‹ Les ministères ecclésiastiques du Saint-siége dans la douzième année duChapitre 40 sur 49 · LETTRES LATINES · texte numérisé non relu

LETTRES LATINES

La Secrétairerie des Lettres Latines est sans doute dérivée, comme celles des Brefs Ptmtificaux et des Brefs aux Princes^ du Collège des secrétaires, ou écrivains apostoliques dont nous avons parié dans les articles précédents.

La première personne que j'aie rencontrée en Cour de Rome, appelée du nom de Secrétaire des Lettres Latines, est Jules Pogiani, sous saint Pie Y. En 1555 , il avait fait TOraison funèbre de Marcel II, et le discours pour Télection de Pie IV. Je ne suivrai point les modifications qu'a pu subir celte Secrétairerie ; elles ont été fort peu considérables.

Actuellement la Secrétairerie des Lettres Latines se compose du secrétaire qui est toujours un prélat Palatin et de quelques copistes.

Lesecrétaire écrit enlatin, au nom du Pape, aux évéques, aux princes et autres personnes, ou leur répond. Ces Lettres sont quelquefois signées par Sa Sainteté, et d'autrefois il les signe lui-même. On y appose le sceau privé du Pape.

Ce prélat, très-versé dans l'élégance de la langue latine, est souvent fait secrétaire des Brefs aux Princes, et, par la même raison, on le charge assez fréquemment de faire l'Oraison funèbre à la mort des Souverains Pontifes et le discours pour leur élection.

Les bureaux de cette Secrétairerie se trouvent dans le palais du Qurinal.

CAMERUNGAT

DE LA SAINTE ÉGLISE ROnAIRK.

Le mot Camerlingat vient de Caméra ; car on appelle Caméra JpostoUca (Chambre Apostolique), le trésor pontifical , prenant ainsi le lieu où il est conservé pour le trésor lui-mèroe. Le Camerlingue fut donc en principe un intendant du trésor, comme dit Ducange, j^rarii Quœstar.

L'Eglise, dès son berceau, a été dépositaire des biens des fidèles que les diacres distribuaient aux pauvres, aux veuves et aux orphelins. De là Tin-

stitution des Archidiacres , ainsi que le démontre Thomassin , dont la première occupation était de présider aux diacres, et dont l'une des nombreuses attributions consistait à administrer le patrimoine de l'Eglise. A Rome, la position d'Archidiacre commença à devenir, sous Constantin, de la plus haute importance; mais ce haut dignitaire que tout le monde connaît, ayant abusé fréquemment de sou autorité, on lui enleva peu à peu ses privilèges et ses prérogatives, et finalement , sous Alexandre III, élu en 1169, il fut supprimé et perdit même jusqu'à son nom.

Avant cette époque, suivant Muratori (Jm.

Ital.^ Um* 1, Col* 949), le Garde-Festiaire de l'Eglise Romaine, Prior Festiarii^ lui fut substitué pour une partie de ses attributions, et en particulier pour l'administration des biens de l'Eglise. Il parait que cette substitution eut lieu après saint Grégoire \^^ , mort en 605. Cependant Zaccaria, dans ses Notes à la Relaxkme délia Corte di Roma àHimadoro^ p. 178 , considère le Garde- Vestiaire comDae ayant des attributions tout à fait distinctes de celles de l'Archidiacre, qui, sous Alexandre II, élu en 1061, était encore Président delà Chambre Apostolique ; car nous voyons alors Hildebrandus Fenerabilis Jrchidiaconus , juger comme tel , une controverse élevée entre le monastère de Farfa et celui de Mica Àwrea, Quoi qu'il en soit de ces deux

opinions, il est certain que le Garde- Vestiaire disparaît dans le onzième siècle.

A cette même époque disparaît un autre personnage important de la Cour du Pape , c'est le Fkedomhms que nous trouvons pour la première fois, en 544 , sous le pape Vigile, et pour la dernière fois, sous Benoit IX, en 1044 : chargé de procurer tout ce qui était nécessaire à la personne sacrée du t^ape et aux clercs qui faisaient vie commune avec lui dans le Patt'iarcat de Latran , il était, à proprement parler, Tintend^nt du Palais Apostolique, et à ce titre il jouissait d'une grande considération.

