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TROIS BONNES FILLES

Ayant lu La Rôtisserie De la reine Pédauque assez Pour la savoir, vous connaissez Le beau trait de Sainte Marie L'Egyptienne, que — le nez Grisé par le suave arôme De la dinde — l'abbé Jérôme Conte à ses hôtes étonnés.

Se rendant en pèlerinage Au tombeau de Notre-Seigneur, Cette sainte, pleine d'honneur Et belle encore de jeune âge (Du moins, n'est-ce pas ? il convient — L'imposture forte en soit-elle — De nous la représenter telle Pour trouver ce qu'elle fit bien), Eut la chance désagréable.

Comme elle allait tendant la main, De rencontrer sur son chemin Une rivière non guéable.

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Or, Marie, étant sans denier

Et voulant traverser, crut sage,

Afin de payer son passage,

D'offrir son corps au nautonier.

Notez que faire sa Sophie

Ne laurait avancée en rien ;

Et n'est-il pas bon le moyen,

Dès que la fin le justifie !

Quelle que soit votre façon

De penser, Coignard, philosophe,

De ce trait-là tire léLoffe

D une édifiante leçon :

Cette aventure libertine

Doit abattre comme un fétu

Lorgueil de qui dans sa vertu

Trop excessivement sobstine

Et prétend nous édifier,

— Ce quau passeur donna Marie

Nétant rien autre, je vous prie,

« Quun endroit à mortifier ».

C'est ainsi que parle, en substance

Et mieux, cet abbé qui m'est cher.

A son gré, la femme à sa chair

Attache bien trop d'importance.

Pourquoi défendre avec fracas.

Roturière ou patricienne,

La chose dont l'Égyptienne

Fit justement si peu de cas?

Pourquoi faire la renchérie

Et nous tenir si fort caché

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