LA PLACE OCCUPÉE
Rencontrait un gibier cornu.
Sa belle humeur restait entière.
(Car je vous le demande un peu,
Si Ton remplit sa tâche pleine,
Chaque nuit, est-ce que Ton peut
Craindre ton sort, mari d'Hélène ?...)
Jugez s'il tomba de très haut
Quand, rentrant par un crépuscule,
Il vit avec un Roméo
Sa femme faisant la bascule !
Que croyez-vous qu'il fit, alors"?
Qu'il occit le sire et la femme?
Non. 11 mil celui-là dehors,
Et dit à celle-ci : « Madame,
Vous me trouvez vraiment honteux
De n'avoir janiais eu l'idée
Qu'il fallait vous aimer pour deux.
Mais, c'est là chose décidée :
Désormais, tout le long de lan,
Je vous servirai, si Dieu m'aime,
Tout le jour pour votre galant,
Et toute la nuit pour moi-même. »
L"ANXEAU DE MAX
Vous avez, c'est chose certaine, Lu les Contes de La Fontaine ; Et qui ne les aurait pas lus Serait blâmable tant et plus.
Parmi tous ces contes, illustres
Encore après cinquante lustres,
Et dont la parfaite beauté
Assure l'immortalité.
J'en sais un duquel le Bonhomme
Disait souvent : « Je m'y complais. »
Il le prit à l'un des relais
Du grand chemin de Rabelais,
Qui l'avait pris ailleurs, en somme.
L'Anneau d'Hans Carvel il se nomme,
Et c'est bien vous en dire assez,
Car, parbleu! vous le connaissez!