Ses attributions , celles du Garde - Vestiaire , ainsi que celles de l'Archidiacre passèrent au Camerlingue de l'Eglise Romaine , dont il est fait mention pour la première fois , en 1057 : dans Ughelli {ItcAia Sacra^ tom. 1, p. 416), nous trouvons une Bulle d'Etienne X en faveur de l'église d'Arezzo, écrite, per manus Gregorn notarii et Camerarii S. Sedis Jpostolicœ ; mais le premier cardinal Camerlingue que nous ayons , parait être Léon, cardinal de Sain te-Marie-in-Cosmedin, sous le Pontificat d'Alexandre II , qui est appelé iVœfectus, Quœstorcerartiy Curaêor peamœ ptiblicœ. C'est ce que penseutPauvinioet Ciacconio, dans la Viequ'ils nous ont donnée de ce pontife, et ils s'appuient sur l'une de ses Bulles, adressée, en 1 068,

au monastère de Saint-Benoît à Mantou^, dans lâ^quelle il est parlé du cardinal Léon , Diacre de* Sainte-Marie-in-Cosmedin , Camerlingue de l'Eglise Romaine. Cohellio {JYoL Card.^ cap. 16j est* porté à croire que la position de Camerlingue a été occupée jusque vers l'an 1100, par les grands de la ville de Rome, et qu'elle passa ensuite dans le Sacré Collège ; mais cette opinion, comme le démontre Zaccaria , ne repose sur aucun fondement.

Quoi qu'il en soit,' après le Diacre Léon, nous ne trouvons d'autres cardinaux Camerlingues qu'en 1155. À cette époque , Bofon Breskpeare, neveu d'Adrien IV , et Cardinal-diacre de SS. Côme et Damien , était Camerlingue de l'Eglise Romaine. Nous avons la série presque non interrompue des. Camerlingues qui vinrent ensuite jusqu'à Son Eminence le Cardinal Âltieri, qui occupe si dignement aujourd'hui cette éminente position.

Le Camerlingat de l'Eglise Romaine a subi, à différentes époques , des modifications qu'il serait trop long de détailler ici. Grand nombre de Sou* verains Pontifes s'en sont occupés, et, parmi eux , les uns ont étendu ses attributions , d'autres lesont restreintes, etc. On peut citer Clément V, Urbain V, Urbain VI, Grégoire XII, Eugène IV, Calixte III, Sixte IV , Léon X , Paul III , Jules III , Paul IV, Clément VIII, Grégoire XV, Innocent XII,.

Innocent XIII , Benoit IDI , Clément XII , Benoit XIV, eie., et dernièrement Léon XII et Pie IX. Cependant, malgré toutes ces variations, on peut dire en général que depuis le moment où le Camerlingpe a réuni dans sa personne les attributions du Fktdaminm , du Garde-FeêHaire , et de YJrdUdiaen^ il a eu constwiment l'intendance de toutes les afhires qui regardent les droiu et les intérêts du trésor pontifical et du gouvernement temporel des Etats de l'Eglise. Ainsi, titres de noblesse , cens , biens des églises vacantes, agriculture , pâturage , chasse , monnaie , courriers , postes, rues, eaux» ponts, ports, conunerce» foires» marchés, marine, navigation à l'étranger , consulats, Universités, collèges, études, poUee , règlements munidpayx , etc. , tous les rameaux , en un mot, de l'administration pubUque étaient entre ses mains. Le cardinal Camerlingue de l'Eglise Romainci a eu cette grande autorité jusque dans les temps les plus rapprochés de nous ; mais par lea dispositions récentes de plusieurs Souverains Pontifes, et en particulier, par suite du Moiu Proprio de Pie IX, de 1849, ses attributions se trouvent réduites è peu près aux suivantes : il préside la pleine Chambre Apoitolique^ déclare qwmd^x cornmmt quelqu'un est déchu de l'emphy téose Caméraie, dirigée par le Conservatoire de SaôUe-Buphémie à Rome it la Dépositairerie urbcmu ; il est

Jrehkhaneelier de rUniversité Romaine, et en cette qualité confère les grades, il nomme Vun des douze prêtres auxquels le Saint-Père lave les pieds le Jeudi-Saint, etc. Mais c'est surtout pendant les vacances du Siège qull est appelé à jouer un rdle important; car il constate lldentité du corps du Pape , qu'il remet aux chanoines de la Basilique de Saint-Pierre , fait garder le palais avec ce qu'il renferme, etc.,et durant le Conclave, il exécute de concert avec le secrétaire du Sacré Collège les prescriptions des trois cardinaux , chefs d'ordre, etc.

