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LA FLÈCHE DU PARTIIE

Noire Laïs se fit réclio

De Lauraguais, et le notaire

Vit qu'il eût mieux fait de se taire

Et regretta le statu quo.

Parfois se soustraire à l'empire D'un mal, c'est tomber dans un pire.

Mais c'est en vain qu'il résistait Aux voix de la charnelle envie ; Le pauvre, au péril de sa vie.

Retourna chez la Beaumontet.

Or, un soir que, la trouvant tendre,

Il en espérait pâmoison,

Un coup rude se fit entendre

A la porte de la maison.

(( Ciel ! c'est Lauraguais 1 " dit la femme.

« Sous ce rideau de taffetas,

Qui couvre mes robes en tas

Près du lit, cachez-vous, mon âme!

Car il vous assassinerait.

Vous le savez, sans un regret ! ■•

Pris d'une crainte salutaire :

« Je me cache ! » dit le notaire,

« Mais renvoyez-le promptement. »

Le comte entra dans le moment.

Et, voyant bouger la tenture.

Saisit toute la conjoncture.

]A:s minutes LIBERTINKS-

Mais, pour mener la chose à bien,

Il ne fit mention de rien;

Et, même, il n'ouvrit pas la bouche

Qu'il ne se fut tout dévêtu.

« Mais, » dit la belle, « que fais-tu? »

« Mais, » dit Laur^guais, « je me couche.

Chez loi quand on passe la nuit,

C'est, je pense, assez Tordinaire!

En éprouves-tu de Tennui ? »

S'enquit-il d'un ton débonnaire.

« De l'ennui ! Pas même un tantet ! »

Se récria la Beaumontet.

« Eh bien ! viens donc çà, ma jolie, »

Reprit le comte, (» je me sens,

Tout comme si j'avais seize ans,

Prêt à t'aimer à la folie. »

Et la danse de commencer...

Le notaire, peu philosophe.

Enrageait dessous son étoffe.

Il est aisé de le penser.

Mais, redoutant les coups de batte Dont il serait le triste objet.

Si, par aventure, il boujj-eait, II ne remuait pied ni patte.

Ce pendant, son méchant rival Se mettait en frais pour le bal.

Comme tout bal qui se respecte.

Ce bal ne prit pas fin avant

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