L ANNEAU DE MAX
Que ces gens furent assez fous
Pour lâcher tout à fait leur proie !
Et leur espoir ressuscita
De ne pas perdre un iota
De la somme importante due
Et d'en être payés recta,
Lorsque le Figaro nota
Que Max avait dans le Gotha
Péché la riche prétendue.
Et nos créanciers, sans retard,
Coururent chez notre fêtard
Et lui dirent : u C'est du grand art !
Or çà, puisquau rang des vedettes.
De rechef, dans le Tout-Paris,
Vous allez, selon votre prix.
Figurer, nous serions surpris
Si vous ne payiez point vos dettes ;
Car, seuls. les voleurs... *> — « Pas de cris î »
Dit Max, avec quelque mépris.
« Paix!... Le lendemain du iour o-ris
Où je me trouverai compris
Dans le bataillon des maris,
Vous serez payés, mes chéris.
Donc, ménagez vos épithètes. »
Sur ce, la bande détala.
Faisant de ses craintes litière.
Après quoi, quelque temps coula.
Puis, sous un soleil de gala,
Avec la pucelle rentière,
Max devers la mairie alla ;
288 LES MlNUTKîS LIBERTINES
Et notre homme sortit de là Heureux époux à part entière...
J'omets les détails du festin,
Et je glisse sur les caresses
Que fit, jusqu'au petit matin,
A sa femme notre mâtin,
Dès qu'elle eut dénoué ses tresses.
Il siérait d'écrire en latin
L'inventaire fort libertin
De ces nuptiales caresses ;
Et je ne suis point TArétin
Pour vous dépeindre ces ivresses.
Qu'il vous suffise de savoir
Qu'après avoir fait son devoir
Jusqu'aux limites du pouvoir,
Max, auprès de la jeune fée
Qu'il venait si bien d'émouvoir.
Tomba dans les bras de Morphée...
Ah ! c'est ici qu'il me faudrait
Employer un style discret,
Sans, pour cela, qu'il fût abstrait !...
Max, en mignotant sa chère Eve.
Avait, hélas 1 pensé sans trêve
Que, le tout proche lendemain,
Ses créanciers, l'œil inhumain,
Le front sévère, la voix brève,
Vers lui viendraient, tendant la main.
Et c'est alors qu'il lit un rêve :