Le cardinal Camerlingue , qui n'a plus aujourd'hui que l'ombre de sa puissance d'autrefois ^ est cependant le second dignitaire de la Cour de Rome, et il vient immédiatement après le Vice- Chancelier de l'Eglise Romaine. U est nommé en Consistoire, comme ce dernier, après que le Saint- Père a interrogé les eardinaux par la formule Quid vobiê videtur ? Le Saint-Père lui confère directement sa juridiction. Assis sur son trône dans Tune des salles du Palais, et assisté de son Majordome, de son Maître de Chambre, du Tribunal de la Chambre Apostolique et du Gouverneur de Rome, il lui remet le bâton, signe de sa puissance, en disant : Jccipe baculumjurisdictionis H auctoriiaiis. In nomme PatriSy et FiUi^ et Spiritûs SancH, Jmen. Le cardinal Camerlingue le passe au Gouverneur de Rome , maintenant Président de la

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poTice, et ajoute : Et tu accipe bactUum^ et esloFice- CameraritM de consensu Domm Nostri Pùpœ. Puis le cardinal Camerlingue se rend dans les appartements du tribunal de la Chambre Âpostolique^oii il prend possession de sa nouvelle dignité.

Il ne faut point confondre le Camerlingue de l'Eglise Romaine avec le Camerlingue du Sacré Collège» qui est chargé d'administrer ses rentes , de lesdisuîbuer aux cardinaux, et qui, par (conséquent, est le chef de la Computisterk (Cùmpuiiiteria) du Sacré Collège. Celui-ci varie. chaque année. ;

Présentement la Sccrétairerie du Gam'erljngat de l'Eglise Romaine se compose du cardinal Camerlingue qui en est le président , du vice^Camer- Kngue^ du secrétaire , de Vanditeur et de quelques employés» \

Les bureaux sont à la place Navone, n. ès.

vicariat:

Chsfque Evéque, dans son diocëse, a un Vicairegénéral dont les attributions sont annexées à sa charge , mais auxquelles il peut en être ajouté d'autres par un mandat spécial : il est bien natu? rel aussi que le Souverain Pontife, en tant qu'Evéque de Rome, ait le sien , lui dont les occupations sont si nombreuses et si variées. Cet usage remonte aux premières années du GhristianismCi Ainsi saint Pierre eut pour Vicaires saint Lin de Volterra, saint Clet et saint Clément de Rome , qu'il sacra Evéques et qui lui succédèrent dans le Souverain Pontificat. Mgr Ponzetti nous a donnée

une Usie chronologique des Vicaires des Papes jusqu'à nos jours , dans son Opuscule : EUnehus Chronologicus Ficariorum OrUs in ipèriiuaUbus.

Le premier Vicaire cardinal que j*ai rencontré est Paul, cardinal diacre de la Sainte Eglise Romaine, sous le pape Constantin, en 710. Avant cette époque , de simples prêtres étaient souvent chargés d'un office aussi important.

Dans la suite, cette éminente position fut occupée tantôt par des cardinaux, et tantôt par des prélats qui, comme les Cardinaux- Vicaires d'aujourd'hui, étaient révocables adnulum; mais le Cardinal de Luca, qui écrivait en 1680, dit que, depuis plus d'un siècle , les cardinaux seuls s'en trouvaient en possession , et depuis ce temps elle n'est point sortie du Sacré Collège.

Actuellement le chef de la Seerétairerie du Vicariat est Son Bminence le Cardinale-Vicaire qui a un tribunal tout à la fois a&tl, criminel et eccléiioitiquê.

A cette dernière section sont soumis les ecclésiastiques de Rome et de son district, ainsi que les laïques pour les délits purement ecclésiastiques ou de for mixte ; c'est la partie du Tribunal , en un mot, chargée de surveiller, de conserver et même d'étendre la moralité publique.

Le Cardinal-Vicaire est aidé par Mgr le Vioe- Gérant, qui est évéque ou archevêque inpartàms

mfideîium; il le remplace pour les ordinations, les consécrations d*égli$es, de pierres sacrées, etc, et a des attributions qui lui sont propres, e^est-àdire, attachées à sa charge. Son Eminence est pareillement aidée par les employés de sa Secrétairerie et de son Tribunal dont les principaux sont :

V Le lietUenarU civil;

2^ Le député de» monattéres ;

3^ Les assesseurs ;

4* Le lieutenant criminel;

6® Le secrétaire du tribunal;

6^ Le promoteur fiscal pour les matières ecclésiastiques;

7^ Le défenseur des professions religieuses et des mariages ;

8^ Le visiteur des cimetières ;

9^ Le député pour les mariages ;

10^ £e conservateur des cimetiérsê^ ete.

A la SeeréCairerie du Vicariat, Ton délivre les Lettre» dîmiâsoriales pour l'ordination , les célébrets , etc. , et Ton y fait à peu près tout ce qui est du ressort des Chancelleries des évéchés or** dioaires.

Ses bureaux se trouyent dans le Séminaire de rApolinaire, sur la place de Saint-AuguslÎD, n. 7.

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