portraits dans tous les tableaux de présentation. La plupart du temps, le prince qui reçoit un livre, l'auteur qui l'offre, ne sont que des personnages de convention. Il faut avant tout que l'origine du volume soit bien certaine, comme l'est celle de quelques-uns des manuscrits signalés au cours de cette étude, pour songer à reconnaître dans la miniature initiale des portraits, ou des essais de portraits, de l'écrivain et de son protecteur. Même au XIVe
(1) Bibl. nat., ms. fr. 2848 (Cat. des P. F., ? partie, n° 208).
(2) Bibl. de l'Arsenal, ms. n° 5169 (Cat. des P. F., 2' partie, /i° 230).
(3) Bibl. de l'Arsenal, ms. n° 5096 (Cat. des P. F., 2e partie, n° 226).
siècle, même au XVe, môme et surtout au commencement du XVIe en tête des premiers livres imprimés, on trouve beaucoup de tableaux de présentation qui ne contiennent que des figures de fantaisie. En somme, la recherche des portraits dessinés ou peints dans les manuscrits historiés est certainement fort attrayante ; mais il n'est peut-être pas d'étude qui exige autant de prudence.