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LE PETIT CLERC

Droit et souple comme un roseau

Sous son costume de prunelle...

Ah! qu'ils sont hardis, ces gamins !

Celui-ci, devant si grandclière,

A^^it comme, pour la vachère,

Tryballot. le Vieux-par-chemins

Dudit Balzac; et je m'empresse

D'ajouter que le garnement

Prohte délibérément

Du sommeil de la notaresse :

Et de ce sommeil si bien feint.

Tout en allant, il sémerveille...

Mais, soudain, la dame s'éveille.

Il est vrai que c'est à la fin.

Or, sur le héros de la fête,

De son gros larcin tout joyeux,

A peine elle a jeté les yeux

Qu'elle s'exclame, stupéfaite :

" Çà; pour avoir tant d'appétit.

Qui donc es-tu y •= — Je suis, madame

r.e petit clerc. — ■ Eh 1 sur mon àme.

Fait-elle alors. - puint si petit ! •

I xxxv

L'IRRÉSOLI

Aller ail bout de son dessein, Quand bien même il serait coupable, Voilà le parti le plus sain.

C'est la morale de ma fable.

Car. faire le crime à moitié Et se redonner de 1" honnête, C'est, proprement, faire pitié.

Je le dis de façon fort nette.

Kt l'homme est un sot animal.

Un méprisable mammifère.

S'il ne sait abhorrer le mal Qu'alors qu'il commence à le faire.

On ne saurait être à plaisir, Tour à tour, brave et puis canaille.

C'est l'im ou l'autre. Il faut choisir. Et demeurer un, oii qu'on aille.

Enfin, pour n'en pas dire plus.

Vous apprendrez tous par ce conte

LIRRÉSOLr ;{<)7

Que pour les gens irrésolus Tout ici-bas nest que mécompte

Un époux, sage jusque-là

Et qui ne portait point de cornes.

Une fois, d'amour s'alTola

Pour une de ces maritornes

Dont les dames, tant à Paris

Qu'ailleurs, font des femmes de chambre

Et que, très souvent, les maris

Trouvent chaudes, même en décembre.

Mais celle-ci ' cest Louison,

Disons-le tôt, qu'elle se nomme)

Se montrait plus que de raison

Boréale envers le bonhomme.

Si bien qu'un jour qu'il la pressait

De reconnaître sa tendresse

Et lui malmenait le corset,

Elle alla trouver sa maîtresse :

■• Madame, monsieur votre époux, -

Lui dit-elle, ■ par trop m'outrage !

S'il ne faisait que les yeux doux!

Mais voici qu'il se prend de rage î

Il n'est de coin dans la maison

Où, chaque jour, il ne me traque ;

Et je suis, foi de Louison,

Comme un lapin devant ce braque !

A toule heure, ce bra(jue-là

Plante ses crocs dans ma défrorpie !

;ms les minutes eibertines

N'y mettrez-vûus point le holà?

Et soulTrirez-vovis quil me croque ?

Ne préteiid-il pas que, ce soir.

De ma vertu je me dérange, Et lui serve de trémoussoir Dans l'obscurité de la grange! »

— " Eh! bien! va dire à mon bandit Décida tout de go la femme, « Que tu le veux bien, que c'est dit. Mais, dissimule à cet infâme, A ce traître, à ce scélérat Dont la méchanceté me glace, Que dans la grange il trouvera Moi-même, qui prendrai ta place.

Et je le tancerai si bien Que, dès ce moment, de ton maître Tu n'auras plus à craindre rien, Sur moi si tu veux t'en remettre. »

Approuvant cet arrangement. Louison chercha notre apôtre, Et lui dit : <( Ce soir, cher amant, Dans la grange, je serai vôtre.

Pour satisfaire votre ardeur, Je m'y trouverai la première...

Mais, pour épargner ma pudeur, Surtout, venez-v sans lumière! »

Que Cupidon eût de son dard A son tour blessé la vilaine.

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