I.es courts discours sont les meilleurs
Retiens bien cela. » — « Oui, mon maître, ■
Fit Paul, en bâillant. Mais, soudain.
Son regard s'anima, car Berthe,
Derrière la fenêtre ouverte,
Lui souriait dans le jardin.
Or, puisant dans sa tabatière.
Sans rien voir du jeu, ce pendant,
Cornu poursuivit : •< L'important.
C'est de bien entrer en matière.
Vu qu'un discours mal entrepris
Et fjui, déprime abord, nous blesse
Par un exorde sans noblesse
Kst un discours de peu de prix.
Souviens-t'en bien. Donc, pèse, infère.
Prends ta plume, et, clair, sans fatras.
Fais le discours que tu voudras,
Pour me prouver ton savoir-faire.
Mais (j'ai pu souvent en juger),
Comme la solitude active
L'effort de l'imaginative.
Je vais dans la salle à mana'er.
m) LES MINUTES LIBERTINES
J'y relirai le vieil Horace, Tout prêt à te porter secours, Si, par hasard, en ton discours Surgit un point qui t'embarrasse. »
Il dit, et puis il sen alla, Tirant derrière lui la porte.
Paul, se voyant seul delà sorte Et sachant Berthe près de là.
S'en courut vite à la fenêtre.
Car, pour la femme de Cornu, Un feu. jusqu'alors contenu, Brûlait tout au fond de son être.
Dès quelle sut que son benêt Dépoux avait quitté la place, Berthe, prompte à rompre la glace.
D'un saut fut dans le cabinet.
Jeune garçon et femme mûre Sont comme le fer et l'aimant ; Et de Cornu, fatalement, Devait croître encor la ramure.
Le pauvre, en sa salie à manger.
Pendant ce temps, lisait Horace ; Et ce latiniste vorace . Ne se doutait pas du danger.
Pourtant, après une heure entière.
Il cria : c Paul, as-tu fini? »
Mais Paul lui répondit : « Nenni !
J'entre seulement en matière. ••