CONCILE
Les Pères du Concile de Trente prévirent , avec raison, qu'il pourrait s'élever des doutes par rapport à l'intelligence de leurs canons et de leurs décrets , quoiqu'ils fussent formulés avec la plus grande clarté ; et ils prévirent en même temps que la mise à exécution de leur partie disciplinaire pourrait rencontrer des obstacles de plus d'un genre.
Ils prièrent donc Pie IV , qui occupait alors la chaire de Saint-Pierre , d'y remédier le mieux qu*il lui serait possible.
Le Pontife prit en considération leur demande;
il approuva d'abord leurs travaux, et puis les coofirma par la bulle Benedicius Deus^ du 7 des calendes de février 1563. Il défendit ensuite, sous des peines canoniques sévères , à qui que ce fût, de les commenter, gloser, expliquer, etc.
On devra dans les doutes , difficultés, controverses, etc., qui pourraient survenir, recourir exclusivement au Siège Apostolique , qui donnera les solutions et explications nécessaires.
Cependant, Tannée suivante , le 4 des nones d'août 1664, Sa Sainteté forma une Congrégation composée de huit cardinaux ; ils avaient tous assisté au Concile de Trente, ou comme présidents, ou comme prélats, ou comme théologiens, etc., et ils devaient par conséquent connaître parfaitement le sens de toutes ses décisions et Tesprit de ses décrets. Le préfet fut Jean Morini , et parmi les autres membres de cette Congrégation , on remarque le cardinal Charles Borromée , que nous vénérons sur les autels.
Cette Congrégation fut chargée de veiller n Texacte observance des prescriptions du Concile , et de référer les doutes et les difficultés qui y auraient rapport, à Sa Sainteté , qui seule se réservait le droit de les résoudre.
Plus tard , S. Pie V et Sixte Y surtout lui donnèrent la faculté d'interpréter tout ce qui concerne la réforme et la discipline ; mais elle dé-
pendait toujours du Pape qui , en outre , s*ctait réservé exclusivement d'interpréter les points touchant le dogme catholique.
C'est pour cette raison, comme le fait observer le cardinal de Luca, que cette Congrégation appelée précédemment exécutrice du Condle^ fut nommée, à partir de Sixte V, interprète du Concile.
Sixte V lui accorda encore de plus amples facultés, et Grégoire XIV Tautorisa à écrire ses solutions au nom du Pape.
Urbain VIII, par un décret daté du 2 août 1 632, ordonna de munir les décisions de la Congrégation d'un sceau , de la signature du cardinal préfet et de celle de Mgr le secrétaire , sans quoi elles seraient dépourvues du caractère d'authenticité.
Benoit XIV, qui avait été secrétaire de la Con-^ grégation du Concile, avant d'être Pape , confirma le décret de Sixte V , qui prescrit aux évéques cl aux abbés ayant juridiction, la visite ad Kmina j^postohnim. Il fonda, en outre, dans la Congrégation du Concile, une autre petite Congrégation appelée // ConcUietto^ composée de douze prélats.
Ceux-ci furent chargés d'examiner les rapports que les évéques et les abbés ayant juridiction, prése ntent au Saint-Père sur letat de leurs diocèses, dans leur visite ad limina Apoêtolorum.
Sa Sainteté ordonna, même aux évéques et aux abbcs ayant juridiction , de se servir , pour leurs
rapports, de la formule décrétée dans le Concile romain tenu en 1725 sous le pape Benoit XIII.
Actuellement la Congrégation du Concile se compose du cardinal préfet, d'un certain nombre de cardinaux désignés dans le NoHzie di Roma^ de Mgr le secrétaire , du sous-secrétaire et de quelques employés.
Le cardinal préfet et le prélat secrétaire de la Congrégation du Concile conservent leurs titres et leurs attributions dans le ConeilieUo. Le sous-seerétaire n'en fait pas partie ; il n'y intervient que pour remplacer le secrétaire, et cela en vertu d'un Bref apostolique.
Dans le ConeilieUo , les prélats remplacent les cardinaux , et sont maintenant au nombre de quatorze.
Ce n'est qu'en 1718 qu'on a commencé à imprimer les solutions de la Congrégation du Concile. Celles qui précèdent ne le sont pas , quoiqu'elles soient du plus haut intérêt , étant plu^ rapprochées du Concile de Trente,
Tout ce qui concerne les prescription^ du Concile de Trente , et les dérogations qui pourraient y èu^ faites , sont du ressort de cette Congrégation.
Ainsi, elle s'occupe de la résidence des évèques dans leurs diocèses respectifs, des bénéGeiers aux lieux de leurs bénéfices, des curés dans leurs paroisses, des rapports sur l'état de tout leur diocèse
que doivent faire les évéques au temps déterminé par le droit de leur visite ad limina JposiolO' rumj de l'exécution des legs pies , de l'administration des établissements de bienfaisance, comme hôpitaux , monts de piété , séminaires , chapitres, etc., etc., de l'approbation des synodes soit provinciaux, soit diocésains, de l'élection des juges et examinateurs synodaux ou pro-synodaux, de la taxe des chancelleries épiscopales , des dispenses d'irrégularité, etc., etc.
La Congrégation du Concile s'occupe aussi du contentieux, et connaît, en général, toutes les eau* ses qui dépendent des canons et des décrets du
Concile de Trente. Elles sont jugées d'abord par le vicaire général de l'évéque diocésain , ensuite par celui du métropolitain en cas d'appel, et enfin, en dernière instance, par la Congrégation.
Les parties en litige prennent des avocats et des défenseurs dont les écrits sont imprimés. La question est discutée à Vétude du Concile (studio del Concilio) et portée ensuite devant la Congrégation des cardinaux qui la jugent.
«Les causes matrimoniales, en particulier, quand il s'agit de divorce ou de nullité , s'y traitent avec toutes les solennités prescrites par les constitutions des Souverains Pontifes.
Il arrive souvent, quand une cause n'est pas de haute importance ou que les parties le demandent,
qu'on n'imprime point de défense de part et d'autre , mais on se contente de faire un résumé qui est seul imprimé. On appelle celte manière de procéder jjcr summaria precum.
Toutes les questions contentieuses des diocèses ne passent point par les tribunaux du suffragant et du métropolitain; mais il en est qui doivent venir directement au Saint-Siège : par exemple , quand Tévéque, dans le cas où le droit le lui permet, procède ex informatd conscientiâ, et dans les matières d'ordination quand il refuse d'ordonner un sujet, etc. Alors il n'y a pas appel , mais simplement recours au Souverain Pontife.
La Congrégation du Concile est une des* plus importantes du Saint-Siège.
Ses bureaux se trouvent dans le palais de I^ Chancellerie.