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LE PETIT CLERC

Dans un de ces récits bouffons

Et malicieux de nature

Que je tire, par aventure.

Quelquefois, de mon propre fonds,

Sont deux vers que je considère.

En dépit que vous en ayez,

Comme galamment monnayés

Et d'un style assez lapidaire.

Les voici, tels qu'exactement,

Déjà, partout, on les murmure :

Jeune garçon et femme mûre

Sont comme le fer et l'aimant.

Ils ont, selon moi, le mérite

D'exprimer une vérité.

Certes, de ma fatuité

Il se peut qu'un lecteur s'irrite

Et la trouve de mauvais ton ;

Mais ces deux vers sont bons, en somme.

Et je serais un heureux homme

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S'ils pouvaient passer en dicton.

On va penser, dans rauditoire, Quun désir de gloire me mord. Penh ! je sais que je serai mort Bien avant que détre notoire !

Et si je vous reparle ici De ces deux vers, dont je suis aise lin mon âme toute française, Cela nest pas tant, Dieu merci 1 Pour m en vanter fjen aurais honte!;, Mais pour vous dire à tous, les g^rands Et les moyens, que je les prends Pour motiver encor ce conte, Écrit, d'un esprit fort dispos, A Boulogne, ma clière ville, Et duquel au maître Banville J'emprunte les traits principaux.

Car ce Banville, que j'encense Comme un enfant de chœur son Dieu.

Usait, quand c'en était le lieu, De la plus aimable licence:

Et, si Ion veut me quereller Pour mon amour du badinage, Je me mets sous ce patronage.

Mais c'est assez préambuler.

La scène se passe en automne, Au joli soleil du matin,

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Sous ia tonnelle du jardin D'une vieille étude bretonne, (îrasse sous un peignoir léger.

Dans cette niche solitaire, La forte épouse du notaire.

Immobile, parait songer.

Œil langoureux, bouche gourmande.

Front épargné par les autans.

Cette femme de quarante ans Songe à quoi ? Je vous le demaiide.

Rlle songe que son mari Frise, à présent, la cinquantaine, Va na plus pour la prétentaine Qu'un goût modéré, le chéri! Elle songe qu'il est dommage Que, faite encore comme elle est, il ne soit point de marjolet, Chez elle, pour lui rendre hommage..

Et, sous la douce averse dor Qui du soleil tombe en silence.

Cédant à quelque somnolence.

Dans ces pensers, elle sendort.

Je dis qu'elle dort... Mais dort-elle N'raiment?... Qui pourrait le savoir î* Ses yeux, on ne peut plus les voir Sous la marmotte de dentelle.

I)lanche de la Hoche-Corbon (Vous souvient-il de cette page ?) Devant René, son gentil page.

Ne dormait pas pour tout de bon;

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Et, toujours dans lexpectative, Elle haussait, d'un geste sûr, Un peu la jambe, comptant sur Les hasards de la perspective...

C'est, du moins, ce que dit Balzac ; Et j'estime que sa traîtresse Adorable et ma notaresse, En ce point, sont du même sac.

Mais, direz-Yous, votre modèle

Aux mûrs et solides appas,

A l'instar de Blanche, n'a pas

Un jeune page tout près d'elle,

Et n'a que faire, assurément,

De feindre ainsi d'être endormie.

Et de hausser, la pauvre amie,

Un peu la jambe, en ce moment I

Hé ! messieurs, c'est qu'une àme tendre,

Et fût-elle de quarante ans.

Doit, quel que soit le lieu, le temps,

A tout événement s'attendre.

Voyez, d'ailleurs, qu'elle eut raison

De composer son attitude,

Car voici que sort de l'étude

Et s'avance sur le gazon

Et pénètre dans la tonnelle

Un avantageux damoiseau,

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