‹ Les Ministères en FranceChapitre 26 sur 34 · LOVE · texte numérisé non relu

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pouvoir, les y laisser lorsqu'ils s’y trouvent. Ce qui manque surtout pour juger nos hommes d’Etat, c’est la perspective. Ce aui les a empêchés de jouer leur rôle et de donner toute leur utilité, c’est une sorte d’orgueil : avec eux seuls, c'était assez; eux à la tête du cabinet, l'essentiel était atteint et il ne leur restait plus qu’à garnir les cases vides de l’échiquier avec des pions interchangeables. L’élite gouvernementale existe. Elle n’est pas dégagée. Dans ces conditions, les Assemblées ne sont plus qu’une masse amorphe, incapables de réaliser un plan. Notre ministère français, pris dans les Chambres, n’est qu’un comité du Pariement. Pour qu’il joue le rôle de Comité de Salut Public, il suffit de lui donner l’énergie, la volonté, et cet ascendant psychologique qu’on appelie autorité » (2).

Et puis proclamons bien qu’ils sont toujours vivants, ces principes de 1789 qu’on voudrait nous faire croire à jamaïs périmés; disons, avec le président de la Chambre Bouisson, à son installation au fauteuil, le 15 janvier 1927 : « … C’est ce respect absolu [de toutes les doctrines et de toutes les personnes] qui fait la grandeur et la gloire du régime parlementaire, de ce régime qui, malgré les prophéties de ses détracteurs et de ses ennemis, est beaucoup plus près de se modifier et de se rénover que de décliner et de dépérir, et grâce auquel, seulement, ceux qui viendront après nous pourront, comme nos pères et nous-mêmes, voir resplendir le visage jeune de la Liberté. »

Que les dernières lignes de ce travail soient un acte de foi dans les destinées de ce régime parlementaire, que Iles démocraties modernes abandonnent parfoïs, mais auquel elles reviennent toujours.

Paris, février 1932.

(2) JosePH BARTHÉLEMY, Op. cit, p. 631.

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