RITES
Plusieurs considèrent la Commission formée ai^ sein du Concile de Trente , et qui, sous les ppn* lificats de Pie IV et de S. Pie V, prépara la réforme du Bréviaire et du Missel romain comme le prélude de la sacrée Congrégation dçs Rites,
Cependant ce fut, à proprement parler, Sixte V qui l'institua par la célèbre bulle ImrKiema œUrni Dei, du 22 janvier 1687.
Suivant la remarque du cardinal de Luca , elle est de deux espèces; car elle s'occupe non-seulement de faire observer les rubriques , dans toute l%glise , et de résoudre les doutes , difficuhés ,
points de litige , etc. , qui s'élèvent par rapport aux Rites, aux cérémonies religieuses , à l'Office divin , à la sainte Messe ,^tc. , mais encore des béatifications et des canonisations ou du culte des serviteurs de Dieu.
C'est aussi la Congrégation des Rites qui approuve les Propres de chaque diocèse et qui accorde quelquefois de nouveaux Offices, etc.
Quant à sa procédure dans les béatifications et canonisations des Saints , elle est admirable de prudence et de sagesse. Elle est due à l'immortel Benoit XIV, qui a beaucoup écrit sur cette matière, et en particulier le célèbre traité de la béatification et de la canonisation des serviteurs de Dieu.
Quand une personne meurt en odeur de sainteté, l'Ordinaire du lieu où elle a fini ses jours en envoie le procès avec les notes du promoteur de la Foi à la sacrée Congrégation des Rites, et lui propose le doute : '
^n signanda sit commissiQ introductimi^ cçluscb ?
La Congrégation examirie le tout et en fait son rapport au Saint-Père> qui décide si l'on doit établir ou non la commission dont il s'agit.
Si h réponse est négative, la cause en reste là ; si, au contraire, elle est affirmative, le serviteur de Dieu a dès lors le titre de Vénérable {lato sensi^, )
On prouve d'abord qu'il n'est honore d'aucun
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culte, et Ton établit ensuite sa réputation de sainteté.
Puis on passe h la preuve des vertus dans un degré hérùtqm : le promoteur de la Foi présente toutes les difficultés , et même les plus minimes; ravocat, défenseur de la cause, les réfute et y répond dans tous les sens. La Congrégation, s^il y a lieu , reconnaît les vertus et fait son rapport au Saint-Père qui approuve.
' On procède enfin à la preuve des miracUs du serviteur de Dieu, opérés après sa mort : les médecins et les chirurgiens sont appelés à faire toutes les oppositions qu'ils peuvent tirer dé leur art. Quand la Congrégation voit clairement qu'elles n'ont aucun fondement, et que les miracles sont incontestables , elles les reconnaît et fait son rapport au Saint-Père qui les approuve. De plu^ , Sa Sainteté adresse alors à Dieu de ferventes prières, ^nvoque l'assistance des saints apôtres Pierre et Paul, et décrète la Béatification. ^
Si, après la Béatification^ Dieu daigne opérer deuiL miracles, prouvés comme précédemment, la Congrégation les reconnaît , fait son rapport au Saint-Père, qui consulte même les évéques qui se trouvent à Rome ou dans le voisinage , prie de nouveau le Seigneur de l'inspirer, et décrète solennellement la Canonisation.
' La Congrégation des Rites , qui n'a subi h peu
près aucune modification depuis Sixte V, se eompose actuellement du cardinal préfet , de Mgr le secrétaire, du soii^secrétaire, des conmlieiirs eC de quelques employés.
Elle a de plus des avocats qqi ont besoin pour exercer leur profession d'un rescrit émaué d'Elle, un promoteur de la Foi , un protanotaire apostolique, un assesseur j etc., pour les causes des saints.
Quant aux autres matières, soit Brodeuses^ soit conJlmtieuses^ qui concernent les Rites , un agent quelconque peut les traiter.
Les Congrégations des Rites se divise en ordinoires et extraordinaires. Dans les ordinaires , on examine les d&uies mineurs concernant les causes des Saints , et les autres matières des Rites, soit gracieuses , soit contentieuses.
Lesextraordinaires qui s'occupent des doutes majeurs dans les causes de Béatification et de Canonisation, c'est-à-dire du martyre^ des vertus et des miracles j sont on antipréparatoires om préparatoires ou générales.
Les premières se tiennent devant le cardinal rapporteur, dans son propre palais, et les seuls consulteurs sont présents : les secondes , dans le Palais Apostolique et il n'y a que les cardinaux ; et les troisièmes (coram Sanctissimo) ^t les cardinaux ont vote consultatif,
Louis Cardellini a publié la collection authenti-
que des décrets de la Congrégation des Rites à laquelle on ajoute de temps en temps ceux qui viennent à paraître.
Une nouvelle édition s'imprime dans ce moment à la Propagande, en quatre volumes. Elle sera plus complète et plus économique que les précédentes.
Les bureaux de cette Congrégation se trouvent dans le palais de la Chancellerie.