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LA FLÈCHE DU PART HE

Tant elle avait tôt commencé

Son métier de galanterie.

Donc, il Taimait à la furie,

Car il s'en trouvait bien chaussé.

(Dans l'amour de cette nature,

En effet, tout réside dans

Une (juestion de pointure.'

Et puis, la belle n'avait d'ans

Que vingt-quatre et pas davantage.

Aussi, notre tabellion

Eût bien donné le million

Pour la posséder sans partage;

Mais cette vénale beauté.

Comme font toutes ses pareilles,

Ne l'avait toujours écouté

Que de l'une de ses oreilles ;

Et, de l'autre, la Beaumontet,

D'une complaisance divine

Et jamais lassée, écoutait...

Qui? Lauraguais. On le devine.

Et lequel avait le meilleur

Accueil auprès de la pécore.

Du notaire ou bien du seigneur?

Eh ! c'était Lauraguais encore !

Et de ce le tabellion

Rugissait plus fort qu'un lion.

Mais, quand, tremblant'de quelque fièvre

Amoureuse, le comte entrait,

Le notaire sortait d'un trait

Et courait plus vite qu'un lièvre.

Mais, las enfin de délaler

Et de n'être qu'un pis-aller.

Et qu'on lui fît ainsi la nique.

Il écrivit à Beaumontet

Oue, dorénavant, il comptait

Rester auprès d'elle Tunique ;

Et qu'il fallait bien, pour cela,

Que, sans retard, elle exilât

De son intimité le comte.

« Voilà 1 » concluait-il, » j'y compte.

Si, par hasard, vous dites non.

Et si vous demeurez de glace,

C'est moi qui viderai la place,

Ma chère, ou j"y perdrai mon nom. »

Lorsque le comte eut lu l'épitre,

ïl s'écria : u Par Béhémot !

Vit-on jamais un pareil pitre?

Ma bonne, il le faut prendre au mot.

Que celui qui se sent avide

De vider la place la vide :

Mais, palsemblcu I ce n'est pas moi!

Et,. la chose étant, ma princesse,

Tu vas lui répondre qu'il cesse

Pour toi de se mettre en émoi:

Et que, de plus, si dans ta chambre

Je le rencontre, par malheur.

J'aurai la profonde douleur

De le priver de quelque membre. »

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